Test – Rogue Warrior

Crève, pourriture communiste !
Ce jeu est resté dans les planning pendant tellement longtemps qu’on pensait qu’il faisait parti de ces titres qui ne voient au bout du compte jamais le jour.
Et pourtant, en toute discrétion il est sorti, dans une indifférence générale gênante. Pourtant, un jeu en développement pendant des années, ça ne peut pas être mauvais, non ?
Derrière les lignes ennemis

Dans Rogue Warrior, on incarne Richard Marcinko, un type qui a réellement existé et qui a fait parti du SEAL. C’est une petite célébrité car il a publié un livre contant ses exploits guerriers et secrets.
Espérons toutefois que ce qui se passe dans le jeu n’est pas une histoire qui est réellement arrivée…
Bref, on est en pleine guerre froide, et Marcinko et son équipe sont en mission en Corée du Nord pour retrouver un contact et mettre la main sur des informations concernant des missiles nucléaires.
Au bout de deux minutes, ses coéquipiers meurent, et Marcinko se retrouve tout seul. Il refuse d’abandonner la mission et continue en solo, parce que c’est le mec le plus sévèrement burné de la planète.
Marcinko, c’est le type qu’on appelle quand Chuck Norris ne peut rien faire.
Tout en empilant les cadavres comme d’autres enfilent des perles, Marcinko découvre un complot de plus grande ampleur qui pourrait déboucher sur une nouvelle guerre mondiale…Malgré les mises en garde de sa hiérarchie le menaçant de court martiale s’il continue de foutre le bordel, notre ami va arranger tout ça avec le talent qui le caractérise : une petite dose de discrétion, et une grosse dose de génocide.
Nous voilà donc dans un véritable thriller d’espionnage de haut vol où…Non, même en faisant beaucoup d’efforts je ne pourrai pas vous faire croire ça. C’est juste une histoire bas du front servant de prétexte au déssoudage de communistes, avec une certaine nostalgie de cette bonne époque où l’Est représentait les méchants pour les américains.
Infiltration dans la gueule
Le concept de base n’est pas mauvais : donner la possibilité au joueur de choisir la façon dont il va réussir sa mission est toujours plutôt sympa.
Sauf que dans les faits ce n’est pas vraiment ça. Le début de chaque niveau incite fortement le joueur à se la jouer discret et à s’approcher furtivement des adversaires pour les achever dans des mouvements plus violents les uns que les autres. Et pour cause, ce serait dommage de donner l’alerte, les premiers gardes adorant regarder ailleurs avec une obstination qui force le respect. On peut également penser qu’ils écoutent leur MP3 à fond, car s’ils entendent tout de suite une détonation, ils sont sourds à tout autre bruit. Comme tout se passe dans l’obscurité, on peut très bien ne rien voir et cogner une sentinelle par accident ! Pas grave, avant qu’elle ne réagisse on a largement le temps de l’égorger.
Quand l’alerte est donnée, ce qui est inévitable, on a alors affaire à un fps daté à tout point de vue.
C’est bien simple, il n’y a rien à sauver dans le gameplay du jeu. Le système de couverture est tellement peu pratique qu’on a l’impression que le jeu sort d’une grotte isolée du reste du monde : ce n’est même pas un retour en arrière, c’est un voyage dans le passé. Pire, la précision des tirs, élément pour le moins important dans un fps, est catastrophique. Cela laisse planer un certain suspens pendant les affrontements ! On peut vider un chargeur sur un adversaire sans que celui-ci ne soit incommodé alors que manifestement cela aurait dû le mettre en pièces, et à l’inverse, en tirant de loin pratiquement au hasard, on peut avoir la surprise de réussir un headshot sorti de nulle part ! Du grand n’importe quoi qui pousse à utiliser les attaques au corps à corps qui elles fonctionnent correctement et sont particulièrement faciles à sortir. Comme les ennemis sont bêtes à manger du foin, les duper ne pose pas spécialement de problèmes…
La mollusquerie de l’IA est peut être compensée par le jeu en ligne vous opposant à de vrais êtres humains, sauf que personne n’y joue sur le live (et je dis bien personne, même pas un type qui aurait quelque part appuyé par hasard sur le mauvais bouton).
La guerre c’est moche

Non, ce titre ne cherche pas à moraliser un débat, mais est beaucoup plus terre à terre. Pour être plus précis, c’est visuellement que la guerre dans Rogue Warrior est moche. Très moche, même.
Techniquement le jeu serait considéré comme à la ramasse sur Xbox, alors sur Xbox 360, n’en parlons pas. Les décors sont peu inspirés, et « bénéficient » de textures d’une pauvreté telle qu’on ne se souvenait plus trop qu’à une époque les jeux étaient comme ça. Le jeu se passant dans les années 80, peut-être que c’est une volonté de faire jeu d’époque, après tout !
Ce qui est très cohérent, c’est que tout est faible. Ainsi, l’animation est également de bas niveau, avec des adversaires qui se déplacent avec une absence de naturel anachronique sur une console comme la notre. C’est peut-être lié à la stupidité de l’IA, qui les pousse à se planquer toujours aux mêmes endroits, en montrant périodiquement leur tête ?
Seules les exécutions au corps à corps sont bien animées…
Il n’y a qu’au niveau son que le jeu se rattrape, mais de façon tellement spectaculaire que cela mérite un paragraphe entier !
Bad Ass Attitude
Connaissez vous nanarland ? C’est un site qui propose des extraits de films tellement mauvais qu’ils en sont drôles, souvent grâce à des dialogues ineptes, rendus encore plus crétins par des doublages miteux.
Rogue Warrior, c’est ça pendant tout le jeu. Non pas que le doublage soit mauvais : au contraire, la vf est pleine de testostérone, rappelant les plus belles heures du cinéma Z bourrin, de Chuck Norris ou Seven Seagal. Pendant tout le jeu on a donc le droit à des déclarations forcément ordurières, dans un langage fleuri, s’en prenant violemment à « ces pourritures communistes qui vont en prendre plein le cul ».
Evidemment ça lasse au bout d’un moment, mais très honnêtement ça m’a personnellement beaucoup amusé, et ça m’a poussé à continuer le jeu alors que franchement cela demande du courage.
Plusieurs fois j’ai été franchement plié de rire face à l’absurdité des situations. Que dès le briefing on vous incite à vous infiltrer discrètement à coup de C4 donne le ton du reste !
Je soupçonne d’ailleurs les doubleurs de la version française d’avoir eu parfaitement conscience de la débilité de ce qu’ils déclamaient et d’avoir volontairement forcé le trait pour rendre le tout parodique.
C’est tellement bas du front que ça en devient « autre ». Attention, si vous prenez les choses au premier degré, cela va vous faire fuir, mais dans le cas contraire cela permet de passer un bon moment.
Le Bilan
On a aimé
- les dialogues invraisemblables
On a moins aimé
- Tout le reste
Conclusion du test de Rogue Warrior
Fond de cuve
{{Quand on joue à Rogue Warrior, on est bien obligé de se demander pourquoi le jeu est sorti. Manifestement il est resté dans un tiroir pendant des années sans avoir été réellement développé.
Si on peut prendre un plaisir pervers dans des dialogues tellement stupides qu’ils en deviennent drôles, tout le reste oscille entre le mauvais, le très mauvais et l’épouvantable.
Rogue Warrior est le jeu idéal à offrir à quelqu’un que vous n’aimez pas.}}
Wouaaaa ! C’est vraiment si mauvais et médiocre que ça ?! Impressionnant !
0 pointé. On n’avait pas vu ça depuis X Blade je crois. Et pour une fois ce n’est pas Stéphan qui récolte la daube.
Sinon ça leur fait quoi comme moyenne pour Rebellion sur Xboxygen ?
Un jeu qui rend hommage à la Cannon, aux films de Chuck Norris et de Michael Dudikoff ça se respecte messieurs… C’est con comme un ballon, raciste, réac et racoleur… c’est du bis nawak avec une durée de vie de misère il a au prix d’un dvd maintenant donc pour une soirée bière chips avec un pote il y a moyen de se poiler…
“un bon coco est un coco mort”