« Je ressens la douleur de notre équipe » : la sortie d’Oblivion n’a pas plu à tout le monde

Le 22 avril dernier, Bethesda a frappé fort en lâchant sans prévenir The Elder Scrolls IV: Oblivion Remastered. Si l’annonce était en réalité une demi-surprise à caise des fuites de ces dernières années, l’information a néanmoins enflammé internet et ravi les fans de RPG cultes. Mais elle a aussi eu des conséquences assez inattendues pour les studios indépendants qui lançaient leur jeu pendant la même période.
Quand Oblivion enterre les autres sorties

Jonas Antonsson, co-fondateur de Raw Fury, n’a pas caché sa frustration face à une situation qui illustre toute la difficulté de se faire une place dans l’industrie vidéoludique actuelle et alors qu’il n’y a jamais eu autant de jeux qui sortent sur le marché chaque jour.
Lorsqu’un mastodonte comme The Elder Scrolls IV : Oblivion Remastered débarque en shadowdrop, il aspire évidemment toute l’attention médiatique et communautaire, ce qu’a résumé Jonas Antonsson.
J’ai adoré (quand j’étais plus jeune) et j’adore toujours Oblivion, et je suis personnellement ravi de le voir prendre un nouveau souffle et d’être présenté à une toute nouvelle génération de joueurs.
Mais du point de vue des indépendants et des éditeurs indépendants, le problème avec ces sorties surprises massives, c’est que tout le reste est plus ou moins enterré. Nous n’avons ni l’argent ni les moyens de nous lancer, alors tout est soigneusement planifié. Y compris le moment de la sortie, en fonction des autres sorties, etc. pour essayer de maximiser les chances d’attirer l’attention.
Dilemme pour l’industrie : comment coexister avec les géants ?
Cette situation met en lumière un problème plus large, la difficulté pour les petits éditeurs de se faire une place dans un marché dominé par les géants. D’un côté, les annonces surprises de grosses productions créent des moments importants pour et génèrent du buzz sur les réseaux. Mais de l’autre, elles écrasent forcément les efforts de communication et de marketing patiemment élaborés par les studios indépendants.
Une journée de visibilité perdue peut avoir des conséquences lourdes sur les ventes et, parfois, sur la viabilité même d’un projet. Si Bethesda et Microsoft peuvent se réjouir du succès de ce remaster (avec un excellent démarrage sur Steam et une omniprésence en ligne les heures qui ont suivi l’annonce), du côté des éditeurs indépendants, le ressenti est tout autre.
« J’aime le jeu qui est sorti, mais j’ai de la peine pour notre équipe et surtout pour le développeur avec lequel nous avons travaillé pendant des années et qui s’est investi corps et âme dans son jeu. »
Jonas Antonsson ne cache pas sa frustration et fait ici référence à la sortie de Post Trauma du 22 avril 2025, même date que le remaster d’Oblivion. Ce jour-là, l’éditeur avait posté un message sarcastique sur X : « Dieu merci, Post Trauma a été la seule sortie notable de la journée et il ne s’est rien passé d’autre ! »