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Test – Volgarr the Viking 2 – Le retour du guerrier

Test – Volgarr the Viking 2 – Le retour du guerrier
Le 20 août 2024
Le 20 août 2024

Il y a même un mode zombie

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Il revient ! Surprise, après plus de dix ans, Crazy Viking Studio sort du bois pour nous offrir la suite de son trip rétro. À l’époque, la scène indé était moins florissante et le Viking avait su se faire une place en invoquant les figures du passé : Sir Arthur avec Super Ghouls’N Ghosts, Rastan dans le jeu du même nom ou encore l’un des membres de la famille Belmont dans Castlevania, autant de noms qui font bien sur une carte de visite. Il promettait de nous ramener à l’âge d’or de l’arcade et les amateurs de challenge avaient pu goûter à une aventure mémorable, quoiqu’à la difficulté retorse.

Promis, juré, la formule sera la même et, en bonus, les doléances et critiques des joueurs ont été écoutées. L’action-plateforme fait donc son retour et multiplie les clins d’œil appuyés aux nostalgiques, tout en garantissant un accès plus simple aux nouveaux venus.

Le pari de Crazy Viking Studio et de Digital Eclipse de concilier les deux mondes est-il réussi ?

Le petit neveu du demi-frère par alliance de la cousine d’Odin

Ces bons vieux hommes-lézards, que de souvenirs !

Volgarr qui ?!

Mais si, vous savez, ce grand benêt bodybuildé, fusion de Thor et Conan sous stéroïdes !

Mais il n’était pas jeune et fougueux ? À la crinière d’or, succèdent les cheveux gris et Volgarr, toujours fidèle à lui-même, est prêt à montrer de nouveau sa bravoure aux hommes et aux dieux. Si le premier opus ne s’encombre pas d’une quelconque histoire, il est surprenant de démarrer l’aventure par une introduction nous narrant les exploits du vieux guerrier avant de nous inviter à la suivante. Rassurez-vous, ces quelques lignes de texte sont les seules à venir jalonner votre voyage, nulle prise de tête en perspective, pas de twists foireux, la proposition de Crazy Viking Studios laisse entrevoir une envie de scénario avant de le refermer pour nous plonger directement dans l’action sans autre forme de procès. Pour autant, l’idée est simple, il y a des ennemis sur la route de Volgarr et il n’y a que LUI pour rétablir la paix dans les neuf royaumes.

Admirez un peu cette allure, 10/10 à l’épreuve de gymnastique

Les amateurs de la première heure reprendront leurs marques très rapidement. Rien n’a bougé ou presque, la panoplie de mouvements disponibles a résisté à l’épreuve du temps. Le Viking fait toujours chanter son épée au sol ou dans les airs, il lance des pieux qui servent également de plateformes et effectue des roulades avec la grâce qui le caractérise. Alors, les esprits chagrins pourraient faire un lien entre sa rigidité et son âge avancé, mais il n’en est rien. Le bougre avait déjà la même agilité quand il était au sommet de sa forme !Cette maniabilité est donc immédiatement accessible, mais encore lourde dans son exécution. C’est d’autant plus vrai avec la gestion des sauts, qui rend certaines phases de plateformes millimétrées extrêmement énervantes !

Je t’ai dit que c’était mieux avant ?

Le premier opus s’était distingué par son esthétique flashouille, kitch, très années 1980/1990, avec ses couleurs criardes et saturées. Cela lui donnait un côté fantasy très prononcé. Pour ce second volet, cette palette de coloris a été troquée contre des teintes plus sombres, moins accueillantes. Le pixel art a gagné en détail, même s’il n’est pas des plus fins, mais le voyage est toujours aussi dépaysant. Les grands classiques sont égrenés (l’hiver éternel, la forêt des elfes noirs, les bateaux pirates…), pour autant la surprise s’en est allée, suite oblige.

La structure des niveaux les rend bien plus longs que dans le premier opus, proposant cette fois quelques checkpoints jusqu’aux boss et donnant ainsi au titre des airs de marathon pour atteindre la fin d’un monde.

Mention spéciale au bestiaire qui gagne en variété et parvient à nous étonner, même si les boss sont un peu en retrait. En lieu et place d’une simple ritournelle qui réhaussait les échos sanglants de nos exploits, ce deuxième volet s’habille de musiques plus enlevées. Elles collent à l’ambiance et à l’univers, c’est donc à souligner.

La vie est une bataille, la mort est un repos

Souvent qualifié comme étant sans concession, l’un des reproches mais aussi l’une des plus grandes forces du titre est sa difficulté, ou tout du moins l’exigence qu’il représente. Le moindre faux pas est ici sanctionné. Un coup d’épée donné dans le vide à cause d’un mauvais timing, tout comme une roulade un poil trop courte, et c’est la mort assurée. L’impulsion loupée d’un saut équivaut à un vol direct vers le Valhalla. Alors oui, on peut bien sûr renforcer l’équipement de notre héros et l’affubler de protections, mais de base le moindre coup conduit au trépas. Frustration, colère et envie de se dépasser sont-elles des moteurs suffisants pour la relance d’une partie ? Oui et non.

Hop en plus de l’attitude badass, un passage secret de découvert !

Dans sa structure, cet action-plateforme repose à la fois sur une part d’aléatoire dans la génération des ennemis lambdas et sur une architecture fixe, les pièges sont immuables, les principaux adversaires également tout comme les bonus. Si l’on peut comprendre ce choix, le jeu est, en revanche, par moments tellement intransigeant qu’on perd en réflexe et en instinct et qu’on se retrouve très souvent à réciter par cœur la partition. Il faut savoir d’où viennent les monstres, quel est leur pattern et prier les dieux pour réussir à ne pas louper ses sauts ! Est-ce que tout repose sur la mémorisation ? Non, mais la spontanéité se fait rare, si bien qu’il est légitime de penser que notre Volgarr a plus intérêt à avoir une mémoire d’éléphant que de gros muscles. Pour autant, parfois, la magie opère. Passer un obstacle à première vue insurmontable a ce petit quelque chose de grisant, tout du moins jusqu’à une certaine limite de nombre de morts…

Mon demi-frère bâtard, Thor avait Loki, Volgarr a le droit à Brogarr

Six continus, pas quatre, cinq ou sept. Six est le chiffre fatidique qui a été retenu avant que le Ragnarok ne se mette en marche. Comme dans les classiques d’arcade, Volgarr démarre avec trois cœurs au compteur, mais très vite il est nécessaire de faire appel à un continu et de répéter l’opération. Le chaos se traduit alors par l’introduction d’une nouvelle caractéristique, censée rendre l’aventure plus accessible : le mode mort-vivant ou zombie. Par Odin, cette fonctionnalité promet l’invincibilité au joueur ! Enfin presque, sous réserve de ne pas chuter dans les précipices parsemant les niveaux. Dieu de papier que voilà !

Pour être un peu positif au sujet de cette mécanique, disons qu’elle permet de se familiariser avec le soft, d’apprendre les recoins de chaque niveau, de se gargariser du moindre secret et après ?

Elle casse le principe même du titre, fait perdre le sel du jeu, la frénésie des batailles, l’ivresse de l’arcade. Oui, tout le monde peut être un Viking, mais veut-on être celui-là ? Au passage, ce mode débloque la pire des fins.

Ce ne serait pas si dramatique, s’il était possible de revenir en arrière une fois la bascule faite. Actuellement, ce n’est malheureusement pas le cas.

La victoire en toute modestie

S’affranchir de cette toute-puissance est possible si l’on accepte de recommencer une partie de zéro. Alors, l’épreuve des six continus se présentera de nouveau et Mjolnir et les autres reliques seront de piètres armes pour la braver. Soulignons de plus qu’il ne s’agit pas d’une option, elle s’active d’emblée, sans demander son avis au joueur.

Quand on voit les efforts déployés par les autres studios, n’y avait-il pas la possibilité de réfléchir à des choix d’accessibilité qui ne le cantonnent pas aux nostalgiques du genre ?

Une lueur d’espoir subsiste, le sujet est remonté jusqu’aux développeurs.

Testé sur Xbox Series X

Le Bilan

On a aimé 

  • Les retrouvailles avec Volgarr
  • Le sentiment d’accomplissement
  • Les évolutions en deçà de ce qu’on était en droit d’attendre
  • Le mode zombie qui n’est pas à l’heure désactivable
  • Les sauts, un véritable calvaire

Conclusion du test de Volgarr the Viking II

Dans un futur joueur du grenier ?
{{Il y a des formules qui n’évoluent que trop peu, que ce soit sur la forme ou sur le fond. Ce retour aurait dû être un triomphe, la joie de voir confirmer un premier essai en un incontournable, mais ce n’est pas le cas. Le titre reste un périple rétro qui ne parvient pas à faire le saut jusqu’à notre époque.

Ceux qui ont adoré Volgarr seront contents de le retrouver, mais, à force de festoyer et de s’enivrer, il a perdu de sa superbe. Le vieux guerrier a mérité de prendre du repos. Qu’il demeure en paix au Valhalla, où nous chanterons ses louanges et ses exploits, en oubliant qu’il a échangé son âme contre un ersatz d’immortalité. }}

Dognote
Perdu quelque part dans la boucle infinie d’un roguelite, ou échappant (ok, essayant d'échapper) au courroux d’un boss grâce à une roulade salvatrice, ou encore en quête de la prochaine mini‑médaille cachée dans un recoin improbable… Qui sait où l’aventure nous mène vraiment ?
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Volgarr the Viking II

Éditeur : Digital Eclipse
Date de sortie : 06/08/2024

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