Test – Manette Razer Kishi V3 Pro – Le futur indispensable du cloud gaming ?

Xcloud, Geforce now, Remote play sont ses amis
L’expérience de jeu sur mobile est traditionnellement associée à une consommation dite “casual” de notre loisir préféré (certains prononceront même « casu » avec une pointe de dédain). Pour autant, peut-être manque-t-il quelque chose à ces joueurs plus réguliers pour s’essayer au même loisir que ces “casus” : des jeux du même niveau que ce qu’on trouve sur consoles et PC et peut-être aussi un confort de jeu ? Le cloud gaming n’a répondu qu’à la première partie du problème. L’autre, axée sur l’ergonomie générale, ne satisfait pas entièrement le public visé avec ses contrôles tactiles qui dépannent, mais ne font pas le café.
C’est dans cette logique que, depuis maintenant quelques années, Razer propose une solution avec la Razer Kishi, l’idée étant d’avoir un contrôleur de qualité sans investir dans une console portable. De là à dire que cette proposition matche avec la nouvelle philosophie de la marque verte “ceci est une Xbox”, il n’y a qu’un pas. Le constructeur américain poursuit donc son positionnement sur ce marché en soumettant une version améliorée de sa manette pour mobile, la troisième depuis son lancement. Se déclinant en plusieurs modèles, c’est la version pro qui nous intéresse aujourd’hui. De quoi faire décoller l’expérience mobile et cloud ?

Solide techniquement
Difficile de ne pas croire à une erreur lors de la réception du paquet, tant celui-ci est imposant. Ceux qui ont pu mettre les mains sur la première mouture du pad seront sans doute les plus surpris, on pourrait presque croire qu’il cache en son sein une console portable.

Point de Rog Ally X, exit la Switch 2, c’est bel et bien une manette qui a simplement changé de format. Au gabarit précédemment compact, succède un appareil comparable à ce que fait Microsoft sur les Xbox Series. Et c’est tant mieux, tant la Kishi première du nom constituait une option très mobile, mais bien peu ergonomique du fait de son côté très ramassé, ce qui, à la longue, pouvait entraîner des douleurs dans les mains.
Cette troisième version a donc vraiment changé de proportions, elle se présente dans un plastique mat à la finition impeccable, avec une surface grippée à l’arrière, tout en délaissant le RGB présent sur la Kishi ultra, le dernier modèle de la gamme Kishi. Dès le premier contact, il est appréciable de ne plus avoir cette sensation étriquée et à l’usage, lors des sessions de jeu, on remarque qu’on est finalement sur une ergonomie proche d’une expérience sur console.
Le revers de la médaille est que sa taille la rend forcément moins transportable. L’ensemble est d’un seul tenant et ne se replie pas sur lui-même. Une sacoche ou un étui aurait été bienvenu pour atténuer ce défaut et accentuer le côté nomade de l’appareil.

Ne nous en déplaise, avec ce form factor, on se retrouve en fin de compte comme dans des chaussons.
Le design asymétrique est de mise, avec des courbes plus allongées qu’un pad classique. Les joysticks présentent la technologie TMBR (évolution de la technologie Hall Effect qui permet de pallier la problématique des drifts) et bénéficient de têtes spécifiques, concaves et convexes, à intervertir selon vos goûts (bien qu’il n’y ait qu’une tête interchangeable de chaque sorte, un peu chiche au vu du tarif du produit).
L’appareil dispose de touches meca-tactiles, qui adoptent le code traditionnel de Microsoft A,B, X, Y, de gâchettes à effet Hall et d’une croix directionnelle de grande qualité. Rien à redire, le tout confirme son positionnement premium, les sensations en jeu sont convaincantes.
Enfin, il se dote de quatre nouvelles touches : deux gâchettes supplémentaires, à utiliser en claw grip juxtaposées à LB/LT et RB/RT, et deux autres boutons à l’arrière des poignées. Leur localisation est particulièrement bien pensée et on prend ses marques très naturellement.
Signalons que cette version intègre les retours haptiques Razer Sensa, technologie propriétaire du constructeur. Cela fait partie des bonnes surprises au regard de la justesse des vibrations retransmises, mais ne fonctionne que sur Android car ce n’est, pour le moment, pas disponible sur iOS.
Compatible avec les appareils sous Android et iOS bénéficiant d’un port USB-C (ce qui limite la compatibilité aux iPhones les plus récents, soit les séries 15 et 16, débarrassés du connecteur Lightning suite aux exigences européennes), la Kishi V3 Pro est destinée aux mobiles allant jusqu’à 8 pouces. Au-delà de cette taille, il faudra se tourner vers la version XL, qui peut accueillir des écrans de 13 pouces au maximum, en contrepartie d’une addition bien salée (aux alentours de 240 €). Chacun jugera de l’intérêt du produit, mais signalons tout de même qu’actuellement cette version XL est la seule de ce genre sur le marché.

Quel que soit le modèle retenu, la manette ne possède pas de batterie intégrée. Elle se connecte directement en USB-C au smartphone, qui l’alimente en énergie et évite au passage d’éventuels problèmes de latence. Ainsi, il n’est pas nécessaire de la recharger, puisqu’elle puise dans l’autonomie du smartphone. Par contre, la Kishi rend possible la charge du smartphone, même en jeu, grâce à l’un de ses ports USB-C judicieusement placé à côté du port jack, sans que cela gêne vraiment son utilisation.
De manière très pratique, la Kishi V3 Pro s’adapte aux dimensions du périphérique via un système d’extension, délaissant les sangles “cheapouilles” du premier modèle au profit d’un mécanisme qui paraît fiable et robuste. Très bon point, elle peut être branchée à l’appareil malgré la présence d’une coque (l’épaisseur est limitée à 16mm, ce qui correspond peu ou prou à une taille standard). Ce n’était pas le cas de la première mouture qui imposait des retraits/mises en place fastidieux de la coque.
Nous avons testé la manette avec plusieurs appareils, des plus fins (comme le Samsung Galaxy S20 FE) à d’autres plus épais (tels que le S24 FE), et nous n’avons pas eu de souci de maintien ni dû nous séparer de nos protections.
Une expérience simple et fluide

L’application Razer Nexus vient compléter l’utilisation de la Kishi. Cette dernière est d’ailleurs directement mise en avant via une touche qui lui est consacrée en façade. Il est, bien entendu, possible de rentrer dans les rouages de la bête, avec des fonctions telles que la programmation des quatre boutons supplémentaires, que ce soit au niveau de leur fonction, de l’ajustement de leur courbe de réponse ou encore des zones mortes, mais le cœur de Nexus n’est pas là.
Son leitmotiv : simplifier l’expérience de jeu en facilitant la prise en main via une solution plug and play presque comme sur console. Souvent, les logiciels propriétaires qui permettent de configurer les entrailles des produits ont tendance à être des usines à gaz. Ce n’est pas le cas ici, car non seulement Razer Nexus a le mérite d’être clair et relativement épuré, mais il a le bon goût d’offrir un onboarding de qualité.
Dans les faits, on est proche du mode Big Picture de Steam ou de ce que propose Xbox. Ce Razer Nexus est découpé en catégories qui regroupent les titres mis en avant et les applications.
On y retrouve d’ailleurs celles que l’on est en droit d’attendre : l’application Xbox qui permettra de jouer en streaming depuis sa console, celle d’XCloud ou d’autres plateformes, comme le remote play de PlayStation, le Steam Link, Geforce Now et diverses batteries d’émulateurs…

Une fois que l’on est identifié à ses comptes, tout fonctionne sans accroc pour peu que le wi-fi suive. Les écrans de téléphones, souvent de meilleure qualité que ceux des consoles portables, ajoutent au confort global. Encore une fois, en cloud gaming, l’expérience dépend du débit et de la stabilité de la connexion et, si celle-ci répond présente, la Razer Kishi V3 Pro est la démonstration d’une formule aboutie.
Cas d’usage particulier s’il en fallait, la manette est également utilisable sur PC. Il suffit de la brancher via un câble USB (non inclus) pour qu’elle soit immédiatement reconnue. Ne nous mentons pas, c’est un poil dispensable, mais c’est faisable.
Le Bilan
On a aimé
- La conception globale du produit, en un mot premium
- La possibilité de connecter directement l’appareil avec une coque
- Razer Nexus qui, au-delà de la personnalisation qu’on est en droit d’attendre sur un tel produit, propose une expérience simplifiée
- Un onboarding général bien fichu
On a moins aimé
- Pas de têtes interchangeables
- L’absence d’étui
- La technologie de retours haptiques Razer Sensa ne fonctionne actuellement pas sous iOS
- Le RGB n’est pas présent
Conclusion du test de Test – Manette Razer Kishi V3 Pro – Le futur indispensable du cloud gaming ?
Ceci est une Xbox ?
La Razer Kishi V3 Pro remplit pleinement son contrat. Oui, elle s’adresse encore à un marché de niche, mais elle permet d’offrir une expérience plus que qualitative, tant sur le plan matériel que logiciel. C’est dans sa logique cloud que la Kishi V3 pro déploie son plein potentiel à nos yeux. Si votre connexion est suffisante et que la tarification n’est pas un frein, cette version promet bel et bien de transformer votre mobile en une Xbox Portable et même plus que ça.