Test – Nail’d

Le plus sale à l’arrivée gagne
Alors que j’étais lancé dans une course folle, ma fille m’a posé la question qui tue : « Ça veut dire quoi, nail’d ? ».
Autant l’avouer, je n’en sais rien. Par contre, si cela sous-entend vitesse, réflexes, arcade, boue, eau et quad, alors c’est un bon titre car cela décrit parfaitement les intentions du jeu.
On dirait qu’ça t’gêne de marcher dans la boue

Ceux qui connaissent Pure ont déjà une idée relativement précise de ce qu’est Nail’d, tant les deux jeux montrent des similitudes importantes. Heureusement, quelques différences non-négligeables font que nous n’avons pas à faire à un simple copier-coller.
Ici on va donc prendre les commandes d’un quad dans des courses endiablées, dans le but de grimper dans la hiérarchie en passant par de nombreux tournois, jusqu’au titre suprême de roi du guidon.
Histoire de se reposer, on pourra aussi s’entraîner en contre la montre ou bien ne pas se préoccuper des circuits dans un mode hors-piste où on peut aller où on veut dans un environnement ouvert.
Au fil des victoires, on débloquera des autocollants ou des peintures pour avoir le plus joli quad du monde, ou bien des pièces détachées pour améliorer ses performances (enfin, il parait…dans les faits cela ne change pas grand-chose).
Et si jouer seul est trop facile pour vous, vous pourrez vous frotter à la concurrence mondiale en ligne, ou bien en local en reliant deux consoles. Et non, pas d’écran splitté.
Il y a une petite quinzaine d’environnements, proposant des circuits tortueux, voire vicieux.
Manette en main, surtout ne vous attendez pas à un réalisme minimum, ce n’est pas du tout le but : c’est la vitesse qui prime avant tout. La maniabilité au sol est donc très basique, et dans les airs on peut continuer de diriger son véhicule pour le faire atterrir à l’endroit souhaité. En d’autres termes, on a surtout la sensation de diriger une caméra plutôt qu’un véhicule, la seule vague concession au quad étant qu’on peut incliner le stick pour bouger le pilote et influer sur les appuis de la bécane. Plus qu’un feeling de jeu de course classique, on a plutôt un feeling proche de celui ressenti dans les jeux Sonic. En effet, contrairement aux apparences, Nail’d n’est pas réellement un jeu de course. C’est plutôt un jeu de réflexes. Le quad va déjà très vite de base, et atteint des vitesses hallucinantes dès qu’on utilise un boost distribué très généreusement. Le frein n’ayant aucune utilité, on va en permanence vite, très, très vite.
Il faut bien reconnaître qu’au moins dans un premier temps les sensations sont bien là. Les tracés, compliqués, autorisent des chemins multiples, avec des sauts de plus en plus hauts (on doit même éviter de se cogner dans des montgolfières qui volent dans le coin !). La découverte des circuits est donc un vrai plaisir. Il y a une marge de progression évidente pour le joueur, qui se plantera plus d’une fois avant de connaître le circuit et d’utiliser au mieux ses boost pour aller toujours plus vite. Si, dans les premiers tours, on a surtout l’œil rivé sur les flèches pour arriver à suivre sans foncer dans le décor, par la suite on prendra les trajets les plus courts ou les plus funs.
Quand on fonce entre les arbres, on peut même se croire sur les moto-jets de Star Wars !
La gadoue, la gadoue, la gadoue, la gadoue

Malheureusement, la bonne première impression ne tient pas la distance.
La succession des courses entraîne une lassitude rapide. Trop répétitif et sans variété. Voilà un jeu qui est clairement fait pour être joué une fois de temps en temps pendant vingt minutes, le temps de deux ou trois courses. Pas forcément un défaut en soit, mais il faut tout de même le savoir quand on s’y attaque : pour continuer d’apprécier le jeu, il faut y jouer avec parcimonie. Il offre alors un mode tournoi bien fourni qui garantit un bon paquet d’heures de jeu.
Le problème vient surtout de lacunes qui gâchent le plaisir. En particulier, le gameplay n’assume pas totalement son parti pris. En effet, le jeu est totalement arcade, et pourtant on explose trop souvent pour un rien, avec respawn à l’appui. Même chose si on s’écarte du trajet prévu, alors qu’on pourrait légitimement penser que le hors piste devrait être autorisé. En même temps, les respawn sont très étrangement gérés, et très peu pénalisants, comme si tout le monde vous attendait ! Il arrive ainsi fréquemment qu’on réapparaisse plus loin sur le circuit, gagnant même une place au passage ! Cette étrange gestion des collisions est une contradiction avec le style totalement arcade de Nail’d, et il est incompréhensible de voir son quad exploser parce qu’il est rentré dans un cactus…
Au niveau de sa réalisation, Nail’d présente une copie moyenne. Graphiquement c’est correct, sans plus, mais pénalisé par des effets exagérés de projections sur l’écran (boue, eau) qui font plus que brouiller le champ de vision. Le point fort est bien entendu l’animation, parfaitement fluide à grande vitesse. Au niveau du son, un gros rock accompagne toutes les courses. Suivant vos goûts ça passera ou pas. Pour moi c’est plutôt pas ! Au global, il manque un peu de clinquant dans ce jeu. Quand on est à ce point arcade, il faut plus de spectaculaire, et jouer la carte du délire à fond. Les quelques bugs croisés avec le véhicule coincé dans un bout de décor achèvent de donner l’impression qu’une meilleure finition aurait été la bienvenue.
Ce qui laissera sans doute le plus de regrets, c’est le multijoueurs en ligne, car il est excellent ! Jusqu’à douze joueurs peuvent s’affronter, et c’est une véritable bataille très drôle où on se pousse, où on s’écrase, et où les retournements de situation sont fréquents : on se plante souvent, et cette fois les adversaires n’attendent pas qu’on réapparaisse ! Très fun, donc, mais probablement sans avenir. Il m’a fallu plusieurs essais pour trouver une partie, et comme souvent sur le live, les jeux qui ne sont pas un minimum plébiscités n’existent que de façon confidentielle en ligne.
Le Bilan
On a aimé
- Le fun de la vitesse
- Des circuits bien étudiés
- Le jeu en ligne
On a moins aimé
- Des choix discutables
- Pas assez de folie
- Trop répétitif
- Pas de multijoueur en local
Conclusion du test de Nail’d
Vitesse et précipitation
{{Au global, Nail’d se révèle être un titre pas désagréable à jouer, mais qui n’arrive pas à atteindre sa cible à cause d’un choix de gameplay n’assumant pas jusqu’au bout le principe de fun pur. Ce mauvais équilibre atténue la portée des intentions initiales et génère une frustration regrettable dans les courses.
Il n’en demeure pas moins un titre tout à fait fréquentable grâce aux sensations fournies et au design redoutable de ses circuits.}}