Test – Warriors Orochi 3

C’est pas ma guerre !
L’histoire du monde a depuis toujours été forgée par les guerres, batailles, altercations et autres conflits. C’est l’apanage de l’être humain que de chercher à dominer les autres de son espèce par la force. C’est également un super prétexte pour devenir un héros et avoir plein de jeux vidéo traçant ses exploits. Moi, pour le mien, je veux un Beat Them All où je suis seul contre l’univers entier qui n’a aucune chance de l’emporter tellement je suis balèze !
Comment remplir un cimetière ?

Contrairement à ses aînés, Dynasty Warriors (Sangoku Musou) et Samurai Wariors (Sengoku Musou), Warriors Orochi 3 est de ces jeux qui se foutent totalement de l’histoire pour mettre en avant les personnages qui ont fait l’histoire, faisant ainsi sans aucune honte un gros doigt aux anachronismes et autres incohérences spatio-temporello-scénaristiques.
C’est donc aux commandes de plus d’une centaine de figures de l’histoire plus ou moins connues que vous évoluerez dans une histoire originale pour de très longues heures de batailles dans un Beat Them All disproportionné.
L’hydre à 9 têtes, Orochi, envahit la planète et détruit tout sur son passage. Une poignée de héros, représentants de 3 royaumes, vont tenter de la contrer, mais en vain. Ils seront les seuls survivants, sauvés in extremis par Kaguya, qui a le don de voyager dans le passé des gens.
Nos 3 héros vont ainsi parcourir leur passé pour trouver des renforts parmi ceux qui ont fait l’histoire des Trois Royaumes (Chine), du Japon, mais aussi de la Grèce Antique, puisque les petits gars de Warriors of Troye seront également de la partie. On retrouvera également quelques guests jouables comme Ryu Hayabusa ou Ayame de Dead or Alive, mais aussi Jeanne d’Arc. Curieusement, on ne retrouvera pas les Gundams, probablement à cause du fait que Taigong Wang les ait traités de, et je cite, “tapettes pas capables de manger avec des baguettes”. Ça sent la provoc raciste tout ça… Ces alliés recrutés aux fil des batailles pourront également revisiter leur passé afin d’enrôler plein de monde ou corriger des erreurs qu’ils ont commis pour changer le déroulement d’une bataille, et par conséquent sauver la mise de quelques personnages supplémentaires.

Le système de jeu reste assez ressemblant aux Dynasty Warriors et Samurai Warriors, à savoir un Beat Them All dans lequel vous effectuerez des combos aussi dévastateurs que spectaculaires, articulés par des coups normaux et des coups chargés. Vous aurez aussi la possibilité de bloquer, sauter, chevaucher une monture, et balancer la purée avec votre attaque Musou. Cette dernière est en quelque sorte une super attaque qui fera regretter tous vos adversaires à portée de ne pas avoir déserté ce jour-là.
Dans Warriors Orochi, quelques fonctionnalités supplémentaires sont de la partie à commencer par le système d’équipe. Vous ne choisirez non pas un, mais 3 personnages par bataille, que vous pourrez switcher aisément via les gâchettes. Les personnages non-utilisés se reposeront et verront leur jauge de vie et de Musou se régénérer petit à petit. En sacrifice d’un léger morceau de votre jauge Musou, vous pourrez les faire intervenir pour contre-attaquer ou faire diversion alors que vous êtes en état de vulnérabilité.
En appuyant sur les deux gâchettes simultanément, si la jauge de coopération le permet, sortira l’attaque combinée qui enverra les 3 combattants en simultané, les deux autres étant pilotés par la console pour une durée limité. Les adversaires battus dans ce mode vous octroieront des gemmes, utiles pour acheter et améliorer vos armes.
Ces armes seront donc modifiables dans votre campement, lieu où vous pourrez entre autres, taper la discute avec quelques uns de vos alliés pour glaner des infos ou de nouvelles batailles, booster vos armes en leur octroyant de nouveaux attributs, ou organiser des banquets pour améliorer plus rapidement les relations avec tous vos alliés.
C’est auch ce soir !

En remplissant certaines conditions (banquets, effectuer des missions secondaires, faire équipe avec des alliés, sauver les miches des gens…), vous renforcerez les liens avec vos alliés. Ces derniers vous permettront, sur le champ de bataille, un certain soutien automatique lorsqu’ils feront partie de votre équipe. En atteignant certains paliers de confiance, vous bénéficierez également de tickets de loterie qui vous fera gagner aléatoirement 10 armes pour vos combattants débloqués. Vu le prix des armes et le nombre de personnages différents, ça n’est vraiment pas de refus, surtout qu’il est impossible de vendre les armes dont on ne se sert pas pour vider l’inventaire, limité seulement à 8 par protagoniste. Sachant que c’est à chaque fois la même arme (qui a 4 niveaux), et qu’une fois une arme à fond on ne peut plus vraiment la booster, l’inventaire se remplit bien vite.
Chaque personnage a son propre armement, et par conséquent son style différent. Et même si certains ont un style sensiblement similaire, ils possèdent quelques caractéristiques qui vont les mettre à part des autres. Il est cependant dommage, vu le prix des armes, qu’on ne puisse ni échanger les armes d’un même type entre les personnages, mais aussi qu’il faille acheter certaines armes en double pour être bien équipé pour chaque personnage alors qu’ils jouent dans la même catégorie (comme les couteaux de lancer par exemple).

Tous vos protagonistes seront affublés d’un type parmi Vitesse, Puissance, Merveilles pou Technique. Ces types attribueront quelques légères différences dans le gameplay, mais rien de bien marquant pour l’engagement bourrin qu’adopte le jeu.
A côté de cela, le jeu conserve l’aspect rigide existant depuis les débuts de Dynasty Warriors. Même si cet aspect est bien moins présent, les transitions entre les attaques ou entre différentes actions successives, paraissent un peu saccadées.
Le jeu est en japonais sous-titré anglais, ce qui sera bien décourageant pour les non anglophones, puisque même si les dialogues ne sont pas capitaux, pour les menus et autres aides et objectifs, c’est une autre paire de manche ! Heureusement que le niveau demandé n’est pas très élevé, mais ce sera une barrière pour beaucoup d’entre eux. Habituellement, on avait au moins les textes en français. Enfin… on a échappé aux accents marseillais ce coup-ci.
Les musiques, très rythmées, trop probablement, collent au rythme effréné de l’action, tout en dénaturant un peu l’aspect mystique et légendaire de la chose. Certains morceaux par contre, colleront bien à tout ça, mais on aurait préféré que l’ensemble soit plus harmonieux.
La durée de vie est plus que conséquente entre les nombreuses batailles, grâce à la possibilité de les refaire après correction d’évènement… Ce genre de titres avait déjà une durée de vie excellente, ici les développeurs ont tout fait pour que le joueur recommence avec plaisir et sans lassitude certaines missions.
Songoku, Mes sous !

On regrette cependant que le titre perde de son aspect bourrin par une ultra scénarisation des combats. C’était déjà le cas dans les précédents, mais dans celui-ci, on a encore plus la sensation de rester enfermé dans le déroulement des choses avec que peu de marge de manœuvre pour évoluer comme on le souhaite ou pour sauver les meubles in extremis de l’incompétence de ses alliés au QI de moule. C’est un point qui n’a pas changé depuis les débuts, et on aurait préféré que les alliés et les adversaires soient un peu plus hargneux et réactifs. Cela est encore plus vrai que le jeu aurait mérité un niveau de difficulté intermédiaire entre le normal, où tout rentre comme dans du beurre même pour les débutants, et le mode difficile, où il faudra assumer l’augmentation de quelques niveaux pour chaque personnage avant de pouvoir affronter ce challenge sans être rebuté d’un coup au premier lieutenant croisé.
Enfin, le titre propose un mode online, quelque peu désert, qui nous empêche de le tâter pour ce test.
Sachez cependant qu’il propose de jouer avec quelqu’un sur des batailles. Vous pouvez également tenter de recruter un allié pour aborder des missions particulièrement douloureuses.

Vous aurez également la possibilité de créer et partager vos propres champs de bataille dans un éditeur de campagne assez fastidieux et assez restreint à l’utilisation puisque vous ne pourrez que modifier des batailles existantes en remplaçant un personnage par un autre, augmentant l’agressivité des adversaires et changer la musique du niveau tout en restant limité par un nombre de points d’édition.
Techniquement, le titre est assez moyen. Les textures, malgré les environnements gigantesques, ne sont pas de toute première jeunesse mais restent toutefois honorables. Les décors restent cependant très vides et seuls quelques terrains semblent plus soignés et complexes que d’autres.
L’IA, comme précédemment expliqué, est encore et toujours au ras des pâquerettes et demandera d’adopter le niveau Difficile ou Chaos pour se retrouver avec un minimum de challenge.
Mais le gros point négatif revient à l’affichage. Les ennemis disparaissent et apparaissent subrepticement, même à côté de vous. Des jeux tels que N3 et sa suite ou quelques précédents Dynasty Warriors proposaient bien plus de personnages simultanés à l’écran et sans disparitions !
Il aurait probablement fallu diminuer la profondeur de champ (on voit les décors de très loin) au profit de l’affichage des personnages dans un certain rayon du protagoniste. Enfin j’dis ça…
Le Bilan
On a aimé
- Très long
- Plein de personnages !
- Le campement et le système de liens
On a moins aimé
- Les gens qui disparaissent comme par magie
- Le mauvais équilibrage de la difficulté
- L’IA ultra passive
- Même pas de menus en français
Conclusion du test de Warriors Orochi 3
L’art de la guerre
Warriors Orochi 3 nous propose un bon Beat Them All cependant gâché par des aspects plus ou moins désagréables avec son duo de tête affichage/IA qui en frustrera plus d’un. Néanmoins, le casting de qualité et la variété aussi bien visuelle qu’en termes de gameplay combinés avec une durée de vie plus que conséquente en feront un titre avec un certain potentiel ludique. Enfin, si l’anglais ne vous file pas des boutons.