Le procès des 3 hauts cadres d’Ubisoft est reporté, mais les détails sordides ressortent

En 2020, nous apprenions via des enquêtes de Libération et Numerama que deux cadres d’Ubisoft étaient suspendus dans une affaire mettant en lumière un management toxique et du harcèlement moral et sexuel au sein de l’entreprise. Serge Hascoët et Thomas François étaient les principaux individus visés par cette enquête et leur procès devait avoir lieu du 11 au 14 mars 2025, mais il vient d’être reporté.
Le procès Ubisoft est repoussé à juin 2025

C’est finalement du 2 au 6 juin 2025 qu’aura lieu le procès des anciens hauts cadres de chez Ubisoft, ce report ayant été réclamé par des avocats des parties civiles et de la défense qui estimaient n’avoir eu accès que très tardivement à l’ensemble du dossier.
Dans un nouvel article publié récemment, Libération révèle par ailleurs des détails sur les comportements reprochés aux anciens employés d’Ubisoft mis en examen. Via les comptes-rendus de garde à vue, on découvre notamment les détails sordides sur les humiliations et les comportements inappropriés que faisait subir Tommy François, vice-président du service éditorial d’Ubisoft et protégé de Serge Hascoët, à divers employés, et plus particulièrement aux femmes.
le dossier de la procédure est une litanie de comportements abusifs et misogynes. L’une est appelée “laideron”, l’autre a le droit à une remarque sur son manteau rouge qu’il aurait décrit comme un “appel au viol”. D’autres citent les “chats-bites” (coup donné sur le ton de la blague dans les parties génitales d’un homme) ou un poirier exigé à une jeune femme en jupe.
On le dit manipulateur et dragueur, échanges de SMS à l’appui. “Les stagiaires, c’était un vivier de drague pour Tommy”, rapporte à la PJ une ex-employée. Une plaignante raconte comment ce vice-président lance la diffusion d’un film X après l’avoir convoquée pour la mettre mal à l’aise. Elle dit aussi les innombrables remarques sur son physique, les surnoms dégradants – “connasse”, “nazie”, etc.
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Elle accuse aussi Tommy François de l’avoir agressée sexuellement en tentant de l’embrasser de force à l’occasion d’une soirée de Noël organisée par l’entreprise.
Serge Hascouët, qui a démissionné peu après l’éclatement du scandale, est de son côté accusé de complicité de harcèlement moral et sexuel. Il lui est reproché d’avoir toléré, voire encouragé, un climat de management toxique au sein d’Ubisoft.

Il est également accusé d’avoir tenu des propos racistes, notamment envers une employée musulmane à qui il aurait demandé après les attentats de 2015 si elle soutenait l’État islamique, et en lui imposant des humiliations liées à sa religion.
Guillaume Patrux, ancien game director chez Ubisoft licencié pour faute grave en même temps que Tommy François, est accusé de son côté de harcèlement moral par une personne de son équipe.
Selon l’article de Libération, il est décrit comme un homme impulsif et brutal, “capable de mettre des coups de poing dans les murs, de faire mine de lever la main sur ses collègues ou d’agiter un fouet prêt de leur visage, quand il ne joue pas à brûler les fils des ordinateurs ou la barbe d’un salarié avec un briquet”.
Après plusieurs enquêtes internes au sein d’Ubisoft et les différentes auditions de ces dernières années, les trois individus comparaîtront donc devant la 15ᵉ chambre correctionnelle du tribunal de Bobigny début juin et nous aurons assurément d’autres détails sur le sujet à cette période.