Stranglehold
Woo’s that game ?
Testeur : Boboxgamer
Vous attendiez le bon gros jeu de shoot défouloir dont votre Xbox 360 manquait cruellement ? Stranglehold est là et il est pas content ! Suite vidéoludique du film Hard Boiled (A toute épreuve comme on dit par chez nous), le titre a subi un développement coûteux, le tout mené par un John Woo veillant au respect de l’univers. Inutile donc de dire que Midway s’attaque à un monument et joue gros quant à sa réussite. Si vous aviez toujours rêvé de faire régner la loi dans les bas-fonds d’un Hong Kong mafieux bouffé par la violence, alors la suite pourrait bien vous intéresser.
Les deux soûls d’Hong Kong
Dès les premiers instants le décor est planté, on incarne l’inspecteur Tequila Yuen, premier de sa classe et si ses collègues passent leur temps à manger des donuts à la crevette, lui fait parler la poudre. Alors quand un de ses coéquipiers se fait sauvagement abattre et sa famille kidnapper, l’homme ressort les doubles pistolets du placard et part tuer du méchant. On est par la suite embarqué dans une histoire de gangs, classique mais efficace. Vous l’aurez compris ici on ne cherche pas à vous faire philosopher sur la nature humaine ou les bienfaits de la science. Non. On vous donne juste une raison de tirer sur tout ce qui bouge et c’est bien cela que doivent rechercher les acheteurs du jeu car… ils seront servis !
Une balle entre les deux yeux
Côté graphismes, c’est l’Unreal Engine 3 (habituellement cantonné aux FPS) qui est derrière tout ça et s’en retrouve méconnaissable. Vous n’aviez pas spécialement apprécié le niveau de la démo ? Rassurez-vous, les 6 autres sont bien plus convaincants. Exemple de diversité, les chapitres du jeu se suivent mais ne se ressemblent pas et on passe notre temps à admirer des décors, certains plus convaincants que d’autres (mention spéciale aux 2 derniers niveaux, splendides), mais globalement tous très réussis. Encore une fois le moteur d’Epic prouve qu’il en a dans le ventre et même si on a pu le voir plus en forme dans un certain Gears of War, le titre de Midway lui fait honneur. On pourrait très bien être épaté par la modélisation faciale plus que convaincante chez certains personnages, ou encore par la très bonne mise en scène, mais non. Ce qui nous frappe dans Stranglehold c’est le nombre impressionnant d’objets à l’écran. Des tas de débris passent devant nos yeux et si on ajoute à cela des décors destructibles et un grand nombre d’ennemis on arrive à un résultat tout simplement impressionnant. Les explosions font voler les tôles ainsi que les corps gisant dans le coin, les pylônes et autres statues se brisent, le tout exposant une physique des mieux gérées par le moteur Havok et contribuant grandement à l’intensité de l’expérience. Un pas vers la next-gen, que beaucoup attendaient, est franchit. Alors si en plus le jeu se permet de rester fluide de bout en bout et sans broncher la moindre seconde, on a plus qu’à rester scotché sur notre fauteuil. Malheureusement quelques rares petits bugs d’affichages, ainsi que certaines textures grossières, viennent nous rappeler que l’on reste malgré tout dans un jeu vidéo.
Tu la sens ma grosse intelligence ?
Côté gameplay, Stranglehold peut apparaître comme un jeu bête et méchant et ce n’est pas totalement faux. On passe son temps à dépeupler le continent asiatique en tuant une foule de chinois hargneux. D’ailleurs la mise a plus été faite du côté du nombre que de celui de l’IA… L’arsenal pour sa part n’est pas en reste. Quand le jeu ne voit pas double avec ses Desert Eagles en or et autres MP5, c’est pour enchérir avec un fusil à pompe ou lance roquette. Mais en cherchant bien, quelques petits « trucs » viennent relever le niveau. En dehors du fait de pouvoir effectuer bon nombre de figures mortelles (comme courir sur une rambarde, glisser sur un chariot ou s’accrocher à un lustre et cela le plus simplement du monde), il est agréable de pouvoir utiliser les éléments du décor pour venir à bout d’un adversaire un brin coriace. Quoi de plus jouissif que de se débarrasser de nos problèmes en faisant tomber un climatiseur ou un panneau publicitaire ?
Heureusement le progrès ne s’arrête pas là. Les mouvements réalisables, aussi classes puissent-ils être, ne sont pas là que pour faire joli. En effet, votre jauge de Bombe Tequila vient se remplir lors de leur réalisation, au même titre que lorsque vous trouvez les nombreuses Grues Origami disséminées dans les niveaux. Cette jauge n’a d’autre utilité que de vous permettre d’utiliser les 4 pouvoirs (ou Bombes Tequila) mis à votre disposition. Le premier vous permet de regagner un peu de santé, rien de bien excitant mais tout à fait pratique. Le second vous fera découvrir les joies du tir de précision, stoppant le temps, vous permettant ainsi de viser n’importe quelle partie de votre assaillant, avec toutes les animations très réussies que cela comporte. Saurez-vous être assez sadique ? Le troisième quant à lui vous fera entrer dans une folie meurtrière, augmentant significativement la cadence de vos tirs et vous rendant par la même occasion invulnérable. A vous de choisir l’arme de circonstance. Pour finir, le quatrième et le plus classe de tous, vous permet d’exécuter un tourbillon du plus bel effet supprimant tout autour de lui.
Mais pour gommer le côté répétitif de l’aventure, les développeurs n’ont pas pensé qu’à ça. Il va souvent vous arriver d’être encerclé et alors, quelle meilleur occasion pour engager des duels ? Tel un John Wooayne vous devrez tirer sur vos assaillants tout en esquivant leurs balles, l’effectif ainsi que leur cadence de tir augmentant au fil de votre progression. A cela s’ajoutent des boss, diablement charismatiques avec de vrais têtes de types pas gentils. Dommage qu’en pratique ils ne se révèlent pas bien intéressants. On se contente de les spammer avec tout lance projectiles nous venant sous la main voyant leur barre de vie descendre plus ou moins en flèche selon le gaillard.
Passons au sujet qui fâche. 7 chapitres, comptez un peu plus d’une heure pour chacun d’eux, oui c’est court, trop court… Mais vous l’aurez compris tout est mis en œuvre pour qu’on ne se lasse pas et tant mieux puisque ça marche.
Pour finir, quelques petits défauts en vrac : des coups de crosse et coups de poing ridiculement dévastateurs. Un fusil à pompe beaucoup trop efficace à longue distance. Des mouvements parfois un brin raides et buggés. Aucun dégât lorsque l’on tombe de haut. Aucun moyen de désactiver la surbrillance des objets utilisables ou interactifs, nuisant quelque peu au réalisme des environnements.
Double Tequila
On le voit, un jeu qui de nos jours ne propose pas de mode multijoueur fait tâche au milieu d’une ludothèque Xbox 360 fournie de ce côté et Midway s’est donc lancé sur une pente savonneuse afin d’en proposer un bon à son « Max Payne like », genre qui n’en a plutôt pas besoin. Le défi était d’autant plus dur que les développeurs n’ont pas changé d’un poil le gameplay. On a alors droit aux mêmes armes, mêmes pouvoirs et mêmes mouvements sur 7 maps toutes tirées de la partie solo et 2 modes de jeu, Deathmatch et Team Deathmatch, le tout jouable en classé ou non avec un maximum de 6 joueurs. C’est donc sans surprise qu’on se retrouve face à quelque chose de totalement bancal. La chasse à l’origami pour l’utilisation des Bombes Tequila étant très pratique pour tuer et donc très utilisée, on évite les moyens orthodoxes rendus beaucoup trop pénibles par un lag quasi permanent. Tout ceci nous donne l’impression d’avoir à faire à un mode multijoueur de fortune, plus prétexte qu’utile.
Bilan :
On a aimé :
- Action intense
- Bonne prise en main
On a pas aimé :
- Live décevant
- Court
HK style
Stranglehold aussi bon puisse-t-il être ne marquera pas les esprits bien longtemps. Malgré une réalisation tout ce qu’il y a de plus efficace, un scénario dans la lignée des films de John Woo et des graphismes s’affichant sur les marches d’un podium malheureusement déjà bien pris, le titre est un de ceux auxquels on joue durant quelques temps pour le voir par la suite prendre la poussière ou se retrouver sur le marché de l’occase. Pour autant, il comblera magistralement les blancs de votre emploi du temps.