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Test – Date Everything – Un dating simulator humoristique joyeusement absurde

Test – Date Everything – Un dating simulator humoristique joyeusement absurde
Le 5 juin 2025
Le 5 juin 2025

C’est hotte…

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Connaissez-vous la mécanophilie ? Il s’agit de l’attirance sexuelle pour les véhicules motorisés. Ou bien la très geek technosexualité, qui porte plutôt sur le désir envers les objets relatifs à l’informatique ? Ces pratiques, et beaucoup d’autres, sont réunies sous le terme plus général de fétichisme. Les fétichistes sont des personnes ayant une préférence pour les relations charnelles impliquant des objets de toutes sortes. Ces fantasmes sont pour la plupart inoffensifs (aucune voiture ne s’étant jamais plainte d’avoir été frottée un peu trop vigoureusement par son propriétaire) et il est impossible de savoir avec précision quelle part de la population serait fétichiste, tant la variété d’objets sur lesquels porte la pratique est vaste.

Ce qui est sûr, c’est qu’avec Date Everything vous pourriez bien vous découvrir une attirance incongrue pour le miroir de votre salle de bain ou votre panier à linge, puisque dans ce jeu narratif du bien nommé studio Sassy Chap il est question de draguer… des objets !

L’amour est dans les petites choses du quotidien

Skylar apparaît la première fois que vous enfilez les dateviators

Par une heureuse coïncidence scénaristique, vous vous retrouvez en possession des dateviators, des lunettes qui permettent de donner vie aux objets qui vous entourent. Ces lunettes elles-mêmes ont une personnalité, Skylar, qui va vous enseigner leur fonctionnement et leurs limites. Puisque vous incarnez un personnage qui est visiblement assez maladroit socialement et célibataire de longue date, pourquoi ne pas tenter de créer des liens avec des objets ? Vous voilà donc parti à la découverte de la vie secrète de vos plaids, haltères, casseroles et autres appareils électroménagers !

Parfois, vous n'avez pas trop le contrôle sur ce que ressentent les personnages à votre égard

Le but va être d’amener une relation à son maximum avec chaque objet. Soit l’amour, soit l’amitié (dans certains cas, les deux options sont possibles et il faudra choisir quelle relation vous préférez) ou bien la haine. Pour cela, il faudra discuter avec eux et, souvent, résoudre certains de leurs problèmes, ce qui implique de jouer les médiateurs envers d’autres objets la plupart du temps. Une fois l’une de ces relations débloquée, elle est verrouillée et vous ne pouvez plus revenir en arrière à moins de recharger la partie.

Les toilettes sont représentées par un français qui rap sur un beat box de pets et de chasse d'eau...

Ça peut être un peu ennuyeux dans le cas où un personnage vous hait. Il est ainsi possible de bloquer certaines quêtes, puisque l’objet nécessaire à leur résolution refuse désormais de vous parler à cause d’un mauvais choix de dialogue. En revanche, vos affaires ne sont pas jalouses, puisque vous pouvez accumuler autant de relations amoureuses que vous le souhaitez sans qu’aucune ne vous fasse de reproches.

Parfois, on échappe pas à la friendzone

Chaque relation nous fait grandir un peu

Oh, sassy me !

Débloquer l’amour, l’amitié ou la haine d’un objet permet d’augmenter vos S.P.E.C.S. ( Smart, Poise, Empathy, Charm et Sass = intelligence, équilibre, empathie, charme et effronterie… ce qui sonne moins bien en français), qui offrent de nouveaux choix de dialogue, parfois nécessaires pour avancer dans certaines quêtes. Cela dit, obtenir le maximum de S.P.E.C.S. ou réussir toutes les quêtes n’est pas obligatoire pour arriver au bout du jeu, seulement pour obtenir certaines de ses fins.

Le titre est bourré de jeux de mots

Les objets vous donnent aussi des autocollants à collectionner en fonction des dialogues que vous avez avec eux. Ceux-ci n’ont pour seule utilité que d’apporter un support visuel à ce que vous racontent vos interlocuteurs, ainsi que de permettre l’obtention d’un succès si vous les trouvez tous, ce qui ne peut se faire que via plusieurs parties. À vous donc de tester toutes les possibilités de dialogues pour découvrir ce que chaque objet a à vous dire.

Pour parler aux objets, il faut leur envoyer de l'amour !

Le jeu propose deux gameplays complémentaires. D’abord la partie interactive, lorsque vous retirez vos dateviators, qui vous permet d’interagir physiquement en ouvrant les portes ou en manipulant les objets pour accéder à de nouvelles pièces de votre maison et résoudre quelques énigmes. Puis la partie narrative, en portant vos lunettes, dans laquelle vous pouvez engager la discussion avec les objets. Certains choix de dialogues sont amenés de manière plutôt interactive, comme la partie de jeu de rôles que vous pouvez mener avec votre D20. Notez par contre que Date Everything est intégralement en anglais (textes et voix) et que, à l’heure où sont écrites ces lignes, aucune traduction n’est prévue. Le jeu se réserve donc à celles et ceux à l’aise avec la langue de Shakespeare ou munis de leur dictionnaire anglais -> français !

Votre téléphone offre des options plus ou moins utiles

Le consentement c’est important

Toute une partie du jeu comporte une réflexion avancée sur la place de l'I.A.

Si le jeu ne propose pas des masses d’options d’accessibilité dans son menu paramètres (on aurait apprécié de pouvoir gérer la vitesse de défilement du texte et l’enchaînement automatique des dialogues, par exemple) il prend soin de vous avertir avant chaque contenu « sensible ». Comprenez par là que l’avatar de vos lunettes, Skylar, apparaîtra lorsqu’un personnage s’apprête à évoquer des situations violentes, du contenu vulgaire, sexuel ou effrayant, en vous demandant si vous souhaitez passer la conversation ou la lire. Votre choix n’a pas d’impact sur le déroulement du récit et relève uniquement du confort.

OK, certains personnages sont juste bizarres !

De façon générale, Date Everything, sous sa couche d’humour absurde et de joyeuse folie, essaie d’aborder quelques sujets sérieux, comme la sexualité des personnes en situation de handicap, les relations toxiques, les phobies, le deuil ou encore les troubles de la personnalité. Des sujets qu’il est aussi tout à fait possible d’ignorer pour se concentrer sur la meilleure manière de parvenir à coucher avec son lave-linge !

Il ne faut pas hésiter à manipuler tout ce qu'on peut en mode exploration

Le jeu dispose d’un cycle jour/nuit et le temps passe à chaque fois que vous interagissez avec un objet, même si celui-ci n’a rien de nouveau à vous dire. Au bout de cinq interactions, vos dateviators sont à court d’énergie et il est temps d’aller dormir pour les recharger. Certains personnages vous demanderont aussi de revenir les voir à une heure précise pour faire progresser leur histoire ou pourront refuser de vous parler à certains moments de la journée. Côté graphisme, les personnages sont en 2D façon comics, tandis que vous évoluez dans des décors en 3D. L’ensemble est coloré et légèrement cartoonesque, sans être simpliste pour autant.

Kintsugi

Le date-a-dex permet de savoir où en sont vos relations

Date Everything se montre parfois un peu frustrant. Déjà, à cause des quelques bugs qui émaillent l’aventure : dialogues répétés ou bloqués, événements qui ne se déclenchent pas, objets qui auraient dû disparaître et qui restent affichés… mais également à cause de sa lenteur générale, d’environnements assez sombres en fin de journée (il est possible d’allumer les lumières, mais ce n’est pas toujours très efficace) et de choix de dialogues parfois peu clairs. Ce dernier point, s’il est compréhensible (tous les jeux narratifs induisent leurs joueurs et joueuses en erreur de cette manière), peut vous mener à une relation de haine avec un objet suite à un seul choix malencontreux.

Le jeu ne disposant d’aucun objectif précis, il est aussi facile de tourner en rond et de finir par trouver lassantes les conversations interminables que l’on s’impose en cherchant comment faire progresser l’histoire. Les points de S.P.E.C.S. grimpent également trop lentement et selon une logique peu claire.

La realization demande des scores différents pour chaque dateable

Enfin, vers la moitié du jeu, il devient possible de donner réellement vie aux objets, et donc de pouvoir les faire intervenir dans le monde réel sans l’entremise des dateviators, à condition d’avoir atteint un certain niveau dans chaque S.P.E.C.S. (différent pour chaque objet). Si par malheur vous choisissez d’aborder cette « realization » avec un personnage pour justement connaître les points nécessaires, vous bloquez toute interaction avec l’objet en question, qui ne vous parlera plus que de votre promesse de lui donner vie, ce qui peut vous empêcher de terminer certaines quêtes. Enfin, pour ceux qui s’interrogent sur la durée de vie, sachez que la fourchette est assez large puisqu’en fonction des choix de scénario vous pouvez boucler l’aventure en sept heures ou la faire durer plus d’une vingtaine.

Date Everything va donc réclamer quelques mises à jour pour être à la hauteur du fun qu’il prétend proposer, même si, en l’état, sa proposition reste amusante… à condition d’avoir l’esprit suffisamment ouvert pour flirter avec un grille-pain !

Testé sur Xbox Série X, code fourni par l’agence de presse de l’éditeur

Le Bilan

On a aimé 

On n’a aimé

  • Le chara-design des personnages
  • La proposition loufoque
  • L’approche très juste de l’I.A., de la santé mentale et de la sexualité
  • Les bugs
  • La lenteur de la progression
  • L’opacité de certains dialogues et objectifs

Conclusion du test de Date Everything

Love is in the air(-fryer)
Joyeusement absurde, Date Everything propose, derrière un dating simulator amusant, d’aborder avec beaucoup de bienveillance de vraies questions sur la santé mentale et sexuelle. Des sujets qu’il est tout à fait possible d’ignorer pour se concentrer sur la conclusion d’une idylle avec une serviette de bain ! Le titre est encore imparfait, dû à ses bugs et son manque d’options d’accessibilité, mais propose déjà un concept suffisamment fun pour attirer les curieux à l’esprit ouvert. Pas le jeu de l’année donc, mais on salue l’originalité dont ont su faire preuve Sassy Chap et la Team17.

AlexMoon
Adepte du tofu et des arbalètes. Fan de RPG au tour par tour et des propositions indé' les plus barrées. Fabrique des origamis entre deux livres et trois jeux vidéo.
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Date Everything

Développeur : Sassy Chap
Éditeur : Team 17
Date de sortie : 17/06/2025

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