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Test – Spirit of the North 2 – Une belle aventure au gameplay imprécis

Test – Spirit of the North 2 – Une belle aventure au gameplay imprécis
Le 8 mai 2025
Le 8 mai 2025

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Sorti d’abord sur PlayStation il y a cinq ans, puis sur notre bonne vieille Xbox en novembre 2021, le premier Spirit of the North avait enchanté par son ambiance, mais déçu à cause de ses graphismes et de ses soucis de maniabilité. Cette suite vient renforcer l’aspect poétique et libre du titre, tout en lui ajoutant une histoire plus fournie ainsi qu’un compagnon, un corbeau, qui offre de nouvelles possibilités de gameplay.

Une saga scandinave

Un temps pour fuir, un temps pour se battre

L’esprit renard s’éveille dans un monde où l’humanité a depuis longtemps disparu. Les clans du loup, de l’ours, du corbeau, du cerf et du bélier, autrefois prospères, se sont depuis longtemps entre-tués, sous l’influence du terrible shaman Grimnir. Leurs animaux gardiens, corrompus par le pouvoir de ce dernier, sont devenus agressifs et ont cessé de protéger leurs peuples et leurs terres sacrées. Seul l’esprit renard a échappé à la malédiction. Aidé d’un mystérieux corbeau et guidé par l’aurore boréale, il lui revient la lourde tâche de ramener la paix dans le cœur des gardiens.

La map se révèle très vaste

S’il n’est pas parfait (difficile, en même temps, de passer après Clair Obscur) ce nouveau Spirit of the North est bien plus beau que son prédécesseur, particulièrement dans ses paysages qu’il est plaisant de visiter. Le jeu invite en effet à l’exploration, en proposant un cycle jour/nuit et une météo dynamique dans un très vaste monde ouvert, que l’on peut découvrir très librement sans être interrompu par des combats intempestifs. Il n’y a en effet pas « d’ennemis » dans Spirit of the North ou, du moins, pas en dehors de lieux bien spécifiques.

Les scènes avec les autres esprits sont souvent jolies

Épuré

Les obélisques permettent de dévoiler une partie de la carte

Il y a quelque chose de délicieusement contemplatif à traverser des landes brumeuses, à courir dans des forêts enneigées ou à profiter d’un lever de soleil sur la mer depuis une falaise rocheuse. Le jeu récompense la curiosité en dissimulant un village abandonné derrière une colline ou en cachant quelques énigmes dans une cavité discrète au sein d’une anfractuosité rocheuse. Les environnements ont quelque chose de mélancolique, puisqu’il n’y a aucun autre animal, hormis quelques ratons laveurs et lucioles, et que la vie semble avoir déserté depuis longtemps les terres que l’on parcourt. Le voyage offre donc une certaine sérénité.

Certains lieux sont paisibles, d'autres désolés

Même en se déplaçant uniquement d’une quête principale à une autre, sans s’intéresser au moindre lieu annexe, la balade reste plaisante et jamais répétitive, d’autant que quelques portails de déplacements rapides permettent de rejoindre efficacement les zones principales. Comme dans le premier titre, le jeu ne possède aucun dialogue et les seuls écrits sont ceux que les humains ont laissés derrière eux avant de mourir. Il n’y a pas de journal de quête, la seule indication est la volute rouge qui flotte au-dessus des lieux qui permettent de poursuivre l’histoire.

Notons que l’ambiance sonore et la musique qui viennent habiller tout ça sont excellentes et que le renard pousse enfin de vrais glapissements et cris correspondant à son espèce, là où il aboyait comme un chien dans le jeu précédent. C’est d’ailleurs en communiquant avec son allié à plumes que le goupil peut déclencher certaines actions conjointes.

Nage, saute, vole !

L'arbre de compétences comporte quatre grands axes

Le gameplay a à la fois beaucoup et peu évolué dans cette suite. Notre renard commence sans aucun pouvoir et ce sont les runes, ainsi que les affrontements contre différents esprits animaux, qui vont les lui octroyer. Les sauts, qui se montraient particulièrement imprécis dans le premier titre, ont été revus. Il y a désormais des sauts « courts », qui sont assistés d’une petite flèche bleue indiquant l’endroit où le renard va atterrir, et des sauts « longs », avec élan, qui sont, eux, libres.

Planer grâce au compagnon corbeau devient vite indispensable

Rapidement, le corbeau qui accompagne l’esprit renard lui permet de planer en le soulevant entre ses serres, puis, plus tard, de se hisser en hauteur. Les runes et les animaux gardiens offrent différents pouvoirs, dont certains étaient déjà présents dans le premier jeu, comme foncer, résister au froid, détruire certains murs ou encore prendre une forme spirituelle. L’obtention d’un nouveau pouvoir permet généralement d’atteindre une zone inaccessible jusque-là, rendant la progression très organique.

Pour autant, est-ce que toutes les imprécisions de gameplay ont été gommées ? Non. Le saut assisté demande souvent de se placer au millimètre près pour que la flèche de guidage s’affiche. C’est particulièrement contraignant lorsque le renard se trouve sur un rebord exigu ou que la plateforme à atteindre est située légèrement au-dessus de sa tête. De même, si la réactivité a globalement été améliorée, il y a trop de fois où l’on a la sensation que les commandes répondent mal ou trop tard. Des défauts qui font passer le jeu de zen à frustrant, particulièrement lors des combats contre les autres esprits animaux.

Des boss de tout poil

Certains boss sont gigantesques

Car, désormais, Spirit of the North ne se contente plus de vous faire affronter l’environnement, mais bel et bien des créatures anciennes et puissantes, rendues maléfiques par le pouvoir de Grimnir. Inutile de compter sur les petites quenottes de notre héros roux pour les vaincre ! Il faudra surtout faire preuve de malice et de rapidité, sans oublier d’utiliser les pièges glissés dans le level design. Néanmoins, ces combats sont rendus pénibles par des commandes parfois capricieuses (surtout quand il faut combiner les actions) ou mal pensées, comme le dash, qui nous propulse dans la direction où est pointée la caméra et non celle du personnage. Pas très pratique quand l’adversaire nous… poursuit ! La caméra sera d’ailleurs une ennemie retorse de ce titre, puisqu’elle aura la fâcheuse tendance à se coller au renard ou à traverser les murs dans les espaces étroits.

Les volutes rouges indiquent le chemin

Comment ne pas mentionner également ces moments où le jeu nous met volontairement des bâtons dans les roux, comme lorsque le corbeau refuse de répondre à l’appel quand il s’agit de traverser un gouffre, uniquement pour nous forcer à emprunter une série de plateformes, là où atteindre l’autre côté était tout à fait possible en planant. Il y a aussi toutes les fois où nous faire toucher par un élément dangereux (des ronces ou du feu) provoque une réaction en chaîne due au « blocage » momentané des commandes qui suit l’impact, nous menant bien souvent à enchaîner les dégâts sans pouvoir rien faire. Enfin, moins punitif, mais contraignant, chaque échec face à un boss nous impose de revoir sa cinématique d’introduction. Autant dire que le tout dernier, avec ses sept étapes différentes et les nombreuses morts qui en ont découlées, n’a pas été une partie de plaisir !

Pimp my fox

C’est d’autant plus dommage que le reste du jeu est particulièrement soigné. Les énigmes sont variées et intéressantes, les séquences de plateformes mettent judicieusement à profit les différents pouvoirs et la personnalisation du renard est encore plus poussée grâce aux ratons laveurs. Ces petits brigands tiennent en effet des échoppes où il est possible d’acheter des teintures pour la fourrure et les yeux du renard, mais aussi des runes optionnelles particulières, qui permettent d’explorer les fonds marins ou de résister au feu. Certains proposent également d’échanger des cristaux, ramassés un peu partout durant l’aventure, contre des feux follets, ou le contraire.

Errance

Les feux follets vont vous faire courir !

Les feux follets, semblables à de petites boules lumineuses, sont nécessaires pour accéder à la plupart des temples et lieux fermés du jeu, puisqu’ils font office de clés. Cependant, comme le titre se veut dénué de tutoriel, il est parfois difficile de savoir où les trouver lorsqu’on en a besoin. D’autant qu’on en repère si facilement au début de l’aventure qu’on ne prend pas forcément le temps d’identifier les lieux où ils se cachent et que leur recherche peut s’avérer longue quand on a besoin d’eux ! Là encore, l’expérience peut s’avérer frustrante, surtout pour celles et ceux qui voudraient traverser l’aventure en ligne droite, sans trop explorer.

En revanche, une mise à jour est déjà venue corriger certains bugs que nous avions constatés durant ce test. Il y a donc bon espoir que tous ces soucis soient également en cours de résolution du côté des développeurs. On referme donc ce test en espérant que nos moments de rage et le traumatisme tout particulier causé par le gardien ours (jamais… plus jamais…) auront permis aux joueurs qui viendront après nous de profiter d’une expérience plus sereine.

Testé sur Xbox Série X, code fourni par l’agence de presse de l’éditeur

Le Bilan

On a aimé 

  • Les environnements naturels très jolis
  • L’ambiance reposante
  • La sensation de liberté
  • Les énigmes
  • Les imprécisions de gameplay
  • L’opacité de certains objectifs
  • La caméra

Conclusion du test de Spirit of the North 2

Voyage en terre inconnue
Spirit of the North 2 vient corriger de nombreux défauts de son prédécesseur. S’il comporte encore trop de problèmes frustrants, on en retient tout de même son ambiance paisible et contemplative, la variété de ses décors et la sensation de majesté qui s’en dégage. L’aventure n’est pas parfaite, mais elle est loin d’être décevante. Ne reste plus au studio Infuse qu’à corriger une dernière fois sa copie et nous tiendrons là le premier jeu dans lequel le meilleur moment, c’est celui où l’on se perd.

AlexMoon
Adepte du tofu et des arbalètes. Fan de RPG au tour par tour et des propositions indé' les plus barrées. Fabrique des origamis entre deux livres et trois jeux vidéo.
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Spirit of the North 2

Développeur : Infuse Studio
Date de sortie : 08/05/2025

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