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Test – Overlord

Le 27 septembre 2007
Le 27 septembre 2007

Trop bon d’être méchant

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Testeur : Anarion

Les occasions d’être méchant ne sont pas si fréquentes dans notre cher monde vidéo ludique. Il y a bien quelques exemples mais c’est relativement rare. Alors quand on vous demande d’incarner le Mal absolu, la terreur des bacs à sable, quel gamer anormalement constitué peut résister à l’envie de vêtir le costume du Seigneur du Mal ? Est-ce que le titre de Triumph Studio nous permet de nous défouler tout en jouant les suppôts de Satan ? Et bien la question est bien difficile à trancher et vous allez savoir pourquoi.

Once upon a time…

Votre prédécesseur, suppôt lui aussi, s’est fait dessouder récemment par une coalition d’êtres aussi gentils et mièvres qu’insupportables. On retrouve donc les elfes, les humains, les nains et autres semi-hommes que sont les Halflings. Le « Saigneur » noir a chu de son trône et le monde coule des jours bien paisibles en attendant qu’un nouveau sadique dans votre genre fasse son apparition. Justement, c’est à ce moment que vous entrez en scène. Quelques fidèles serviteurs réussissent à vous donner vie afin que vous remettiez un peu de désordre dans ce monde bucolique. Les créatures en question ne sont rien de moins que des gobelins baptisés larbins pour l’occasion.

Trucide-moi un mouton !

En toute sincérité, j’espère que vous n’êtes pas allergique aux Kebabs et aux méchouis parce que du mouton, vous allez en génocider autant que pendant une épidémie de fièvre aphteuse. Et pour cause, chaque créature massacrée laisse derrière elle son essence de vie. Et cette essence de vie, ce n’est ni plus ni moins ce qui vous est nécessaire pour créer vos larbins. Un mouton grillé fait donc un larbin en réserve. Il ne vous reste plus qu’à vous approcher d’un puits à larbins et le tour est joué. Les larbins sont des petites créatures stupides, qui exécutent vos ordres avec plaisir et qui sont véritablement sympathiques. Les premiers à votre disposition sont les « bruns ». Leur capacité première est de se battre et de s’équiper avec tout ce qui leur tombe sous la main. Ravagez un champ de citrouilles et ils se les mettront sur la tête pour s’en servir de casque. Combattez des squelettes et ils arracheront leurs bras pour leur taper dessus. Au début de votre périple, vous ne contrôlez que 5 larbins mais par la suite, vous pourrez atteindre un maximum de 50. Il y a en tout quatre types de Larbins. Les bruns donc, les rouges qui sont en fait des pompiers ignifugés avec la capacité de lancer des petites boules de feu, les bleus qui nagent aussi bien que la petite Sirène et qui ressuscitent leurs compagnons tombés au champ d’honneur, et enfin les verts qui vous débarrassent des vapeurs empoisonnées et qui ont la capacité de se tenir embusqués pour attaquer vos ennemis dans le dos. Je précise que les différentes créatures que vous aurez l’amabilité d’exterminer n’apporteront leur essence de vie qu’à un certain type de larbin. Mais quand on sait que vous pouvez accumuler jusqu’à 50 000 larbins dans votre fief, c’est vous dire si du mouton, vous allez en bouffer à toutes les sauces.

Dites Seigneur, vous êtes tout raide ou vous avez mal rangé votre balai ?

Les environnements d’Overlord sont dans l’ensemble assez réussis. C’est un peu Oblivion mais en plus kitsch-mignon-cul-cul. Les étendues sont vastes et votre champ de vison s’étend assez loin. Vos pérégrinations sont accompagnées de musiques qui collent parfaitement aux lieux que vous visitez. Mièvre quand c’est joli et inquiétantes quand vous êtes supposé mouiller le slip. Petit bémol tout de même, il y a des niveaux qui souffrent d’un effet de clipping digne de la Playstation première du nom. Mais, la première chose qui choque vraiment, ce sont les déplacements du personnage que vous incarnez. Il est d’une raideur effroyable et ses déplacements manquent à ce point de naturel ou de prestance qu’il en perd toute crédibilité. Certes, il a la voix de Barry White quand il appelle à lui ses serviteurs mais pour le reste, il n’impressionne en rien. Vous pouvez combattre vous-même mais vos coups d’épées ne sont pas bien dévastateurs. Vos larbins font beaucoup mieux que vous et heureusement qu’il ne leur vient pas à l’idée de se rebeller parce que vous avez imposé les 35 heures car ils vous réduiraient en bouillie en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. En plus de ce constat humiliant, sachez que vous n’avez aucun moyen de parer les attaques de vos ennemis. Qu’un Troll parvienne à vous mettre une torgnole, soit ! Mais que de simples hobbits, ou pire, des rats puissent vous infliger des dégâts est parfaitement scandaleux ! Mince, vous êtes censé être l’Overlord ! Je ne sais pas moi, est-ce qu’on arrive à blesser Dieu ? A cracher sur les pompes de Satan ? A tirer sur le Pape ? (Hou, je vais me faire des amis chez famille de France, moi). Non ! Enfin, si pour le Pape, mais bon !

Pour finir, ajoutez à votre panoplie d’incapable notoire 4 sorts qui ne pètent pas bien loin et vous avez-là votre soi-disant super-puissance du Mal absolu. Mouais…

Alors les stars de ce jeu sont tout naturellement les larbins. Ce sont les seuls à être animés correctement avec leur petite course nerveuse et sournoise et on prend véritablement plaisir à les diriger à l’aide du stick droit ou de la gâchette droite. Toutes les autres créatures sont aussi raides dans leurs déplacements que vous. Il est à regretter que les ordres que vous donnez à vos larbins soient répétitifs à souhait. En gros, c’est allez à tel endroit, dévastez-moi ça et attaquez-moi ce guignol. La seule subtilité stratégique tient dans le fait que vous pouvez embusquer vos larbins verts et que vous pouvez répartir vos larbins en groupe de couleur. Les rouges ici etc.… Pas question de former des petites factions hétérogènes avec un peu de bleus ou un peu de bruns.

En fait, tout au long du jeu, on a plus le sentiment d’être un Sergent-chef du Mal plutôt que le Commandant en chef. Pour encore vous illustrer que vous n’êtes pas très impressionnant, sachez que vous avez votre domaine à reconstruire. Et dans cette tour, vous pouvez y prendre maîtresse. C’est connu, les femmes sont assez cupides pour ne pas regardez d’où vient l’argent… A l’inverse de Fable, il est impossible de profiter des charmes de votre compagne, même sur fond noir. Pis ! C’est elle qui donne les ordres ! Non mais c’est quoi ce bordel ? C’est qui le patron ? Et bien c’est moumoune qui ne manquera pas de râler si vous ne claquez pas tout votre Or pour décorer le château. De là à dire que les développeurs critiquent par ce biais le comportement de leur femme à la maison, il n’y a qu’un pas. (Maintenant, ce sont les chiennes de gardes qui m’en veulent…)

Certes, vous pouvez également utiliser votre Or et vos larbins dans vos forges pour améliorer armes et armures. L’idée de sacrifier sans remord vos compagnons afin qu’ils apportent une puissance magique à vos objets est très amusante mais elle est en pratique assez décevante vu que les rats continuent de vous mordre les pieds et que vos coups d’épées ne sont toujours pas dévastateurs.

Il est passé par ici, il repassera par là !

Au chapitre des choses qui agacent, il y a le GPS. Ou plus exactement, le manque de boussole, carte ou quoi que ce soit qui pourrait vous aider à vous orienter. Les environnements sont vastes, avec souvent des petits chemins qui cachent un chaudron plein d’Or ou une récompense quelconque. Oui mais ici, c’est comme dans la vraie vie sans boussole. Il faut vraiment reconnaître son chemin pour ne pas se perdre et repasser 35 fois devant le même champ de citrouilles ou la même maison. Et il ne sert à rien de les détruire pour marquer son chemin comme le petit poucet. Si vous changez de lieu et que vous revenez par la suite, et bien tout sera aussi neuf qu’auparavant. Vous avez tué 30 moutons ? Il y en a d’autres ! Les maisons se réparent, les trésors sont de nouveau là et ainsi de suite. Alors, c’est pratique pour refaire le plein de larbins ou renflouer les caisses mais c’est d’un répétitif assommant.

Il en va un peu de même avec les missions qui s’enchaînent et qui ne se distinguent pas vraiment les unes des autres. Il s’agit principalement de dévaster tel endroit, de piller tout ce qui s’y trouve, de faire porter de lourds objets à vos larbins, d’actionner un mécanisme qui permet d’aller plus loin. L’influence de Pikmin est vraiment ultra présente dans ce titre sauf que le level design manque des subtilités de son aîné.

Je n’ai l’air que de critiquer. C’est vrai. Pourtant, on prend pas mal de plaisir avec ce jeu. Ceci tenant principalement au côté parodique du Seigneur des Anneaux et de tous les mondes fantastico-féeriques. Seulement, le machiavélisme et la méchanceté gratuite n’ont pas été assez poussés pour que le résultat soit véritablement jouissif. On se cantonne à quelque chose d’amusant alors que quelques ajouts supplémentaires, un humour un peu plus grinçant auraient pu en faire un titre incontournable.

Je ne m’étendrai pas sur les modes multi joueurs qui sont mal pensés et sans intérêt. Le moins ennuyeux consiste à combattre un autre Overlord avec sa petite armée et cela ne va pas plus loin. N’espérez allonger la durée de vie du soft par ce biais.

Pour parler de la durée de vie justement, comptez une bonne douzaine d’heures pour restaurer à la fois la tyrannie et votre Tour. Le double si, comme moi, vous n’avez pas le sens de l’orientation.

Le Bilan

On a aimé 

  • Un concept amusant : on est le méchant
  • Bon environnement sonore
  • Des idées originales

On a pas aimé :

  • Un mode de jeu en ligne mal pensé
  • Le Seigneur du mal a la puissance d’un quidam

Conclusion du test de Overlord

J’suis méchannnnt
Overlord est un jeu à la fois plaisant et terriblement frustrant. Triumph Studio avait entre les mains un titre au potentiel dévastateur qui aurait pu être hilarant. Dommage qu’il ne soit que simplement amusant. Le fait que le sentiment de puissance manque à l’appel nuit gravement pour s’identifier à un Seigneur du Mal. On aurait aimé être un vrai machiste, mener des expériences sur nos larbins pour en créer de nouveaux et cela aurait fait de vous un véritable bad guy. Malgré une réalisation très respectable, Overlord rejoindra sûrement très vite le marché de l’occasion une fois que vous l’aurez terminé. Il est peu probable que vous ayez envie de le faire une nouvelle fois.

L
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Overlord

Développeur : Triumph Studios
Éditeur : Codemasters
Date de sortie : 29/06/2007

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