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Test – Still Wakes the Deep – Une aventure à bout de souffle

Test – Still Wakes the Deep – Une aventure à bout de souffle
Le 17 juin 2024
Le 17 juin 2024

Bienvenue à bord !

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Avis aux froussards, la dernière production de The Chineese Room émerge des profondeurs pour offrir sa nouvelle lecture du walking simulator horrifique. Rappelez-vous, il avait été mis à l’honneur lors du Xbox Games Showcase de juin 2023. Après tout, c’est le studio derrière des titres réputés comme Dear Esther ou encore Amnesia : A Machine for Pigs qui s’en charge et on ne peut nier leur expérience en matière d’effroi. Le jeu est publié par Sumo Group et le développeur va tenter de mettre notre trouillomètre à zéro en nous embarquant en mer sur une plateforme pétrolière. Il est temps de nous confronter à cette aventure qui pioche à la fois du côté de The Thing ou encore de l’univers de Lovecraft et qui, de plus, est disponible day one dans le GamePass.

Somewhere under the sea

Jeu d’ambiance et d’atmosphère par excellence, Still Wakes the Deep nous plonge dans les années 70 en pleine mer du Nord, au large de l’Écosse. On y découvre le quotidien de Cameron McLeary alias Caz, ouvrier spécialisé sur la plateforme pétrolière Beira D.

Ce dernier est électricien de son état et accessoirement le good guy de l’équipe. Très vite, sa routine se trouve bouleversée…

L’équipage de la Beira fore un peu trop profondément, à la recherche de toujours plus d’or noir, et réveille une menace inconnue. À la suite de quoi, les choses s’emballent, d’étranges structures émergent et peu à peu la plateforme devient un environnement hostile. Une partie de l’équipage est décimée et transformée en créatures informes, il vous faudra alors tout faire pour ne pas subir le même sort.

Cabine spacieuse et bien éclairée à votre disposition !

En parallèle de cette trame principale, le jeu laisse entrevoir une histoire sous-jacente, celle de Caz. Dès les premières minutes, on entrevoit son intimité lors de la réception de la lettre de sa femme Suze et de ses filles, la missive laissant planer un mystère sur l’origine de sa présence sur la plateforme pétrolière sur fond de dispute.

On aimerait croire à une connexion ou à une métaphore entre les deux trames de l’histoire, mais il n’en est rien. L’ensemble reste superficiel et la narration demeure avare dans son contenu. Avec le dépeuplement de la plateforme et la nécessité de garder un fil rouge, le studio fait le choix de relier les survivants à l’aide de téléphones de service dispersés un peu partout, ce moyen constituant le principal outil pour nous conter l’ensemble.

Will, c’est toi mon chéri ?

Des moyens plus classiques auraient pu être mis en œuvre comme des mots, des journaux, des photos, ou quoi que ce soit d’autre pour renforcer le contexte ou la connexion entre les personnages, mais ici cela reste timide. Au-delà du travail remarquable sur les accents des protagonistes, sur le fait d’apprendre que l’Écosse regorge de pétrole et de gaz et que le haggis est au menu de la cantine, on reste un peu sur notre faim.

Quant à la connexion émotionnelle aux autres personnages de l’équipe, elle est réduite à peau de chagrin. Le développeur tente bien d’afficher une affinité plus forte avec tel ou tel membre de l’équipage, mais ça fonctionne mal. Vous êtes juste le good guy apprécié par l’équipe ou la bonne poire prête à rendre le moindre service, question de point de vue. On vous laisse deviner qui va être l’heureux élu pour aller réparer le générateur dans la cale…

Oui faisons ça, toi tu restes ici pendant que moi je descends au sous-sol avec les monstres !

Immersion en terres connues

Réduisant le gameplay à son plus simple appareil, le terme de walking simulator n’est ici pas galvaudé. Les actions à la disposition du joueur se limitent à courir, sauter, s’accrocher ou encore allumer ou éteindre sa lampe-torche. Ne comptez donc pas affronter les créatures armé d’un pied de biche ou d’une pelle, vous allez plutôt vous cacher ou vous enfuir à toutes jambes. La route à emprunter vous est même clairement indiquée par une subtile couleur jaune : “oh, du jaune sur un bout de contreplaqué, c’est là-dessus que je dois sauter ! Tiens une poutre jaune au plafond et si je m’y accrochais ? Un casier, je peux peut-être m’y cacher ?” Et non, à l’heure d’écrire ces lignes, cette couleur ne se désactive pas. Si l’on y gagne en lisibilité avec ce fil d’Ariane, on y perd clairement en immersion.

Menace extra-terrestre ou lovecraftienne, est-ce que vous avez déjà avancé l’hypothèse de la mérule ?

Afin de casser la monotonie, il y a bien quelques phases de plateformes se déroulant principalement en extérieur ou des jeux de cache-cache face aux créatures, mais cela reste maigre et classique. À certains moments, on croit voir débarquer de nouvelles mécaniques comme, par exemple, l’utilisation de la lampe torche ou la présence de chauffages. La lampe va-t-elle nous lâcher ? Va-t-on devoir “réchauffer” notre personnage par moments ? La réponse est non.

La vraie force du titre réside dans son atmosphère générale. Un travail important a été fait sur la plateforme pétrolière qui est, peut-être au final, le personnage principal de cette histoire. Celle-ci évolue tout au long du récit et propose de découvrir toute une activité très spécifique avant de bouleverser ces lieux “familiers” pour leur offrir un éclairage différent.

Le sentiment qu’on est en vase clos, perdu au milieu de la mer du Nord, est bien retranscrit, le manque d’échappatoire aussi. L’ambiance est mémorable, la colorimétrie s’étale dans une palette de gris pour l’extérieur et des couleurs ternes pour les intérieurs. C’est comme si un filtre suranné avait été appliqué sur l’ensemble de la réalité, une esthétique qui renforce le confinement du lieu et permet aussi un retour dans le passé.

Les entrailles de la station : promenons-nous dans le noir….

Le travail sur le son participe grandement à l’immersion, les bruitages sont particulièrement efficaces. Outre les hurlements des créatures, l’environnement sonore au travers des sons métalliques, d’eau, ou encore les effets de résonance ou de réverbération force le respect. Le jeu n’hésite d’ailleurs pas à mettre en avant des moments de calme et même de silence complet, ce qui est parfois bien plus effrayant qu’un déluge d’effets. Bref, cette partie est très réussie.

Mais alors, ça fait peur ? Oui et non.

On retrouve une partie des mécaniques bien connues des amateurs d’horreur, mais certaines sont abandonnées sur le bas côté.

Par exemple, les jumpscares ainsi que les angles de caméra douteux n’ont été que peu utilisés. Idem pour la mort de Caz qui n’a rien d’un événement effrayant ou traumatisant, au contraire, on a même le droit à une petite cinématique métaphorique lorsqu’elle survient à cause de l’une des créatures.

Parfait pour un plongeon

Le jeu n’est jamais meilleur que dans la confrontation avec des peurs primaires, il nous plonge tour à tour dans les boyaux de la plateforme pétrolière ou dans des décors extérieurs brinquebalants et nous confronte au vide, à la noyade, à la phobie du noir ou encore à la claustrophobie. Nous en sommes convaincus, en réalité virtuelle, le titre prendrait à coup sûr une autre dimension !

En revanche, en ce qui concerne les créatures, cela fonctionne moins bien, la faute à une IA plus que perfectible et à leur design. En effet, elles ne sont qu’un tas de chair informe et plutôt ridicule.

Après environ cinq à six heures pour conclure cette aventure, le problème majeur de Still Wakes the Deep réside dans sa capacité à nous surprendre et donc à nous faire peur. Il laisse une impression de déjà-vu, comme un de ces jeux ou films que vous avez arpentés ou vus maintes et maintes fois, que ce soit dans ses mécaniques ou dans les situations proposées. Au mieux, il fait preuve d’un certain classicisme et constitue une bonne porte d’entrée vers le genre du survival-horror.

Testé sur Xbox Series X

Le Bilan

On a aimé 

  • La plateforme pétrolière Beira
  • Le travail sur le sound-design
  • Le manque de surprises
  • L’histoire et sa narration
  • Les mécaniques de gameplay manquantes

Conclusion du test de Still Wakes the Deep

Deepwater
Still wakes the deep vaut avant tout pour son ambiance. La Beira D est en soi un décor inhospitalier par essence, lui ajouter la menace de l’inconnu est plutôt une bonne idée. Pour autant, nous plongeant dans des situations vues et revues, l’œuvre ne parvient pas à s’extraire des profondeurs et risque d’être submergée par l’indifférence.

Dognote
Perdu quelque part dans la boucle infinie d’un roguelite, ou échappant (ok, essayant d'échapper) au courroux d’un boss grâce à une roulade salvatrice, ou encore en quête de la prochaine mini‑médaille cachée dans un recoin improbable… Qui sait où l’aventure nous mène vraiment ?
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Still Wakes the Deep

Développeur : The Chinese Room
Éditeur : The Chinese Room
Date de sortie : 18/06/2024

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