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Battlestation : Midway

Le 17 février 2007
Le 17 février 2007

Touché-Coulé

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S’il y a une chose qui est agréable sur la Xbox 360, c’est qu’en très peu de temps elle a su accueillir des jeux de genres très variés, offrant ainsi une ludothèque avec un choix étendu. Battlestation : Midway vient compléter cette liste et s’inscrit dans la catégorie des jeux qui ne conviendront pas à tout le monde. Sans aucun doute, pour certains joueurs, le jeu sera jugé comme sans intérêt et précipité directement vers la poubelle. Mais pour d’autres, il pourrait bien correspondre à un titre qui sera encore joué pendant longtemps…D’où l’intérêt de ce test, afin que vous puissiez savoir si ce jeu est fait pour vous ou pas !

La guerre, la vraie !

La première chose à faire quand on lance le jeu, c’est de se plonger dans le tutorial.

Comme beaucoup de joueurs, c’est naturellement ce que je n’ai pas fait…et après ne pas avoir compris grand-chose à ce qui m’arrivait, j’ai repris le droit chemin et commencé par apprendre à jouer avant de m’y mettre vraiment ! J’étais plus ou moins persuadé d’avoir à faire à un jeu qui serait essentiellement un dog fight (petit nom pour les batailles aériennes), et ce n’est pas du tout le cas ! Battlestation : Midway est un mix entre stratégie et action, et il n’est même pas envisageable un seul instant d’imaginer qu’on pourrait venir à bout de ce titre en comptant uniquement sur ses qualités de pilote. De plus, les avions ne représentent qu’une petite partie de l’armada, et le jeu est plus une simulation de bataille navale que de dog fight : on contrôle plus souvent ses cuirassés et sous-marins que ses zincs.

L’inconvénient du tutorial, c’est qu’il est long, et pour être honnête pas très passionnant.

Une fois que l’on sait quoi faire, on peut s’attaquer au mode de jeu principal, où on va revivre les grandes batailles de la deuxième guerre mondiale dans le Pacifique pour arriver jusqu’à celle de Midway. On se retrouve dans la peau d’Henry Walker, qui dirige un simple bateau dans la première bataille, et qui va gravir les échelons au fur et à mesure des combats, pour diriger au final une flotte nettement plus conséquente. L’effort fait pour scénariser l’histoire est à souligner, cela apporte un véritable plus au déroulement du jeu. La progression est entrecoupée de cinématiques (d’une qualité plutôt faible, soit dit en passant) qui dynamisent le tout. Les premières missions sont un peu frustrantes, étant donné qu’on n’a sous ses ordres qu’un seul véhicule à la fois, alors qu’on vient de voir dans le tutorial qu’il existait des possibilités multiples. Mais ensuite, les choses deviennent nettement plus intéressantes, la flotte grandissant, les sous-marins et porte-avions faisant leur apparition. Le jeu change alors son fusil d’épaule. Si, quand on ne dirige qu’un vaisseau, le gameplay consiste uniquement à se déplacer, à bien viser et à couler les adversaires, dès qu’on en dirige plusieurs, c’est plus en Général des armées qu’en pilote qu’il faut se comporter. On peut donner des ordres à toutes ses unités, et les suivre sur une carte générale sur laquelle on pourra zoomer. Naturellement, à tout moment il sera possible de prendre le contrôle d’un navire ou d’un avion pour faire preuve d’une efficacité supérieure à celle de vos subalternes. L’IA dans un jeu de ce type est capitale, et Battlestation s’en tire plutôt bien. S’il est vrai qu’il arrive qu’on peste contre sa flotte, qui parfois ne vise pas très bien ou se fait descendre sans réagir assez vite, globalement ils respectent bien les consignes données et ne se débrouillent pas trop mal. En même temps, s’ils faisaient tout tout seul, il ne serait même pas nécessaire de passer d’un vaisseau à un autre, d’un sous-marin à un bombardier, pour leur prêter main forte !

Il y a une bonne variété entre les différents véhicules (différents types de bateaux, d’avions…), et il est probable que vous vous sentirez vite plus à l’aise avec tel ou tel type d’appareils, laissant le soin à l’IA de diriger les autres suivant vos ordres. D’ailleurs, j’avoue avec un peu de honte que je n’ai toujours pas réussi à poser un avion sur un porte-avions, laissant sagement la console le faire elle-même plutôt que de scratcher bêtement mes escadrilles !

La progression de la quête principale est bien faite, avec une difficulté croissante à chaque mission, qui augmente en même temps que les capacités du joueur à réagir vite et bien. Paradoxalement, plus la flotte est importante, plus les missions sont difficiles, et elles deviennent frénétiques quand il faut en même temps surveiller la carte, donner ses ordres, réparer des navires touchés, passer d’un navire à un autre pour surveiller ce qui se passe et pour placer quelques tirs…

Rien d’insurmontable dans le scénario principal, mais assez de fil à retordre pour bien accrocher le joueur. Je suppose que le temps pour boucler ces 11 missions variera beaucoup entre les joueurs, avec 3 niveaux de difficulté, le premier étant déjà corsé.

En complément, un autre mode vous propose des challenges à relever en bateaux, sous-marin ou avions. Le terme est bien choisi, il est bien question de challenges !

Ici pas de scénario, mais des situations et des problématiques à résoudre, où vous jouerez les Américains ou les Japonais. Si les premières batailles sont accessibles, d’autant plus si vous avez commencé par le scénario principal, les choses se corsent rapidement, et il va falloir beaucoup de patience et de talent pour tout boucler !

D’une façon générale, il est intéressant de voir que le « feeling » est différent suivant les missions : un jeu d’action quand on dirige un seul véhicule, un jeu de stratégie quand on commence à avoir une flotte, puis un véritable mix entre les deux quand on dirige une flotte contre une forte adversité, avec l’obligation d’être sur tous les fronts en même temps ! Le tout est retranscrit par une ambiance bien rendue qui nous plonge au cœur de la bataille, avec ses moments d’attente angoissante, et ses déchaînements de violence.

Du PC à la console

Vous l’aurez sans doute compris à la lecture de la description du jeu, nous avons là un jeu « typiquement PC ». Se déplacer, donner des ordres, naviguer d’une carte aux différentes unités…ce qui est simple à faire sur un ordinateur, avec des touches-raccourcis et une souris.

Sur console, la maniabilité d’un tel jeu est clairement le point crucial. Si elle est réussie, le jeu peut atteindre ses objectifs. Dans le cas contraire, il restera dans sa boite !

Et bien Battlestation : Midway s’en sort très bien à ce niveau. La manette de la Xbox 360 est très bien exploitée, et on trouve vite ses marques. Les unités se sélectionnent avec un clic de l’analogique, la carte est accessible avec la touche Back, les différents menus le sont par les tranches ou bien le bouton X cumulé à une direction. Les ordres se donnent tous par l’intermédiaire du bouton A, le bouton B servant comme d’habitude à annuler. Les gâchettes servent à changer d’arme pour la gauche, à tirer pour la droite.

Si pendant le tutorial on craint un peu de se retrouver perdu par la suite, cette crainte s’envole vite : la progression du jeu fait qu’on exploite les possibilités les unes après les autres, et très vite on navigue avec beaucoup de naturel entre les différents menus et écrans.

Je n’ai qu’un seul reproche à formuler : l’axe de l’analogique se définit pour l’ensemble du jeu, et non par type d’engin. Ainsi, si vous inversez l’axe pour être plus à l’aise quand vous pilotez un avion, il sera également inversé pour les bateaux.

A part ce détail, c’est du bon travail, et le jeu est, contrairement à la première impression (et contrairement à ce que peut faire penser la démo mise en ligne), accessible à tous les joueurs.

A noter également qu’en fonction des avions/bateaux pilotés, la maniabilité diffère raltivement à leurs caractéristiques. N’accusez pas la maniabilité si vous vous plantez dans l’eau avec un bombardier : cet avion n’est pas fait pour les attaques en piqué !

H2O

La beauté des graphismes n’est pas le point essentiel dans un jeu de ce type…mais il ne faut pas occulter qu’ils ne sont pas extraordinaires, loin de là. Si la mer est très bien rendue (heureusement vu le temps qu’on passe dessus !), tout le reste fait penser à un jeu Xbox qui aurait juste bénéficié du passage à la HD. Les textures ne sont pas terribles, et le tout manque un peu de vie. Plus regrettable : les impacts et explosions ne rendent pas compte de la violence de l’affrontement, et sont bien peu spectaculaires. Un peu plus d’ampleur aurait sans aucun doute beaucoup apporté au niveau ambiance globale. Rien de spécial à signaler pour ce qui est des animations : elles sont excellentes, mais comme il n’y a pas non plus des milliers d’éléments qui bougent à l’écran, ce n’est pas spécialement une performance. L’essentiel est là : tout bouge de façon très naturelle (mention spéciale aux escadrilles d’avions). Quelques détails sympas malgré tout, avec une modélisation des différents bateaux et des avions précise qui donne une bonne caution de réalité au jeu. Je ne suis pas un spécialiste, mais les quelques avions que je connais ressemblent vraiment à ceux qui sont dans le jeu. Autre détail que j’aime bien, et qui donne une impression de « vrai » : on voit sur les bateaux les marins qui se déplacent un peu partout, vaquant à leurs occupations…

Juste un détail, que je mentionne parce qu’il est dans le jeu, mais que je ne trouve personnellement pas très intéressant : on peut choisir différents types de rendu visuels pour jouer, dont un amusant qui rend l’image un peu « vieillotte ». Amusant cinq minutes, je gage que vous reviendrez vite à l’affichage standard !

Sur l’ensemble du jeu, l’habillage est agréable, tout droit sorti des années quarante, et l’immersion est, de ce fait, immédiate.

Enfin, au niveau sonore, c’est plutôt une réussite. Si je ne pourrais chantonner aucune musique (musiques de type martiales, entre les niveaux), l’ambiance est elle de qualité, et s’adapte à chaque véhicule manipulé. Le monde du silence pour le sous-marin, juste perturbé par le bruit des sonars qui vous détectent, et mention spéciale aux bruitages quand on prend position dans le baquet des avions. Le bruit des moteurs et des cracheuses est très bien rendu, et quand on pique sur les bateaux en les canardant, on s’y croirait !

La guerre ne se fait pas seul !

Même s’il est plutôt bien conçu, le jeu en solo montre toutefois des limites, les missions s’enchaînant dans un carcan où les adversaires agissent toujours de la même façon. En général, en solo, une façon de progresser est d’anticiper après chaque échec les mouvements de ses adversaires.

En ligne, le jeu prend toute son ampleur.

Deux modes de jeu sont proposés : en 1 contre 1, ou bien à plusieurs contre plusieurs.

Les matchs en 1 contre 1 proposent un challenge très tactique, où les déplacements des unités et les stratégies de jeu sont presque plus importants que l’action en elle-même. A moins d’avoir affaire à un Dieu du paddle, si vous parvenez à surprendre votre adversaire, il aura bien du mal à s’en sortir. Le gros atout de ce mode de jeu est de proposer une variante du jeu solo avec en face quelqu’un d’imprévisible, mais sa faiblesse est une convivialité qui n’est pas flagrante…Ce mode de jeu est à réserver aux tacticiens en herbe qui veulent mesurer leur intelligence de jeu aux autres généraux. Attention, il y a déjà beaucoup de joueurs très forts !

L’autre mode de jeu équilibre mieux action et tactique, et ajoute une bonne dose de fun à la bataille. Ce sont 4 joueurs qui peuvent se mesurer à 4 autres dans des combats acharnés où les retournements de situation peuvent être nombreux.

Les bourrins n’arriveront à rien si ils sont opposés à une équipe un tant soit peu organisée, mais même ceux qui ne s’intéressent pas à la stratégie ont leur place ici…s’ils suivent bien les ordres, en bons petits soldats, de leur général. J’ai vu des équipes avec des stratégies très différentes, certains restant groupés pour mener des attaques les plus efficaces possibles, laissant l’IA se débrouiller seule par ailleurs, d’autres se répartir les fonctions et les véhicules, ou bien se répartir les zones géographiques…plusieurs façons d’envisager la bataille, chacune ayant ses avantages et ses faiblesses. Une chose est certaine, c’est que dans ce jeu il n’y a pas la place pour ceux qui veulent la jouer perso, et que pour être efficace, il est nécessaire d’être organisés.

Ce n’est pas le jeu en ligne le plus accessible, et les parties sont longues, ce qui ne plaira pas à tout le monde, mais par contre, pour peu que vous accrochiez, le titre offre de nombreuses possibilités et se révèle addictif.

En ligne, Battlestation : Midway garde la même philosophie qu’en solo : ce jeu ne cherche pas à ratisser le plus large possible, mais s’adresse à un public précis qui passera sur le titre un nombre d’heures considérable.

On a aimé :

  • La variété des situations
  • La durée de vie
  • Le Live

On a pas aimé :

  • Les graphismes faiblards
  • Difficile

Simulation de guerre

Battlestation : Midway est un jeu dont le ramage est nettement supérieur au plumage. C’est aussi typiquement le jeu qu’il est nécessaire d’essayer (pas sur la démo du MP, beaucoup trop complexe à jouer sans être passé par le tutorial), ou bien sur lequel il faut se renseigner avant d’acheter (en lisant ce test, par exemple !). Prendre ce jeu sans savoir à quoi on a à faire, c’est prendre le risque d’être très déçu et de ne jamais le sortir de son boîtier. Mais si la description qui en est faite vous correspond, alors vous pouvez y aller, le jeu est riche et accrocheur, et propose un gameplay inédit sur Xbox 360.

Conclusion du test de Battlestation : Midway

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Battlestation : Midway

Développeur : Eidos Interactive
Éditeur : Eidos Interactive
Date de sortie : 09/02/2007

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