Ikaruga
Ca blast pour moi
Testeur : BatOsan
Après la version Arcade sortie au Japon en 2000 et une version Dreamcast deux ans plus tard, suivie de près par son adaptation sur GameCube en 2003, le célèbre shoot’em up de Treasure revient encore et encore pour jouer avec nos nerfs ! Disponible contre 800 points, c’est sur le Xbox Live Arcade que ça se passe cette fois. Prévoyez le stock de tisanes au tilleul et une manette de rechange, Ikaruga ne rigole pas, et ça n’est pas pour nous déplaire !
Débarqué tout droit du Japon, Ikaruga est un shoot’em up à scrolling vertical. Vous dirigerez donc un petit vaisseau en bas de l’écran et le décor, tout en 3D du plus bel effet, défile du haut vers le bas. Des tas d’ennemis arrivent de tous les côtés et vous devez les envoyer ad patres, comme à l’accoutumée dans ce genre de jeu, en tirant simplement dessus. Mais Ikaruga innove et vous allez voir que les paramètres à prendre en compte sont ici bien plus importants que dans la plupart des autres jeux du genre… Explications…
Attention ! Concept !
Ikaruga fait vraiment plaisir à voir pour plusieurs raisons. Tout d’abord parce que le genre est totalement tombé en désuétude depuis la fin de l’ère des 16/32 bits, même si sur le XBLA on commence tout de même à trouver de quoi faire. Ensuite, ce qui est très intéressant et qui fait que Ikaruga se démarque de ses confrères, vient de son concept. En effet, ici, pas d’upgrade de tirs qui balayeront les 3/4 de l’écran et pas de tirs de types différents non plus. Juste un vaisseau, un seul tir et des ennemis. Ou plutôt deux vaisseaux en un, car à tout moment dans le jeu vous pourrez transformer votre appareil grâce à une simple pression sur le bouton B du pad (le bouton A sert à tirer). Cette transformation qui peut paraître basique au premier abord permet uniquement de changer sa couleur : blanc ou noir. Et c’est là qu’Ikaruga prend toute sa dimension !
Lorsque vous êtes en blanc, les tirs ennemis blancs ne vous touchent pas. Mieux, il faudra même foncer dessus afin de les absorber pour remplir une jauge se situant en bas de l’écran. Cette jauge pleine (ou même seulement remplie au 3/4) permettra de lancer, grâce à la gâchette droite, une salve de rayons lasers autoguidés des plus efficaces. Et bien sûr, pour que ce soit drôle, lorsque vous êtes en blanc, il faudra impérativement éviter les tirs noirs qui eux sont mortels. Bien entendu tout cela s’inverse si votre vaisseau est noir… Vous me suivez ?! Mais ça ne s’arrête pas là car en blanc votre tir est deux fois plus puissant contre les ennemis noirs que contre les blancs. Si vous rencontrez un boss blanc il faudra donc que votre vaisseau soit noir afin de l’occire au plus vite. Et ça continue avec encore un autre aspect tactique. Si vous shootez avec le vaisseau blanc un ennemi blanc, il explosera en lâchant des tirs blancs. Alors que, dans le cas où vous êtes toujours blanc, les ennemis noirs ne lâcheront aucun tir. Il faudra donc gérer cet aspect afin d’absorber les tirs de la bonne couleur pour avoir toujours en réserve quelques rayons lasers à balancer en cas de difficulté… Ouf… Le voilà le concept… L’écran est rempli de tirs blancs et noirs et vous devrez sans cesse jongler entre les deux couleurs du vaisseau afin de remplir la jauge de lasers et du même coup éviter les monstrueuses salves de tirs ennemis… Et c’est rien de le dire !
Comme si tout cela ne suffisait pas, histoire de compliquer encore un peu les choses, le jeu est jouable en coopération en local ou via le Xbox Live. Vous vous rendrez alors vite compte que le gameplay change et qu’il faudra que les deux joueurs se parlent pour augmenter les chances de réussite. En effet, si par malheur les deux joueurs ne sont pas de la même couleur, des tirs blancs arriveront droit vers le joueur noir et vice-versa. Et en quelques secondes vous aurez perdu chacun une vie… Mais l’un peut aussi faire office de bouclier en absorbant les tirs correspondant à sa couleur. Bref, les possibilités tactiques ne manquent pas et ce mode deux joueurs, loin d’être accessoire, est vraiment excellent. A noter qu’à deux, les vaisseaux peuvent se toucher sans exploser mais ne peuvent pas se superposer. Il faudra donc se mettre d’accord au moment d’emprunter un goulet sous peine de voir les deux vaisseaux s’écraser contre les bords… Marrant, non ?
Le classement mondial, ou comment se faire peur !
Autre point non-négligeable, Ikaruga propose un challenge de taille et mondial s’il vous plaît au niveau des scores. Mais pour faire des scores dignes de ce nom il faudra, en plus d’avoir parfaitement assimilé ce qui a été précédemment cité, faire des chaînes. Une chaîne, c’est lorsque l’on touche trois ennemis d’affilée de la même couleur. Par exemple, trois blancs, trois noirs, trois blancs et vous avez fait une chaîne de trois. Mais vous pouvez aussi faire trois blancs, trois blancs, trois blancs, le résultat est le même. Et c’est en augmentant ce nombre de chaînes que vous allez faire péter le score. Plus facile à dire qu’à faire, c’est certain…
Attention les yeux !
D’un point de vue purement technique Ikaruga est irréprochable et cette version HD est certainement la meilleure de toutes. Pas la moindre trace d’aliasing, de scintillements ou de ralentissements et les noms des stages sont enfin lisibles par rapport aux autres versions. Le seul moment où le jeu saccade c’est à la fin des niveaux, lorsque le boss explose et que vous ne contrôlez déjà plus le vaisseau. Un problème déjà présent dans les autres versions du jeu mais qui ne nuit en rien à la jouabilité. La 3D qui compose les décors de fond est magnifique, avec des tons pastels du meilleur goût et une fluidité d’animation parfaite. Les effets d’accélération ou de rotation sont tout aussi impressionnants. Les musiques rythmées, et les bruitages qui sonnent juste, ajoutent encore à ce tableau déjà idyllique. Bref, ce n’est pas sur ces points qu’on pourra faire un reproche à Ikaruga.
Presque parfait…
Malgré son concept original et accrocheur, son classement mondial et sa qualité graphique hors-norme pour un jeu de ce genre, Ikaruga présente tout de même un ou deux petits défauts (je sais, je pinaille). En tête, le faible nombre de niveaux disponibles, seulement cinq ! Un mal en partie compensé par la difficulté élevée du soft et le mode coop. Autre point négatif, le jeu rajoute un crédit à votre compte toutes les heures de jeu effectives et, au bout de huit heures, vous aurez droit aux crédits infinis ce qui permet de finir le jeu même en jouant comme un pied. Heureusement cette version XBLA propose de les désactiver ou pas.
Malgré ces petites imperfections, Ikaruga reste néanmoins une expérience unique en son genre et on ne peut que le conseiller fortement à tous les fans de shoot’em up purs et durs qui seront aux anges dès les premières minutes de jeu. A contrario, si vous ne supportez pas de recommencer 200 fois le même niveau, passez immédiatement votre chemin ! Le concept s’assimile vite mais le maîtriser est une autre paire de manches… Et c’est là tout l’intérêt de ce titre qui en rendra fou plus d’un !!
Bilan :
On a aimé :
- Concept original
- Action frénétique
- Le mode coop
On a pas aimé :
- Seulement 5 niveaux