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Test – Thief

Test – Thief
Le 4 mars 2014
Le 4 mars 2014

Jeu de mot pourri dérobé.

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Le vol est un crime passible de lourdes amendes selon l’influence de la personne que vous volez.

Pour certains, le vol est un art, une manière de se faire remarquer, sans se faire remarquer, et a toujours été un challenge pour être retranscrit efficacement dans un jeu vidéo.

Jusqu’au jour où Thief est apparu sur PC, et chacun pouvait enfin s’essayer à la subtilisation sans risques d’interrogatoires à coups de bottins téléphoniques et sans risque de torture à base du mauvais pastis distillé par l’haleine du policier en charge des bottins.

Pas mal de temps et quelques épisodes plus tard, Thief fait son grand retour, cette fois sur Xbox One, avec un jeu tout simplement nommé Thief : comme pour indiquer que c’est un nouveau départ pour Garrett, Maître voleur et votre meilleur enseignant pour prendre quoi que ce soit à qui que ce soit.

J’en veux pour preuve qu’en tant qu’apprenti de Garrett, je viens de vous subtiliser 1 minute de votre temps avec cette introduction, et que vous n’avez absolument pas vu le coup venir.

Un paquet de six Garrett

Ne pas attirer l'attention est délicat ici.

Vous êtes Garrett, Maître voleur qui sévit au sein de la Cité, dans un jeu en vue FPS. Le parallèle avec Dishonored ne se fera pas tarder, puisque ce dernier était un hommage à la série de jeux Thief, alors que cette dernière était aux abonnés absents depuis pas mal de bougies.

Et c’est là que le bât blesse, puisque sans Dishonored dans le coin et pas sur une console next-gen, Thief aurait pu être un jeu vraiment passionnant. Malheureusement, le titre de Bethesda est passé par là il y a un peu plus d’un an et a offert des sensations de jeu enivrantes, malgré les quelques faiblesses du titre.

Thief, restant donc fidèle à lui même, propose une aventure plus réaliste – toutes proportions gardées- en termes de gameplay. Les seules capacités surnaturelles viendront de la possibilité de Garrett à utiliser son œil ensorcelé afin de mettre en évidence les richesses et les éléments avec lesquels il peut agir.

Pour le reste, il faudra compter sur son endurance, son agilité et sa discrétion afin d’arriver à ses fins sans être vu et sans blesser qui que ce soit. A moins que le joueur ne veuille tenter un remake de Hot Shot 2, sortir ses flèches (non, il n’y a pas de flèches poules), et faire monter le nombre de cadavres au niveau « du jeu le plus sanglant jamais créé ». C’est donc au joueur de choisir l’approche qu’il veut user, sans oublier bien évidemment d’utiliser son environnement à son avantage pour leurrer des gardes, les mettre hors d’état de nuire, ou bien encore s’aider à progresser. Dans tous les cas, les compétences pourront être améliorées grâce à des points qui se trouveront difficilement dans les niveaux, ou s’achèteront auprès d’une vieille bique qui sait tout et qui ressemble mystérieusement à Cruella d’Enfer en un peu plus âgée.

Surprendre un garde est une solution comme une autre pour progresser.

Le jeu s’articule en contrats pour les missions secondaires faisables n’importe quand. Quant à l’histoire, elle progressera au fil des chapitres et vous permettra de débloquer de nouveaux objectifs secondaires.

Rien ne vous empêche cependant d’occulter les missions secondaires pour vous concentrer sur l’histoire, ou même de recommencer n’importe quelle tâche avec une approche différente pour obtenir un bonus différent.

D’ailleurs la difficulté prend également la voie de la diversité, puisqu’en plus des 3 niveaux de difficulté initiaux, le jeu propose la très bonne idée d’un réglage personnalisé. Le concept est simple : vous choisissez différentes options apportant un handicap pour toute votre partie, et selon ce qui est activé, vous aurez un multiplicateur d’argent pour récompenser le risque pris.

Un peu plus haut, on parlait de la comparaison avec Dishonored, et ce parallèle va souvent se faire sentir tout au long du jeu et essentiellement du côté du level-design.

Thief, contrairement au titre concurrent, propose rarement des routes différentes pour aller d’un point A à un point B. Tout au plus, ce seront de légères bifurcations. Il y a cependant plusieurs manières d’emprunter ces chemins, la manière discrète étant la plus ardue à maintenir du début jusqu’à la fin tant les niveaux ne sont pas faits pour une progression entièrement furtive. Il faudra alors composer avec les détours lourds pour entrer dans une maison, trouver une solution pour distraire les gardes, ou encore trouver le petit truc qui va vous permettre d’accéder à des hauteurs.

Ah, oui, parce que Garrett ne peut pas vraiment sauter, ou plus précisément, il ne peut pas sauter si les programmeurs ne l’ont pas prévu. Les joueurs qui ont du bagage vidéoludique (et peut être même les autres) se retrouveront avec une impression d’agacement qui prendra de l’ampleur au fur et à mesure du jeu : le jeu est très contextualisé.

Avec Thief, ça raye

L'effet de surprise est important

Impossible donc de sauter 20 cm vers une autre corniche si ce n’est pas prévu, alors qu’à l’inverse, Garrett effectuera des sauts assez impressionnants si l’endroit le permet. Très frustrant, augmentant cette impression d’étouffement dans une ville labyrinthesque.

De même, il s’arrêtera à des rebords, même si la gâchette de course est maintenue, alors que sur d’autres, il n’y aura aucune protection, le faisant chuter ; parfois vers une mort certaine, d’autres fois vers un « t’es bon pour tout regrimper ! ».

Vous l’aurez compris, le gameplay aurait mérité plus de cohérence et plus de liberté. D’autant plus que le titre propose quelques phases d’escalade, bien fichues, mais là aussi contextuelles alors qu’il aurait été bien mieux d’avoir une approche plus libre permettant à notre voleur d’escalader comme bon lui semble les obstacles les plus urbains.

Techniquement, le titre n’est pas formidable. Comprenez par là que non seulement, la Xbox One ne toussote même pas à faire tourner Thief (les chargements en streaming ne comptent pas, mais restent incompréhensibles), mais en plus, de nombreux bugs plus ou moins délirants pour les uns, et plus ou moins relous pour les autres, viendront surprendre le joueur.

Un réel manque de finition, surtout lorsqu’on voit que côté gameplay, il ne faut pas être à un poil de fesses à côté pour que l’action fonctionne, rendant cette impression « d’extrêmes » qui vont agacer le joueur.

La bande son est aussi inégale. Pas en qualité, qui est vraiment très bonne en tous points de vue, mais plutôt en volume. Les voix sont très faibles comparées aux bruitages et aux musiques qui les couvriront sans difficulté, même lorsque ces deux éléments sont quasiment coupés dans les options.

Les gardes en alerte, il leur suffirait de lever la tête pour trouver l'intrus.

Et pourtant elles sont importantes, ces voix : épier des conversations pour trouver des indices sur sa cible, découvrir l’emplacement de trésors, ou encore écouter des discussions qui ne mènent à aucun larcin, mais qui apporteront de l’épaisseur dans le background. C’est l’essence même du travail de voleur afin de trouver une opportunité, et on va généralement la rater parce que la musique a décidé de monter ici ou qu’un bruitage a pris des proportions hors normes.

En faisant un résumé de la situation de Thief, on pourrait se dire que ce n’est pas folichon.

Mais c’est une fois qu’on est bien rentré dans le bain de cette aventure d’une huitaine d’heures (en normal, hors missions secondaires, et hors l’énorme replay value que confèrent les modes de difficulté et les différentes approches) qu’on arrive à se prendre au jeu, qu’on arrive à trouver son style et son rythme, mais aussi qu’on comprend bien qu’on a là une approche plus « simulation », que le plaisir prend enfin le dessus sur la frustration de se trouver avec quelque chose de totalement différent du très bon Dishonored, qui lui lorgne plus du côté de « l’arcade » en comparaison.

Mais ne nous leurrons pas, Thief n’en reste pas moins un titre à peine supérieur à la moyenne. Car l’élément le plus important pour un jeu d’infiltration, en plus du level-design, est l’IA des ennemis.

Et de ce côté, ce ne sont pas des génies qui vont nous faire face. Car même à 3 mètres d’eux, nous regardant droit dans le blanc des yeux, dans une pénombre très légère, Garrett passe quand même inaperçu. Éteignez un feu ou une bougie quand ils ne sont pas sous l’impact de la lumière, et lorsqu’ils reviendront, la source de lumière ne sera plus là, mais ils s’en moqueront comme de leur première couche. A côté de cela, les adversaires sont coriaces, tentent de se soutenir quand ils le peuvent, mais ont surtout des rondes suffisamment bien agencées pour poser une vraie difficulté au voleur que vous êtes, en plus de poser quelques pièges qui ne feront pas vraiment de cadeaux…

Le Bilan

On a aimé 

  • Aspect très « simulation » du métier de voleur
  • Replay Value conséquente
  • Bande sonore de très bonne qualité…
  • … malheureusement aux volumes très mal équilibrés
  • IA pas toujours cohérente
  • Level-design pas très adapté pour des approches entièrement furtives
  • Gameplay trop contextualisé
  • Pas mal de bugs

Conclusion du test de Thief

Le Maître a cédé sa place à l’élève
{{Thief va subtiliser votre temps. Peut être va-t-il le faire agréablement, peut-être cette expérience sera frustrante. Tout dépendra de vos antécédents vidéoludiques qui détermineront également votre approche : avoir touché à Dishonored avant n’aidera pas à apprécier Thief à sa juste valeur.

N’essayez pas de vous forcer à agir de telle ou telle manière parce que le bonus semble plus intéressant, et vivez le jeu comme bon vous semble, comme vous le sentez le mieux et sans hésiter à vous adapter selon les situations.

C’est dans ce seul état d’esprit que vous parviendrez à vraiment apprécier Thief : un jeu pas mauvais, mais pas excellent non plus dont la réelle tare aura été de revenir sur le devant de la scène après Dishonored.}}

S
Grand Testeur devant l'Ethernet. Divinité du Test. Accessoirement en train de conquérir l'univers.
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Thief

Développeur : Eidos Montréal
Éditeur : Square Enix
Date de sortie : 28/02/2014

commentaires

5 Commentaires
A
alaindc
4 mars 2014 17h21

Dans « on a pas aimé », j’aurais ajouté streaming mal foutu, avec chargement un peu partout…

N
nico3D
10 mars 2014 8h16

l est miens depuis samedi dernier, et Malgré les critiques plutôt mitigées je trouve le jeu assez bon, oui il n’est vraiment next-gen graphiquement, mais pour ceux qui oseront jouer en difficulté « maître », ce jeu révélera sont vrai potentiel: une IA coriace (malgré les critiques qui disent qu’elle est catastrophique c’est peut-être vrai en facile ou normal, en maître les PNJ vont vous donner du fil à retordre), une obligation de furtivité maximum, et une réflexion poussée à chaque niveaux, et si en plus vous êtes un fan d’exploration, thief… Lire la suite »

L
llAngerFist
15 mars 2014 0h11

Perso je l’ai acheter en version collector, moi qui fait tous les jeux car fan de deblok les succès, c’est le seul jeu que j’ai pas fini et revendu au bout de 2 jours, 7/20 et encore jsuis gentil , a eviter vraiment !

L
llAngerFist
15 mars 2014 0h12

Pour infos ajoutez moi sur le live : ll AngerFist

H
HazardElika
9 avril 2014 11h34

nico3D, merci, tu as tout dis ! 😉

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