Test – Brothers in Arms : Hell’s Highway
Un cours d’histoire en jeu vidéo
Commencée en 2005, la saga Brothers in Arms en est à son 3ème épisode, le premier sur Xbox 360.
Retournez dans le passé pour vivre plus qu’une histoire de guerre qui a marqué des centaines de milliers de destins ; une histoire d’hommes qui a marqué, à jamais, leur propre destin.
Brothers in Danger
Brother’s in Arms : Hell’s Highway fait suite aux deux précédents opus, et vous permet de vivre l’opération Market Garden qui a eue lieu aux Pays Bas, en septembre 1944, peu avant la fin de la guerre.
Vous incarnez Matthew Baker, et vous devrez, vous et vos hommes, mener à bien cette opération d’une grande importance pour la victoire.
Pour les retardataires qui n’auraient pas eu les jeux précédents entre les mains, vous serez un peu largué du début jusqu’à la fin d’un point de vue scénaristique, puisque l’histoire dans le jeu est double : le scénario du jeu traitant de cette opération Market Garden, ainsi que l’histoire de la saga complète qui a commencé avec les deux précédents épisodes. La partie scénaristique du jeu en lui-même ne posera aucun problème; par contre, la trame principale et les liens entre les personnages seront bien plus chaotiques sans connaissances préalables. Il est donc conseillé de s’essayer aux autres épisodes.
Vous l’aurez compris, l’histoire des soldats est mise en avant, bien plus que celle de la guerre. Et la mise en scène est convaincante à tel point que lors des cinématiques, on se croirait devant un film Hollywoodien sur la Seconde Guerre Mondiale.
Bien évidemment, ce sentiment est appuyé par des musiques et une bande sonore dignes elles-aussi d’une production de film à grand budget.
Le tout est cohérent et nous permet même de nous attacher aux personnages. Bien que certains trouveront ridicule le patriotisme américain flagrant, présent dans le jeu.
Brothers in Mud
Sans pour autant être le plus beau jeu du monde, il est bien dans la tranche supérieure de ce qui se produit actuellement. Le tout encadré par des textures propres. Cependant, on peut diviser le travail apporté aux graphismes en deux : les personnages ultra soignés, et les décors, beaucoup plus simplistes, sans pour autant être moches.
Quelques rares et légers ralentissements peuvent se faire sentir lorsque ça explose de tous les côtés, mais vraiment rien d’alarmant pour réellement gêner la progression du joueur. De même que certaines textures du décor baissent parfois en qualité. Assez dérangeant sachant qu’à la base, elles n’étaient pas super soignées…
Les animations sont correctes et rentrent dans la norme actuelle, à savoir : Havok et sa fameuse physique. Rien de bien époustouflant de ce côté par contre, lorsqu’on le compare à un Grand Theft Auto IV, un Star Wars : Le Pouvoir de la Force, ou un Fracture. On a le plus strict minimum : quelques caisses qui se brisent, certains murs qui explosent au bazooka, et basta.
On peut être déçu de cet aspect qui dessert l’ambiance de guerre qui émane du jeu : c’est censé être un vrai fourbi, et là, c’est ultra propre. Dommage, pourtant la technologie existe et est déjà appliquée à plusieurs jeux de cette génération.
Brothers in School
Comme les précédents épisodes, on a affaire à un FPS plus ou moins tactique. En effet, on dirige son personnage ainsi que de une à trois escouades de 3 personnages, chacune étant spécialisée dans un domaine. On croisera ainsi quatre types d’escouades dont le choix est malheureusement imposé avant chaque niveau (sur les dernières missions, quelques bazookas n’auraient pas été de trop).
Vous devrez donc indiquer à vos troupes, les endroits auxquels se placer, sur qui ils doivent tirer afin d’être le plus efficace possible pour créer une diversion, et ainsi vous permettre de contourner l’adversaire. Il ne s’agit d’ailleurs que de le contourner pour l’éliminer, et cela peut devenir soûlant à la longue.
Ce système rappelle un peu celui de Army of Two. Et comme pour Army of Two, cela aurait pu être sympa si ça avait été fait intelligemment. Dans Army of Two, les adversaires étaient trop bêtes pour ne pas tomber dans l’aggro (prendre en charge l’assaut ennemi pour que les équipiers se focalisent sur l’attaque sans essuyer de dégâts), même si le joueur sans aggro leur fonçait de face, droit dessus. Là c’est l’inverse. Même leur attention attirée par vos alliés, et aussi discrets que vous puissiez être, ils se retrouveront toujours à vous tirer dessus, même si c’est la première fois que vous apparaissez devant eux.
L’intelligence artificielle n’est pas vraiment optimisée, et en devient même frustrante : vos alliés sont aussi bêtes que des cadavres et ne tirent pas super bien; par contre vos ennemis ont dû tous se faire mordre par une araignée radioactive, y’a pas moyen !
Heureusement que quelques phases intermédiaires interviennent pour casser la monotonie de tout ça. En effet, on aura droit à une séquence de sniper. Et 3 séquences de char. Si la première permet de casser du nazi pour faire avancer un civil vers un lieu sûr, la seconde vous permettra de vous défouler comme jamais en détruisant tout sur votre passage.
Cela ferait presque oublier le manque de précision des armes, réellement frustrant. On a beau avoir le réticule de visée droit dans la tête, les balles atterrissent dans le mur à 3 mètres… Et quand je dis la tête, ça arrive aussi assez souvent sur n’importe quelle autre partie.
Pire encore : même lorsque les ennemis sont cachés, à l’instar de Tony Tony Chopper (One Piece), même s’ils sont bien découverts sur plusieurs zones, cela ne les touche pas. Il faut littéralement les contourner pour pouvoir les atteindre.
Les commandes répondent bien pour la plupart d’entre elles, et seuls les ordres de positionnement et le lancer de grenades sont assez délicats à gérer de par le curseur qui apparaît, pas forcément précis. Et quand on sait que la moindre balle peut être mortelle, ça peut jouer de mauvais tours.
Pas très convaincant tout ça…
Brothers in Da House
La bande son du jeu est le point le plus réussi. En effet, les musiques illustrant les cinématiques sont absolument sublimes et dignes d’un grand film. Mais ce n’est pas tout : les bruitages, bien qu’un peu forts (pensez à les baisser dans les options audio) sont extrêmement convaincants et immergent le joueur dans la partie, comme s’il était vraiment sur le champ de bataille. Un bon point donc.
Quant aux voix, entièrement en français, elles sont plutôt réussies et convaincantes. Les plus pointilleux reconnaîtront quelques voix célèbres dans le 7ème art, bien que l’on regrettera que la synchronisation labiale soit réellement ratée. On se croirait dans un vieux film chinois doublé dans les années 70.
Et c’est donc pendant une dizaine de longues missions que vous aurez à entendre des balles siffler tout autour de vous. Enfin longues missions, c’est vite dit. Le jeu se finit en un peu moins d’une dizaine d’heures en vétéran (difficile), malgré la grandeur gigantesque des maps, certains passages étant vides d’ennemis. C’est bien simple, le jeu se déroule par assauts, plus ou moins scriptés, rendant ainsi la tâche un peu trop facile. Et ce, malgré les ennemis aux sens hyper-exacerbés et leur habileté à l’arme à feu. Vous bloquerez réellement sur quelques rares passages, mais en faisant bien attention, rien n’est vraiment insurmontable. Durée de vie un peu courte cependant, même pour ce genre de jeu.
Heureusement que le online est là pour booster tout ça… Quoi ? J’ai dit une bêtise ?
Brothers in LAN
Le mode online vous offre la possibilité d’affronter jusqu’à 20 joueurs en simultané sur des cartes de capture de drapeau. Vous êtes divisés en deux camps (alliés et allemands), puis répartis en escouades, chacune ayant des caractéristiques précises concernant son armement. Et c’est alors que se lance un affrontement pour le drapeau : un côté à l’attaque et l’autre à la défense.
S’il est intéressant de voir un mode capture du drapeau sur le papier avec chaque joueur une fonction différente, il est regrettable que celui-ci soit tout sauf réussi.
En effet, visuellement parlant, on constate déjà une baisse de qualité.
Ensuite, le jeu n’offre finalement que des affrontements classiques, le manque de précision et une tonne de bugs (balles qui passent à travers les murs, joueurs qui ne meurent pas, malgré la roquette qu’ils se sont pris dessus…) en plus. Et là, ça ne pardonne pas, étant donné la concurrence farouche dans ce domaine. En lisant ces lignes, je suis certain que vous avez déjà pensé à de nombreux jeux avec un multi de qualité.
Le mode online ne sera donc probablement pas votre issue de secours pour jouir d’une grande durée de vie. D’autant plus que le nombre de maps disponibles est assez réduit (6), et qu’elles sont assez petites.
BILAN
On a aimé…
- L’ambiance visuelle et sonore
- Bon rythme de jeu
On n’a pas aimé…
- Le patriotisme excessif
- La technique est très irrégulière
- Trop propre
- Gameplay imprécis
C’est vraiment l’enfer ?
{{Brother’s in Arms : Hell’s Highway est le genre de jeu qu’on appréciera, ou qu’on n’appréciera pas. Le style de jeu demandant très peu de bourrinage, et le manque de fiabilité quant à l’application de la tactique feront que le jeu ne réussira pas son pari de s’imposer. Rajoutez à cela une technique assez tendancieuse et irrégulière, ainsi qu’un mode online plus qu’anecdotique qui ne parvient pas à augmenter la durée de vie faiblarde du jeu, et on obtient un titre assez moyen qui aura du mal à s’imposer. Cependant, c’est le genre de jeu auquel il faut s’essayer si vous aimez la période (qui est fidèle aux faits) ou les films de guerre, puisque le scénario est bien ficelé et on en vient même à s’attacher aux personnages dans ce contexte impitoyable, rythmé au gré d’une bande sonore de qualité.
Pas un mauvais jeu, mais un jeu qui aurait dû faire mieux.
La Seconde Guerre Mondiale n’est pas la guerre la plus sanglante et impitoyable que le monde ait connu, c’est la Guerre des Jeux Vidéo qui fait de nombreux tombés au combat dans des flots de larmes et d’incompréhension…} }