Sonic Unleashed
Cours Forest !
C’était l’histoire d’un petit hérisson bleu
Que de chemin parcouru –toujours en courant- par ce petit hérisson bleu qui apparut pour la première fois dans un jeu vidéo le 23 Juin 1991. A l’origine de ce personnage emblématique du monde vidéoludique indissociable du célèbre constructeur/développeur japonais SEGA, on retrouve trois hommes : l’artiste Naoto Oshima, le designer Hirokazu Yasuhara et le programmeur Yuji Naka. Depuis cette première apparition dans le jeu quasi-éponyme Sonic the Hedgehog (Sonic le Hérisson) sur la Megadrive de Sega, il s’est imposé comme la mascotte phare de SEGA et, de ce fait, comme le personnage le plus célèbre et le plus décliné dans le jeu vidéo juste derrière le célèbre plombier moustachu de Nintendo.
Son passage à la 3D fut aussi à l’origine de l’amour inconsidéré de bon nombre de joueurs envers une console devenue aujourd’hui culte, la Dreamcast. En Décembre 1998, Sonic Adventure marqua le passage bluffant et réussi du célèbre hérisson bleu à la 3D dans un épisode de haute volée mêlant courses impressionnantes, jeu de rôle et shoot. Les deux épisodes Dreamcast furent applaudis par la critique et restent des pierres angulaires de l’histoire du jeu vidéo et de Sonic malgré de gros problèmes de caméra. La suite fut moins glorieuse et les autres titres sortis arrivèrent même à ternir l’image qualitative qu’avaient jusqu’alors les jeux de la célèbre mascotte bleue -hors spin-off et jeux dérivés-. Sonic Unleashed est le deuxième épisode à voir le jour sur console dite « next-gen » après un calamiteux Sonic the Hedgehog dans lequel beaucoup de fans avaient placé l’espoir de voir redorer le blason de la série. Sonic Unleashed est le dernier né de la Sonic Team, bien désireux de redonner au hérisson la place qu’il mérite et qu’il n’aurait jamais dû quitter dans le cœur des joueurs. Mais y est il parvenu ou se glisse-t-il encore une fois dans la catégorie des rendez-vous manqués ?
Hérisson du jour, espoir !
On ne va pas trop s’attarder sur l’histoire, inscrite ni plus ni moins dans l’univers délirant de Sonic : le docteur Robotnik, ennemi juré de Sonic, se livre à des expériences sur une station orbitale et notre hérisson héros arrive dans une superbe et longue cinématique d’intro pour mettre fin à la menace. Il tombe malheureusement dans un piège tendu par l’infâme docteur qui va non seulement briser la terre en morceaux mais aussi révéler la part d’ombre de Sonic, le terrible Hérisson-Garou !!!! Voilà pour le postulat de base, postulat qui va engendrer deux phases de gameplay bien distinctes : des phases que l’on appellera jour où l’on dirigera Sonic le Hérisson et des phases nuits où l’on dirigera son double maléfique le terrible Hérisson-Garou.
Si vous cherchez une histoire sérieuse, passez votre chemin, nous on va passer à autre chose, et l’autre chose est un véritable régal pour nos pupilles ! Le moteur concocté par la Sonic Team est d’une beauté impressionnante et sied à merveille à l’univers de Sonic. Dès le premier niveau du jeu (une phase jour donc et disponible en démo sur le live), on en prend plein les yeux, le décor défile à toute vitesse, les pièges s’enchaînent à un rythme effréné, les séquences impressionnantes se succèdent. Le tout dans un festival de couleurs vives très rafraîchissant dans le monde du jeu vidéo actuel, que ce soit pour les phases jour ou les phases nuits.
Le gameplay des phases jour, où l’on dirige Sonic le Hérisson, est simple (X pour foncer, A pour sauter, B pour les glissades et Y pour le déplacement éclair qui vous permettra de suivre une rangée d’anneau), reste classique pour les habitués de la série (on retrouve donc les célèbres anneaux qui font office de vie pour Sonic, les attaques éclairs en sautant etc…) et pour une fois, ces séquences ne souffrent pas de la présence d’une caméra capricieuse. Malgré la vitesse de Sonic, ces niveaux sont très longs à finir et il vous faudra réaliser un sans faute, choisir avec soin votre chemin et découvrir les nombreux passages alternatifs qui vous amèneront à décrocher la note maximale dans chaque parcours.
Ces niveaux sont d’une beauté assez sidérante et les différents environnements parcourus, chacun lié à un continent -l’Inde, l’Afrique, la ville européenne, la mégalopole industrielle, l’antarctique, le moyen-orient–, réserveront des moments d’anthologie gonflés d’adrenalyne où Sonic enchaînera loopings, grinds monstrueux, descentes vertigineuses, le tout à une vitesse incroyable.
On pourrait croire après avoir parcouru les premiers niveaux qu’il s’agit juste d’une sorte de Quick Time Event géant à peine caché ; on retrouve notamment des phases de QTE dans certains passages des niveaux mais il vous suffira d’avancer dans le jeu pour vous rendre compte que Sonic n’est vraiment pas fait pour les petits joueurs et qu’il demande énormément d’investissement et d’adresse pour pouvoir le finir, et encore plus pour le finir à 100%. Que ce soit dans les phases jour ou dans les phases nuit où vous dirigerez le Hérisson-Garou.
Hérisson du soir chagrin ?
Le hérisson-garou est la part d’ombre de Sonic, son double maléfique et surtout son opposé sur tous les points. Sonic est rapide, vif, malingre alors que son alter ego est lent, pataud, puissant, ce qui induit dans le jeu deux gameplay radicalement différents et qui saura dérouter les joueurs. Les dérouter car on alternera régulièrement les phases jour et les phases nuit. Les phases garou représentant 50% du jeu et on passera d’un jeu de plate-forme vif et nerveux à un beat-them all plus lent, plus lourd. Le passage de l’un à l’autre est difficile, surtout dans les premiers niveaux où Sonic-Garou dispose de peu de coups et d’une maniabilité particulière, un peu longue à dompter, qui se base sur sa possibilité d’étendre ses bras. De ce fait, il pourra se saisir de ses adversaires, ce qui introduira des fois un cours QTE qui lui permettra de finir beaucoup plus vite l’adversaire, de lancer les plus petits, sur d’autres ennemis ou des boutons, et surtout de se mouvoir plus facilement lors des passages de plate-forme qu’il sera amené à franchir. Car bien que les premiers niveaux « nuits » soient clairement axés beat them all et action, au fur et à mesure de l’aventure, ils vont intégrer de plus en plus de phases de plate-forme à l’ancienne, millimétrées, qui viendront rendre ces phases beaucoup plus intéressantes.
Reste un des gros points noirs du jeu qui intervient seulement lors de ces phases « nuits ». Un problème récurent dans les jeux Sonic, qui est là beaucoup moins handicapant mais qui perdure, est celui lié à la caméra qui, par moments, rend certains passages du Sonic-Garou infects. La caméra non-libre change parfois brusquement de direction et rend de ce fait la maniabilité de certains sauts totalement aléatoire. Heureusement que ces problèmes ne sont pas si nombreux que cela, mais ils ternissent l’ensemble jusque là fort honorable.
L’aventure c’est l’Aventure
Sonic Unleashed, même s’il est structuré autour d’un scénario bateau, dans un univers coloré et enfantin –le jeu ne s’adresse surtout pas à des enfants vu sa grande difficulté- conserve les éléments d’aventure hérités de l’épisode Dreamcast. Sonic voyagera sur chaque continent et visitera plusieurs villes dans lesquelles il trouvera des personnages fort attachants et très bien modélisés dans un look très bande-dessinée. L’univers proposé est cohérent, coloré, riche et nous fait réellement voyager. Chaque ville, plus ou moins grande, donnera à Sonic la possibilité de participer à des sortes de quêtes annexes, nécessitant de rencontrer divers personnages, de réaliser plusieurs défis dans des niveaux inédits, défis pour la plupart originaux qui viennent rompre avec le train-train –de haute volée toutefois- que l’on rencontrera lors des phases jours/nuits. Dans ces épreuves, tout comme dans les niveaux de base, Sonic pourra gagner de l’argent pour acheter divers souvenirs, artworks, musiques, etc., et de l’expérience pour augmenter ses capacités et obtenir de nouveaux combos à la manière d’un jeu de rôle. Cette partie aventure s’avère très agréable, réserve bien de surprises et rallonge considérablement la durée de vie.
Pour compléter cet aspect aventure, chaque ville, chaque niveau dispose de médailles bien cachées dans les méandres de son architecture. Ces médailles vous serviront à débloquer de nouveaux niveaux sur les différents continents, niveaux totalement optionnels mais généralement très bien construits et qui mettront à l’épreuve, encore une fois, votre habileté.
L’aventure est aussi ponctuée de combats mémorables contre des boss superbes et gigantesques qui nécessiteront de votre part de trouver leur point faible et d’agir en conséquence. Le boss final atteint un sommet dans le genre : prévoyez, tout comme les derniers niveaux, un temps de jeu conséquent et beaucoup de vies avant d’en venir à bout.
Bilan :
On a aimé :
- Le level design soigné
On n’a pas aimé :
- Caméra capricieuse
- Pas de mode online (courses, …)
Résumé :
Sonic Unleashed est une véritable surprise : on n’attendait plus un Sonic de cette qualité tellement la déception prévalait sur les précédents essais. On se retrouve là avec un condensé de Sonic 3D avec des niveaux « jours » au level design sidérant qui sauront nous faire monter l’adrénaline comme rarement dans un Sonic, sachant alterner les passages sur rails à des passages très plate-forme. Les phases « nuits » ne feront pas l’unanimité mais dévoilent au fur et à mesure de l’avancée dans le jeu leur réel potentiel, distillant des combats intenses moins brouillons que l’on pourrait le croire et des passages de plate-forme très exigeants. Saupoudrez le tout avec une aventure assez soignée et enrobez-le au final de graphismes somptueux et d’une technique réellement impressionnante par moments, et vous obtiendrez un des meilleurs Sonic 3D jamais sortis qui se glissera sans mal au niveau des épisodes Dreamcast. Et rien que cela, c’est un véritable bonheur, que l’on soit fan de Sonic ou non.
Le Bilan
On a aimé
- Le level design soigné
On a moins aimé
- Caméra capricieuse
- Pas de mode online (courses, …)
Conclusion du test de Sonic Unleashed
Résumé :
Sonic Unleashed est une véritable surprise : on n’attendait plus un Sonic de cette qualité tellement la déception prévalait sur les précédents essais. On se retrouve là avec un condensé de Sonic 3D avec des niveaux « jours » au level design sidérant qui sauront nous faire monter l’adrénaline comme rarement dans un Sonic, sachant alterner les passages sur rails à des passages très plate-forme. Les phases « nuits » ne feront pas l’unanimité mais dévoilent au fur et à mesure de l’avancée dans le jeu leur réel potentiel, distillant des combats intenses moins brouillons que l’on pourrait le croire et des passages de plate-forme très exigeants. Saupoudrez le tout avec une aventure assez soignée et enrobez-le au final de graphismes somptueux et d’une technique réellement impressionnante par moments, et vous obtiendrez un des meilleurs Sonic 3D jamais sortis qui se glissera sans mal au niveau des épisodes Dreamcast. Et rien que cela, c’est un véritable bonheur, que l’on soit fan de Sonic ou non.