Test – Manette Nacon Revolution X Unlimited – La manette qui tire en plein cœur ?

Pimp my manette
La Revolution X Unlimited (RXU) fait parler d’elle depuis un moment, et pour cause, il s’agit de la dernière proposition haut de gamme du constructeur français Nacon, qui affirme y avoir concentré le meilleur de son savoir-faire. Vous avez donc peut-être suivi son arrivée, présentée à la dernière Gamescom et annoncée d’abord pour fin 2024. La dernière née de Nacon se sera fait désirer avant d’être lancée finalement en ce printemps 2025.
Issue de la gamme Revolution, Nacon, qui n’en est d’ailleurs pas à sa première incursion sur les machines de Microsoft,s’est attaché au fil des années à faire mûrir une formule en travaillant sur le fond et sur la forme pour aboutir au produit qui nous intéresse aujourd’hui. Plus qu’une révolution, c’est une évolution que l’on peut mesurer à l’aune des créations de la marque française. La précédente Revolution sur PS5 était axée sur versus fighting, mais cette nouvelle version cible les amateurs de TPS et FPS avec, toujours comme conseiller technique, Mister Crimson, joueur e-sport pro. Estampillé du label “Conçu pour Xbox” et armée de toute une galerie d’options, allant des gâchettes à réactivité instantanée au gyroscope en passant par un écran LCD trônant fièrement en son centre, cette mouture affichée au tarif de 199,90 € fait-elle feu dans nos cœurs ?

Patchwork de textures

Pas de déballage en règle cette fois-ci, le produit nous a été livré directement dans sa sacoche de transport rigide. Hormis la manette, on y trouve un câble de chargement tressé USB-C vers USB-A de 3 mètres, une station de charge (aimantée, s’il vous plaît !), le classico dongle pour la réception sans-fil, un chiffon en microfibre ainsi qu’un boîtier d’accessoires. Ce dernier fait office de véritable quincaillerie permettant de moduler les têtes des joysticks, les croix directionnelles ou encore le poids de la bête.

Nous avons donc, au choix, deux croix directionnelles de bonne facture (une à quatre axes et une à huit), six têtes de joysticks, concaves et convexes selon la préférence de chacun, accompagnées d’anneaux permettant de moduler la course et l’inclinaison du joystick pour plus de réactivité, et enfin trois sets de poids (de 10,14 et 16 g). Si changer une croix directionnelle à huit axes pour une autre à quatre axes n’a rien d’original, en revanche le système de lests l’est plus. En effet, ces masses viennent se loger à l’arrière de l’appareil et si, de prime abord, cet apport de poids semble infime, il permet pourtant d’équilibrer plus ou moins la manette, tout étant bien sûr question de goût.
Chaque chose a sa place, tout est bien rangé dans le boîtier de transport qui parait résistant et présente bien, même s’il pourrait être plus facilement transportable.

Voyons maintenant la manette en elle-même. Dès le premier coup d’œil, il n’est pas bien difficile de constater que le pad rappelle la marque en forme de X, ses courbes ressemblant à celles des périphériques de Microsoft et sa colorimétrie verte évoquant celle généralement associée à Xbox. Nous sommes donc en terrain familier, quoique sa taille et son poids soient un poil plus imposants, la rendant de fait massive et sans doute moins adaptée aux petites mains. Ses boutons sont également un peu plus gros et, contrairement au modèle classique, elle est faite de tout un assortiment de matière jusqu’au bout de ses touches. Un caoutchouc texturé recouvre les grips et un revêtement soft touch habille l’avant et l’arrière, ce qui limite les parties en plastique mat ou brillant.
Malgré cette finition exemplaire, nous n’avons pas pu nous empêcher de remarquer un semblant d’usure très léger sur les branches de l’accessoire. Ce n’est peut-être rien car il s’agit d’une manette de test, à moins que ce soit un défaut généré par le frottement de la coque sur le matériau lors du transport. Mais la gamme Revolution n’étant pas nouvelle sur le marché, il y a fort à parier que la première option soit la bonne. L’autre point, malheureusement inévitable, à considérer est que le revêtement soft a tendance à rapidement marquer.

Cependant, en termes de prise en main, cette multiplicité de matériaux est très agréable, car elle a l’avantage de faciliter l’identification des touches, notamment celles qui sont additionnelles. Pour les amateurs, signalons la présence de RGB, bien entendu configurable, au niveau du joystick droit. Enfin, le poids rentre également dans l’équation, l’objet n’est pas un jouet, il est bel et bien un produit premium et nous le fait savoir.
Farandole de boutons
La RXU se dote d’une myriade de boutons qui ont, eux aussi, bénéficié d’un soin particulier. La technologie Hall Effect, qui évite les problèmes de drifts, est intégrée aux joysticks ainsi qu’aux gâchettes. En outre, le produit embarque des touches micro switch de type Omron, ce qui est gage de qualité. En bref, c’est du tout bon. De plus, la manette, pensée pour les genres TPS et FPS, inclut des bloqueurs de course sur les gâchettes LT/RT. Cette réduction de course optimise la réactivité et offre une maniabilité plus nerveuse, ce qui est un plus appréciable.
Pour le jeu, les touches supplémentaires sont au nombre de six, les bien nommées S1 à S6. Les deux premières viennent se loger sur l’arête du dessus, en complément des gâchettes, et les quatre restantes à l’arrière du pad. Ces raccourcis comportent différents types de revêtements, ils ont toute une surface qui est travaillée et sont facilement identifiables. Si, lors des premières prises en main, nous avons été déroutés par les gâchettes S4/S6 et S3/S5 à l’arrière de l’appareil, appuyant de manière involontaire sur les touches étant proches, peu à peu, nous nous y sommes faits, avons pris nos marques et, finalement, l’annulaire et l’auriculaire s’habituent à leur nouvel emplacement.

Attardons-nous maintenant rapidement sur les autres fonctions du périphérique. Sous la tranche inférieure, apparaît la traditionnelle prise jack 3.5 mm, accompagnée d’un bouton permettant de couper le micro. A l’arrière, on peut passer d’un profil de configuration à l’autre (jusqu’à quatre selon le support retenu), choisir entre une configuration “classique” et “avancée” (nous y revenons plus tard), ou encore de basculer entre les différentes connexions. Trois modes de connexions sont disponibles : Wi-Fi via le dongle associé, Bluetooth ou tout simplement filaire. Quel que soit le choix retenu, la réactivité a été au rendez-vous lors de nos sessions de tests. Pour donner quelques chiffres, sur Xbox Series la latence est de 4 ms, bornée du fait de la limite imposée par les consoles. Sur PC, en revanche, les performances sont bien meilleures, la promesse étant de 2 ms en sans fil et descendant jusqu’à 1 ms en filaire.
Lors d’une première prise en main, la multiplication de touches et d’options déroute un peu et nous n’aurions pas été contre la présence d’une notice (qui est peut-être présente dans le packaging complet de Nacon). Pour autant, les sensations sont très bonnes, mention spéciale aux vibrations restituées. Enfin, comment ne pas mentionner l’écran LCD logé sur la devanture ?
LCD et application
Bien plus qu’une fantaisie cosmétique, l’écran offre son lot d’indications et d’options. Au registre des informations de base délivrées, figurent, entre autres, le type de configuration de la manette, le profil choisi, le mode de connexion ou simplement l’état de la batterie… Si la majorité de ces infos est anecdotique, le profil retenu ainsi que l’autonomie restante sont, par contre, les bienvenus.

Cet écran permet surtout de personnaliser son expérience de jeu, à commencer par le remapping de touches (uniquement pour les six raccourcis). Comme il n’est pas tactile, il requiert d’appuyer sur la touche pour initier les modifications. Outre l’attribution des touches dédiées, des options audio ou encore les paramètres généraux, comme le mode éco, deviennent alors accessibles.
Revenons sur la touche évoquée plus haut, permettant de switcher entre les configurations “classique” et “avancée”. Ces deux modes manquent parfois de clarté, la configuration classique apportant, via l’écran, des options qui ne sont pas directement accessibles dans la configuration avancée, comme le shooter pro mode (qui permet de supprimer les zones mortes pour gagner en réactivité), features pourtant mises en avant par le constructeur. C’est étonnant et cela reste confus, le plus simple étant donc de tester ou d’aller chercher du côté de la notice en ligne, pour voir ce qu’il est possible de faire ou pas.
Si l’on peut effectuer une partie des réglages via l’écran du pad, l’essentiel des modifications se passe du côté de l’application maison de Nacon, qui a le bon goût d’être disponible sur Windows, mais également sur les Xbox Series. Pour ce faire, il faudra connecter la manette en mode filaire, basculer celle-ci en mode avancé (et non classique), puis la configurer en mode Xbox. Ne nous mentons pas, cette mise en route est un poil laborieuse.
Une fois connectée, l’application est relativement claire et demande de sélectionner la plateforme sur laquelle on souhaite s’exercer à la bidouille. Petit bémol et non des moindres, aujourd’hui, tout se fait uniquement dans la langue de Shakespeare.

Par défaut, jusqu’à quatre profils peuvent être enregistrés en fonction du support retenu. Nacon les a préparamétrés en apportant un peu d’explications et en les adaptant à différents types de jeux (FPS, arcade ou encore simulation). Ils ont un effet sur le plan du gameplay, mais aussi sur la partie son. Si vous ne trouvez pas chaussure à votre pied, il est possible de créer ses propres profils. Au programme, mapping des touches, courbe de réponse et gestion des zones mortes, des vibrations, du RGB ou encore de l’audio. Les possibilités offertes sont très nombreuses et on peut y passer beaucoup de temps.
Certaines des options sont néanmoins exclues sur Xbox, entre autres le gyroscope (ce qui est bien dommage), l’attribution de touches de clavier et, bien entendu, la latence du fait de la limite imposée par Microsoft.

Un mot maintenant sur l’autonomie. Nacon annonce une durée de jeu d’un minimum de dix heures selon l’utilisation de l’écran, le pad restant utilisable en mode filaire durant la recharge (qui prend entre trois heures en mode charge rapide). Si l’on comprend que l’écran LCD tire sur la batterie, force est de constater que les performances de la Revolution X Unlimited sont en deçà de ce qu’offre la concurrence, nous laissant de fait un peu sur notre faim. Il n’empêche qu’avec un prix sous la barre des 200 €, elle coche beaucoup de cases et n’a en rien usurpé sa place dans le segment des périphériques premium.
Le Bilan
On a aimé
- La conception générale du produit
- La possibilité de personnaliser son expérience de jeu :
- Les nombreux accessoires
- La partie logiciel (également dispo sur Xbox)…
On a moins aimé
- …uniquement en anglais pour le moment
- Le manque de clarté de toutes les infos données
- L’autonomie un peu faiblarde
Conclusion du test de Test – Manette Nacon Revolution X Unlimited – La manette qui tire en plein cœur ?
Precision. Reactivity. Customization.
Ce n’est pas la première fois que Nacon se risque à inscrire une devise sous son dernier produit premium. Nous ne pouvons qu’être d’accord concernant la qualité du produit proposé, c’est tout simplement le meilleur produit fabriqué par le constructeur. La Revolution X Unlimited est modulable physiquement, en fonction des préférences du joueur, et encore plus paramétrable avec son logiciel maison, le tout pour un tarif en phase avec la concurrence au regard de ce qu’elle propose. Reste une explication de texte qui mériterait d’être plus claire pour que l’on s’approprie son champ des possibles qui est bien vaste.