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Test – Kamaeru : A Frog Refuge – Une gestion qui peine à se renouveler

Test – Kamaeru : A Frog Refuge – Une gestion qui peine à se renouveler
Le 5 juin 2024
Le 5 juin 2024

C’est coassement joli

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Avec tous les changements, les inquiétudes et les espoirs qu’elle porte en elle, l’écologie est au centre de nombreuses préoccupations. Pas étonnant donc que le jeu vidéo s’en soit emparé ces dernières années pour en faire l’un de ses sujets de cœur, qu’il s’agisse de parler des conséquences de l’inaction (Jusant), de bâtir un monde plus résilient (Terra Nil) ou de sauver ce qui peut l’être (Endling extinction is Forever). C’est un peu à l’intersection de ces deux dernières catégories que se place Kamaeru : A Frog Refuge, puisqu’il propose de restaurer un marais asséché pour en faire un sanctuaire pour grenouilles.

Une mission altruiste

Dans les bottes de Cléo, une héroïne qui a décidément beaucoup de temps libre, on rejoint notre ami d’enfance Alex qui s’est lancé dans un grand projet : créer un refuge pour grenouilles et restaurer la biodiversité autour de son village. En l’aidant à redonner vie aux marais alentour, on parvient à réunir de nombreux personnages prêts à nous aider : Anabelle, une scientifique experte en batraciens, Jon, un industriel local passionné par le coin, ou encore Dylan, un fermier.

Tout un programme

À mesure que le succès du refuge grandit, l’idée fait son chemin et s’exporte. Il devient alors possible pour Cléo et Alex d’aider Elaka à faire de même en Australie, puis Taufik à restaurer la mangrove vietnamienne. À chaque fois, de nouveaux personnages arrivent pour nous aider dans l’aventure, disposant tous de compétences qui permettent d’exploiter les ressources de notre marais, afin qu’il devienne autosuffisant.

Cozy mangrove

Le titre dispose d’un atout de taille : ses graphismes. Avec une ambiance proche de celle d’un jeu comme Cozy Grove (une inspiration dont le développeur ne se cache pas), Kamaeru propose des personnages et des décors absolument adorables, au design très doux, qui contribuent à son style paisible et douillet. Comme son homologue, le jeu ne peut pas se terminer en game over, il n’y a pas de temps limité, pas de danger à affronter, pas de stress… on écoute le chant des grenouilles et on se laisse porter !

L'interface est particulièrement simple à prendre en main

Les grenouilles, d’ailleurs, ainsi que leur écosystème, sont au centre du gameplay. Pour améliorer notre refuge, il faut convaincre les petites bêtes de s’y installer. Pour cela, on commence par disposer des meubles susceptibles de leur plaire, afin qu’elles aient envie de se faire dorer les cuisses chez nous. Une fois que les premiers batraciens ont emménagé, il devient possible d’accéder au marais dans lequel nous allons devoir ramener la biodiversité. De la même manière que l’on pose des meubles, il s’agit cette fois de creuser des mares, de planter certaines espèces de végétaux et, plus tard, d’ajouter des installations telles que des ruches, pour rendre à l’endroit sa splendeur d’antan.

Des grenouilles pas farouches !

Le marais devient alors une zone de production où l’on peut attraper des insectes pour nourrir nos petits compagnons coassants, mais également récolter des ressources qu’il sera ensuite possible de transformer en objets à vendre. L’argent ainsi gagné sert à acheter d’autres meubles à grenouilles et à installer plus de mares et de plantes qui feront grimper encore un peu plus notre bioscore. Petit à petit, l’offre de meubles disponibles pour personnaliser le refuge s’étoffe et il devient même possible de les repeindre pour les rendre uniques.

Frog builder

Il s’installe donc une sorte de cercle de croissance « vertueux », grâce auquel on renforce graduellement l’attractivité du refuge. Au fur et à mesure que cette dernière augmente, le nombre de grenouilles croît (croa ?) lui aussi, ce qui remplit notre Frogodex, sorte d’archive indexant toutes les espèces rencontrées. Ce dernier se complète lorsque l’on apprivoise une créature en la nourrissant et lorsqu’on la prend en photo. Il devient ensuite possible de croiser les races domestiquées entre elles pour obtenir de nouveaux types et pigmentations de batraciens.

Le Frogodex

Le principe est le même pour les refuges australien et vietnamien, que l’on débloque plus tard dans l’aventure. Bien qu’ils introduisent de nouvelles espèces, insectes, types de flores et objets à fabriquer, ils conservent exactement les mêmes mécanismes et enjeux. Le but va toujours être la restauration de la biodiversité, l’exploitation des ressources marécageuses afin d’en faire divers objets, leur vente et l’achat de nouveaux meubles à grenouilles à disposer dans les refuges correspondants. Car si l’argent et les batraciens sont communs aux trois zones, tout le reste ne l’est pas.

Croa croa croa…

Malheureusement, cette ambiance lénifiante peut vite devenir un défaut. Le jeu a beau tenter de se renouveler en proposant des quêtes qui semblent différentes sur le papier, leurs principes et leurs enjeux se ressemblent tous. Malgré des types variés de grenouilles et des mini-jeux lors de la fabrication des objets, l’ennui nous gagne bien vite. Kamaeru offre un peu la même sensation que beaucoup de jeux mobiles : on passe par une phase d’émerveillement, puis une libération d’endorphines liée au système de récompense de progression, jusqu’à ce que ces derniers soient suffisamment répétés pour que notre cerveau s’en lasse. Au final, on se surprend à laisser le jeu tourner pour accumuler des ressources pendant qu’on s’adonne à une autre activité.

Les missions manquent de variété

Cette lassitude est inhérente au modèle des cosys games, qui peinent souvent à se renouveler sur la durée. D’autant que, pour éviter que les plus forcenés ne bouclent l’aventure en une demi-journée, le jeu fait progresser les niveaux de satisfaction et de biodiversité plutôt lentement, poussant parfois la redondance jusqu’à l’écœurement. Les changements de décor et les nouveaux personnages n’y feront rien : on s’ennuie.

Le fond et la forme

Dommage pourtant, car Kamaeru ne manque pas de bonne volonté. Son message écologique est sincère, on sent une véritable envie de la part du studio Humble Reeds d’éveiller les consciences et de montrer que chacun peut s’investir à son niveau. Si, en l’état, le jeu ne suit pas, il faut tout de même noter qu’à l’heure où ces lignes sont écrites, il est encore en phase de développement et comporte donc moult bugs (particulièrement dans sa partie tutoriel) qui sont en train d’être corrigés. L’équipe est aussi très à l’écoute et réactive sur son Discord quand il s’agit de répondre aux interrogations des joueurs.

Qui savait que les batraciens aimaient la déco ?

On peut donc espérer que le Kamaeru d’aujourd’hui n’est pas tout à fait celui qui sera proposé dans sa version finale le 8 juin et que ce dernier nous permettra peut-être une plus grande variété d’actions. Du reste, à petites doses, le jeu reste plaisant et trouve tout à fait sa place au sein du genre des cosys games. Avec quelques variations dans son gameplay et l’ajout d’objets exclusifs liés à des quêtes bien particulières, il pourrait sans doute tirer son épingle du jeu.

Testé sur PC, code fourni par l’éditeur

Le Bilan

On a aimé 

  • Les graphismes
  • L’engagement environnemental
  • La disponibilité de l’équipe de développement
  • Les nombreux bugs
  • La répétitivité du titre

Conclusion du test de Kamaeru : A Frog Refuge

L’étang est long
Si l’on apprécie les valeurs environnementales et les très jolis graphismes de Kamaeru : A Frog Refuge, on ne peut ignorer la lassitude qui nous gagne au bout de quelques heures. Une fois passé l’émerveillement de ses jolis graphismes pastel, on comprend que le jeu n’a que deux ou trois mécaniques de gameplay en poche qu’il nous ressort à toutes les sauces. Les petites bêtes ont beau être mignonnes, on aurait aimé un système d’élevage plus poussé et des interactions plus variées. Comme quoi, le physique ne fait pas tout.

AlexMoon
Adepte du tofu et des arbalètes. Fan de RPG au tour par tour et des propositions indé' les plus barrées. Fabrique des origamis entre deux livres et trois jeux vidéo.
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Kamaeru : A Frog Refuge

Développeur : Humble Reeds
Date de sortie : 08/06/2024

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