Xbox Game Pass : un impact négatif de 80% sur les ventes d’un jeu ? C’est pas si simple

Microsoft ne communique presque plus sur les chiffres de ventes de ses jeux, ni de ses consoles, ni de ses abonnements, et encore moins des détails entre ses différents services. Pourtant, des chiffres existent et se partagent entre cabinets d’analystes et journalistes. Aujourd’hui, on s’attarde sur les jeux qui sortent dans le Xbox Game Pass et l’impact possible sur leurs ventes.
Oui, le Xbox Game Pass cannibalise les ventes

L’abonnement Xbox Game Pass est assez unique dans le paysage du jeu vidéo, en tout cas pour l’offre Ultimate qui permet d’accéder à presque tous les derniers jeux sortis et issus des studios Xbox ces dernières années.
On l’a vu dans notre étude statistique sur le Xbox Game Pass, un jeu reste en moyenne 608 jours dans le Game Pass, soit une vingtaine de mois. La médiane étant à 543 jours, cela signifie qu’en volume, la moitié des jeux retirés en 2024 sont restés moins longtemps que ça. Sur les 139 jeux sortis dans le Game Pass en 2024, seulement 5 jeux ont été retirés la même année.
Les éditeurs qui choisissent ou acceptent de placer l’un de leurs jeux dans le catalogue Xbox Game Pass ont assurément des stratégies différentes. Certains souhaitent faire connaitre une franchise pour attirer les joueurs sur une suite, d’autres souhaitent simplement monétiser un jeu sorti depuis longtemps, et d’autres encore saisir une opportunité de revenus supplémentaire pour financer leurs autres productions.
Le Xbox Game Pass est-il finalement un atout ou une menace pour les jeux ? Plusieurs développeurs et éditeurs se sont déjà exprimés sur le sujet avec divers avis. Mais une chose est sure, et Microsoft l’a déjà affirmé en février 2023 : oui, le Xbox Game Pass cannibalise les ventes de jeux.
Ce n’est pas vraiment surprenant lorsque l’on compare le service de jeu à la demande avec celui d’un service comme la musique à la demande. Il y a moins de chance que quelqu’un achète un disque audio s’il peut l’écouter via son abonnement Spotify, de la même manière qu’il y a moins de chance que quelqu’un achète un film qu’il peut regarder via son abonnement Netflix.
80% de ventes en moins sur Xbox ? Peut-être, mais c’est peut-être bénéfique au global

Christopher Dring, ancien directeur de GamesIndustry, média spécialiste du jeu vidéo d’un point de vue business, a récemment donné une interview à InstallBase dans laquelle il évoque le sujet des ventes de jeux et du Xbox Game Pass.
De manière anecdotique, les jeux qui font partie du Game Pass peuvent s’attendre à perdre environ 80% de leurs ventes premium prévues sur Xbox. C’est le chiffre qui circule. C’est moins s’il s’agit d’une sortie grand public, mais en général… regardez à quel point Hellblade 2 s’est mal classé. Ou encore la place d’Indiana Jones. Ou même Starfield. Le Game Pass a clairement nui aux ventes de ces titres sur Xbox.
Le Game Pass serait-il forcément néfaste pour les ventes d’un jeu ? Pas forcément. Par exemple, un jeu qui sort sur toutes les plateformes pourrait très bien être disponible dans le Game Pass et booster ses ventes sur PlayStation par la publicité qui lui aurait été faite via le Game Pass.
De même, un jeu qui fait gonfler sa base d’utilisateur sur Xbox via le Game Pass va créer du bouche-à-oreille qui va certainement dépasser la simple plateforme Xbox, et donc générer des ventes ailleurs. Et il est également possible qu’un éditeur ou un développeur gagne davantage d’argent en signant un contrat Game Pass avec Microsoft que s’il avait dû sortir son jeu de façon classique, en comptant uniquement sur les ventes du jeu sur les consoles Xbox qui, on le sait, dispose d’un parc de console bien moindre que PlayStation et Nintendo.
En définitive, tout n’est sûrement pas noir ou blanc, et sans accès aux chiffres réels et aux contrats qui lient Microsoft avec ses partenaires, il est difficile de jauger du bienfait du Game Pass sur les revenus générés par un jeu. Quoi qu’il en soit, on voit plusieurs éditeurs qui continuent de sortir leurs jeux dans le Game Pass après plusieurs réussites, c’est qu’ils doivent certainement s’y retrouver quelque part.