Test – L’Amerzone – Le testament de l’explorateur – Une odyssée épique

Un bel hommage à Benoît Sokal
A l’approche des beaux jours, quoi de mieux qu’un voyage dépaysant pour s’évader loin des turbulences du quotidien ? Installez-vous confortablement et laissez-vous transporter dans une aventure captivante, où mystère et exploration sont au rendez-vous. Plus de 25 ans après sa sortie sur PC, le jeu culte L’Amerzone – Le testament de l’explorateur fait son grand retour. Premier chef-d’œuvre de Benoît Sokal, il posait déjà les fondations d’une narration immersive, qui trouvera ensuite son apogée avec la célèbre série Syberia, signant de son empreinte indélébile le monde du jeu vidéo, tout comme celui de la bande dessinée auparavant.

L’Amerzone – Le testament de l’explorateur n’est pas un nouvel opus, mais une version remasterisée du titre original sorti en 1999. L’occasion rêvée pour les nostalgiques de revivre l’atmosphère unique du titre, tout en permettant aux nouveaux venus de découvrir cette œuvre intemporelle. Edité et développé par l’équipe de Microids Paris, il sera disponible dès le 24 avril sur XBox Series X|S, PlayStation 5 ainsi que sur PC. Reste à voir si la revisite de ce titre en vaut la peine et si vous oserez braver les nombreux défis de l’Amerzone.
Voyage au centre de l’Amerzone

Juste avant de mourir, le professeur nous confie une mission aussi étrange qu’importante : nous rendre en Amerzone pour restituer le dernier œuf des oiseaux blancs, qu’il avait volé lors de son expédition en 1932, afin de réparer son erreur. Intrigué et bouleversé par l’histoire tragique du vieil homme, le reporter décide d’honorer sa dernière volonté et se lance dans une quête périlleuse au cœur de l’Amerzone. Ce territoire, aussi lointain que mystérieux, est le berceau d’une ancienne civilisation et le précieux artéfact est profondément ancré dans la mythologie locale. Notre périple sera jalonné de défis et de secrets, où le passé et le futur s’entremêlent, tissant une expédition riche en révélations.
De la Terre à la Lune et du clic à la manette !

Le gameplay repose sur une mécanique de point’n click et, dès les premiers instants de jeu, un tutoriel complet nous guide. A l’aide du stick gauche de la manette, on parcourt du regard les environnements à la recherche de différentes icônes, chacune correspondant à une action spécifique : examiner (loupe), interagir (main), écouter (oreille), accéder à l’inventaire (sac à dos). Cette interface est fluide et encourage à tout fouiller.

Les déplacements se font en cliquant sur les flèches directionnelles qui nous indiquent les itinéraires disponibles. Pour un gain de temps et plus de confort, on peut même passer l’étape des déplacements en appuyant deux fois rapidement sur la touche A. On peut aussi élargir notre champ de vision sur une plus longue distance pour pouvoir zoomer où l’on veut ensuite, afin que rien ne nous échappe. De plus, en appuyant sur la touche Y, on affiche toutes les intéractions possibles, ce qui est bien pratique. Enfin, il est possible de se téléporter instantanément d’une zone à une autre en récupérant des cartes de déplacement rapide, ce qui simplifie grandement les trajets, alors ouvrez l’œil !

Au fil de notre voyage, on collecte des objets essentiels à la progression, que l’on peut stocker dans l’inventaire. On y accède simplement grâce à la roue des outils, disponible via l’icône du sac à dos. On trouve également des éléments d’enquête, c’est-à-dire des preuves ou des pistes à suivre, dont certaines permettent d’obtenir du contenu supplémentaire pour nos articles de reporter, comme la lecture de notes manuscrites ou l’inspection d’affiches de propagande, par exemple.

L’avancée des investigations est consignée dans le journal des quêtes, accessible dans l’onglet mission, fournissant ainsi des pistes de réflexion bien utiles quand on bloque. D’ailleurs, sachez que certains éléments d’enquête sont facultatifs et ne vous empêcheront pas de terminer l’histoire, mais, en revanche, vous en apprendrez moins sur le lore du jeu. Enfin, le carnet de voyage du professeur est une mine d’informations précieuses. Il répertorie toutes ses découvertes, que ce soit à travers des textes ou des croquis savamment détaillés, ce qui constitue une aide non négligeable pour résoudre certaines énigmes, tout en enrichissant le récit.
Enfin, l’expérience se décline en deux modes de difficulté : “Voyage” pour profiter de l’histoire avec une difficulté accessible, ou “Aventure” où les indices sont plus rares pour un défi plus corsé. Dans les options, on peut aussi personnaliser l’assistance en ajustant certains paramètres, comme activer ou désactiver le système d’indices, par exemple.
Un univers onirique et enchanteur

Par ailleurs, l’Amerzone se dévoile tel un véritable écrin de verdure, révélant toute la splendeur d’une contrée exotique, aux superbes décors et aux écosystèmes grouillant de vie. A la fois luxuriante et parfois hostile, cette terre fascine par ses vues enchanteresses aux couleurs chatoyantes qui attirent le regard et procurent une grande sensation de dépaysement, accentué par des effets de lumière particulièrement réussis qui renforcent la beauté des lieux. Si les intérieurs sont un peu moins saisissants, ils n’en restent pas moins jolis, agréables et bourrés de détails. Ils bénéficient également de jeux de lumière réalistes, d’où émane une ambiance chaleureuse, voire intimiste, qui nous incite à fouiller chaque pièce avec plaisir.

Par ailleurs, le scénario écrit par Benoît Sokal est envoûtant et nous tient en haleine tout le long d’une aventure intrigante, haletante et enrichie de beaux moments de poésie. De plus, l’univers séduisant, à la croisée de l’aventure et de la science-fiction, nous captive avec son équilibre parfait entre imaginaire et exploration, qui nous évoque l’esprit des œuvres de Jules Verne et nous procure le même sentiment d’émerveillement. À ce sujet, l’invention ingénieuse de l’Hydraflot illustre parfaitement ce monde, mais nous préférons vous laisser le découvrir par vous-même.

On apprécie également la variété des casse-têtes et énigmes, bien pensés, qui demandent une vraie réflexion en faisant appel à notre logique et à notre sens de l’observation. Bien que certains puissent s’avérer particulièrement coriaces, ils suscitent la curiosité car ils permettent de dénouer le fil du récit, d’où une grande implication du joueur, et contribuent avec brio à l’immersion.
Par ailleurs, la bande sonore et les bruitages sont également grandioses. Les musiques sont magistrales, parfois envoûtantes, mélancoliques ou puissantes, mais rythmant toujours avec justesse notre aventure. Les sons de la nature sont très bien reproduits et participent pleinement à l’immersion : le chant mélodieux des oiseaux, le clapotis apaisant des vagues, le ruissellement des chutes d’eau ou encore les cris des animaux sauvages enrichissent l’expérience auditive, amplifiant l’exploration et son impact émotionnel.
Une refonte graphique somptueuse


Nous n’avons pas rencontré de bug lors de ce test réalisé avant la mise à jour day one. Sur le plan technique, on a le choix entre le mode Performance ou le mode Résolution. En Performance, le framerate reste stable à 120 FPS, garantissant une fluidité optimale. En Résolution, on observe une légère variation avec des baisses à 90 FPS minimum et des pics qui atteignent 110 FPS. Toutefois, cette fluctuation est minime pour ce type de jeu et n’entraîne pas de déchirement d’image. C’est pourquoi nous vous recommandons de jouer en mode Résolution pour une expérience visuelle plus immersive, sans compromis significatif sur la fluidité.
Quand le Nautilus prend l’eau

Cependant, l’identité du journaliste que l’on incarne reste totalement mystérieuse. Mis à part le nom du journal pour lequel il travaille, aucun détail ne nous est fourni, que ce soit sur son parcours, son apparence physique, sa voix ou même son visage. Le choix de la vue à la première personne accentue cet anonymat et nous prive de tout repère, ce qui n’aide pas à s’attacher au protagoniste, ce qui est dommage.

Par ailleurs, il manque selon nous une fonctionnalité qui aurait été particulièrement pertinente : une option permettant de comparer les versions avant et après la remasterisation. Son absence est regrettable car elle aurait permis aux joueurs n’ayant jamais joué à l’opus original de constater l’évolution graphique et le soin apporté à cette réédition. Une telle comparaison aurait ainsi mis en lumière l’ampleur du travail accompli qui est, rappelons-le, admirable.
Enfin, la durée de jeu est relativement courte et, parmi les sept chapitres qui le composent, certains se terminent assez rapidement. Cependant, cela variera bien sûr en fonction du temps consacré à la prospection ainsi que de votre habileté à résoudre les énigmes.
Il nous a fallu environ une quinzaine d’heures pour boucler l’histoire principale, tout en prenant le temps d’explorer les lieux et de réaliser les quêtes secondaires. Il est cependant possible de rejouer chaque chapitre pour le visiter davantage ou récupérer des éléments d’enquête manquants.
Testé sur Xbox Series X, code fourni par l’éditeur
Le Bilan
On a aimé
- La refonte graphique somptueuse
- La narration immersive
- L’univers mêlant science-fiction et aventure
- Les musiques magistrales
- Les énigmes et casse-têtes
On a moins aimé
- L’absence d’identité du héros
- Pas de comparaison avant/après
- Un peu trop court
Conclusion du test de L’Amerzone : Le Testament de l’explorateur
Un héritage sublimé, entre nostalgie et modernité
L’Amerzone – Le testament de l’explorateur prouve avec brio que le point’n click a encore de beaux jours devant lui. L’équipe de Microids a accompli un véritable tour de force en modernisant et sublimant l’univers de Benoît Sokal, tout en préservant son essence originelle. Grâce à une refonte graphique somptueuse, une narration captivante et immersive, un gameplay fluide, des énigmes palpitantes et des musiques envoûtantes, ce chef-d’œuvre se voit insuffler une nouvelle vie. Que vous soyez amateurs de point’n click, nostalgiques de l’œuvre originale ou novices désireux de découvrir ce classique intemporel, cette réédition mérite toute votre attention et s’impose comme une expérience incontournable.