Test – L.A. Noire

Encore un truc raciste, ça.
Après l’égérie GTA, le rouleau compresseur Red Dead Redemption, Rockstar commet encore l’irréparable avec L.A. Noire.
Ce n’est plus un jeu, mais une véritable scène de crime dans laquelle nous sommes immergés en tant qu’enquêteurs. Le seul point noir pourrait être qu’après LA Noire, les autres (pas fréquents) jeux d’enquêtes vont paraître très fades.
5 coup de cœur
Ah merde, je suis allé un peu trop vite d’excitation au point de commencer par la conclusion.
Tant pis.
Mise à Jour 17/12/2017 : Il y a 6 ans sortait le très bon L.A. Noire et le voici remasterisé pour débarquer sur PS4 et bien sûr, Xbox One. Alors je vous arrête de suite, il n’y pas vraiment de gros changement pour cette nouvelle mouture. Si lors des phases d’interrogatoire, “doute” devient “intimider” et “mensonge” devient “accuser” pour un souci de clarté, rien de vraiment extraordinaire n’est apporté au titre. Vous trouverez néanmoins dans cette version tous les dlc sortis jusqu’à maintenant ainsi que des costumes aux compétences spéciales. Certes, les couleurs sont plus vives et les textures plus affinées mais on s’attendait clairement à mieux venant d’un remaster. Les expressions faciales sont toujours aussi efficaces même si elles s’avèrent exagérées et pas très naturelles pour certaines d’entre elles. Il est clair que pour les joueurs ayant déjà tâté le titre il y a 6 ans de cela, L.A. Noire semble très mal supporter le poids des années. En revanche, pour ceux qui sont passés à côté, c’est l’occasion ou jamais de vous y mettre.
Test du 30/05/2011 :
L.A. Rouge

LA Noire vous propulse en plein cœur du Los Angeles des années 40. Époque bénie où le cinéma prenait son envol le plus significatif, mais également période où le crime pouvait se vanter d’être à la fois classe et sans pitié.
Vous êtes Cole Phelps, un vétéran du conflit contre le Japon qui a suivi Pearl Harbor.
Depuis la fin de cette guerre, vous vous êtes engagés dans les forces de l’ordre de Los Angeles en tant que simple agent.
Et c’est là que vous allez devoir faire vos preuves afin de gravir les échelons et satisfaire votre ambition d’être tout en haut de la hiérarchie.
Le crime étant impitoyable dans cette ville, vous aurez l’occasion de faire vos preuves à de nombreuses reprises. Meurtres, tueurs en série, trafic de drogue, incendies, vols, tentatives de meurtres, vous aurez de quoi passer vos longues nuits à nettoyer la ville.
Le monde étant ouvert, il serait aussi facile qu’erroné de le classer dans la même catégorie qu’un GTA ou d’un RDR.
Même si le jeu se déroule à la 3ème personne, on est bien loin d’un bête jeu d’action. Ici, c’est votre esprit et votre curiosité qui vont être mis à rude épreuve.

Le pari était très risqué, mais la Team Bondi a réussi à rendre la recherche d’indices, l’examen de la scène de crime et les interrogatoires passionnants.
En effet, si vous n’avez pas assez de curiosité vous ne trouverez pas forcément certaines preuves dissimulées dans des indices, ni même l’opportunité de trouver de nouvelles pistes aussi bien primaires que secondaires.
Pour cela, vous aurez la possibilité de manipuler ces indices dans vos mains pour chercher ce qui pourrait lier les éléments entre eux et pointer vers des suspects, voire un ou des coupables.
Mais avoir des indices ne suffira pas, puisque vous devrez cuisiner vos témoins, suspects, victimes avec perspicacité et sagacité afin d’en tirer les meilleures infos possibles.
L.A. Vert

Et pour cela, vous aurez, grâce à votre carnet, la possibilité de consigner les moindres détails d’indices repérés, vous en aidant pour guider vos entretiens. En posant une question à votre interlocuteur, celui-ci va naturellement vous répondre. A vous de voir avec les éléments que vous avez en main s’il dit la vérité, s’il ment, ou s’il a besoin d’être brusqué pour cracher le morceau.
Pour cela, le contenu de ce qui est dit, mais également les visages magnifiquement reproduits vous serviront de repère pour procéder à des recoupements avec vos preuves et vos indices et ainsi vous aider à décider. Vous aurez donc un bouton par choix. Trompez-vous, et vous risquez de perdre une information capitale, votre interrogatoire continuant par d’autres questions en fonction de ce que vous avez entre les mains.

Il devient donc indispensable afin de mettre sous les verrous la bonne personne, de faire preuve de minutie dans la recherche de preuves, dans le suivi de pistes (oubliez d’en exploiter une, et vous risquez de passer à côté d’éléments capitaux et de voir votre notation diminuer), et dans le pilotage de vos interrogatoires.
Même si les choix lors de ces derniers ne sont pas toujours explicites. Et oui, ne laisser que le choix entre vérité, doute ou mensonge (avec le choix de la preuve qui l’indique), n’est pas forcément aisé, la différence d’argumentation pouvant être très subtile, ou au contraire, pas du tout subtile, au point de ne pas trop comprendre l’enchaînement qui vient de se produire.
Mais dans l’ensemble, le tout reste bien ficelé et les expressions faciales assez bien réalisées pour passer outre ce petit défaut.

Côté technique, le jeu tape plutôt dans la bonne moyenne. L’univers est très grand et ouvert, et même si quelques baisses de framerate peuvent se faire sentir par moments, on sent le travail fourni par la Team Bondi dans le domaine. Mais ce sont les personnages qui sont les plus réussis, que cela tienne de leurs voix, ou de leur physique, ils ressemblent à de vrais gens. Oh wait… Ce sont de vrais gens ! En effet, les personnages sont tous modélisés à partir de personnes existantes et vous aurez, à de nombreuses occasions, l’opportunité de reconnaître et d’entendre des acteurs du petit et du grand écran, comme Greg Gunberg (Matt Parkman de Heroes), Brian Krause (Léo dans Charmed), ou encore Robert Clendenin (Zeltzer dans Scrubs).
Il faudra cependant pour les non anglophones, faire preuve d’une dextérité oculaire à toute épreuve pour lire les sous titres tout en observant les interrogés, même si les expressions essentielles se dévoilent surtout durant votre réflexion et la consultation de votre carnet.
L.A. Orange

Si L.A. Noire peut être présomptueux dans un domaine, c’est bien celui de l’écriture.
C’est bien simple, on se retrouve propulsé en plein polar, avec l’ambiance qui s’en dégage. Les affaires sont assez bien ficelées et complexes pour proposer à la fois de la variété, mais également de rentrer vraiment dans la peau d’un flic des années 40.
Cependant, tout ceci a quand même ses limites, à commencer par les actions, puisque tout est à peu près contextuel. Ainsi, vous ne pourrez tirer que lors de phases scénaristiques dédiées, de même que pour les poursuites à pied, et la manière de résoudre les délits secondaires (missions libres) ne seront pas aussi libres que l’on souhaiterait, et on sera obligé de tuer, plaquer ou arrêter les suspects, comme le dirige le jeu. Ainsi, il sera impossible d’arrêter un braqueur de banque qui vous tire dessus, ou de liquider un fuyard lors d’une course poursuite. Un brin de liberté vient de s’envoler.
Ici nous ne sommes pas dans GTA, ou RDR. Vous êtes un homme de loi, et donc, vous ne devrez pas faire n’importe quoi. Ainsi, chaque affaire sera notée en fonction des dégâts matériels que vous faites, les innocentes victimes, et la casse en véhicule. Bien évidemment, la résolution de l’affaire prendra la plus grande part dans la notation, à commencer par le fait d’avoir arrêté et inculpé le bon suspect. Et oui, vous pouvez vous tromper, le jeu s’en moquera et continuera, vous en subirez les conséquences scénaristiques qui s’imposeront tôt ou tard.
Rassurez-vous, une fois chaque enquête est terminée, vous pourrez la recommencer via le menu principal, et éviter de refaire les mêmes erreurs. Modifier une décision, une question peut changer totalement la donne de l’affaire, et avec un résultat différent.
Ce qui nous donne une durée de vie plutôt conséquente avec sa replay value si vous voulez épingler les bons suspects, être plus rapide (certains évènements se produisent pendant vos actions, et il faudra donc répondre aux appels d’urgence et se rendre sur les lieux) mais aussi faire le voile sur tous les petits mystères secondaires qui parcourent les différentes affaires.
Le Bilan
On a aimé
- Cette immersion de fou
- Le concept d’interrogatoire
- Les enquêtes
- L’animation faciale exceptionnelle
On a moins aimé
- Pas autant de liberté d’action qu’on pourrait penser
- Le coéquipier relou à bloquer le passage par moments
Conclusion du test de L.A. Noire
Hard Boiled
Vous l’aurez compris, LA Noire, vous propose un véritable simulateur d’enquête. Et pour un premier essai, c’est quand même un coup de maître avec une ambiance de dingue et un concept innovant et accessible. Des jeux couillus comme ça qui font quelque chose de différent, on aimerait bien en avoir plus souvent. Espérons que la Team Bondi et Rockstar ne s’arrêtent pas en si bon chemin et améliorent encore plus leur simulateur de policier.