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Test – Herdling – Plus qu’une simple aventure contemplative

Test – Herdling – Plus qu’une simple aventure contemplative
Le 25 août 2025
Le 25 août 2025

La harde du contrevent

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Fatigué de la ville ? De la routine ? Du bruit des klaxons et de la pollution ? Pourquoi ne pas s’offrir un bon bol d’air frais en montagne, aux côtés d’adorables créatures mi-yaks, mi-bisons ? C’est en tout cas la proposition d’Herdling, un jeu d’aventure qui nous avait intrigués lors de son annonce durant la Gamescom 2024, fruit du studio Okomotive, à qui l’on doit déjà les deux épisodes de FAR. Le titre, disponible dans le Gamepass, propose une histoire originale et plutôt bien pensée, mais surtout une véritable parenthèse bucolique dans nos vies de gamers citadins.

L’appel de la nature

Herdling est un jeu muet, pourtant, il parvient à dire beaucoup de choses même en se passant de mots. Lorsque l’aventure débute, votre personnage, un enfant au visage masqué par la capuche de sa parka, se réveille dans une sorte de squat, seul. D’ailleurs, si des traces d’activités humaines sont visibles durant l’histoire — voitures, lumières, trains —, vous ne croiserez jamais personne. Toujours est-il que votre jeune héros, ou peut-être héroïne, quitte son sac de couchage et s’enfonce dans des rues désertes jusqu’à tomber sur une créature esseulée. Il s’agit d’une calicorne, une bête impressionnante, mais placide, qui se laisse apprivoiser et guider. Elle est rapidement rejointe par d’autres de ses camarades, toutes aussi perdues, et, bien vite, le jeu vous laisse comprendre qu’il va falloir les réunir et les guider vers le sommet de la montagne qui se dessine à l’horizon.

Est-ce qu'on est presque arrivés ?

C’est le début d’une aventure qui va vous faire traverser la ville, donc, mais également une zone ferroviaire à l’abandon, une forêt, des falaises rocheuses, des plaines verdoyantes ou encore des cols enneigés. Les environnements sont variés, jolis et, surtout, les grands espaces dégagent une sensation de liberté vraiment agréable. Non pas d’un point de vue exploration, car, même s’il est possible de fouiller un peu, ce n’est que rarement nécessaire, mais plutôt parce que le level design parvient à retranscrire cette sensation de quitter l’ambiance cloisonnée et étouffante de la ville pour arpenter des pâturages où les seules limites sont le ciel et l’horizon.

La montagne, ça vous gagne

Au total, douze calicornes sont à apprivoiser au fil de l’aventure, même s’il est tout à fait possible de finir le jeu sans les avoir toutes trouvées. Leur nom, qui s’inspire de l’adjectif anglais « calico » désignant un animal tricolore, renvoie à la manière dont leur fourrure se pare des couleurs des fleurs qu’elles foulent. Ces couleurs, rouge, bleu et jaune, vous permettent, en tant que berger, de leur faire effectuer des actions spéciales. Chargées en fleurs rouges, les calicornes peuvent sprinter, grâce aux bleues, elles traversent des éléments qui normalement les ralentissent, comme des buissons ou de la neige épaisse, tandis que les jaunes permettent des actions spéciales.

Et là, on est bientôt arrivés ?

Pour diriger son troupeau, il faut se placer derrière lui, à la manière d’un véritable berger. Cette idée de gameplay, parfaitement intégrée au jeu, demande d’anticiper leurs mouvements puisqu’elles ont toujours de « l’avance » sur vous. Il ne faut donc pas hésiter à les faire ralentir, voire à les stopper, afin de négocier un passage compliqué ou pour leur éviter de tomber du bord d’une falaise. Car, oui, les calicornes peuvent mourir, en cas de chute, de blessures répétées ou si elles sont enlevées par un prédateur. Vous allez donc devoir vous montrer prudent et astucieux pour parvenir au bout de l’aventure avec une harde complète. Et, parfois, lorsque la subtilité n’est plus de mise, il faudra juste inciter le troupeau à courir à toutes pattes !

Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin

Et maintenant c'est encore loin ?

Entre chaque niveau, le jeu insère des séquences de repos durant lesquelles il sera possible d’allumer un feu, de jouer avec les calicornes, de nettoyer leur fourrure, de les caresser et de les nourrir. Aucune de ces actions n’est obligatoire, en dehors de l’allumage du feu de camp, mais toutes contribuent à renforcer la sensation d’unité qui se développe entre votre jeune berger et sa harde. Car le thème du jeu, qui apparaît petit à petit, c’est cette idée d’entraide qui anime le groupe. Vous n’êtes pas juste le berger qui les guide et elles ne sont pas de simples bêtes placides. Les calicornes vous assistent régulièrement et spontanément lorsqu’il s’agit de pousser un objet lourd ou de vous aider à atteindre des endroits en hauteur.

C’est là que les développeurs d’Okomotive ont réussi leur coup de maître, en couplant cette idée d’entraide avec le sentiment de liberté que procure l’arrivée dans les grands espaces naturels du jeu. Herdling ne raconte pas seulement une aventure muette, il fait ressentir, à travers ses paysages et ses mécaniques, la force tranquille du collectif face à l’immensité du monde. En guidant les calicornes vers la montagne, c’est autant leur chemin que le vôtre que vous tracez, et l’ascension devient une métaphore simple, mais puissante, de ce que l’on peut accomplir ensemble. Toutes les activités accessoires du jeu, comme le fait de pouvoir offrir des parures à vos calicornes pour décorer leurs cornes, sans autre intérêt que l’esthétique, deviennent alors un moyen d’appuyer cette amitié interespèce, presque familiale.

On arrive bientôt ?

Pastoral

Toute la traversée est accompagnée d’une musique qui colle parfaitement à l’ambiance et renforce l’atmosphère du titre. Elle est d’ailleurs pensée, lors de certaines séquences, pour s’accélérer lorsque vous faites courir vos calicornes et s’apaiser si vous les faites ralentir. Elle vient en complément des graphismes, à l’aspect « peinture » de toute beauté, qui ne cherchent pas à taper dans l’ultraréalisme, mais plutôt à offrir une ambiance entre la carte postale et le conte merveilleux. Il y a quelque chose de très onirique dans le design des créatures que l’on croise sur la route, comme les effrayants rapaces, qui semblent être des créations tout droit sorties des studios Ghibli.

OK ! Là on est presque arrivés ! Un dernier effort !

Comptez seulement quatre ou cinq heures pour arriver au bout de l’aventure, ce qui est une très bonne chose, car, si le concept est fort sympathique et les niveaux variés, le principe se serait sans doute essoufflé au-delà de cette durée. Ici, Okomotive parvient à enrichir son gameplay et son scénario de façon progressive, sans lourdeurs ni temps morts. Un voyage en mode bouffée d’air frais, qu’aucun bug n’est venu ternir, idéal pour s’évader le temps d’une après-midi.

Testé sur Xbox Série X, code fourni par l’agence de presse de l’éditeur

Le Bilan

On a aimé 

  • Les calicornes, trop mignonnes !
  • L’ambiance verdoyante
  • Le message général du jeu
  • La caméra qui ne donne pas un champ de vision suffisamment éloigné lors de certains passages étroits.

Conclusion du test de Herdling

Une aventure au grand air
Le studio suisse Okomotive démontre une nouvelle fois son talent pour les expériences narratives tournées vers la nature et l’introspection. Pourtant, loin d’être une simple aventure contemplative, Herdling propose des énigmes malines et des séquences parfois intenses. Si le but du jeu vidéo est aussi de nous faire voyager sans quitter le confort de notre canapé, ce titre-là y parvient haut la main.

AlexMoon
Adepte du tofu et des arbalètes. Fan de RPG au tour par tour et des propositions indé' les plus barrées. Fabrique des origamis entre deux livres et trois jeux vidéo.
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Herdling

Développeur : Okomotive
Éditeur : Panic
Date de sortie : 21/08/2025

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