Test – Moon Diver

Square Enix s’enfonce
A ce jour, on ne peut pas dire que les incursions de Square Enix sur le XLA ont marqué les joueurs. Les Crystal Defenders, Gyromancer, Death by Cube et 0 Days Attack on Earth oscillent entre le nul et le moyen. C’est plutôt du côté de sa filiale Eidos et de Lara Croft qu’il faut chercher la seule réussite de Square Enix dans le domaine. Un comble quand on se remémore le glorieux passé de ce développeur historique, machine à hits en tout genre. Mais Square Enix est loin d’avoir dit son dernier mot et revient à la charge avec un jeu typiquement japonais rappelant fortement la série des Strider pour les plus vieux d’entre nous. Et il va falloir être très vieux pour pouvoir apprécier Moon Diver, très vieux ou très tolérant.
Un jeu au gameplay “old school”

Un jeu au gameplay dit “Old School” (“vieille école” pour les nuls en anglais) c’est le terme que l’on utilise maintenant pour définir un jeu dont les mécanismes sont simples, rigides et à la difficulté élevée. Le gameplay de Moon Diver peut donc être considéré comme Old School avec sa parenté “Strider” assumée. On retrouve le double saut, la possibilité de s’accrocher sur tous les murs et de se suspendre aux parois et l’utilisation d’une arme blanche pour tailler à travers les troupes ennemies.
On se retrouve à utiliser quatre boutons, l’attaque, le saut, le dash (qui permet de s’extirper de situations compliquées) et la magie. Les vieux joueurs trouveront très rapidement leurs marques, même si comme les plus jeunes ils vont se trouver confrontés à la vacuité totale de Moon Diver.

Car Moon Diver n’a pas qu’un gameplay “Old School”, oh que non, cela serait trop facile, il a aussi un habillage et des graphismes que l’on pourrait qualifier de Old School. Moon Diver est moche, les niveaux s’enchaînent rapidement en traversant des zones plus ou moins ridicules et on se demande pourquoi tant elles ne recèlent rien. Aucun moment épique à se mettre sous la dent, aucun décor qui retient l’attention du joueur ou au moins sa rétine, on traverse des environnements différents sans même le remarquer. Le level design est l’un des plus nuls qu’il m’ait été donné de voir. C’est bien simple, à la fin d’une partie on a du mal à se souvenir d’un seul environnement traversé.

Tout est terne, sans ambition et sans aucun génie, seuls les combats contre les boss offriront quelque chose de visuellement accrocheur. Je n’oserai même pas parler des musiques qui s’alignent sans mal avec la vacuité des décors. On remercie surtout que le jeu nous donne la possibilité de les couper. Le scénario, lui, semble ne pas vouloir faire bande à part et dévoile son histoire lunaire par des images fixes agrémentées de phrases nébuleuses. On décroche dès la deuxième image fixe. Après cette diatribe féroce contre le jeu vous allez me demander si il y a quand même quelque chose à sauver ! En cherchant bien… oui.
Plus on est de fous…

Moon Diver est un jeu à gain de niveaux, un jeu d’exploration – malgré ses décors affreux et peu inspirés – et un jeu multi ! On a le choix au début de l’aventure de choisir entre quatre personnages, définis par leur look mais aussi par 3 caractéristiques, les Points de vie, la Magie (appelée pour l’occasion Moonsault Combinaisons) et la puissance d’attaque. Plus vous tuez d’ennemis, plus vous gagnez de points d’Xp et de niveaux qui vous permettront d’améliorer ces 3 caractéristiques de base.
Inutile de vous préciser à quoi servent la vie et la puissance, la magie, par contre, est un peu le cœur du jeu. On commence l’aventure avec une seule magie et on en récupère d’autres au fil des niveaux. Ces magies -Moonsault Combinaisons, MC pour les intimes- sont parfois bien cachées dans des zones secrètes, parfois dans des endroits élevés ou dans quelques recoins bien sombres des niveaux. D’où le côté exploration du jeu.

Si vous jouez à plusieurs, jusqu’à 4 offline et online quand même, l’adage appliqué aux MC est “premier arrivé, premier servi”. Si l’un de vos collègues prend le MC convoité, il faudra refaire le niveau en étant plus rapide ou seul. Ces MC sont très importants vu qu’ils vont faciliter grandement votre avancée, paralysant vos adversaires, les blessant ou encore en augmentant votre puissance d’attaque ou votre défense. Tout cela bien entendu durant un temps limité.

Avouons le de suite, Moon Diver n’est pas un jeu solo. Même si il peut être fini en solitaire, les mécanismes de jeu reposent sur un coopératif finalement assez plaisant. Les MC peuvent se lancer (et doivent même par moment) en osmose avec vos partenaires. Les pouvoirs lancés deviennent plus puissants et se cumulent d’autant plus que les joueurs sont nombreux, à 4 les pouvoirs s’avèrent tout simplement destructeurs. Certains niveaux nécessiteront un choix judicieux des 4 MC choisis par niveaux. Seul, c’est une autre paire de manche et le jeu devient vite très compliqué, poussant le joueur à passer par une longue période de gains de niveaux.
Le Bilan
On a aimé
- La possibilité de jouer jusqu’à 4 en ligne et hors ligne
- Cela m’a donné envie de rejouer à Strider
On a moins aimé
- Un jeu sans aucun charisme
- Moche et sans ambition
- Cher
- Intérêt presque nul en solo
Conclusion du test de Moon Diver
Non mais sans rire…
Si vous êtes un joueur solitaire, qui n’a point d’amis et qui refuse de jouer avec des étranger sur le live, je suis sûr que vous n’aurez aucun mal à trouver comment dépenser plus judicieusement les 1200 Mpts que coûte Moon Diver. Et mis à part pour les fans absolus des Strider avec lesquels il garde une lointaine parenté, Moon Diver ne pourra trouver grâce aux yeux des joueurs tant le jeu est sans saveur et sans aucun charisme. Une ode au générique, à la vacuité, vendu à un prix aberrant, qui ne pourra être sauvé que par la possibilité d’être joué à 4. C’est peu, bien trop peu pour un Square Enix qui agonise sur le XLA.