Warriors Orochi 2
300 hits combo !
Warriors Orochi 2 est la suite, aussi surprenant que ça puisse paraître, de Warriors Orochi (sorti sur PS2). N’ayant pas joué à ce dernier, je serai bien incapable de vous dire ce qui change dans cette suite, si ce n’est qu’il semblerait que l’histoire reprenne là où elle a été laissée à la fin du premier opus.
Si vous aimez l’Asie médiévale, les épées et l’écrasage de tronches en série, venez donc voir Warriors Orochi 2, un jeu où vous serez à vous tout seul une arme de destruction massive !
Une histoire qui b…qui bé..qui bégaie
Les amateurs des jeux Koei ont à peine besoin de ce résumé, tant l’histoire de fond de leurs jeux est plus ou moins toujours la même.
Dans celui-ci, vous prendrez la direction d’une des factions qui s’affrontent dans un combat sans merci pour la domination du monde, ou pour sa défense. En effet, quelques années après la défaite du roi serpent Orochi, il y a des places à prendre. Et s’il y a des places à prendre, c’est qu’il y en a à défendre. En suivant cinq scénarios différents, qui s’entrecroisent plus ou moins bien, vous déciderez de l’issue de ce combat titanesque !
J’aimerais vraiment vous dire que le scénario est plein de stratégies géopolitiques, mais ce n’est tout simplement pas le cas. On se perd rapidement entre les personnages dont beaucoup se ressemblent, et surtout on comprend vite que l’histoire a en fin de compte peu d’importance ! Soit on est méchant et il faut battre tout le monde, soit on est gentil et il faut battre tout le monde, dont le fameux roi serpent Orochi qui va plutôt bien (non, ce n’est pas un spoiler : il y a son nom dans le titre du jeu, et il est jouable dès le début !). Koei se donne beaucoup de mal pour l’habillage de son jeu, sans que ça ait vraiment d’importance. Cela reste malgré tout agréable : on ne prête pas vraiment attention à ce qui se passe, attendant la bataille suivante, mais cela donne lieu à de sympathiques cinématiques, et cela déculpabilise de jouer à un jeu bêtement bourrin.
Pan dans lag
Et oui, c’est bien là le cœur même du jeu : le bourrinage. Tous les champs de batailles se ressemblent : vous êtes à la tête d’une armée amorphe dont la seule utilité est de vaguement glandouiller, et c’est bien vous qui allez vous taper tout le boulot. Taper étant le terme exact, puisque vous allez décimer des centaines d’adversaires par niveau. Les soldats ennemis ne sont là que pour vous ralentir, et seuls les généraux vous poseront quelques problèmes. En pratique, on martèle la touche X pour cogner, et au fil des passages de niveau on gagne des coups supplémentaires, rendant les touches B, Y et RB utiles pour déclencher des attaques furieuses et meurtrières. Ce sont trois généraux que vous contrôlez, et vous pourrez en changer à tout moment pour vous adapter à l’adversité, ou tout simplement pour éviter de mourir.
Chaque personnage, et il y en a une sacrée quantité, a ses propres armes, attaques et mouvements spéciaux. Ils appartiennent à une des trois grandes classes du jeu : personnage technique, rapide ou puissant.
L’aspect stratégique du titre est proche de l’inexistant. Il se limite à choisir entre foncer pour atteindre l’objectif le plus vite possible, rester proche d’alliés en danger pour les protéger, ou bien ratisser tout le niveau pour accumuler le plus de points d’expérience possible. La très faible diversité des objectifs ne permet pas vraiment de plus se creuser la tête !
Malgré ce peu de profondeur, il faut bien avouer que tout cela fonctionne plutôt bien. L’action est intensive, spectaculaire et brutale, soit très exactement ce qu’on peut attendre d’un tel jeu. Et si la finesse est absente pendant la bataille, elle se trouve ailleurs, dans sa préparation.
En effet, le jeu propose une étonnante palette de personnalisation des généraux qui vous fera passer pas mal de temps dans les menus du jeu. Jugez plutôt : après chaque mission vous pouvez répartir les points d’expérience gagnés (les allouant à n’importe quel général), attribuer des bonus glanés à votre armée, ou bien améliorer votre arme. Sachant que de nouveaux généraux rejoignent vos forces après pratiquement chaque bataille, cela fait beaucoup de monde à gérer ! Celui qui veut exploiter chacun des personnages disponibles n’a plus qu’à s’installer confortablement car cela lui prendra un paquet de temps.
1001 façons de tuer
Non content de proposer un mode histoire comportant de nombreux niveaux, le jeu propose également un mode libre (le même que le mode histoire, mais en utilisant n’importe quels généraux), un mode rêve (28 batailles à débloquer, des situations détachées du scénario), ainsi que deux modes plus originaux : versus et survie.
Dans le mode survie, c’est un véritable jeu de combat qui nous est présenté. Du un contre un sur un ring, comme une sorte de Soul Calibur du pauvre. Idée intéressante dans le principe, mais pour un résultat peu concluant : ce qui fonctionne sur le champ de bataille est très insuffisant pour du 1 contre 1. Trop peu de coups, trop peu de technique, et un mode de jeu qu’on abandonne très vite.
Le mode versus, lui, invite deux joueurs à s’affronter de différentes manières. Dans certains cas, c’est du un contre un, et vous avez déjà compris que cela ne présentait pas grand intérêt. Dans d’autres, c’est un écran splitté en pleine bataille. Malheureusement ça ne fonctionne pas non plus ! L’écran déjà confus en solo devient un capharnaüm improbable sur les deux moitiés d’écran, et le tout est agrémenté de ralentissements pénibles.
Il faut signaler également que même le scénario est jouable à 2 joueurs, mais avec les mêmes défauts, ce qui le rend peu attractif. Une bonne façon de corriger cela aurait été de permettre le jeu en ligne, chacun devant son écran. Et oui, vous avez bien noter le « aurait ». Le jeu en ligne aurait sans doute apporté un plus indéniable à ce genre de jeu, et son absence est surprenante…
A part le mode rêve qui en donne toujours plus, les autres options seront donc très vite abandonnées.
Vite fait, correctement fait
S’il y a une chose évidente avec ce jeu, c’est que c’est une adaptation d’un jeu PS2. La seule différence semble être les graphismes revus à la hausse, et encore. Le résultat n’est pas formidable, avec de grandes étendues bien vides, des ralentissements et des adversaires statiques. Pourtant l’amateur devrait y trouver son compte. La violence des combats est bien rendue, et les très nombreux personnages sont réussis, dans le respect des tenues traditionnelles du Japon médiéval. Si techniquement le jeu n’impressionne pas, on ne peut pas dire non plus qu’il déçoive : c’est un jeu Koei typique, du même niveau que les nombreux Dynasty Warriors, pas plus, pas moins. Ce qui intéresse l’amateur dans ce genre de jeu, c’est avant tout le nombre de personnages, la variété de ces personnages dans la façon de trancher dans le vif, et l’enchaînement des combos presque infini. De ce point de vue, Warriors Orochi 2 est plus que complet, et permettra de longues heures de jeu.
Le Bilan
On a aimé
- Pas de surprise : l’amateur de jeux Koei aura son compte
- Très riche, grande durée de vie
On a moins aimé
On a pas aimé :
- Réalisation sans relief
- Pas de jeu en ligne!
Conclusion du test de Warriors Orochi 2
Comme d’hab…
Warriors Orochi 2 est le jeu typique qui s’adresse à un public ciblé. C’est un jeu bourrin et répétitif qui lassera très vite la majorité des joueurs. Pourtant il est impossible de le qualifier de mauvais jeu, tant il risque de combler les amateurs du genre, les fans de Koei et de leurs Dynasty Warriors ! Très complet, avec de nombreux personnages et de nombreuses batailles, et avec un système de progression poussé, il leur donnera entière satisfaction. Pour ceux qui ignorent s’ils sont fans ou non du genre, une seule solution : essayer avant d’acheter.