Test – Duck Detective : The Secret Salami – une enquête vite conclue

Pas très végan pour un studio qui s’appelle Happy Broccoli !
Un canard détective privé, un déjeuner volé dans un frigo d’entreprise et un mystérieux « Salami masqué », voilà les ingrédients de Duck Detective ! Un jeu d’enquête cosy, qui propose d’incarner un privé tout en plumes et en bec, afin de résoudre une affaire pleine d’humour. Un comique qui fait tout le sel de ce titre, qui reprend les grandes lignes des jeux d’enquête narratifs classiques… de manière un peu trop concise peut-être ?

C’est la danse des canards
Le Duck Detective (qui sera nommé ainsi tout le jeu) est bien mal en point : sa cane l’a quitté, il souffre d’une certaine addiction aux boulettes de pain et il n’a plus un sou en poche. Alors qu’il pense mettre la clé sous la porte de son agence, un appel miraculeux intervient et une inconnue lui propose un contrat. Ni une ni deux, il se rend au siège de la société BearBus pour enquêter sur un mystérieux vol de déjeuner dans la cafétéria de l’entreprise.

Arrivé sur place, il s’avère que notre détective à plumes a oublié de demander le nom de son client ! La première partie de l’enquête consistera donc à découvrir l’identité de celui-ci. Ensuite, le simple vol de déjeuner au bureau va révéler les détails d’une autre enquête, qui concerne un trafic de charcuterie illégal, impliquant un malfrat connu sous le nom du Bandit Salami.

Commençons par un point qui risque d’en fâcher certains : le jeu est entièrement en anglais, voix et sous-titres. Vu son concept, qui implique lecture et recoupement d’indices textuels, cela risque de fortement gêner ceux qui sont mal à l’aise avec la langue de Shakespeare. Pour les autres, notez que le vocabulaire utilisé est plutôt accessible et que l’on peut tout à fait s’en sortir dans le jeu, même si l’on tâtonne sur certaines énigmes.
Coin coin mène l’enquête
Vous l’aurez compris, le jeu est une parodie de l’univers du polar. L’humour est partout, même dans les écrans de chargements qui alternent entre de vraies et de fausses informations au sujet des canards. D’ailleurs, savez-vous qu’il n’y a pas de canards sur la Lune ?
Il ne faut pas chercher de messages cachés ou de questions profondes dans Duck Detective : le jeu se veut un pur moment de détente et d’amusement.

Le gameplay est tout simple, il faut discuter avec chaque personnage et interagir avec des objets pour découvrir des indices et comprendre ce qu’il s’est produit. Les discussions offrent trois possibilités : interroger la personne, lui présenter des indices pour avoir son avis dessus ou l’observer. Chacune de ces trois options vous apporte des mots-clés qui sont reportés dans votre carnet de détective et qu’il faudra ensuite rassembler pour résoudre l’enquête. Pour les objets, on est uniquement sur une phase d’observation, similaire à celle des personnages, où l’on passe à la loupe (littéralement) le sujet de notre enquête pour y découvrir des indices cachés. Il y en a systématiquement trois à trouver et ils sont en général assez simples à débusquer. Une fois découverts, ils apparaissent eux aussi sous la forme d’un mot qui est lié à la déduction que notre canard en tire. Par exemple, des éraflures sur la couverture d’un livre pourront donner le mot « usé », quand notre personnage en déduira qu’il a été souvent consulté.

La première de toutes les informations à découvrir est le nom des différents protagonistes. Pour ça, il faudra fouiller et interroger puis se rendre dans notre carnet de détective pour y sélectionner les nom et prénom supposés d’une personne parmi ceux que nous avons découverts. Si notre choix est le bon, la personne est alors identifiée et son nom devient utilisable lors des interrogatoires ou des phases de résolution d’intrigue.
Ceci n’est pas un Death Note
Car ensuite, tout se passe dans le fameux carnet. Lorsque nous disposons de tous les indices nécessaires pour résoudre l’une des interrogations du détective, il faut l’ouvrir et remplir un texte à trous. Tous les mots découverts peuvent être sélectionnés, même plusieurs fois, afin de composer la phrase qui résume la solution de l’enquête. Bien souvent, le « contexte » de la phrase est suffisamment clair pour que la composition soit facile. Par exemple : [prénom à choisir] a quitté les lieux à 8 h 30 pour aller [lieux à choisir] rencontrer [prénom à choisir].

Il est possible de tester autant de combinaisons qu’on le souhaite, le jeu ne disposant pas de game over. Cependant, avec parfois près d’une trentaine de mots-clés proposés, on vous déconseille la résolution d’énigme à l’aveuglette ! Il convient de disposer d’au moins une partie des informations pour se lancer.
De toute manière le jeu n’est pas très difficile. Si parfois on a l’impression de tourner en rond ou de ne plus savoir quoi chercher, il suffit bien souvent de consulter le carnet du détective : recomposer le nom d’un personnage, regarder sur le plan quelle pièce n’a pas été correctement fouillée ou résoudre une énigme mineure suffit bien souvent à faire avancer l’enquête.
Canement vôtre
Le jeu est plutôt joli graphiquement, avec son style proche d’un dessin animé ou d’un livre d’images et l’effet « autocollants » de ses personnages rappelle celui d’un titre comme Paper Mario. La parodie d’ambiance film noir est bien rendue, avec ces passages en noir et blanc qui illustrent les moments d’introspection du héros. La musique joue son rôle, ni trop présente ni trop discrète.

Là où le bât blesse, c’est au sujet de la durée de vie : le jeu peut être bouclé en une heure. Si l’on s’attendait à enchaîner les missions dans différents environnements et à rencontrer de multiples personnages, c’est raté !
Cette investigation chez BearBus est la seule et unique enquête du jeu. Certes, elle est divisée en de nombreuses sous-parties, qui forment une série de mini-enquêtes à résoudre, mais elle ne propose pour seul et unique environnement que les locaux de la société soit, 6 petites maps. La fin arrive donc comme un cheveu sur la soupe, au moment où l’on pensait pouvoir enfin explorer le reste de la ville.
Testé sur Xbox Serie X
Le Bilan
On a aimé
- L’univers graphique
- L’humour
On a moins aimé
On a pas aimé
- La durée de vie
- L’absence de VF
Conclusion du test de Duck Detective : the Secret Salami
Conflit de canard
Duck Detective : The Secret Salami propose un concept sympathique mais se montre clairement trop chiche dans sa durée de vie. Si, étalé sur des dizaines d’heures, le concept se serait probablement montré redondant, on aurait tout de même aimé que le secret du Bandit Salami ne soit pas aussi rapidement éventé. Quelques environnements supplémentaires, de nouveaux personnages, d’autres « crimes » auraient été appréciables. En l’état, le prix du jeu est un peu élevé pour le divertissement qu’il propose. Dommage !