Test – Matt Hazard: Blood Bath and Beyond

un jeu de geek pour geek
Quel est le dernier jeu auquel vous avez joué qui vous a fait rire ? Vraiment ? Pas un juste petit sourire du coin des lèvres, pas un ricanement nerveux sur bug impromptu, non je parle vraiment d’un jeu qui vous a fait rigoler aux éclats, tout seul sur votre canapé. Quand je me suis posé la question, quelques jeux Lucas Arts me sont revenu en mémoire, quelques vieux jeu d’aventure tels que Eternam voir Leisure Suit Larry. Mais dans les jeux récents, aucun n’est venu s’imposer par lui-même. Oh, il y a bien eu un sourire au détour d’un Brütal Legend ou de Banjo et Kazooie, mais rien de transcendant. Jusqu’au jour où je me suis essayé, sans trop y croire, à Matt Hazard : Blood Bath and Beyond…
Matt Hazard, le seul, l’unique

Matt Hazard est la plus récente des icônes vidéoludiques. Une icône has been qui s’assume et never has been qui s’assume aussi. En effet, le développeur Vicious Cycle Software a créé de toutes pièces Matt Hazard un héros de jeu vidéo déchu qui tente de regagner son statut après une longue déchéance. Cette histoire fut racontée dans Eat Lead, the Return of Matt Hazard. Même si les critiques avaient vanté le côté décalé et humoristique du jeu, sa technique dépassée ne lui avait pas permis de décoller au niveau des ventes. Et Matt Hazard connut un bide retentissant. Ce fut donc une surprise de voir arriver ce second volet sur le XLA, une surprise et une curiosité.
Dans Blood Bath et Beyond -littéralement bain de sang et au delà- Matt Hazard va devoir encore faire cracher ses armes pour contrecarrer l’ignoble plan diabolique de son ennemi juré, le colonel Neutronov. Un ignoble plan diabolique assez tordu vu que Neutronov a capturé l’ancien Matt Hazard, ce qu’il était à l’époque des consoles 8 bits afin de s’en débarrasser et donc de ce fait, tuer le Matt Hazard des consoles actuelles ! Vous m’avez suivi ? Très bien alors suivez-moi encore un peu car le reste ne va pas être évident à expliquer. Neutronov s’est enfui dans des niveaux de jeux passés et Matt Hazard va devoir plonger dans ces vieux niveaux de jeux vidéo afin de l’arrêter. J’espère que j’ai été assez clair car je pense que j’aurai du mal à me relancer dans une explication.
Des jeux dans le jeu

Le jeu de tir à la troisième personne est abandonné ici pour faire place à un shoot horizontal, une sorte de clone assumé des Metal Slug où la seule différence viendra de la possibilité de tirer vers le fond de l’écran. Il faudra un petit temps d’adaptation au joueur pour apprivoiser les commandes et parvenir à éviter de perdre des vies bêtement, enfin pas si bêtement que cela vu que le jeu est difficile. Très difficile même. Les adversaires arrivent de partout et l’arsenal de Matt ne sera pas de trop pour s’en débarrasser. Au programme, apprêtez vous à retrouver les traditionnels grenades, fusil à pompe, lance-roquettes, mitraillette, fusil glaçant, lance flamme et consort. Tout ce matériel vous aidera à parcourir 8 niveaux d’action frénétique tout en inondant l’écran d’hectolitres de sang comme quoi le titre est bien trouvé-! Huit niveaux qui oscillent entre le pas terrible, le sympathique et le carrément génial et c’est là que se trouve la grande originalité et qualité de Matt Hazard, à savoir dans son univers décalé, comique et débordant de références vidéoludique.
Le paradis du gamer

Outre les dialogues très réussis et les mises en situation cocasses, Matt Hazard vous propose une sorte de musée du jeu vidéo tout au long de ses 8 environnements. C’est bien simple, on peut découvrir une nouvelle référence d’un jeu vidéo passé ou présent presque à chaque partie. J’exagère à peine. Même si le parcours est éreintant, Matt Hazard vous propose une difficulté pour les nuls avec continus à l’infini ce qui permet à tout le monde de parcourir des mondes où vous retrouverez du Bioshock, du Team Fortress 2, de l’Okami, du Dead Space et plein d’autres jeux encore que je vais vous laisser le plaisir de découvrir. Certaines références sautent aux yeux d’autres, sont beaucoup plus ténues, plus subtiles mais toujours très agréablement utilisées!
Même si les deux premiers niveaux et les deux derniers ne sont pas à la hauteur des 4 autres, c’est avec le sourire aux lèvres que l’on parcourt le jeu, rigolant sur les présentations des niveaux, et se bidonnant sur les situations rencontrées. Un régal pour les zygomatiques.
avec pas mal de lacunes

Est ce qu’un jeu vaut la peine d’être joué juste parce qu’il peut vous faire rire et titille votre fibre passionnelle ? Car oui, Matt Hazard a beau proposer une aventure très agréable et amusante il n’en demeure pas moins un jeu de tir particulièrement convenu et pas transcendant dans l’action qu’il propose. Les adversaires foncent sur nous ou nous tirent dessus, les boss sont peu inspirés et le level design demeure très plat. Matt Hazard souffre de ses qualités, cet humour très référentiel ne va pas s’adresser à tout le monde et il est tellement riche que Blood Bath and Beyond laisse une désagréable impression de grand n’importe quoi. Il manque clairement à Matt Hazard une unité, une identité qui en l’état ne pouvait reposer que sur un gameplay particulièrement fainéant. Tout ce qu’un jeu à 1200 pts ne peut pas se permettre d’avoir.
Et ce n’est pas la possibilité de jouer en coopération qui sauvera Matt Hazard de cette impression, surtout que ce mode coopératif n’est malheureusement jouable qu’en local. Dommage.
Le Bilan
On a aimé
- L’humour
- Des niveaux faits pour les amoureux de jeux vidéo
- La difficulté mauviette avec les continus infinis
On a moins aimé
- Un gameplay très fade
- Un level design très pauvre
- Un prix trop élevé
Conclusion du test de Matt Hazard : Blood Bath and Beyond
Un vilain petit canard
Matt Hazard n’est pas un bon jeu. Vraiment. Pourtant je ne peux m’empêcher de l’aimer, peut-être parce que je n’avais pas autant ri devant un jeu vidéo depuis pas mal de temps. Peut-être parce que j’ai adoré parcourir ses niveaux en relevant les multiples références vidéoludiques et cinématographiques qu’il comporte. Matt Hazard Blood Bath and Beyond est un jeu généreux pour les passionnés, pour les geeks. Pour eux, suivre Matt Hazard dans cette aventure loufoque sera un régal même si je leur recommanderai d’attendre une baisse effective du jeu à 800 pts. Pour les autres, ce Matt Hazard là ne présentera aucun intérêt, à part celui de dérider leurs zygomatiques. Ce qui est déjà énorme.