Test – SCHiM – Un puzzle game original mais redondant

Un jeu d’ombre parfois… obscur !
SCHiM à tout du jeu d’expérimentation : pas tout à fait puzzle ni totalement plateforme, cette aventure en vue isométrique nous amène à contrôler une ombre. Réalisé par le jeune game developer Ewoud van der Werf et produit par le studio Extra Nice, le jeu dégage quelque chose de curieux et inventif qui ne laisse pas le joueur indifférent, et ce malgré une certaine répétitivité.

Marche à l’ombre
Les possibilités s’apprennent grâce à l’exploration et l’expérimentation, par tâtonnements.

Lorsque votre aventure débute en tant que SCHiM, vous êtes l’ombre d’un garçon que vous allez accompagner durant toute sa vie. Bien que le saut d’ombre en ombre soit possible (et amusant), vous restez liés. Pourtant, un évènement imprévu va vous « séparer » de ce garçon devenu jeune homme. Toute l’aventure va donc s’articuler à travers la poursuite de « votre » humain, afin de vous rattacher à lui.

SCHiM a cela de curieux qu’il se passe de toute explication et de toute parole. Le jeu se laisse prendre en main, s’apprivoiser, lentement, un peu trop lentement peut-être. Au début, après avoir sauté partout et cherché les limites du terrain, arrive rapidement le moment de se demander ce que l’histoire attend du joueur. Les possibilités s’apprennent donc grâce à l’exploration et l’expérimentation, par tâtonnements.

Si SCHiM se range dans la catégorie des puzzles-aventures, il est en fait bien plus que cela, à la fois expérimentation vidéoludique, jeu d’exploration, de réflexion et d’observation. Certains niveaux ont beau pouvoir se finir en quelques minutes à peine et en ligne (presque) droite, fouiller l’environnement urbain, tenter de coloniser toutes les ombres disponibles, bref, sortir des sentiers battus permet de découvrir des secrets et de déclencher de petites animations qui se dégustent comme autant de récompenses envers la curiosité du joueur.
Une question de point de vue
Il faudra tester et expérimenter sans restriction.

Le jeu se montre minimaliste dans tous ses aspects, y compris son gameplay. Minimaliste, mais pas chiche ! Si votre petit SCHiM peut uniquement sauter et interagir avec les objets dont il prend possession de l’ombre, ces deux actions suffisent à ouvrir tout un panel de fonctionnalités. Là encore, il faudra tester et expérimenter sans restriction. Faire klaxonner une voiture peut permettre de pousser des piétons (et donc leurs ombres) à se déplacer. Sauter dans l’ombre d’une machine offre la possibilité de l’actionner. Dans celle d’un oiseau ? De voler sur une courte distance. D’une barrière ? De la déclencher pour bloquer la circulation…
Les possibilités, qui semblent restreintes au départ, s’avèrent finalement nombreuses.

La caméra pivote à l’aide des gâchettes hautes de la manette, comme si elle incarnait la source de lumière, déplaçant les ombres pour créer de nouveaux chemins potentiels. Les environnements disposent d’un design clair et précis, minimal là aussi, basé sur une colorimétrie de quatre nuances uniquement. Leur aspect fourni, mais jamais surchargé, avec autant d’objets — et donc d’ombres — à coloniser, leur donne de petits airs de tableaux d’objets cachés.
Pour autant, le jeu met peut-être un peu trop de temps à dévoiler ses mécaniques. Dans les premiers niveaux, il est facile de se rendre simplement du point A au point B, sans trop comprendre quel est l’enjeu, et de croire, à tort, que le minimalisme de SCHiM est en fait du simplisme.

Impossible non plus de nier une certaine répétitivité des mécaniques, inhérente à ce type d’expérimentation. D’autres fois, c’est la frustration qui l’emporte, comme lorsque le joueur désire se rendre de l’autre côté de cette route baignée de lumière crue et que chaque échec à rejoindre une ombre se solde par un violent retour en arrière. Il est facile de s’entêter, de s’énerver et d’oublier que la méthode est presque toujours d’accepter les détours, même ceux qui semblent les plus incongrus.
Tout en nuances
SCHiM est une œuvre qui se dévoile en douceur. Loin des grands enjeux des blockbusters ou de l’aspect poétique de la nouvelle vague indé, le jeu cherche avant tout à être une curiosité vidéoludique, un brin addictive et plutôt originale, un peu comme un rubik’s cube auquel on aime revenir même une fois que l’on connaît par cœur ses mécaniques.
À la manière d’un Townscaper ou d’un Hidden Cats, c’est presque un jouet-vidéo dont on a envie de tourner/presser/activer tous les boutons pour voir quelles surprises il peut nous proposer. SCHiM nous ramène à des joies simples : s’émerveiller de prendre le contrôle d’une grue et de s’apercevoir qu’on peut lui faire lâcher la caisse qu’elle supporte, ou bien celui d’un canard que l’on découvre capable de rameuter tous ses camarades d’un simple cri.

Sans être parfait, l’expérience est suffisamment novatrice et satisfaisante pour justifier que l’on y jette un œil. Reste que son prix (24,99 €) se montrera tout de même trop élevé pour que la plupart des joueurs et joueuses osent se laisser tenter.
Testé sur Xbox Séries X, code fourni par les deux développeurs de SCHiM
Le Bilan
On a aimé
- L’aspect graphique
- L’originalité du titre
- L’obligation de sortir de sa zone de confort
On a moins aimé
- La répétitivité des mécaniques
- La redondance des premiers niveaux
Conclusion du test de SCHiM
Clair comme une ombre
SCHiM est une excellente découverte, pleine d’inventivité, d’idées et d’expérimentations, mais encore tâtonnante. Si l’on se plaît à explorer ses niveaux en quadrichromie et à tester toutes les possibilités qu’offrent la prise de contrôle de chaque objet, l’ensemble se montre tout de même assez répétitif et linéaire. Néanmoins, l’aventure vaut le coup de passer par-dessus ses défauts, ne serait-ce que pour son originalité et sa manière ingénieuse de traiter son propos.