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Test – Cthulhu : The Cosmic Abyss – Une enquête en eaux troubles, intrigante mais frustrante

Test – Cthulhu : The Cosmic Abyss – Une enquête en eaux troubles, intrigante mais frustrante
© NACON
KatiePar
Le 26 avril 2026
Le 26 avril 2026
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Avec un titre aussi évocateur, Cthulhu : The Cosmic Abyss, semblait promis à une relecture ambitieuse de l’horreur lovecraftienne, portée par une aventure narrative mêlant enquête, mystères et plongée dans un univers façonné par le mythe du Grand Ancien. Edité par Nacon et développé par le studio bordelais Big Bad Wolf, à qui l’on doit Vampire : The Masquerade- Swansong et The Council, le jeu avait de quoi susciter de solides attentes et il nous avait clairement tapé dans l’œil. Mais, derrière cette promesse séduisante, la réalité s’est révélée nettement moins enthousiasmante. Ce test, devenu malgré nous un véritable parcours du combattant, revient sur ce que le jeu parvient, malgré tout, à instaurer et sur les obstacles majeurs qui ont profondément affecté notre expérience et, inévitablement, notre évaluation.

Abyss : la vérité engloutie

L’histoire de Cthulhu : The Cosmic Abyss nous projette en 2053, dans un futur sombre où chaque ressource de la planète devient un enjeu vital. C’est dans ce contexte que l’on incarne Noah, un enquêteur spécialisé dans le paranormal, chargé d’élucider la disparition inquiétante d’une équipe de mineurs travaillant sur un site d’extraction sous-marin. Sa mission l’entraîne jusque dans les profondeurs du Pacifique, au cœur d’une station de recherche qui semble avoir été désertée dans la précipitation, comme s’ils avaient fuit quelque chose. 

Dès son arrivée à bord, les couloirs silencieux, les équipements abandonnés, et une étrange matière organique qui semble envahir les parois… tout lui laisse à penser que quelque chose a mal tourné. Très vite, Noah comprend que son enquête va le conduire aux frontières de la lucidité et de la folie, face à  une présence ancienne et malveillante qui semble corrompre tout ce qu’elle touche. Dans ces abysses oubliés, la vérité n’est pas seulement engloutie, elle menace de faire vaciller ce qu’il reste de l’humanité.

Une expérience minée par un naufrage technique

Avant d’aller plus loin, et pour être totalement transparent, il est important de préciser que ce test s’est déroulé dans des conditions pour le moins inhabituelles. En effet, dès le début de l’aventure, nous avons été confrontés à une série de problèmes techniques majeurs, au point de rendre notre progression laborieuse, puis tout simplement impossible malgré toutes nos tentatives.

Parmi les bugs les plus pénalisants, notre protagoniste est dans l’incapacité de sauter malgré l’appui sur la touche dédiée, restant coincé dans les décors et nous forçant à relancer la partie. Et même l’option “réapparaitre”, censée éviter ce genre de frustration, n’y change rien. A cela s’ajoute l’impossibilité d’analyser les indices, une action pourtant centrale dans un jeu d’enquête, la touche refusant de fonctionner. Mais le pire restait à venir avec des crashs brutaux et répétés, fermant le jeu et nous renvoyant au menu d’accueil, effaçant la majeure partie de notre progression. Dans notre cas, chaque crash nous ramenait systématiquement au début du chapitre deux, rendant impossible la réalisation d’un test complet… l’un des pires scénarios pour un testeur. Après de multiples tentatives, toutes soldées par des crashs et des sauvegardes corrompues (souvent en sortant du menu de résolution d’indices, mais pas uniquement), nous avons dû nous rendre à l’évidence, le titre était tout simplement injouable. 

Ce constat est d’autant plus navrant que les crashs concernent aussi bien la version Xbox Series X que la version PlayStation 5. Cette dernière s’est toutefois avérée un peu plus stable, nous permettant enfin de faire sauter (de joie !) notre personnage et d’analyser les indices… jusqu’au chapitre trois, où un nouveau crash est venu anéantir nos espoirs, nous renvoyant, encore une fois, au début du chapitre deux. Une boucle infernale qui a mis nos nerfs à rude épreuve. Il nous semble évident que le système de sauvegarde, qui est dépourvu de toute action manuelle, pose véritablement problème, aggravant la situation. Autant dire que chaque crash s’accompagnant d’un retour forcé en arrière est vécu comme une véritable punition. Ajoutons à tout cela des chutes de FPS fréquentes et l’on obtient une expérience totalement ruinée. Ce qui devait être une plongée immersive s’est donc transformé en une lutte constante contre le jeu lui-même… une horreur d’un genre inattendu. 

Et c’est sans doute le plus frustrant car l’ambiance et la direction artistique nous laissaient entrevoir un réel potentiel, mais impossible à confirmer dans ces conditions. Peut-être avons-nous été un cas isolé, manquant de chance… 

Au bout du Vault, l’abîme

Le gameplay adopte une vue à la première personne et repose sur les fondamentaux du jeu d’enquête : exploration minutieuse, collecte d’indices et déductions logiques. Noah peut examiner chaque objet sous tous les angles pour découvrir des détails cachés, mais le minuscule réticule nous complique souvent la tâche et il est facile de louper un élément crucial. Heureusement, Noah peut compter sur Key, son IA personnelle, qui lui fournit des indications bienvenues lorsqu’il tourne en rond.

L’exploration permet également de récupérer des tablettes pour faire évoluer les capacités de Key, ce qui s’avère fort utile. Chaque amélioration offre un effet unique, mais leur nombre est limité par la capacité maximale de Key et elles peuvent être détruites si la corruption augmente. Les ressources prennent la forme de lichens disséminés dans les décors. Ils servent à recharger l’énergie nécessaire à l’analyse des indices car rien n’est gratuit. La collecte des lichens matures fournit trois points d’énergie, tandis que les jeunes ne donnent qu’un fragment, sachant que trois fragments permettent d’obtenir un stimulant complet. Par ailleurs, l’analyse d’indices débloque en contrepartie différentes fréquences pour le sonar, un outil essentiel facilitant la détection d’éléments déjà identifiés dans des environnements sombres et labyrinthiques. Il est possible d’activer jusqu’à trois fréquences en simultanée, à condition de sélectionner les bonnes. 

L’inventaire, en revanche, est étonnamment restreint avec seulement quatre emplacements qui se remplissent vite. D’autant plus que le jeu nous bombarde dès le départ de notes manuscrites, photos ou croquis, messages à lire sur écran avec aussi des enregistrements vocaux. On se retrouve facilement noyé sous une masse d’informations, nécessitant au passage beaucoup de lecture. Cette manipulation constante d’objets et de documents (ramasser, manipuler, examiner, ranger, ressortir…) via la croix directionnelle finit par être un peu pesante. Notons aussi que le mode Investigation, présenté comme étant le mode Normal, se montre assez exigeant, alors que le mode Exploration propose davantage d’aides, mais il est possible de les personnaliser dans les options. 

Une fois les indices découverts, ils sont consignés dans une carte mentale, appelée le Vault, rappelant les mécaniques dans certains Sherlock Holmes. Il faut relier les bonnes informations pour formuler des déductions. Certaines associations débloquent de nouveaux éléments et d’autres signalent simplement une erreur sans la moindre pénalité. Les éléments peuvent être mis en avant, écartés, regroupés ou déplacés pour structurer sa réflexion. Sachant qu’il existe deux résolutions possibles pour chaque enquête, influencée par la corruption, l’influence des forces occultes, qui progresse ou recule, selon nos choix. 

Cependant, le Vault demande une vraie rigueur et n’est pas des plus  intuitifs, de prime abord. Il arrive même que le placement automatique des indices soit capricieux envoyant certains éléments à l’autre bout de la carte, obligeant à les rechercher dans un espace déjà chargé. Précisons aussi que le gameplay, axé sur l’enquête et la résolution d’énigmes, ne conviendra pas à tout le monde, les joueurs en quête d’action et de combats pourraient donc rester sur leur faim.

Un univers lovecraftien pourtant prometteur

Malgré les nombreux écueils techniques rencontrés, Cthulhu : The Cosmic Abyss parvient tout de même à dévoiler un univers  visuellement séduisant grâce à l’Unreal Engine 5, offrant des décors aquatiques réussis (bulles d’oxygène, effets de lumières, reflets sur les parois humides…). Les profondeurs du Pacifique dégagent une atmosphère à la fois immersive et oppressante, donc attention si vous souffrez d’aquaphobie. 

Le studio semble d’ailleurs avoir voulu privilégier un rythme volontairement lent, qui pourrait dérouter les amateurs d’action, mais qui s’accorde bien avec la dimension narrative du titre. On sent une volonté réelle de Big Bad Wolf de transmettre l’héritage lovecraftien sans tomber dans la surenchère. Et, d’après ce que nous avons pu voir, il n’y a ni combats directs ni armes, le titre jouant plus sur l’observation, l’exploration et les choix du joueur. En effet, certains de ces choix semblent influencer le déroulement de l’histoire, même si notre session limitée ne nous a pas permis d’en mesurer l’impact, ce que nous regrettons vivement.

De plus, les distorsions perceptives que subit Noah comptent parmi les aspects intéressants, parvenant à brouiller subtilement nos repères et renforçant la sensation d’être confronté à l’indicible. N’oublions pas aussi le sound design efficace qui contribue à cette immersion. Craquements métalliques de la station, murmures indistincts… sont autant de détails sonores qui enrichissent l’expérience. À noter aussi que le jeu est proposé en VOST, un choix qui pourrait faire débat selon les attentes de chacun.

Au moment où nous rédigeons ces lignes, les dernières mises à jour semblent avoir corrigé certains bugs. Espérons que les autres problèmes seront rapidement résolus afin que le jeu puisse enfin se dévoiler réellement.

Cthulhu : The Cosmic Abyss est disponible depuis le 16 avril sur Xbox Series X|S, PlayStation 5 et sur PC.

Testé sur Xbox Series X et sur PlayStation 5, codes fournis par l’éditeur


Le Bilan

On a aimé 

  • L’ambiance lovecraftienne réussie
  • La direction artistique
  • L’intrigue
  • Les énigmes
  • Le sound design
  • Les bugs bloquants
  • Les crashs récurrents
  • Le réticule minuscule
  • Le Vault parfois complexe
  • Le système de sauvegarde

Conclusion du test de Cthulhu : The Cosmic Abyss

Cthulhu : The Cosmic Abyss avait tout pour nous happer avec son ambiance soignée, sa direction artistique inspirée, son scénario qui semble digne de l’héritage de Cthulhu et ses mécaniques d’enquête intéressantes. Les premières heures nous laissaient entrevoir un bon potentiel. Malheureusement, il a surtout réussi à nous perdre et nous nous sommes vite retrouvés submergés sous une vague de problèmes techniques majeurs : bugs bloquants, crashs à répétition, pertes de sauvegarde. Dans ces conditions, il nous est difficile de vous recommander le jeu en l’état. Mieux vaut attendre les correctifs avant de s’y risquer. Il nous est tout aussi difficile d’émettre un avis définitif, tant notre évaluation repose sur une expérience tronquée. Et c’est sans doute le plus frustrant, sentir qu’un univers intéressant se dessine, sans jamais pouvoir le confirmer. Une question demeure au moment de clôturer ce test : aurions-nous été victimes de la malédiction de Cthulhu, ou simplement d’un lancement prématuré ?

Katie
Bercée dès mon plus jeune âge par les cauchemars de Freddy Krueger, je nourris une passion particulière pour les jeux d'horreur et je rêve de galaxies et de rencontres du troisième type. Armée d'un casque et de caféine, je suis toujours prête à appuyer sur "start" pour sauver le monde de la menace zombie et vivre de nouvelles aventures.
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Cthulhu : The Cosmic Abyss

Développeur : Big Bad Wolf
Éditeur : Nacon
Date de sortie : 18/04/2026

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