Publicité

Test – Darksiders 2

Test – Darksiders 2
Le 30 août 2012
Le 30 août 2012

Bel et bien Death…

Partager cet article :

On peut considérer Darksiders, sorti en janvier 2010, comme l’une des plus belles surprises de cette génération de consoles. Darksiders ne révolutionnait pas réellement le monde du jeu vidéo en proposant un clone de Zelda subtil et intelligent saupoudré d’un zeste de God of War, mais il est arrivé à séduire bon nombre de joueurs grâce à son univers cohérent et à la patte inimitable du fondateur de Vigil Games : Joe Madureira. La grande réussite de Darksiders fut de proposer une direction artistique littéralement excellente signée en partie par le célèbre dessinateur de comics. Le premier Darksiders fut une excellente surprise, et sa suite était attendue comme devant être la confirmation de tous les espoirs placés sur cette nouvelle franchise.

L’art du contre-pied…

Death se posera beaucoup de questions...

Le premier Darksiders racontait l’histoire de Guerre, l’un des quatre Chevaliers de l’Apocalypse arrivant sur terre le jour de la fin du monde et devant mettre un terme à la terrible guerre opposant les anges et les démons. Etant le seul cavalier présent lors de ce jour funeste, il dut se rendre à l’évidence, il n’arriverait jamais à sauver l’humanité qui fut rayée de la terre après la victoire de démons. Guerre fut accusé d’être à l’origine de cette tragédie, condamné, banni, il eut toutefois la possibilité de retourner sur terre afin de découvrir qui l’avait piégé et mener à bien sa vengeance. Sur un postulat de base tout simple, le premier Darksiders avait réussi trouver une trame scénaristique solide se terminant sur un final impressionnant avec l’arrivée sur Terre des trois autres chevaliers de l’Apocalypse. Dès lors beaucoup de joueurs ont fantasmé sur la suite, sur une trame permettant de contrôler les quatre chevaliers à tour de rôle etc…

...et peu y répondront.

Mais en fait non. Au lieu de reprendre ce cliffhanger magistral, Vigil Games a préféré le laisser de côté et se concentrer sur le personnage de Mort, l’un des trois frères de Guerre -curieusement non traduit et appelé Death dans tout le jeu-. Et oui, une question brûlait les lèvres de tous les joueurs du premier Darksiders, mais qu’est-ce qu’ils faisaient les trois autres ? Ils jouaient aux cartes ? Ils mangeaient des cacahuètes devant la télé ? Et bien figurez vous que -au moins pour l’un d’entre eux- ils ne faisaient rien de tout cela. Death donc vu qu’en France on adore les anglicismes, et bien malgré son masque en forme de crâne et un look rappelant fortement le Raziel de Soul Reaver, est un bon frangin, un bon gars qui après avoir appris la déchéance de Guerre, part chercher de son côté un moyen de l’innocenter, car il en est persuadé : “Guerre est innocent !”. Gros programme en perspective. Pourquoi pas. Encore faut il que Vigil Game ait des choses à raconter sur les tribulations de Death…

L’art du croche-pied…

Despair, le cheval de Death est disponible dès le début de l'aventure.

L’un des plus gros problèmes de Darksiders 2 est sa trame narrative. Obscure, se perdant en circonvolutions inutiles, peinant à intéresser le joueur, elle reste tout le long de l’aventure dans l’ombre. Death passe sont temps à errer sans réellement savoir ce qu’il fait là ni même ce qu’il cherche. Le joueur totalement perdu se contentera de suivre les directives des personnages rencontrés au cours de l’aventure qui l’enverront chercher divers artefacts dans les profondeurs de donjons très rébarbatifs durant les dix premières heures de jeu. Darksiders 2 est plombé par un rythme totalement inexistant, pas aidé en sus par un personnage principal creux aucunement caractérisé par ses répliques et classé PEGI 12 dans ses affrontements.

La direction artistique de Darksiders 2 est un régal pour les yeux...

Finies les gerbes de sang qui accompagnaient chaque coup de Guerre, oubliés les arrachages de têtes, les empalements et autres joyeusetés rageuses, Death combat proprement en évitant de se tacher, les fatalités manquent curieusement de punch et s’avèrent être plus fouillies qu’impressionnantes. Tout ceci n’aide en rien la personnalisation de Death qui subit en sus les affres d’une localisation totalement à côté de la plaque avec une voix rappelant plus les beaux gosses de Twilight que celle totalement déshumanisée et neutre de tout sentiment de la version anglaise originale. La localisation de Darksiders 2 est à ce titre plus proche d’une production Disney que de l’atmosphère dark fantasy voulue et évidemment si vous souhaitez profiter de cette version originale il faudra passer votre console en anglais car cette option ne figure toujours pas dans le menu des options.

Ne vous endormez pas tout de suite !

Non il ne s'agit pas d'un niveau caché du Prince de Perse !

Non surtout pas ! Regardez comme les paysages sont beaux ! Vigil Games s’est certes pris les pieds dans le tapis au niveau de la narration de son jeu mais offre aux joueurs une direction artistique toujours aussi captivante et somptueuse. Les larges plaines sont surmontées de vestiges d’une ancienne civilisation, les ruines crachent par des visages de pierre immenses des torrents de lave et d’eau, les points de vue sur des abîmes sans fin sont légion. La direction artistique rend les déplacements et la découverte du monde très plaisants, le tout rehaussé par une musique sublime signée par un Jesper Kyd (Hitman, Assasssin’s Creed, Kane and Lynch…) très en forme ! Dès le début du jeu, Death aura à sa disposition son cheval pour parcourir les longues distances et son corbeau qui lui permettra de retrouver son chemin. Malheureusement, ce régal pour les yeux ne se retrouve pas dans les intérieurs des donjons. Vigil Games a entendu les griefs des joueurs concernant le premier Darksiders et de son manque de donjon, alors dans sa grande mansuétude, Vigil Games a ajouté plein de donjons. Mais je serais plutôt du genre à préférer la qualité à la quantité.

Les automates serviront à actionner des mécanismes et à nettoyer des salles.

Les environnements des donjons sont très redondants dans le premier monde, les mécanismes se déclinent jusqu’à l’écoeurement, du moins dans cette terrible première dizaine d’heures de jeu. Il faudra attendre le dernier donjon du premier monde pour retrouver la qualité de ceux du premier Darksiders. Même si cela s’améliore dès le deuxième monde, il faut avouer que l’entrée en matière de Darksiders 2, malgré sa direction artistique et le plaisir de découverte qu’il procure, est un immense gâchis que l’on jouera en mode automatique. Aucun moment dantesque, aucun combat contre un boss impressionnant, aucun passage spectaculaire ne viendra marquer l’inconscient du joueur. Durant les dix premières heures de jeu, on enchaînera les combats contre trois types d’adversaires -à quelques variantes de couleur et de taille près-, entrecoupés de boss vus et revus. La diversité arrivera après mais que l’attente est longue et laborieuse ! Laborieuse car Darksiders 2 souffre de quelques écueils techniques que l’on aurait aimé ne pas rencontrer. Notamment au niveau du nombre d’images par seconde chaotique qui donne mal à la tête par moments, la caméra ayant du mal à suivre en manuel. Mais le périple de Death est sauvé par l’essentiel : son gameplay.

Diablo’s Prince of Zelda Death

Les environnements sont réellement splendides

Darksiders nous avait offert un subtil mélange de Zelda et de God of War, Darksiders 2 n’abandonne pas la recette qui avait rendu son grand frère tout à fait recommandable mais rajoute quelques éléments pour l’enrichir. On ne change pas une équipe qui copie bien donc mais par contre on cherche à copier ailleurs. La première copie qui saute aux yeux sera à chercher chez le Prince de Perse. Death s’agrippe sur des rebords qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à ceux du Prince de Perse, il saute de ponton en ponton, court sur les murs, grimpe comme un chat, est téléporté sur le dernier rebord sûr au moindre faux pas, part n’importe où à cause du placement hasardeux de la caméra, tout comme lui, avec, en prime, les mêmes animations. Cela apporte au jeu certains passages de plate-forme très sympathiques à défaut d’être originaux.

Death a vraiment une boule...

Les autres plagiats sont plus subtils, on retrouve par exemple le système de boule et de bombes à utiliser pour actionner les mécanismes de Lara Croft Guardian of Light, et un système de loot emprunté à Diablo et aux Hack and Slash qui viendra égayer l’aventure avec force de découverte d’armes épiques et d’équipement superbe qui donneront à Death un look atypique et classieux. Peaufiner son équipement et trouver le meilleur compromis possible occupera une grande place dans Darksiders 2, la rareté de l’arme ou de l’armure sera marquée par le traditionnel code couleur auquel viendront se rajouter les armes possédées à qui l’on pourra sacrifier l’équipement non utilisé pour améliorer les caractéristiques et l’attaque. Ce système permet d’accroître l’intérêt du jeu malgré l’austérité et le peu de confort qu’offre l’inventaire de Death.

Les combats contre les boss et les mini boss seront très nombreux

Et il faudra être bien équipé pour affronter l’univers hostile de Darksiders 2. Death tracera sa route à l’aide de son arme principale, une double faux, et d’une autre secondaire qui fera office d’arme lourde, arme légère ou arme défensive vous permettant de vous adapter plus facilement aux adversaires rencontrés. Le système de combat de Darksiders 2 fera plus appel au timing des attaques qu’à un enchaînement spécifique. La parade aura toujours un rôle prépondérant et les aptitudes spécifiques trouvées au cours de l’aventure comme le bras spectral et le pistolet viendront compléter un arsenal déjà bien conséquent. Dans l’ensemble, le jeu ne mettra que très rarement votre talent à l’épreuve, il est bien facile d’aller au bout des trente heures de jeu proposées.

On conseillera vivement aux joueurs cherchant un tant soit peu de challenge de commencer le jeu en mode Apocalyptique, une difficulté bien plus accessible que celle de Darksiders même s’il faudra faire attention de ne pas s’aventurer dans des donjons optionnels sans être préparé. Certaines explorations ne permettront pas de faire marche arrière. Une fois fini, on aura le plaisir de pouvoir rejouer l’intégralité du périple de Death en mode New Game + et pouvoir finir les quelques quêtes secondaires, les derniers donjons qui vous manquaient en reprenant l’aventure du début avec votre équipement et votre niveau de fin. Un petit plaisir qui ne se refusera pas !

Le Bilan

On a aimé 

  • La direction artistique
  • Les musiques
  • L’exploration, le loot et les combats
  • Un jeu sans ambitions
  • Une histoire fantomatique
  • Les dix premières heures de jeu
  • Un inventaire austère et peu pratique
  • Un nombre d’images par seconde atonique pouvant donner mal à la tête

Conclusion du test de Darksiders II Deathinitive Edition

Tout ça pour ça !
On attendait beaucoup de Darksiders 2 et peut-être même un peu trop. Darksiders avait placé finalement la barre bien haut et le climax final méritait mieux qu’une histoire dérivée inutile sur un autre cavalier de l’Apocalypse. Vigil Games s’est finalement reposé sur sa remarquable direction artistique en oubliant de peaufiner avec la même attention son histoire et ses personnages. Malgré ses écueils, Darksiders 2 garde une certaine aura, une certaine ambiance, des combats dynamiques et un système de loot particulièrement plaisant qui parviennent à sauvegarder l’intérêt du joueur. A la fin du périple de Death, il ne restera que la vague impression d’avoir passé un bon moment, un bon moment qui disparaîtra aussitôt la console éteinte. On attendra maintenant d’avoir la suite de l’histoire de Guerre en espérant éviter de subir les tribulations passées des deux autres cavaliers…

L
Partager cet article

Darksiders II Deathinitive Edition

Développeur : Vigil Games
Éditeur : THQ
Date de sortie : 27/10/2015

25 commentaires

25 Commentaires
T
texazranger
28 octobre 2014 10h25

Un des rares jeux que j’abandonne en cours de route…. Mou, un personnage principal sans charisme, pas ou peu de sensation de puissance, et encore une fois un canasson moins rapide que la voiture de gaston lagaf….Et bord… que c’est agaçant ces allers-retours incessants pour récupérer pas grand chose. J’ai fais deux fois le premier, mais là…….:-(

S
spydercochon
30 août 2012 19h35

3 je trouve ça sévère, car même si on peut être déçu que ce ne soit (en exagérant) au final qu’un Darksiders un peu plus vaste et mieux fini, ça reste tout de même un excellent jeu qui mérite, je pense, ses 4 manettes sans hésiter.

F
Flo4ever33
30 août 2012 19h37

Franchement je comprend plus les testeurs et la presse en général… On a un jeu avec une direction artistique de malade, orienté gamer, avec un contenu de dingue, pleins de choses a faire, une replay-value énorme… plusieurs modes de difficultés… un mode arène, un new game + Le système de combat est très bien fait avec plein de combos, le côté hack ‘n slash est motivant pour devenir de plus en plus puissant, les compétences sont sympathiques… Bref moi je vois en ce jeu un mélange de Zelda, Diablo, Metroid…… Lire la suite »

S
spydercochon
30 août 2012 19h35

3 je trouve ça sévère, car même si on peut être déçu que ce soit (en exagérant) au final qu’un Darksiders un peu plus vaste et mieux fini, ça reste tout de même un excellent jeu qui mérite, je pense, ses 4 manettes sans hésiter.

(Impossible de modifier sa note, je voulais mettre 4 justement, et non 3…)

B
BigMini
30 août 2012 20h16

Euhm, t’as « quelques » jeu solo très très bon hein. Au pif, Alan Wake, Deus Ex, Red dead, GTA4, les 3 Mass Effect (même si la fin du 3 est à chier),…Donc dire qu’il y a pas grand chose…lolilol.

F
Flo4ever33
30 août 2012 21h30

Ouais j’exagerais un peu, j’ai fait les jeux que tu cite et ils sont excellents mais pour combien de bouses ? 1000 bouses 15 bons jeux… super le ratio… mais bon on préfère Call of et Battlefield a des jeux comme Darksiders maintenant…

K
kc71400
30 août 2012 22h46

je suis tout à fait d’accord avec toi flo4ever33!!! Noter 18 un call of avec des graphismes datés, des couloirs en veux tu en voilà, 4heures de solo, et multi semblables depuis des années…A coté de ca on a darksiders 2, un jeu avec de meilleurs graphismes que le 1, un level design à tomber (je sais de quoi je parle je suis moi meme illustrateur) et des nouveautés à ne plus savoir quoi en faire, ainsi qu’une durée conséquente, et ce jeu se fait descendre alors qu’il a évoluer… Lire la suite »

E
Ezekiel.666
30 août 2012 22h53

Hum! pas encore commencer (pas le temps), mais je trouve la note et le test un peu dur!
Je vais essayé et voir ce que ca donne, je suis assez surpris là :-/

J
Jarel
30 août 2012 23h46

Il faut lire le test les gars. Sincèrement vu le premier jeu ce que je trouve de franchement décevant c’est le peu de crédit apporté à l’histoire et au développement de l’univers. De plus le jeu ne comporte aucun élément fort. Il se joue en mode automatique sans vraiment laisser une trace quelconque au joueur. Darksiders 2 n’est pas un mauvais jeu mais un jeu moyen qui repose plus sur ses mécanismes et sa direction artistique que sur sa volonté de proposer une expérience à défaut d’être mémorable ou novatrice,… Lire la suite »

P
pieur
31 août 2012 0h03

J’ai adoré darksider 1, et je compte bien me prendre le 2 en occasion quand j’aurai le temps. Je trouve le test dur et jespere sincèrement avoir une meilleure impression que Jarel. J’ai lu d’autres part pleins de tests positifs qui m’ont donné vachement envie de l’acheter !

Accueil » Tests » Test – Darksiders 2