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Test – Knights Contract

Test – Knights Contract
Le 1 avril 2012
Le 1 avril 2012

Le Manga chez les Teutons

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Le petit monde des Beat’em All a ses fans. Les amateurs d’attaques puissantes, ceux qui aiment sentir leur force immense en décimant des hordes d’ennemis divers et variés dans une violence jouissive et excessive. Ca tombe bien, le genre compte une grande quantité d’excellents représentants depuis le début de l’existence des jeux vidéo. Sur cette génération, le patron s’appelle Castlevania: Lords of Shadow, qui est le plus beau, le plus varié, et le plus immersif. Tremble, Castlevania! Knights Contract veut être le nouveau roi de la colline !

Immortel, c’est pas une vie

Elle a le feu au...

Le début du jeu aligne les bonnes idées excitantes, et promet beaucoup. On contrôle Heinrich, immortel qui considère son état comme une malédiction. En arrivant dans un village de toute évidence maudit (si, si, quand il y a des morts-vivants partout, c’est un signe qui ne trompe pas), il va croiser la route de Gretchen, une sorcière à la magie redoutable et une ancienne connaissance, puisque c’est elle qui a rendu Heinrich invincible. Elle aurait mieux fait d’utiliser également un sortilège pour elle, tant elle est frêle. Les deux vont s’associer pour affronter Faust qui veut répandre la mort dans le monde entier…

Heinrich, Gretchen, Faust…Et oui, nous sommes en Allemagne, avec tout le folklore que cela induit, dans un environnement situé dans un Moyen-âge ou règne l’obscurantisme. Bonne nouvelle, cela va nous changer des mondes habituels et nous faire découvrir quelque chose de nouveau dans les jeux vidéo. Mauvaise nouvelle, ce n’est absolument pas le cas !

La supercherie et les promesses non tenues sont immédiatement visibles, aussi discernables que dans le discours d’un candidat à la Présidentielle.

Il suffit de voir arriver le héros, qui semble tout droit sorti d’un manga, et qui fait furieusement penser à Berserk. Même chose pour les ennemis, des monstres qu’on pourrait trouver dans n’importe quel monde. Quant aux décors, si le premier village fait vaguement illusion, on va sombrer dans la banalité en un rien de temps. Seules les nombreuses et fatigantes scènes de dialogues nous rappelleront via les noms des personnages que nous sommes censés nous trouver dans la vieille Europe. Quel gâchis !

L’histoire qu’on va parcourir n’est pas meilleure et exploite terriblement mal son sujet d’origine, transformant le jeu en une succession d’affrontements entrecoupés de longs moments de palabres inutiles, sans doute pour nous faire croire que le scénario est dix fois plus épais qu’il ne l’est en réalité. Le rythme du jeu, déjà pas fameux pendant les combats, en prend un coup dans l’aile, nous conduisant à un ennui de plus en plus prononcé.

Bon, ça ne commence pas vraiment bien, mais après tout, ce qu’on demande à un jeu de ce genre, c’est que ça charcle sévère dans une belle fluidité.

Le pot de fer et le pot de terre

Viens dans mes bras, bébé

De ce point de vue là, le résultat n’est pas mauvais, grâce à une maniabilité correcte qui permet de faire plus ou moins ce qu’on veut. Entre coups spéciaux, combos et magie (on ordonne à Gretchen de lancer un de ses quatre sorts pré-selectionnés), le potentiel est là. Les sorts sont nombreux, on en découvrira de plus en plus en avançant dans le jeu (environ 7 heures pour arriver au bout en difficulté normale), et ils peuvent même s’avérer être spectaculaires. L’idée de base d’associer un personnage immortel à un autre faiblard est également intéressante. Enfin, elle aurait été vraiment intéressante si on avait pu jouer à deux. Mais même comme ça, que le game over vienne si c’est le personnage à protéger qui tombe peut rendre le gameplay original.

Sauf que tout ce qui pourrait être bien est à nouveau sabordé. Il n’y a rien de spécial à dire sur la maniabilité en elle-même, très classique, mais la lenteur générale des combats (notre héros se traîne quand il se déplace) ne pousse pas à ce qu’un souffle épique balaie le joueur. Plus gênant, le concept même de la complémentarité entre deux personnages est mal exploité et se révèle vite être une fausse bonne idée. Gretchen est tellement fragile qu’on passe notre temps à la prendre dans nos bras pour lui insuffler de notre vie, donnant des séquences de jeu absurdes, où les mandales contre les ennemis alternent avec des séances câlins. L’action se retrouve ramassée autour de la sorcière aux pieds d’argile, quelle que soit la taille du décor environnant.

Au-delà de ça, les combats contre les boss (souvent interminables, ce qui poussera à faire le jeu en “facile” pour les écourter) lorgnent du côté des stars du genre, avec du matraquage de bouton et des QTE. Ces derniers sont d’ailleurs peu convaincants. Très exigeants sur le timing, ils poussent le joueur à la faute, et il faut quand cela arrive se recoltiner de longues séances de pousse-boutons…

Mais avant d’arriver aux boss, il faudra traverser de longs couloirs qui témoignent d’un level design inexistant. Même si c’est inhérent aux Beat’em All, les ténors de la catégorie arrivent à contourner cela en jouant sur des chemins à suivre variés, ou bien même en proposant des passages où plusieurs chemins sont possibles. Là, on a le droit à une route balisée, fermée, quelque soit l’environnement.

Série Z

Beat'm all de couloir

On l’aura deviné, la réalisation est en droite ligne du reste. On a l’impression d’un jeu avec beaucoup d’ambitions au départ, mais qui a dû se résoudre à tout revoir à la baisse faute d’un budget suffisant, pour devenir un nanar de bac à soldes. Difficile de ne pas voir les textures indignes d’une console HD. Les graphismes cherchent l’économie par tous les moyens. Les décors sont répétitifs, peu détaillés, les ennemis peu variés, et l’ensemble est plutôt moche. L’intention de départ de situer l’action dans une zone géographique précise est réduite à néant par la petitesse des graphismes. Si les animations sont convenables quoiqu’hésitantes, la caméra prendra un malin plaisir à régulièrement semer la confusion dans l’action en prenant des angles pour le moins étranges. Est-ce bien utile d’ajouter que la mise en scène est elle aussi maladroite ? Et pourtant elle est soutenue par une musique étrangement très bonne. Dynamique, épique, l’accompagnement musical est d’un très bon niveau, et semble tout droit sorti d’un jeu haut de gamme. Cela aidera même l’ensemble à faire illusion au début du jeu. Dommage que ce soit la seule chose qui tire son épingle du titre.

Le Bilan

On a aimé 

  • La musique
  • De bonnes idées gâchées
  • Ce n’est pas beau
  • Univers mal exploité
  • On s’ennuie

Conclusion du test de Knights Contract

A côté de la plaque
Avoir des idées ne suffit pas à faire un bon jeu. Dans le cas présent, des idées, il y en a. Le principe d’immortalité, la complémentarité des personnages, une histoire se déroulant dans le folklore allemand…Malheureusement, pas une seule n’aboutit à quelque chose de satisfaisant, la faute à une réalisation trop faible sans doute liée à un manque de moyens flagrant. On se retrouve au final avec un titre qui cumule les tares et qui provoque un ennui tout juste transpercé par une musique de très bonne qualité.

L
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Knights Contract

Développeur : Game Republic
Éditeur : Namco Bandai
Date de sortie : 25/02/2011

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