Test – Dante’s Inferno

Welcome in Hell
Dante Alighieri était un écrivain, un poète très exactement, qui a écrit des cantiques et entre autres l’Enfer de Dante, tiré de La Divine Comédie écrit entre 1308 et 1321. A l’époque, les consoles n’existant pas encore, Electronic Arts a décidé qu’il était temps que ce cantique voie le jour sur celles-ci, en le remaniant tout de même à leur sauce. Voilà comment est né Dante’s Inferno. Visceral Games, qui n’en est pas à ses débuts dans le développement, nous a concocté un jeu qui se voulait des plus impressionnants, aussi bien graphiquement que techniquement selon leurs dires. Mais voilà, dans la vie tout n’est pas blanc, tout n’est pas noir, c’est ce que nous allons voir ensemble.
Dante ta face

En effet, impressionnant est bien le terme qui correspond à la retranscription de l’Enfer faite par Visceral Games. La noirceur des profondeurs apparaît à l’écran d’une splendeur quasi grandiose selon les endroits où l’on évolue. Les détails apportés aux neufs cercles de l’Enfer sont superbes, un vrai plaisir pour les yeux. Chacun possède sa thématique, comme la gourmandise, la violence ou encore la luxure et celles-ci sont fort bien dessinées, les graphismes ont été bien soignés, le design est léché, c’est brutal, glauque, sombre, avec en plus de temps à autre quelques cinématiques sous forme de bande-dessinée animée, également fort bien réalisée. Le tout est accompagné d’une bande-son avec des chants lyriques sortis d’outre-tombe qui sont juste excellents à l’oreille et qui se mélangent parfaitement à l’atmosphère.
Sauf que voilà, le jeu n’étant fait qu’en script via un bon gros scrolling des familles, on se retrouve frustré de ne pas pouvoir tourner la tête histoire de pouvoir d’autant plus profiter de ces graphismes de toute beauté. On peut très bien se retrouver dans un angle de l’écran à tenter de revoir un bout de décor que l’on vient de passer, si ce n’est pas prévu ce sera tout simplement impossible. En effet, le stick gauche sert à avancer et à reculer, aller à droite à gauche et le stick droit à faire des petits sauts rapides servant d’esquive. L’angle de caméra restant fixe sur le personnage, sauf à de rares moments pour montrer un point à atteindre, on ne peut pas regarder où l’on veut et ce que l’on veut. Du coup, il arrive même que lors de combats dans des arènes on ne voit pas les ennemis les plus éloignés, ils sont simplement hors cadre. Franchement pas simple pour savoir par où ils arrivent, on a alors tendance à viser à l’emporte pièce, c’est bien dommage. De plus, pourquoi donc couper la bande-son et la remplacer par les plaintes des morts au lieu de la laisser au moins en fond sonore ? Ca aurait peut être permis de moins faire attention aux doublages qui sont quand même assez moyens.
Dante tes dents

Dante va devoir traverser les enfers pour aller sauver sa douce Béatrice, emmenée par Lucifer himself lorsqu’elle décède, car notre héros a rompu le pacte de fidélité qu’il lui avait fait en la trompant durant ses croisades. Pour cela, il sera muni d’une faux magnifique et des plus efficaces pour tout ce qui est découpage et démembrage via la touche X, ainsi qu’un tout petit peu plus tard d’un crucifix très utile car envoyant des croix blanches qui font soit reculer les ennemis, soit les pulvérisent quand on actionne plusieurs fois de suite la touche B, sauf quand, pas d’bol, ils y sont totalement insensibles.
Concernant les adversaires, on combattra les âmes perdues sorties des entrailles de l’Enfer, des tout petits comme les nouveaux nés armés de lames à la place des bras, des plus grands, tels que les sortes de minotaures guidés dont on pourra prendre possession pour à notre tour attaquer les ennemis, et de gigantesques boss pour lesquels les combats se limiteront à des phases de coups, d’esquive et de QTE.
Alors oui, tout ça c’est toujours très beau, mais ça manque d’âme et ça dans les Enfers c’est plutôt mal venu. On finit par avoir l’impression de toujours faire la même chose avec une linéarité déconcertante. Quelques ennemis de çà, de là, suivis en général d’une arène où il faudra en combattre un bon nombre après lesquels on trouvera des sources de régénération avant d’aller taquiner le grand méchant du niveau. Le tout avec des phases de courtes, voir très courtes, réflexion et manipulations de leviers ou de cordes pour avancer. Tout ceci se terminant en environ 8 heures pour les habitués du Beat’Em All et on peut en rajouter 4 ou 5 pour les autres en difficulté moyenne.
Dante tes rêves

Tout un tas d’attaques, coups spéciaux et pouvoirs magiques sont améliorables via le menu en échange d’orbes. Une arborescence fort bien foutue sous forme d’arbre des compétences, représenté par 7 niveaux, indique les améliorations possibles à débloquer selon le niveau que l’on a atteint. Avec d’un côté les impies correspondant entre autres aux améliorations de la faux et d’un autre côté les sacrées étant plutôt liés à la croix. On augmente les niveaux plus rapidement en absolvant ou en punissant les ennemis. Quant aux 4 pouvoirs de magie, ils seront découverts au fil de notre descente en Enfer, tout comme les artefacts au nombre de 31 tout de même, aidant soit à augmenter la puissance des armes, soit les défenses de Dante. Par contre, seulement 4 pourront servir en même temps et tous n’apparaissent pas franchement utiles.
Une fois le jeu terminé, il sera possible de le recommencer soit d’une ancienne sauvegarde, soit en entier avec toutes les améliorations débloquées auparavant. On obtiendra également un costume de croisé pour Dante, une vidéo bonus, « L’enfantement », commentée par l’équipe de Visceral Games et expliquant tous ce qui a été fait pour aboutir à la naissance du jeu (en VOST). Également disponible, un nouveau défi, « l’arène des portes de l’Enfer » où l’on devra sortir vainqueur de 50 vagues de combats contre tout un tas d’adversaires, d’une facilité déconcertante. Qui plus est, à aucun moment l’arène ne change de décor même s’il y a une coupure entre chaque vague, ce qui n’arrange pas le côté monotone. Pour terminer, on débloquera un nouveau mode, le « condamné » correspondant au niveau très difficile, qui viendra s’ajouter au croyant, fanatique et infernal. D’ailleurs, on peut à tout moment, durant le jeu, changer le mode de difficulté, même si le croyant et vraiment trop facile.
Le Bilan
On a aimé
- L’ambiance ténébreuse du jeu
- Les graphismes fort bien détaillés
- La bande sonore
- Le menu très pratique et bien fait
On a moins aimé
On n’a pas aimé :
- La répétitivité lassante des actions
- La bande-son trop souvent mise de côté
- La simplicité du schéma du jeu
- Ne pas pouvoir admirer le décor comme on veut
- Le manque de surprise
Conclusion du test de Dante’s Inferno
Dante l’os.
Faire un jeu qui soit beau c’est une chose, mais ça ne veut en aucun cas dire qu’il sera bon. Hélas, bien que le jeu ait des qualités, il reste terne dans son gameplay, fade dans sa jouabilité et n’apporte strictement rien de nouveau au genre. Il possède une ambiance, mais on ne trouve pas ce petit plus qui fait que l’on accroche vraiment, on finit juste par avancer machinalement sans aucune exploration possible. On joue au jeu, on le finit et on passe à autre chose. Ceux qui le recommenceront le feront uniquement pour débloquer les succès manquants. Il est prévu pour le 29 avril un DLC : « Martyre Ste Lucie » qui donnera accès à un mode multijoueurs avec la possibilité de créer ses propres défis via un éditeur. Peut être que celui-ci apportera un plus à un jeu qui, en l’état actuel, est loin d’être incontournable, malgré tout le travail qui a été fait dessus.
Au taquet le Zx pour les inter-titres ! :-))