Test – SBK 09 Superbike World Championship

Cuir, gomme et babes
[sommaire] Les jeux de motos de qualité étant extrêmement rares sur console, la moindre nouveauté est attendue et scrutée avec beaucoup d’attention. SBK revient cette année avec l’ambition de devenir la référence des simulations de 2 roues. La concurrence étant relativement limitée (et c’est un euphémisme) la tâche peut paraître facile, reste à savoir si Milestone (développeur du jeu) s’est vraiment donné les moyens de son ambition !
L’appel de la piste

Une fois enfilés le casque et la combinaison réglementaires vous pouvez insérer le jeu dans votre Xbox et vous voilà lancé dans le championnat Superbike ! Après une intro courte mais péchue, le menu (animé par votre pilote dans le paddock) dévoile les différents modes de jeu de façon claire. Solo, Xbox Live et options sur la page d’accueil (attention ce n’est qu’à cet endroit et uniquement ici que l’on sélectionne son degré de réalisme de pilotage !) et tous les modes classiques par la suite avec championnat, essai, course rapide, ainsi qu’un mode défi.
Autant le dire tout de suite, le championnat, qui est généralement la principale attraction d’un jeu de ce genre, sera particulièrement pénible pour la plupart des joueurs. En effet, tout au long des 13 courses du championnat SBK (circuits officiels pour licence officielle), il faudra à chaque fois se taper : une session d’essai libre, la première séance de qualification, superpôle (si les qualifs sont concluantes), la 2eme qualif, la 2eme séance d’essai, le tour de chauffe, la première course et la deuxième course, amen ! Et bien-sûr avec des temps de chargement qui paraissent interminables entre chaque séance : de quoi dégouter les joueurs les plus patients pour arriver à la fin d’un championnat !

Certes, tout ceci est très réaliste, le joueur a l’occasion de peaufiner ses réglages à chaque fois (et ce n’est pas du luxe), en s’adaptant parfois à des conditions météo changeantes durant le week-end de course, mais tout ça est vraiment rébarbatif à la longue et les chargements cassent complètement le rythme, déjà timide, du jeu.
Seul mode original du lot, les défis, qui proposeront de relever différents challenges : effectuer le meilleur temps possible entre deux enchainements de courbes rapides, remonter cinq places dans le dernier tour d’un grand-prix, faire le plus long dérapage, et encore beaucoup d’autres ! Des idées intéressantes qui débloquent quelques petites récompenses : photos de babes (de loin le leitmotiv de ces défis…), extraits vidéos de courses réelles, etc.
Mélange de cuir et de goudron

Comme toute suite qui se respecte SBK09 se devait de faire mieux que son ainé au niveau de la réalisation technique. J’entends déjà certains rigoler : vu la qualité de SBK08, on n’imagine pas les développeurs s’arracher les cheveux pour trouver la solution ! Et pourtant, quelle déception ! Les décors et les circuits sont vraiment moches (il n’y en a pourtant que 13), les motos sont tout juste correctes avec un manque flagrant de reflets et de détails. Si les replays passent bien à l’écran, il ne faut pas se laisser duper par les images diffusées par l’éditeur. On aperçoit même des « raccords » sur le fond de certains circuits comme si 2 images étaient mal superposées ! Bref, pas franchement digne d’une « next-gen », et pas de quoi inciter le joueur à venir laisser quelques traces de gommes sur les circuits.

Un effort à pourtant été fait pour les rendre vivants avec moult hélicoptères et avions qui traversent le ciel de la course… mais c’est loin d’être suffisant ! Pour l’anecdote, sachez que le jeu s’installe pour seulement 3,8 petits gigas (soit environ 3 de moins que la plupart des jeux)… ceci explique sans doute cela !
Par chance, l’animation ne souffre pas, mais il faut avouer que l’effet de vitesse n’est pas non plus très grisant. Le point le plus positif de cette réalisation est sans nul doute l’aspect sonore et particulièrement le son des moteurs. Tous sont fidèlement reproduits et on distingue aisément le gros twin de la Ducat au V4 de la nouvelle Aprilia ; les connaisseurs apprécieront !
Biaggi et Laconi au tapis

Heureusement, s’il y a une chose de réussie dans ce SBK09, il s’agit du gameplay. Le titre propose plusieurs degrés de réalisme de débutant/arcade à simulation extrême. Dans ce dernier, il faudra alors gérer tout sur votre moto : les dégâts, l’usure des pneus, les réglages et même vous puisqu’il faudra tenir compte des transferts de masse du pilote d’avant en arrière lors des phases d’accélération et de décélération ainsi que surveiller sa santé (enfin le gaillard est costaud et peut encaisser plusieurs chutes).
SBK09 se révèle alors très très pointu (trop ?) et devient un régal pour les fous de motos (et de jeux vidéo évidemment). Les réglages sur la moto sont très nombreux et agissent vraiment sur le comportement de celle-ci, tout en sachant qu’une RSV4 ne réagit déjà pas à la base comme une GSXR ! Milestone a vraiment effectué un gros travail sur ce point d’autant plus que, contrairement à d’autres simulations, il faudra aussi composer avec les conditions météo, paramétrables avant les courses. La pluie agit réellement sur la conduite et rend bien à l’écran… Comme quoi, quand on veut, on peut !

Lorsque la course démarre, il faudra bien gérer son départ (faux départ possible), bien écraser le réservoir pour ne pas trop lever la moto et avoir la meilleure motricité possible. Le moindre freinage en courbe vous fera gouter du gravier et seule une trajectoire parfaite vous fera monter sur le podium, surtout que le niveau des concurrents est plutôt élevé !
La gestion des dégâts apparait sous forme d’icônes, en dessous du compteur, qui vous renseignent sur l’état de la moto. Celle-ci et même la combinaison du pilote se détériorent à chaque chute et le résultat est assez bien rendu. Mais attention, un tel degré de simulation pourra rapidement décourager un joueur occasionnel, mieux vaudra se rabattre sur un mode plus arcade… mais du coup, beaucoup moins intéressant.
Tous sur le circuit
Le mode multi de SBK09 est uniquement disponible sur le live. Il est classique mais offre comme tout jeu de course des instants mémorables, si tant est que votre adversaire soit à un niveau proche du vôtre. Les passes d’armes entre pilotes vous feront alors revivre certains grands moments que l’on voit d’habitude à la télévision, un vrai plaisir et sans lag ! Il est juste dommage qu’aucune option ne permette d’inviter directement un ami, il faudra à chaque fois repasser par le xbox guide.
Le Bilan
On a aimé
- Le pilotage en mode simulation
- Le bruit des motos
- Les nombreuses vues intérieur/extérieur
- Les conditions climatiques
On a moins aimé
- La réalisation dépassée
- L’aspect rébarbatif du championnat
- Manque de fun général
Conclusion du test de SBK 09
Superbike, super jeu ?
Au final le jeu s’en sort devant la concurrence mais de peu. SBK09 rattrape une mauvaise réalisation en offrant un très bon niveau de simulation. Une chose assez rare lorsqu’il s’agit de moto sur console. En niveau réaliste le jeu est exigeant et, à l’opposé, n’offre rien de particulier en niveau arcade. De ce fait, SBK09 s’adresse avant tout aux puristes des 2 roues puisque rien ou presque ne retiendra l’attention d’un joueur occasionnel. On attend donc toujours LE jeu de moto qui mettra tout le monde d’accord; peut-être MotoGP 09/10 ? Pour le savoir, rendez-vous l’année prochaine !
Moi j’adore ce jeu.
Mais bon, la concurance fait qu’il n’est pas très dure d’aimer un jeu de moto quand il est bien fait (même si effectivement les défauts cités dans le test sont bien présents).