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Test – Venetica

Test – Venetica
Le 28 août 2011
Le 28 août 2011

Dans les entrailles de Venise

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Les jeux de rôles proposant des combats en temps réel sont plutôt nombreux et bien représentés. On pense bien entendu aux Fable, mais aussi à Divinity 2, à Two Worlds, à Gothic ou à Risen…Pas évident de se faire une place au soleil, à moins de proposer quelque chose de différent.

Et c’est ce que tentent les Allemands de Deck 13 avec Venetica. Plutôt que d’utiliser le bestiaire habituel de l’heroic fantasy, cette aventure s’axe sur des légendes beaucoup plus ancrées dans le réel en prenant pour cadre la magnifique ville de Venise.

La mort est votre amie

Bataille sur les toits

Vous incarnez Scarlett, une jolie fille vivant dans un charmant village de montagne. Votre fiancé est un grand chevalier en devenir, et tout va donc pour le mieux. Sauf que non, bien entendu ! Si c’était le cas on s’ennuierait ferme !

Dès le début votre village est attaqué, et votre bien aimé est tué sous vos yeux. Alors que vous êtes noyée par votre chagrin, vous faites la rencontre de votre père que vous n’aviez jamais vu, et qui se présente à vous dans le monde nébuleux, puisqu’il est tout simplement la Mort, avec un grand « M ». Il vous demande de partir tuer les cinq immortels qui vivent à Venise et qui menacent l’équilibre du monde. Afin de vous aider, votre chéri, réduit à l’état de fantôme, vous donne le pouvoir de voyager dans le monde nébuleux…Et c’est parti pour une longue (environ 25 heures) quête qui vous permettra de faire triompher le bien, ou de vous venger en fonction du comportement que vous allez adopter.

Les anciens quartiers

Pour une fois, l’histoire présente une bonne dose d’originalité, et est bien conçue. Le postulat de départ est intéressant, et même si on devine très vite ce qui va se passer, l’envie de connaître le dénouement est bien là. C’est le vrai bon point du jeu, avec l’idée brillante de situer l’action à Venise.

Le début du jeu se passe dans la montagne, mais après seulement quelques heures (un peu laborieuses il faut bien le reconnaître), tout se déplace dans la cité légendaire. L’architecture si particulière des lieux est mise à profit pour donner un cachet très agréable au titre. Les rues tortueuses et les ponts qui s’apparentent au départ à un labyrinthe deviennent vite familiers, et l’endroit est pour ainsi dire un personnage à part entière de l’histoire. Les us et coutume de la ville sont également respectés, que ce soit dans son organisation politique ou dans sa tradition de ville marchande, croisement d’influences lointaines.

Le jeu se présente comme les classiques du genre, et n’innove en rien de ce point de vue. Au fil des niveaux, on pourra distribuer des points de compétences pour augmenter ses caractéristiques et pour apprendre des techniques de combat ou des sortilèges de nécromancie.

Il y a peu d’armes disponibles, et à vrai dire peu de possibilités, Venetica étant un jeu de rôle très accessible, pour ne pas dire simpliste. Les combats en temps réel se résument à des roulades pour passer derrière son adversaire avant de l’occire avec bonhomie (ou plutôt bonnefemmie, puisqu’on joue une demoiselle). La difficulté n’est pas très relevée, et quand on a la possibilité d’apprendre certains sortilèges puissants, les combats deviennent vite une formalité.

On peut mentionner une tentative de variante pour l’inévitable mini-jeu pour forcer les serrures, avec des combinaisons de touches à mémoriser et à reproduire. Très vite pénible, comme d’habitude. Décidément, fracturer coffres et portes est toujours casse-pied dans tous les jeux !

La seule originalité vient de la possibilité de passer à loisir dans le monde nébuleux, ce qui change le décor et peut faire apparaître des portes mystiques (comme dans le bon vieux Soul Reaver), mais malheureusement ce principe séduisant est totalement sous-exploité. Dommage.

Dans les ruelles de Venise

Un petit tour au marché

Si Venetica commence comme un jeu de rôle light, dès qu’on arrive à Venise l’aspect jeu de rôle prend de l’ampleur. Les sous-quêtes sont nombreuses et s’enchaînent avec naturel, dissimulant au mieux une progression finalement linéaire. En effet, la ville est découpée en zones, et il est impératif de faire avancer l’histoire dans un ordre bien établi pour avoir accès à de nouveaux quartiers.

Impossible de se perdre ou de ne plus savoir quoi faire, puisqu’un point vert sur la carte montre où se trouve l’objectif. Il est également pratiquement impossible de mourir, puisque quand la barre de vie est à zéro, on passe automatiquement dans le monde nébuleux histoire de se « recharger » avant de repartir à l’assaut ou de se sauver. Vous l’aurez compris, Venetica est un jeu particulièrement accessible, y compris pour les débutants, et c’est peut-être pour ça que le design des personnages a une touche dessin animé pas désagréable, mais dédramatisant un peu les enjeux présentés.

Les combats, pas vraiment passionnants, sont très simples, et ce n’est peut-être pas un mal car cela permet de plus facilement s’immerger dans l’histoire sans se prendre la tête sur ses caractéristiques, et sans trembler de peur de se faire tuer au détour d’un couloir.

On va donc profiter des nombreux dialogues du jeu, bien écrits, et correctement joués en moyenne, même s’ils sont atrocement mis en scène, de façon statique ou avec des angles de caméra surprenants.

On peut également profiter de l’ambiance qui se dégage de Venise, bénéficiant d’une modélisation bien pensée (on est loin du vrai Venise, mais l’esprit de la ville a été capturé), presque spectaculaire malgré les graphismes à la ramasse.

5 ans de retard

Et oui, vous l’aurez compris, il y a un problème au niveau de la réalisation technique du jeu. C’est bien simple, on a l’impression que le jeu aurait dû sortir sur la génération précédente. Les graphismes sont totalement dépassés, avec des textures grossières qu’on n’a plus l’habitude de voir.

Point de vue panoramique

Malheureusement, il n’y a pas que les graphismes qui sont faiblards. L’animation n’est pas meilleure, avec des PNJ plus que raides, et notre héroïne qui s’en sort pas trop mal sauf quand elle veut prendre un escalier. Là, c’est le drame ! Le son n’est pas en reste, puisque les musiques, pourtant de qualité, et les doublages corrects sont assez mal mixés, gâchant en partie le travail fourni.

Et ce n’est pas tout…On croise des bugs de collision, ou même des bugs plus gênants qui peuvent freiner la progression dans l’histoire (j’ai longtemps cherché un type à qui je devais parler avant de me rendre compte qu’il était coincé en l’air au-dessus de ma tête !).

Quand on voit le générique de fin, on se rend compte que c’est un petit studio avec peu de personnes ayant assuré le développement, et même si je ne doute pas qu’ils ont fait de leur mieux, cela se sent.

Le Bilan

On a aimé 

  • L’histoire agréable à suivre
  • L’ambiance de Venise
  • Plutôt original
  • La réalisation technique en retard d’une génération
  • Des bugs gênants
  • De bonnes idées mal exploitées

Conclusion du test de Venetica

Un bon retro-gaming ?
Venetica pose clairement la question de l’importance de la réalisation technique. Celle-ci est totalement à la ramasse et semble dater de la génération précédente. Est-ce acceptable sur une console HD ? Chacun a sa réponse, mais la mienne est que oui, ça l’est. En dehors de cet aspect, Venetica propose une aventure accrocheuse, teintée d’une vraie ambiance et d’une originalité qui font trop souvent défaut aux productions actuelles. En bref, le jeu a une âme. Une âme un peu moche, mais une âme quand même, pour moi c’est préférable à quelque chose de très beau mais sans personnalité.

Comme on peut trouver ce jeu pour une somme très modique, je vous conseille de passer outre la technique pour tenter le coup, vous pourriez bien être emporté.

L
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Venetica

Développeur : Deck 13
Éditeur : DTP
Date de sortie : 21/01/2010

commentaires

3 Commentaires
W
Wargamer
28 août 2011 15h07

Le gameplay est pas trop chiant?
J’ai jamais pris Deadly premonition à cause que tout le monde dit que le gameplay est horrible.
Merci.

C
Caporal Taggart
28 août 2011 18h51

Le jeu m’avait botté avec les videos de gameplay. Mais pad en main je me suis endormie. La prise en main est trop rebarbative pour me plaire mais l’esthétique du jeu est belle….ainsi que l’héroine 😛

A
alaindc
4 septembre 2011 1h11

Après avoir lu le test, je me serais laissé tenter à acheter Venetica, mais aucun magasin de Québec ne le tient même en stock. (c’est pas nouveau)

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