Ghost Recon Advance Warfighter
Jack Bauer est une lopette
Dire que Ghost Recon Advanced Warfighter (GRAW) est un jeu important est un doux euphémisme. Attraction de l’E3 2005, le jeu a manqué la sortie de la X360, pour devenir un événement à sa sortie quelques mois plus tard, montrant à tout le monde ce qu’on devait attendre de la console.
Le Prétexte !
Parce que je prends mon travail au sérieux, je vous raconte l’histoire…même si en fin de compte elle n’a pas grande importance ! C’est du Tom Clancy dans tout ce qu’il y a de plus classique. En 2013, lors d’une réunion importante à Mexico, le président du Canada se fait tuer, et un coup d’état se prépare. L’équipe du commandant Scott Mitchell qui traînait par là va prendre les choses en main. Et c’est parti pour une poursuite contre les terroristes, qui sont très bien organisés, très bien équipés, et plutôt nombreux. Vous seul, accompagné quand même de quelques hommes, d’un hélicoptère de soutien et de quelques véhicules armés, allez sauver le monde…
C’est parti…
Après un court tutorial plutôt bien pensé, l’action commence après un vol en hélico au dessus de la ville. Et on s’en prend tout de suite plein les yeux. GRAW est impressionnant. Très impressionnant, même. On ressent en permanence les ambiances chaudes de Mexico, écrasé sous un soleil de plomb, et même devant son écran, on crève de chaud dans notre combinaison de commando. Les graphismes sont fantastiques, et l’immersion est totale. Quand les premières balles volent, il est grand temps de ne plus regarder le décors pour se préoccuper plutôt de ses ennemis. Et le spectacle commence, pour ne plus s’arrêter jusqu’à la fin. Les missions évoluent en temps réel, en fonction de ce qui se passe, et sont updatées en surimpression par des messages de l’état major, ou par des messages d’autres soldats en pleine action. Pas de temps mort, tout se passe sur le terrain ! On oublie les traditionnels pages de texte qui expliquent les objectifs…pas le temps pour ça. Et même entre les missions, c’est un vol en hélico qui nous emmène au point de chute suivant, le briefing étant fait pendant qu’on survole la ville, canardant au passage quelques terroristes qui passent par là. L’évolution de l’histoire est beaucoup plus naturelle que d’habitude dans ce genre de jeu, et l’impression d’y être s’en trouve d’autant plus renforcée, avec des missions variées dans la limite du genre (sauvetage, escorte, tenir une position, assaut…). Du grand art, et un formidable travail d’Ubi, qui ne s’est pas contenté d’ajouter un chiffre à sa franchise, mais qui a clairement repensé l’ensemble.
La maniabilité est excellente, et c’est très vite qu’on devient un expert pour diriger le personnage principal, en distribuant ses ordres à ses troupes.
Quoi de neuf ?
Pas mal de changements par rapport aux précédents Ghost Recon. Le plus gros : pour le bonheur des uns et pour le malheur des autres, le jeu est nettement plus orienté « action » qu’avant. De nouveaux mouvements, ainsi qu’une plus grand résistance aux balles et des aides pour localiser l’ennemi font que le jeu est beaucoup plus direct. Le positif, c’est que le rythme est nettement plus soutenu, et que l’action gagne en spectacle. Mais à l’inverse, le tout devient moins réaliste.
Un autre changement, important également, concerne l’interface du jeu. Dans GRAW, tout est présent à l’écran, en surimpression. Si on pouvait craindre un moment que cela nuirait à la lisibilité du jeu, c’est exactement l’inverse qui se produit. On sait en permanence où on se trouve, où se trouvent les autres et ce qui se passe.
Mais le plus gros changement réside bien entendu dans l’aspect technique du jeu. Il y a autant de différence entre Ghost Recon 2 et GRAW qu’entre Ghost Recon 1 et 2 ! Les animations sont criantes de vérité, les graphismes relèvent du jamais vu, et la puissance de la 3D est telle que tout semble réel, avec une distance d’affichage qui va jusqu’à l’horizon, que l’écran soit surchargé ou non. Du grand spectacle, et une véritable démonstration de ce que doit être une next gen.
Le jeu parfait ?
Evidemment non. Il y a quelques défauts qui se doivent d’être signalés. Déjà, l’IA de nos partenaires est loin d’être parfaite, et mieux vaut ne pas trop compter sur eux. Pour des Ghosts, ils ont encore pas mal de boulot avant d’être au niveau. Ils ont parfois une interprétation toute personnelle de l’expression « se mettre à couvert », et leur soutien est loin d’être optimum.
L’IA des adversaires est également parfois un peu légère, avec des terroristes qui ne bronchent pas alors qu’un de leur partenaire s’est fait descendre non loin. A l’inverse, elle se révèle parfois surprenante.
D’un point de vue technique, il n’y a pas grand chose à redire, si ce n’est de temps à autre quelques textures qui font tâches à côté du reste…mais là c’est vraiment histoire de chipoter.
A plusieurs, c’est meilleur(@Rocco Sifredi)
La série des Ghost Recon a toujours connu un grand succès en multi, en particulier en réseau, et celui-ci ne fait pas exception à la règle. Le mode multi propose des missions différentes du solo, ce qui est à la fois bien et pas bien. En effet, les missions du solo auraient été franchement sympas à jouer en coop…A la place, le multi offre des missions moins fouillées graphiquement, avec certains mouvements qui disparaissent (la possibilité de se « coller » aux murs). La réalisation technique est alors du niveau d’un Ghost Recon 2 sur Xbox, tout de même gonflé aux amphétamines.
A plusieurs sur une console, ce n’est pas désagréable à jouer, mais ça reste limité par le principe même du jeu : quand le tir à distance en snipe est si important, jouer sur une moitié d’écran est vite lassant.
C’est sur le live que tout cela devient exceptionnel, et que le jeu prend immédiatement la place de must have sur X360. Différents modes, très classiques, sont offerts jusqu’à 16 joueurs. Le fait que le jeu soit plus orienté action rend les parties en oppositions agréables, bien qu’un peu trop proches de la série Rainbow Six. C’est en coop que ça devient grandiose ! Quand 16 marines partent en guerre, l’impression de faire partie d’une petite armée est bien là…même si le tout est un peu chaotique avec tous ces mecs qui partent dans tous les sens. Et très vite les balles fusent, et le spectacle, ainsi que le plaisir de jeu, fait oublier le temps qui s’écoule, les parties s’enchaînant jusqu’au bout de la nuit…
On a aimé :
- La réalisation
- Le jeu en ligne
On a pas aimé :
- les différences avec Rainbow six s’atténuent
Bidasse bad ass
Longtemps attendu, GRAW n’a pas déçu. C’est un titre spectaculaire et très bien réalisé, qui a immédiatement gagné le galon de classique de la X360. Un must have de la console.