Test – Borderlands

+15% de fun par rafale
[sommaire]Borderlands fait un peu mine d’outsider devant les mastodontes qui se bousculent à la veille de Noël, mais faut-il pour autant l’ignorer ? Je serais tenté de dire non, premièrement parce que ce n’est pas une énième suite que nous ont pondue les gars de Gearbox Software -connus pour les Brother In Arms-, et deuxièmement car nous avons là un mixe de FPS et de Hack’n’slash assez couillu. Reste à voir si ces deux arguments de poids ne nous cachent pas une soupe indigeste perlée de grumeaux.
C’est pas la joie mais presque
Votre histoire commence avec une arrivée en bus des plus fracassantes. L’introduction, de par sa mise en scène et la musique de Cage the Elephant l’accompagnant, laisse espérer une ambiance des plus funky. Et effectivement, Borderlands est un jeu typé post-apocalyptique, mais qui reste quand même loin d’un Fallout 3 déprimant de gris. Ici, les couleurs pètent, le soleil est omniprésent et le graphisme est la première chose qui vous marquera en lançant le jeu. Rien d’ébouriffant techniquement parlant, on note même des chargements de texture tardifs, mais l’esthétique générale est très réussie et très propre, avec un effet crayonné proche du cell-shading. Un style qui se combine très bien avec l’ambiance du titre, très porté sur le second degré avec quelques personnages charismatiques, ou tout du moins bien dérangés, sans compter sur les multiples références cinématographiques disséminées ici et là.
La bande son, que l’on doit au trio Jesper Kydd – Cris Velasco – Dikiciyan, est elle aussi très réussie. Les musiques plutôt discrètes collent bien aux grandes étendues de la planète, et surtout, les ennemis, comme votre personnage ou certains PNJ, accompagneront l’action de répliques bien senties.
Sans parler de mon pote CL4P-TP, véritable cousin de Wall-E, que vous croiserez en train de chanter, danser le moonwalk, geindre, etc, avec des doublages français de très bonne qualité. Mention spéciale pour les multiples gags mettant en scène ce petit robot, auxquels vous pouvez assister en flemmardant sur le menu principal.
Bienvenue à Pandore
Passons maintenant rapidement sur le scénario, car malheureusement, ce n’est clairement pas ce qui vous poussera à avancer dans le jeu : vous incarnez un chasseur de prime fraichement débarqué sur la planète Pandore où se trouve, d’après les légendes, un artefact mystérieux. Vous êtes guidé par une étrange femme qui vous apparaitra sous forme d’hallucinations, vous guidant dans ce monde ouvert où se disputent plusieurs factions. Vous enchaînerez ainsi plus d’une centaine de quêtes, vous faisant parcourir les différentes régions de Pandore.
Ces régions sont représentées par des zones de taille variable, complètement ouvertes et que vous pourrez, après 1h de jeu, parcourir à bord de véhicules à la conduite très proche du warthog. Ces zones, plutôt réussies, se résument souvent à de vastes étendues quelque peu désertiques, mais vous visiterez aussi par exemple des zones en intérieur ou les docks d’un port de pêche. C’est d’ailleurs uniquement lors de vos changements de zones que vous rencontrerez des chargements, qui seront plus ou moins longs selon que vous avez installé le jeu dans votre console, ou que vous êtes l’hôte de la partie ou non, mais toujours raisonnables. A noter qu’il est possible d’activer un changement de zone sans sortir de son véhicule, ce qui vous évitera de longues escapades pédestres jusqu’à la prochaine station Autoloc. Vous pourrez également, plus loin encore dans le jeu, vous téléporter directement d’une zone à l’autre.
Mais revenons au commencement, vous êtes en bus et votre station d’arrivée se rapprochant, vous êtes invité à choisir votre personnage.

Sont présents à l’appel Roland le soldat fou de la gâchette, Lilith la sirène mignonnette, Mordecaï le chasseur sniper et enfin Brick la grosse brute adepte du corps à corps. Chacun d’entre eux possède également une compétence spéciale qui les démarquera encore un peu plus les uns des autres. Nous aurons donc respectivement : une tourelle automatique qui se déploie devant vos yeux, la capacité d’entrer dans une « phase » qui déclenche une onde de choc à deux reprises et qui vous rend invisible et très rapide, Sanguine, un oiseau carnassier multi-fonctions, et enfin un mode furie où vous entrerez dans une colère noire pour boxer sauvagement les ennemis.
Premier ingrédient : la spécialité de Gearbox
Commençons par le côté FPS qui reste quand même le cœur du titre, ce qui implique que si vous n’aimez pas tirer sur tout ce qui bouge, vous n’aimerez sûrement pas Borderlands.
Le maniement de votre personnage est très classique, la configuration par défaut de la manette étant très proche de Call of Duty, sprint inclus. La très grande variété d’armes contentera même les plus difficiles et l’action s’avère très nerveuse contre la dizaine d’ennemis différents. Malheureusement, vous ne rencontrerez à vos débuts que des skags (sortes de chiens) et des bandits pas très malins, créant ainsi une impression de déjà-vu.
D’un autre côté, chacun de ces types d’ennemis est décomposé en différentes classes, avec par exemple des bébés skags, des skags cracheurs, des skags alpha très résistants et toute la famille skag, ayant tous des modèles graphiques bien distincts qui viendront amoindrir un possible sentiment de répétitivité. Il est aussi intéressant de noter que ces différents ennemis ne s’aiment pas non plus entre eux et qu’il vous arrivera d’assister par exemple à un affrontement de skags et de bandits, renforçant la bonne impression d’être dans un monde ouvert et hostile.
En clair on retiendra que la partie FPS est en béton et qu’elle satisfera tous les fans du genre.
Deuxième ingrédient : du RPG allégé
Passons maintenant au côté RPG-Hack’n’slash -appelez-le comme vous voulez-, le deuxième gros point fort de Borderlands, le truc qui vous fera revenir encore et encore pour améliorer votre personnage et montrer que vous avez la plus grosse à vos ami(e)s.
Personnellement, je pencherais plus pour l’appellation hack’n’slash, car on est quand même bien en retrait par rapport à un vrai bon gros RPG occidental. L’histoire est comme je l’ai déjà dit loin d’être mémorable, et les PNJ sont peu nombreux et quasiment tous asociaux, vous répétant une seule et même phrase à longueur de temps. Par exemple, vous ne passerez pas chez le marchand pour dépenser vos précieux dollars, mais vous irez fouiller les inventaires de distributeurs automatiques. Pas de réelles villes regorgeant d’activité, et c’est le moins que l’on puisse dire, même si le fait d’être sur une planète désertique et sauvage n’aide pas vraiment au développement économique. Les quêtes n’atteignent pas non plus des summums d’inventivité, se résumant la plupart du temps à ce que l’on retrouve dans un MMO, c’est-à-dire partir à la recherche d’objets, tuer telle personne, récolter 15 graines, etc. Certaines d’entre elles sortiront quand même de l’ordinaire et de bien belle manière, vous plongeant dans des moments intenses de gunfight, d’autant plus intenses si vous les vivez en bonne compagnie, et dans des environnements parfois surprenant de beauté.
L’art de trouver les bons ustensiles
Votre personnage peut s’équiper, une fois tous les emplacements d’inventaire déverrouillés, de quatre armes, d’un mode de grenades, d’un bouclier et d’un mode de classe.
Commençons avec les armes, qui d’après les trailers, devaient être très très nombreuses. Et c’est le cas ou presque, laissez-moi vous expliquer la chose. Au menu huit catégories d’armes, dont sept communes à tous les FPS et une dernière pour les extra-terrestres, rares et spectaculaires. Mais alors, quelle différence entre deux fusils à pompe me direz-vous ? Eh bien en fait plein ! Vous pouvez aussi bien tomber sur un fusil à pompe avec une précision de 0 mais tirant des balles aussi grosses que des grenades que ramasser un autre fusil à pompe avec une lunette de visée digne d’un sniper et des balles très rapprochées et précises à moyenne distance.

Vous devrez donc comparer, à l’aide de bulles très pratiques, la précision, la cadence de tir, la taille du chargeur, la présence de dégâts élémentaux et toutes sortes d’attributs avant de savoir si vous venez de trouver votre nouvel instrument de mort ou juste une camelote à revendre. Au final, à part certaines armes que vous obtiendrez en effectuant certaines quêtes spécifiques, il sera très rare que vous ayez la même que votre voisin.
Vous trouverez également sur la fiche principale de votre avatar un niveau d’expertise pour chaque type d’arme, ce qui vous permet de vous spécialiser dans ce que vous préférez, indépendamment de votre classe de départ. Bien sûr, il serait par exemple dommage d’habituer votre chasseur au lance-roquette, au vu de ses nombreuses compétences dédiées au sniper.
Faisons également un point sur l’intérêt des dégâts élémentaux qui, en plus de dynamiser les combats avec des effets spéciaux bienvenus, apportent une petite dimension stratégique. Vous avez donc au choix le feu très nocif pour les peaux non protégées, la corrosion pour consumer un peu tout, l’explosif pour augmenter les dégâts et avec de la chance faire exploser des bidons proches, ou encore l’électricité qui reste le moyen le plus rapide pour mettre à mal un bouclier.
En sachant qu’une arme ne pourra proposer qu’un seul type de dégâts, il vous faudra jouer de votre inventaire pour être efficace en toute situation.
Transitionons gaiement vers les boucliers énergétiques qui ne feront qu’ajouter une jauge bleue au-dessus de votre barre de santé. Malheureusement, il ne sera donc pas possible de personnaliser votre apparence avec de véritables armures, le choix se limitant ainsi à la couleur de vos vêtements.
Les modes de grenades déterminent les dégâts causés mais également le comportement de celles-ci.Par exemple vous aurez des grenades à fragmentation, d’autres déclenchent une pluie électrique et encore d’autres iront voler la vie des adversaires pour vous la redistribuer.
Les modes de classe font eux office de sous-classe, encore une fois à la manière d’un MMO, venant ainsi booster certaines de vos compétences et vous faire bénéficier de nouveaux pouvoirs comme la régénération de santé.
Pour finir, vous ne serez pas étonné d’apprendre que tout ces équipements sont classées selon un code couleur, du gris peu reluisant à l’orangé pour les meilleurs d’entre eux. Très MMO je vous dis.
Chef cinq étoiles
Comme vous devez maintenant l’imaginer, vous pouvez vraiment vous préparer un équipement aux petits oignons, et idem pour votre personnage, grâce à l’arbre de compétence que voilà. Pour commencer, chaque classe possède son propre arbre de compétences pour coller aux spécificités de chacun. Il est divisé en trois sections, à leur tour étagées sur quatre niveaux pour un total de 27 compétences. Pour passer d’un étage à l’autre il vous faudra dépenser 5 points de compétence (PC) dans l’étage du dessus, en sachant que vous n’obtiendrez qu’un seul précieux PC lors de vos level-up. Le niveau max atteignable étant le niveau 50, il est possible au final de se la jouer au choix spécialiste ou touche-à-tout, ce qui modifiera radicalement votre façon d’aborder les combats. Gearbox a d’ailleurs eu l’excellente initiative de mettre à disposition, contre une somme raisonnable dans le jeu, la possibilité de redistribuer l’ensemble de ses PC.Il est alors possible, une fois bien avancé dans votre progression, de corriger des erreurs de jeunesse, ou d’expérimenter plusieurs types d’approches et de trouver ce qui vous correspond le mieux. On pourrait même imaginer une configuration pour vos parties solo et une autre qui serait préparée en accord avec vos amis pour avoir une bonne complémentarité en coopération.
Obtenez une pâte homogène
Le jeu est jouable en coopération jusqu’à quatre en live, et deux en splitté, ce qui offre des possibilités de commando intéressantes. Imaginez un duo furtif avec une sirène et un chasseur, ou un duo plus polyvalent comme chasseur et soldat, sans parler de la combinaison idéale regroupant les quatre classes. Bien entendu, il est préférable de se lancer et d’avancer tous en même temps dans le jeu, histoire de tous rester au même stade d’avancement des quêtes et de garder des niveaux homogènes. Ce n’est pas que le jeu soit bridé ou mal conçu car, pour faire simple, tout est possible. Le seul problème que vous rencontrez en voulant rejoindre un ami plus avancé que vous viendrait plutôt du fait que même quelques petits niveaux de différence avec à votre ami vous rendra soit la vie très dure, soit l’ennui très rapide.
Si malheureusement vous n’avez pas d’amis jouant à Borderlands, il vous reste l’option de recherche de partie, histoire de vous en faire de nouveaux de meilleur goût. Dans tous les cas, l’argent et l’expérience récoltés sont équitablement partagés entre tous les joueurs,contrairement aux différents équipements que laisseront tomber les ennemis, qui reviendront de droit au premier qui les ramassera. A vous de bien répartir les objets pour avoir un groupe efficace, ou alors en cas de litige, de vous lancer un duel de gentlemen. Bien évidemment les ennemis de leur côté seront plus nombreux et plus forts pour équilibrer le rapport de force.
Si vraiment vous n’avez pas internet et pas d’amis, sachez que le jeu vous proposera une expérience solo, certes différente, mais tout de même bien plaisante. Vous passerez tout au plus à côté des arènes qui permettent d’organiser des petits deathmatch dans des salles prévues à cet effet. Rien de grave.
Le temps de cuisson
Vous devriez arriver au bout de votre périple après une cinquantaine d’heures, en ayant pris le temps de faire toutes les quêtes secondaires. Vous aurez alors la surprise de finir le jeu en étant à peu de choses près niveau 35, alors que comme dit précédemment, vous pouvez atteindre le niveau 50. On se demande bien alors comment prendre les 15 niveaux restants avec des ennemis qui, à ce stade du jeu, ne vous rapportent presque plus d’XP. Pas de panique, Gearbox a eu l’idée de mettre en place un 2ème parcours, qui consiste à vous faire recommencer l’histoire en gardant votre avatar niveau 35 et tout son attirail. Dès le début les petits skags sont remplacés par des skags monstrueux, les distributeurs sont remplis d’objets correspondant à votre niveau, bref tout est bien là pour vous replonger dans la spirale du level-up. D’ailleurs on ne peut que féliciter le bon équilibrage de ce parcours 2, qui mêle habilement l’impression de toute puissance de votre personnage à un sentiment de vulnérabilité toujours présent.
Les amateurs de challenge pourront aussi se lancer dans une chasse aux défis, de quoi rajouter encore pas mal d’heures vu la longue liste qui vous attends. Ces défis, qui sont très similaires à ce qu’on pourrait vous demander dans des succès, vous rapporteront des points d’XP par milliers en plus de la fierté d’avoir torché un bon jeu.
Assaisonnement plus ou moins corsé
Un dernier point pour clore ce test avec la difficulté. Plutôt équilibrée, elle sera surtout adaptée à votre envie. Pour cela il suffit de jeter un coup d’œil aux descriptifs des quêtes qui vous sont proposées. Le niveau de difficulté qui y est indiqué est effectivement basé sur le différentiel entre votre niveau actuel et celui des ennemis que vous allez rencontrer en chemin. A vous après de choisir la facilité pour monter progressivement en puissance ou de vous diriger vers de vrais défis pour tester vos capacités intrinsèques en termes de FPS.
Le Bilan
On a aimé
- le mélang FPS/Hack’n’slash réussi
- la bonne intégration de la coopération
- l’ambiance générale, les animations, CL4P-TP
- la durée de vie
- les compétences spéciales
On a moins aimé
On a pas aimé :
- un scénario en retrait, des quêtes vues et revues
- les véhicules perfectibles et limités à deux places
- le lance-roquette beaucoup plus impressionnant qu’efficace
- presque aucune personnalisation pour l’apparence du personnage
Conclusion du test de Borderlands
Un joli coup critique
{{Un dîner presque parfait que nous propose là Gearbox avec ce Borderlands, une recette copieuse et bien au point qui devrait plaire quelle que soit votre façon de jouer. Certains pourront lui reprocher de ne pas proposer dès le début une aventure allant jusqu’au niveau 50, nous obligeant ainsi à recommencer le jeu, mais si vous êtes allé au bout du parcours 1 alors il y a de fortes chances pour que vous refassiez avec plaisir ce parcours 2.
On ne peut qu’espérer voir Gearbox se remettre aux fourneaux, avec pourquoi pas cette fois-ci un véritable RPG en guise de plat principal !}}
@-- Apollon13 : je parlais d’ « ambiance graphique », c’est à dire du Cell Shading et des effets qui vont avec. Sinon effectivement la populace n’est pas très varié… ni très jovial…
ah mais je suis tout à fait d’accord de ce coté la ya rien à redire (ou pas grand chose en tout cas). Mais c’est quand même regrettable qu’ils aient pas aussi soigné la populace à mon gout.
«Sinon effectivement la populace n’est pas très varié… ni très jovial…»
C’est clair que les journaux audios de la scientifique isolée sont assez glauques :p