Naruto : Rise of a Ninja
Ca doit être pratique 9 queues…
Après avoir envahi le Japon, puis le Monde, le monde de la Bande Dessinée, comme celui du cinéma, c’est naturellement que Naruto a débarqué dans nos salons. Après moult épisodes de baston sur quasiment tous les supports en vente, il en était une qui devenait jalouse de ne pas avoir son Ninja tout d’orange vêtu.
C’est désormais chose faite grâce à Ubisoft qui a voulu développer plus qu’un jeu de baston avec Naruto : Rise of a Ninja, puisque proposant un mode aventure comme articulation principale.
Deviendra-t-il Hokage ou tombera-t-il au combat ?
Dattebayo !
Naruto : Rise of a Ninja propose de vivre les aventures du jeune ninja turbulent du début de la série jusqu’au combat contre Gaara et Shukaku, soit le 80ème épisode de l’animé ou le début du 16ème tome du manga. Le jeu s’articule autour de deux éléments : l’aventure, composée de quêtes et missions, et des combats qui viennent agrémenter les missions.
Vous commencez donc avec un Naruto encore à l’école, détesté de tous et plutôt mauvais en tant qu’aspirant shinobi. Votre but sera de progresser et de vous faire apprécier des villageois.
La première chose que l’on constate, ce sont les graphismes très fidèles à l’animé. Plutôt jolis et colorés, on reconnaît sans problèmes la patte qui le caractérise, original tout en proposant un rendu de qualité plus que correcte pour de la 360.
L’animation n’est pas en reste, les mouvements eux aussi fluides et fidèles aux modèles originaux vous donneront l’impression que Naruto est vraiment dans la pièce.
Vous vous retrouvez donc seul, dans la peau du ninja et allez avancer progressivement et apprendre des techniques au fur et à mesure de l’histoire et améliorer vos capacités. Et tout cela dans une reproduction du village de Konoha, de ses alentours, plus quelques lieux comme le pont de Tazuma ou une forêt du pays des vagues…
Autant dire que votre terrain de chasse sera plutôt vaste.
Plus de chakra !
Le jeu vous propose donc plusieurs activités comme la livraison de ramens, les courses, le jeu de cache-cache, les missions, les duels et l’entraînement aux techniques en plus des classiques missions. A chaque réussite d’un de ces challenges vous obtiendrez de l’argent pour acheter de l’équipement, des points d’entraînement pour apprendre des techniques, des points de chakra et/ou de vie supplémentaire.
Je ne vous cacherai pas que, bien qu’assez large, au final, le jeu se veut plutôt court et répétitif. En une douzaine d’heures vous aurez bouclé le mode scénario à 100%.
En effet, même si le jeu se vante sur le papier d’aller jusqu’à 80 épisodes de l’animé, il en est autrement une fois lancé. Vous ne contrôlez que Naruto et par conséquent n’agissez pas dans les phases où il n’intervient pas. Exit donc les combats d’anthologie comme Gaara VS Rock Lee ou Kakashi vs Zabuza. Il faudra vous contenter des extraits de l’animé montés pour l’occasion de manière à résumer plus ou moins maladroitement ce qui se passe. Sans compter qu’un pan de l‘histoire à été amputé sur la fin de l’histoire. Ainsi, si on combat Orochimaru sur le terrain d’entraînement n°44 (aussi appelé Forêt de la Mort), on n’aura même pas droit à une séquence vidéo du combat de ce dernier contre le 3ème Hokage qui est quand même une phase importante dans cette période. Pire, cette phase n’est même pas metionnée de quelque sorte que ce soit. Il en va de même avec les personnages qui n’affrontent pas Naruto, puisqu’ils n’ont même pas le droit à une modélisation avec le moteur du jeu en dehors de ceux qui donnent des missions. Sur ce coup, la fidélité à l’histoire en prend un méchant coup dans l’aile, puisque c’est une fidélité sélective.
Multiclonage !
Côté Gameplay, le jeu se veut original. Et le pari est plutôt réussi. Que ce soit dans la réalisation des techniques, comme dans leur exploitation. Tout est fait pour que le joueur ne joue pas avec Naruto, mais pour qu’il devienne Naruto. Ainsi celles-ci s’effectuent en maintenant LT puis en exécutant une double combinaison avec les deux joysticks pour former les signes zodiacaux nécessaires pour réaliser les techniques. La gestion du chakra étant primordiale en duel (je reviendrai à ce mode plus bas), elle devient anecdotique en aventure, puisque se régénérant quasi immédiatement.
Vous pourrez ainsi avec une facilité déconcertante courir, exécuter un double saut, marcher sur les murs, marcher sur l’eau, devenir une femme, et créer des clones en plus des actions plus classiques telles que parler aux gens, sauter, marcher, manger des ramens, glisser sur des cables… Cependant pour les techniques nécessitant du chakra comme le sexy jutsu et le multiclonage, leur utilisation ne sera utile que devant des portes spécifiques ou des pervers sans copines…
Viennent ensuite les balades d’arbre en arbre si chères à l’œuvre. Les voitures c’est has been chez les ninjas. Sauter d’arbre en arbre c’est plus rapide et écolo et le jeu propose des phases retranscrivant ces déplacements. Bien que plutôt rares, surtout jusqu’aux ¾ du jeu, ces courses seront nécessaires pour atteindre des lieux éloignés.
Harem no jutsu !
L’autre jeu dans le jeu est la phase baston. Déclinée en plusieurs modes, vous pourrez ainsi combattre vos adversaires par ce biais durant le mode aventure, ou ne faire que du combat dans le mode versus. Ce dernier est composé d’un mode duel jouable à deux et d’un mode tournoi jouable en…solo uniquement !
Vient finalement le gros du morceau de ce mode qui est le mode Online. Articulé autour d’un mode duel et d’un mode Défi de la forêt. Bien qu’original dans son concept, il faudra encore combattre des adversaires connectés choisis aléatoirement pour récupérer deux rouleaux et gagner des points (faisant grimper sa position dans le classement mondial) en battant le même nombre d’adversaires afin de rentrer dans la tour de la forêt de la mort et combattre jusqu’à devenir maître de la tour.
Le gameplay du mode baston est tout simplement une petite merveille. Les développeurs avaient pour ambition de faire ressentir les combats de ninjas comme si on y participait, et c’est réussi !
Cela se passe comme un jeu de baston classique en 3D, sauf qu’au lieu de sortir des coups spéciaux à tout va, il faudra en avoir l’occasion. Et par conséquent, à vous de créer ces ouvertures en envoyant valdinguer l’adversaire afin de vous laisser le temps de malaxer suffisamment de chakra pour préparer votre technique.
Chacune de ces techniques possède 3 niveaux représentés par des arcs de cercles. Lorsque vous avez réalisé les signes incantatoires, le chakra s’accumule autour de votre perso. Et lorsqu’il est dans le niveau d’un arc de cercle, vous pouvez relâcher LT pour envoyer la technique. Plus vous attendez, et plus l’adversaire a de chances de vous en empêcher. Plus vous vous approchez du 3ème arc et plus la technique sera puissante. Mais attention à relâcher au bon moment, parce que trop ou pas assez de chakra vous privant de la dose de chakra accumulée et en vous mettant en plus dans une fâcheuse posture pour quelques instants.
Côté défense, les personnages ne sont pas en reste puisqu’il peuvent esquiver, se déplacer à volonté passer dans le dos de l’adversaire, utiliser des kunais pour en contrer ou pour stopper une technique, mais aussi utiliser la fameuse technique de substitution, vous évitant les dégâts, en mettant un tronc d’arbre à votre place pour apparaître dans le dos de l‘adversaire. Jamais un combat de ninja aura été mieux retranscrit en jeu vidéo !
Multicloné !
Là où le bât blesse vient justement de la durée de vie globale de cette partie du jeu. Bien que contre des adversaires humains, la durée de vie soit très importante, elle est vite entravée par le peu de personnages présents, avec seulement 11 personnages jouables : Naruto, Neji, Gaara, Orochimaru, Haku, Kiba, Sakura, Sasuke, Kakashi, Zabuza et Rock Lee (les mêmes que l’on affronte en mode aventure). Et bien que les développeurs aient promis de rajouter des personnages au fur et à mesure (Shikamaru aurait normalement dû être dispo sur le live pour la sortie du jeu), cela fait quand même un très faible nombre. Surtout quand on constate que les personnages sont très déséquilibrés que ce soit en nombre de technique comme dans leur nature. Certes, cela vient en partie du manga, mais prenons l’exemple de Sakura qui n’a aucune technique offensive, hormis la concentration de chakra (technique de base que beaucoup de persos ont pour augmenter les dégâts des coups classiques pendant quelques secondes). Face à lui, on a par exemple Rock Lee qui, de par son manque de talent dans des disciplines autres que le taijutsu (combat à mains nues), possède une seule technique de boost surpuissant, puisque capable à haut niveau de vider entièrement la barre adverse après avoir un peu bronzé.
Les techniques offensives font appel à des séquences en QTE où on intervient réellement, en tant qu’attaquant ou défenseur pour esquiver l’attaque, augmenter ou diminuer les dégâts. Sur le papier, on nous avait annoncé une mécanique de jeu par technique, mais il n’en est rien puisqu’il n’y a que 7 mécaniques différentes de mini jeux. Cela implique les joueurs dans les combats, mais comme la plupart des persos n’ont qu’une technique offensive, on vient rapidement à se lasser de jouer avec voyant la même chose à chaque combat !
Cela est encore plus marquant quand on sait qu’il y a un paquet de techniques non exploitées dans le jeu alors qu’elles apparaissent dans la période narrative que traite le jeu (le Lotus de Konoha version recto et verso, la prison aqueuse, les clones, le cocon de sable, les invocations…)
Les projections sont au nombre de 3… différentes pour tous les persos. (Naruto en possède une qui lui est propre. Quant aux autres, ils se partagent entre une version du pauvre du Shishi Rendan et un combo aérien projeté)
Quant aux combos plus classiques, il suffit de faire un peu n’importe quoi pour caser quelque chose de correct. Le seul mot d’ordre est de créer une ouverture en esquivant et en passant dans le dos de l’adversaire pour lui balancer la sauce ensuite. Le fameux effet de surprise…
En cas de pépin, pour renverser la situation, vous pourrez activer le mode Rage qui après une séquence cinématique personnalisée de toute beauté faite avec le moteur du jeu, vous octroie une barre temporaire augmentant ainsi votre espérance de vie, boostant par la même occasion vos déplacements et votre puissance jusqu’à épuisement de la jauge.
Cependant la jouabilité reste intelligente et bien pensée permettant de maîtriser les bases de son combattant en un clin d’œil.
Y’a une couille dans mes ramen !
Le mode Online est une première pour un jeu Naruto promettant des combats d’anthologie partout dans le monde. Et il faut avouer, qu’il ne tient pas du tout ses promesses.
Je ne sais pas si cela vient de la ligne ou du code réseau, mais pas mal de lag et de bugs viennent agrémenter ce mode très mal optimisé. Ainsi ne vous étonnez pas de voir votre multiclonage raté de son perfect (et donc amputé de bonus de dégâts) parce que le jeu vous donne un bouton différent de ce que vous avez choisi au départ. Sans compter les blackouts où l’adversaire se trompe de bouton pour bloquer votre attaque, l’annulant purement et simplement pour passer à la suite. Très frustrant. Seules les techniques utilisant des cibles ne posent aucun problème. Comme le jeu mise sur la vitesse d’exécution et les attaques surprises, vous comprendrez que le lag est très mal apprécié (et cela ne provient pas de ma connexion, j’ai vérifié).
Ajoutez à cela le mode Défi de la forêt censé être un terrain de rencontre aléatoire qui ne possède même pas de système anti-déco de joueurs avec pénalité de points. Parce que leur passe-temps est de trouver un perso maîtrisable sans difficulté pour engranger des points et gagner des étages en le tabassant. Il va sans dire que vous verrez très souvent l’écran : « Vous avez été déconnecté de votre adversaire » si vous ne prenez pas Sakura. Et pendant ce temps, cela fait 1 heure que vous attendez de pouvoir combattre après la 60ème personne qui ne veut pas se battre contre Naruto parce qu’il va mettre à mal sa progression pépère. A moins que cela ne soit un nouveau concept de jeu pour corser le challenge : avant de battre un adversaire, il vous faudra en trouver un qui veut bien de vous !
Nani ?!
Autre gros point noir du jeu : la bande son. Si les musiques sont les musiques japonaises de l’animé et les bruitages sont très fidèles et font honneur au jeu, l’adaptation en français des voix quant à elle est plus que limite que ce soit artistiquement comme techniquement. Ainsi, si vous détestez la VF de l’animé, ce n’est pas le jeu qui va vous réconcilier avec une VF de qualité. Un casting de voix toujours aussi mal choisi, un professionnalisme d’acteurs toujours aussi bons en lecture de textes. Pour sûr, on se croirait devant l’animé en français. Perso, je bannis tout ce qui n’est pas langage original pour une production audiovisuelle et espère que le patch de langue japonaise ne va pas tarder pour corriger ce problème et par la même occasion, les petits soucis audios expliqués plus bas.
Cependant, bien que les traductions, elles-aussi, ne soient pas de haut niveau, on a échappé aux changements de nom de technique ou d’objet à chaque fois qu’on l’évoque, aux nouilles ramen, et à pas mal d’autres bévues indignes d’un traducteur professionnel. Ceci dit c’est normal, vu que le jeu n’a pas été pensé en japonais mais en anglais et en français (Ubisoft Montréal oblige).
D’un point de vue technique il y a pas mal d’impairs, vu que certaines paroles sont carrément coupées dans leur élan par des chargements de combat, ou par moment, des paroles qui décrochent ou n’arrivent que trop tard (cela arrive souvent lorsque l’on interroge les villageois alors qu’on est pressé, ils répondent 3 ans après alors qu’on est déjà à des lieues de là après avoir lu et fermé le texte).
Même si ce n’est pas du massacre total, cela fait quand même tâche pour l’immersion chez les puristes.
Bilan
On a aimé…
- Oh ! Un ninja orange !
- Le système de combat et de jutsus
- Le côté aventure bien sympa
On n’a pas aimé…
- Trop peu de persos
- Serveurs online en carton
- Très répétitif
- Narration très mal pensée
- Brrrr, les voix françaises. J’en ai encore des frissons !
Résumé :
Naruto : Rise of a Ninja est un jeu moyen qui ne convaincra que les fans de la série. Le jeu, pourtant original, n’est pas assez exploité, ni assez bien exploité pour tenir tous ses engagements. Ceci dit, l’expérience de jeu est très agréable malgré une certaine répétitivité, que ce soit dans les quêtes du solo ou pendant les combats. Si vous n’êtes pas fan, passez votre chemin : le jeu ne saura pas vous convaincre, puisqu’essentiellement basé sur le concept de « vivre » Naruto. Et même dans ce cas là vous pourriez être déçus de par les nombreux raccourcis pris par le jeu que ce soit scénaristiquement parlant ou par la rareté des combattants et le manque de diversité des techniques…
Pourtant, il n’est pas censé y avoir de raccourci pour devenir Hokage…