Test – The Precinct – Le GTA version police ?

Police simulator
Développé par Fallen Tree Games Ltd et édité par Microids, The Precinct propose une approche originale du genre GTA-like. Loin des figures criminelles habituellement mises en avant, le joueur incarne ici un jeune officier de police chargé de maintenir l’ordre dans une ville fictive des années 1980.

Un jeu bac à sable

L’action se déroule à Averno City, métropole américaine typique, gangrenée par les trafics et la violence. Nick Cordell, le protagoniste, entame sa carrière dans les forces de l’ordre. Fraîchement diplômé de l’académie, il patrouille les rues, traite les infractions, intervient sur des braquages et participe à la traque des gangs locaux.
Le jeu adopte une vue isométrique, rappelant les premiers épisodes de Grand Theft Auto, tout en intégrant des technologies modernes telles qu’un cycle jour/nuit, une météo dynamique, des effets de lumière soignés et une ville dense en circulation piétonne et routière. L’ambiance sombre, inspirée des polars des années 80-90, est renforcée par une bande-son immersive et des doublages de qualité (VOSTFR).

The Precinct ne propose pas une réelle exploration comme nous en avons l’habitude. Chaque nouvelle journée débute par la sélection de types de patrouille et d’activités. A pied, en voiture ou bien en hélicoptère, le jeu laisse le choix de la manière de faire respecter la loi.
Les premières virées en ville sont très grisantes, la découverte des mécaniques de jeu se fait petit à petit et la palette d’interpellations se diversifie dans le temps. On passe assez rapidement des simples contraventions de stationnement aux courses-poursuites effrénées dans la ville. On se prend donc très rapidement au jeu du policier qui enchaîne les patrouilles, à l’instar de ce que peut proposer Police Simulator, mais dans un style un peu plus arcade. Malheureusement, on constate très vite les limites de la boucle de gameplay qui se résume justement aux patrouilles.
Ce n’est pas du côté du scénario que l’on pourra trouver du réconfort et un intérêt supplémentaire au jeu. Outre coffrer les malfrats et faire arrêter les deux gangs de la ville au fil des interventions, le titre ne propose pas de réel scénario. Cependant, une intrigue secondaire fait son apparition un peu plus tard dans l’aventure, histoire de nuancer légèrement les activités, mais ne constitue rien de bien solide.
Il faut s’attendre très clairement à jouer au flic un peu bordélique, qui met la ville sens dessus-dessous sur son passage à l’image d’un GTA-like censuré.
Le respect de la loi

Contrairement à de nombreux titres du même genre, The Precinct ne privilégie pas la violence gratuite. Si l’on roule sur les passants ou que l’on ouvre le feu sur des civils (quelques balles perdues sont autorisées), la journée se termine. En revanche, le non-respect du code de la route n’a aucune incidence sur le déroulement des patrouilles, griller les feux rouges, rouler à contresens et passer à travers les barrières des maisons est tout à fait naturel dans The Precinct. Toutefois, l’usage de la force doit rester proportionné à la gravité des infractions constatées. Le gameplay repose en partie sur cette gestion équilibrée des interventions : verbalisation pour des délits mineurs, arrestation en cas de refus d’obtempérer et recours aux armes uniquement lorsque la situation l’exige.

Chacune des interventions est évaluée selon les méthodes employées lors de leur accomplissement. Celles-ci représentent l’unique source d’expérience et influent donc sur la progression du personnage. Si les infractions relevées sont cohérentes avec le délit rapporté, nous gagnons de l’expérience. En revanche, se tromper de comportement face à une infraction fera baisser l’expérience engrangée. Grimper les échelons de la police permet d’accéder à de nouvelles armes et de nouveaux véhicules (même si l’on peut réquisitionner un peu tous les bolides qui passent).
Un arbre de compétences est également de la partie, qui améliore notre dur labeur de policier en octroyant de meilleurs stats de vie, d’endurance ou d’amélioration de véhicule et de système d’intervention.
Si vous ne l’aviez pas encore compris, The Precinct est donc plutôt un jeu bac à sable où nous jouons les gentils flics, avec quelques missions qui nous sortent de notre quotidien. On passe un bon moment à patrouiller en ville et débusquer les malfrats, mais la boucle de gameplay s’essouffle assez vite après une douzaine d’heures de jeu.

Malgré tout, les différentes mises en situation sont vraiment prenantes, de multiples évènements interviennent pour diversifier le type d’intervention. Par exemple, alors que l’on donne une contravention pour stationnement gênant, un braquage peut avoir lieu au coin de la rue, ou une fusillade entre les gangs éclate au carrefour d’à côté, ou encore on surprend un vente de produit stupéfiant. De ce point de vue, il n’y a vraiment rien à redire sur la diversité des crimes potentiels.

D’autant que, sur le plan technique, la qualité graphique est très correcte, mais les finitions sont vraiment à peaufiner. L’IA des policiers est juste détestable, à commencer par notre collègue qui nous tire dessus au taser, qui court à l’opposé des scènes de crimes, qui arrête les criminels sans faire d’interpellation (donc pas de gain d’xp) et qui, en gros, nous gêne plus qu’autre chose. Les autres patrouilles, que nous pouvons appeler lors des courses-poursuites, foncent dans les bâtiments ou bien se rentrent dedans. Sans parler des bugs de collisions qui font voler la voiture à travers la carte, des crashs du jeu à répétition et d’autres petits bugs qui viennent sérieusement entacher l’expérience globale. Toutefois, les développeurs ont indiqué qu’un patch sera déployé le jour de la sortie, et l’on espère qu’il viendra corriger une bonne partie des problèmes cités.
Testé sur Xbox Series X, code fourni par le studio
Le Bilan
On a aimé
- La variété des interventions
- Une ambiance rétro réussie
- On se prend au jeu du concept
On a moins aimé
- Le gameplay répétitif
- L’IA défaillante
- Beaucoup trop de bugs techniques
Conclusion du test de The Precinct
Un sandbox policier
The Precinct propose de changer le genre du GTA-like en inversant les rôles, mettant en scène un gameplay policier plus cadré et une atmosphère rétro inspirée des polars des années 1980. Si la proposition séduit par son concept, son esthétique et la variété des situations de patrouille, elle souffre néanmoins d’un manque de profondeur narrative, d’une répétitivité qui s’installe rapidement et de problèmes techniques notables. Le jeu offre une simulation arcade de policier, dans lequel il ne faudra pas vraiment attendre autre chose qu’un monde bac à sable, dans lequel on passe, cela dit, un bon moment.