Test – Clavier Asus ROG Azoth Extreme – Une proposition luxueuse qui chiffre

Un TKL bourré d’options
Ce n’est pas tous les jours qu’un produit haut de gamme aux performances inégalées comme le Asus ROG Azoth Extreme se retrouve entre nos mains. La fiche technique est alléchante et le clavier semble pensé avec une rigueur extrême dans son design. Seule ombre au tableau, un prix exorbitant de près de 600 euros. En a-t-il, de ce fait, suffisamment dans les tripes pour justifier un tarif aussi élevé ?

Une proposition compacte et massive
La boîte, imposante par son poids et entièrement habillée de noir, est à l’image du périphérique qu’elle contient. L’Asus ROG Azoth Extreme est un modèle TKL, c’est-à-dire sans pavé numérique. Malgré le postulat de base d’une taille réduite, il réussit quand même à impressionner avec ses dimensions de 33 centimètres sur 14 (23 centimètres en incluant la largeur supplémentaire du repose-poignet), ce qui en fait l’un des claviers les plus compacts du marché. Cependant, ce qui est le plus surprenant c’est son poids : combiné à son repose-poignet, l’ensemble dépasse les 2 kilos ! Autant dire qu’une fois installé sur votre bureau, il ne bougera pas. Sa masse garantit une stabilité sans faille, renforcée par des patins en caoutchouc fixés en dessous.
Le repose-poignet, rembourrage en silicone très agréable au toucher surmontant un support métallique, se positionne simplement contre le clavier sans système d’aimants ou de clips, se maintenant uniquement grâce à sa lourdeur.
Ce poids impressionnant s’explique par les matériaux utilisés pour le châssis, totalement fait de métal, ce qui confère un aspect ultra premium au produit. La finition est d’une qualité rare, avec de nombreux détails gravés, comme des stries et des motifs évoquant la marque ROG d’Asus. Un ornement métallique longe même le contour supérieur du clavier, servant d’armature décorative. En haut à droite, un écran OLED propose un panneau de contrôle entièrement personnalisable. Asus n’a clairement pas lésiné sur les moyens et offre une finition luxueuse à son produit, n’ayant que peu d’égal sur le marché.
Le packaging inclut divers accessoires pour s’approprier pleinement le périphérique, comme deux paires de pieds métalliques de hauteurs différentes, permettant de rehausser le dos du clavier via un système magnétique. Il comprend également deux pinces, l’une pour extraire les touches, l’autre pour retirer les switchs, car le ROG Azoth Extreme autorise le changement des switchs à chaud. Ces outils sont simples d’utilisation et raviront les passionnés de personnalisation. Il est aussi possible de dévisser la plaque arrière pour aller plus loin dans la customisation, en explorant couche par couche l’intérieur du clavier, y compris une plaque en fibre de carbone destinée à amortir les chocs lors de la frappe. Cependant, on réservera cela aux utilisateurs expérimentés.
Un dongle USB et un câble de chargement tressé de 2 mètres complètent les accessoires fournis. Le dongle se fixe sur le Polling Rate Booster pour en améliorer l’efficacité, comme c’est souvent le cas pour ce type de périphérique haut de gamme. Il est évidemment possible d’utiliser le produit lorsqu’il est câblé pour charger sa batterie. En plus des connexions USB et sans fil, le clavier peut s’appairer en Bluetooth, un switch situé à l’arrière du châssis permettant un basculement entre ces différents modes.
On regrette néanmoins un oubli notable dans les accessoires : il n’y a malheureusement pas de housse de transport. Certes, le clavier est lourd, ce qui rend son déplacement régulier peu envisageable, mais cela contraste avec sa proposition sans fil et son format compact.
Tout ce soin apporté à la finition du ROG Azoth Extreme est très apprécié, bien qu’il aurait été difficile d’en attendre moins compte tenu de son prix catalogue de 559,99 €. Oui, vous avez bien lu, rarement un clavier orienté “grand public” a été présenté à un tarif si élevé. Mais est-ce que cette qualité se ressent aussi lors de son utilisation ?

L’écran OLED, pratique à utiliser ?
Si l’extérieur du clavier est un sans faute avec sa finition presque parfaite, ce constat est malheureusement un peu plus mitigé en ce qui concerne son ergonomie. À commencer par l’écran OLED tactile et sa molette de contrôle adjacente, qui permettent de recourir à tout un tas de raccourcis. L’écran, bien que lumineux et de bonne qualité, est assez petit (4 cm de hauteur sur 2 cm de largeur), rendant difficile la lisibilité des détails. Les options sont présentées sous forme de carrousel défilant toujours dans le même sens, ce qui nécessite plusieurs manipulations pour accéder à celle souhaitée. Heureusement, tout est entièrement personnalisable, qu’il s’agisse des animations ou des données affichées.
Parmi les nombreux choix de customisation, on peut faire apparaître le nom et les informations du média en cours de lecture, la date et l’heure, ou bien vérifier l’état de la batterie du clavier ou d’un ordinateur portable couplé. Il est également possible de suivre des analyses sur les composants de son ordinateur, comme la température du processeur ou de la carte graphique. Ou encore de modifier l’affichage, en sélectionnant entre plusieurs petites animations proposées par Asus, ainsi que d’uploader nous-mêmes un design de notre choix.
Malgré son apparence impressionnante, l’écran OLED s’avère moins pratique à l’usage quotidien. Sa petite taille limite son utilité et la fonction tactile se résume à un simple balayage latéral pour changer l’affichage. La molette adjacente permet de valider les choix et de naviguer parmi les affichages avec trois inputs possibles. Toutefois, sa grande réactivité, associée à sa petite taille, peut entraîner une certaine imprécision.
Clarifions que la plupart des raccourcis se trouvent également à même les touches du clavier, à employer en combinaison avec la touche ‘Fn’, ce qui permet de vouer l’écran à un usage plus décoratif.
Enfin, on regrette l’absence d’une deuxième touche CTRL à droite de la barre d’espace, remplacée ici par une dédiée à Copilot. C’est une première pour un clavier gaming. Même s’il est possible de remapper cette touche, on peut se demander si ce choix ergonomique était vraiment pertinent.

Une personnalisation rendue compliquée par son logiciel
Les diverses options de personnalisations se font via Armory Crate, le logiciel propriétaire du fabricant, dont on déplorait déjà les mauvaises performances dans notre test du ROG Carnyx . Ce programme est lent, nécessite plusieurs redémarrages après des mises à jour obligatoires et consomme beaucoup de ressources sur notre machine. Rarement un logiciel nous a semblé aussi peu user friendly.
Certes, de nombreux choix sont présents, dont un mappage complet des touches ou la gestion totale de l’affichage de l’écran OLED, mais les différents soucis d’optimisation créent une expérience peu plaisante. Par exemple, un simple changement d’animation sur l’écran OLED peut prendre plus de dix minutes à charger, rendant le programme inutilisable durant ce laps de temps.
Un produit comme le ROG Azoth Extreme aurait mérité un logiciel de meilleure qualité.

Une sensation de frappe exceptionnelle
Heureusement, l’Asus ROG Azoth Extreme possède d’autres atouts, à commencer par une sensation de frappe particulièrement satisfaisante. Équipé de switchs linéaires “Snow” avec une force d’activation de 40g, son utilisation est d’une qualité rare. Les touches sont ultra réactives et silencieuses, faisant de ce clavier l’une des meilleures expériences que nous ayons testées à ce jour.
Un autre point fort est le bouton situé à l’arrière du clavier, qui permet de basculer entre les modes ‘soft’ et ‘hard’, modifiant ainsi légèrement la sensation de frappe. Bien que la différence entre les deux modes ne soit pas radicale, elle reste perceptible et peut être appréciée en fonction de votre style de jeu.
Le clavier se distingue également par une fréquence de communication avec l’ordinateur de 8 000 Hz lorsqu’il est associé au Polling Rate Booster. Cela le place parmi les meilleurs de sa catégorie, sans pour autant épuiser excessivement la batterie, qui peut atteindre jusqu’à 1 600 heures d’autonomie (d’après le constructeur) en connexion via le dongle. Sa fiche technique, impressionnante sur le papier, est confirmée à l’utilisation, faisant de lui l’une des propositions les plus performantes du marché.
Reste à voir à qui est destinée cette offre, puisqu’on imagine mal un joueur lambda se tourner vers un produit aussi luxueux, et ce malgré toutes les qualités et technologies embarquées, surtout au vu du tarif pratiqué. Pour deux à trois fois moins cher, on conseillera plutôt le Corsair K65 Plus Wireless ou l’Apex Pro TKL 2023 de SteelSeries, qui n’ont effectivement pas le même degré de finition, mais qui offrent des performances assez proches. À l’inverse, un passionné de bidouillage n’aura au final que peu d’intérêt pour cette proposition très mainstream et trouvera, lui aussi, moins onéreux dans le milieu des claviers custom.
Le Bilan
On a aimé
- La très bonne sensation de frappe
- La qualité de fabrication, du rarement vu
- Les performances (8 000 Hz et 1 600 heures d’autonomie)
- La possibilité de changer les switchs à chaud
- Les nombreuses possibilités de personnalisation
- Les trois connexions possibles
On a moins aimé
- …mais beaucoup trop cher (559,99 €)
- L’absence de housse de transport
- Le programme propriétaire Armory Crate
Conclusion du test de Test – Clavier Asus ROG Azoth Extreme – Une proposition luxueuse qui chiffre
Un budget difficile à atteindre
Asus nous offre un bilan contrasté avec ce ROG Azoth Extreme. D’un côté, nous avons un produit sans fil à la finition exemplaire, ultra personnalisable, avec des sensations de frappe inégalées, ce qui en fait un excellent choix pour les joueurs e-sport ou les utilisateurs les plus exigeants. Cependant, son poids et l’absence de housse de transport le rendent peu adapté aux déplacements. De plus, cette offre luxueuse est limitée par le logiciel Armory Crate, qui ne lui rend pas justice. À 559,99 € au prix catalogue, il est difficile d’imaginer le grand public se précipiter sur ce clavier malgré ses nombreuses qualités, surtout face à des produits relativement similaires deux fois moins chère