Test – Facebreaker

Casseur de têtes de père en fils
La boxe,
Fine alliance de fatigue et de force.
Subtile mélange de salive et de sang
Sur face de combattant titubant.
Opposition nette entre puissant et veule
La boxe,
Tu m’as détruit la gueule !
Depuis quelques années, EA Sports s’est plus ou moins attribué le monopole des jeux de simulation de boxe sur xbox 360. Côté jeux de boxe décalés, après les célèbres Ready 2 Rumble de Midway sur Dreamcast, on ne peut pas dire qu’on ait vraiment eu droit à une pléthore de titres ces derniers temps. Ce coup-ci, c’est EA qui tente sa chance, avec un Facebreaker dont la démo est disponible sur le xbox live depuis environ un mois. Le fun a-t-il été imité avec autant de brio ?
Casser la voix, mode d’emploi
Le principe du jeu est simple : dégommer son adversaire. Et pour ce faire, on a plusieurs moyens à disposition : 3 Knock Down en un combat, 1 KO pendant la mort subite (si personne n’a réalisé 3 K-D) ou un facebreaker. Bah oui, fallait bien que le terme apparaisse quelque part. Facebreaker©, nom composé, de l’anglais Face et Breaker qui signifient respectivement Tronche et Casseur. En somme, il s’agira de casser la tronche de son adversaire via une sorte de finish spécifique à chaque personnage, après avoir réussi à remplir une barre de combos en frappant son adversaire sans se faire toucher et sans pause. Cela fait, il suffira de réaliser une combinaison toute simple et commune à tous les personnages pour lancer une animation de fin de combat (le facebreaker démolit tellement la tronche de votre adversaire qu’il ne s’en relève jamais) plus ou moins amusante.
Outre cette originalité de gameplay, le jeu tend à aller au plus simple. On a les habituels coups au corps avec le bouton A, les coups au visage avec le bouton Y, la protection avec la gâchette R, la projection avec le bouton B ; pas trop de problèmes donc pour retenir les touches. A cela il faut ajouter la possibilité de parer ou d’esquiver plutôt que de simplement bloquer. Il s’agira ici de suivre un timing plutôt précis soit en maintenant le bouton A ou X pour éviter un coup haut ou bas de l’adversaire et aussitôt contre-attaquer en le relâchant, ou encore de maintenir la gâchette de protection associée au coup haut ou bas pour bloquer un coup et le retourner. Bien évidemment, un contre peut se faire contrer, une esquive peut se faire esquiver à nouveau et ainsi de suite, jusqu’à ce que les joueurs s’épuisent ou que maman ne crie « à table ». Ce principe tout simple rend les combats extrêmement nerveux puisqu’il faudra faire preuve de réflexes aiguisés. Ajoutez à cela des personnages tous plutôt rapides et les seuls 3 rounds du combat, on arrivera à des combats assez brefs et très vifs, pour un maximum de fun…au début.
Car c’est là le problème des jeux simplifiés au maximum : si on s’y amuse vite grâce à une prise en main immédiate, on a tendance à vite s’ennuyer aussi, par manque de subtilités. De plus, la brièveté des combats est compensée tant bien que mal (et plutôt mal) par une gestion assez étrange de la barre de vie qui se remplit presque entièrement après un KO ou à chaque round. Au final, le rendu est agréable dans un premier temps mais vite répétitif et donc lassant.
Slip, caleçon ou boxer ?
Au niveau des modes de jeu, on n’a pas grand-chose à se mettre sous la dent. En effet, côté solo, hormis le mode combat de base où s’opposeront 2 combattants, on a le mode « Bagarre en barre » qui vous proposera de sélectionner un boxeur parmi les 7 disponibles de base et de combattre dans différents milieux les adversaires, avec souvent une technique spéciale à utiliser (l’esquive, le contre, …) pour en venir à bout. S’il vous faudra certainement plus d’une tentative dans un premier temps, on comprend relativement vite l’astuce pour remporter un combat et on finira un 1er mode de difficulté déjà élevé sans avoir eu l’impression de survoler les combats, avant éventuellement de tenter l’aventure dans le 2nd mode de difficulté, un chouillat plus difficile ou le 3ème et dernier, déjà plus délicat. Enfin, le mode sofa vous permettra de faire un tournoi à élimination directe de 2 à 6 joueurs.
Le dernier mode de jeu est bien évidemment le mode en ligne, pour des matchs simples classés ou non, ou des trophées xbox live. Pas d’originalité particulière ici : la possibilité de jouer en ligne et de casser quelques tronches au comportement moins scripté donnera sans aucun doute un nouveau souffle à ceux qui auront fini le jeu en solo et n’auront pas eu le courage de recommencer avec tous les personnages dans tous les modes de difficulté, mais il ne faut pas non plus s’attendre à pallier totalement l’impression de lassitude. Il faut dire que pour débloquer des bonus, pas besoin de faire des combats spéciaux, il suffit de jouer, de jouer et de jouer, encore une « subtilité » avec laquelle les développeurs ont habillé leur jeu. Une bonne initiative cependant pour ceux qui ne veulent pas se farcir le mode solo avant d’avoir droit à tous les personnages.
Let’s get reaaaaady to facebrrRRrrrrreeeeeakeeeeeeeRRRRRr
Impossible d’aborder un jeu du genre sans parler de l’ambiance qui le caractérise. Ici, EA n’a que moyennement réussi son coup. Si la qualité graphique du jeu reste correcte, elle n’impressionnera pas, et c’est plus dans la touche esthétique qu’on trouvera son compte, et on appréciera beaucoup le style visuel propre à chaque combattant ou encore la déformation volontairement outrancière des visages. Malheureusement, le charisme de chaque personnage est limité à cet aspect esthétique, pas un brin d’histoire n’a été intégré. Vous trouverez ainsi un malade mental, un singe, un cannibale, un surfeur ou un charmeur italien à 2 sous parmi la douzaine de personnages disponibles.
C’est sans compter sur les avatars que vous pourrez créer dans le mode « fabrique de boxeurs », à partir d’un combattant existant ou en utilisant la caméra Live Vision (vraiment sympa comme idée), ou encore ceux que vous pourrez télécharger sur les serveurs d’EA tels que Chuck Norris, GW Bush, Kratos, Hulk, ou, pour les nostalgiques de Ready 2 Rumble, Michael Jackson. Chaque combattant possède un style de combat qui ne se distingue pas vraiment du voisin, si ce n’est pour certains coups spécifiques. La rapidité diffère très peu selon le combattant, la puissance déjà plus. Dommage, parce que le colosse frappera suffisamment vite et fort pour poser de sérieux problèmes au boxeur rapide et plus faible.
Avant chaque combat en mode solo, votre adversaire vous narguera via une présentation d’avant-match pendant le chargement qui a autant d’utilité qu’un point virgule aujourd’hui… Pas beaucoup donc ! Exit aussi le côté complètement loufoque des Ready 2 Rumble avec des voix exubérantes et délirantes.
A l’habitude des studios EA, la musique est plutôt bien choisie et les menus sobres et clairs, dans la continuité du jeu qui va droit au but et cherche la simplicité. Les voix ont été localisées en français et, même si le casting est des plus alléchants (vous reconnaitrez forcément les voix de vos acteurs préférés), elles ne collent qu’avec peu de vraisemblance à l’image. Enfin, les décors sont peu nombreux et suffisamment peu variés pour qu’on s’en lasse vite, malgré quelques bonnes idées (on traversera notamment un zoo, un asile, un manoir, …).
Le Bilan
On a aimé
- Très simplifié
- La nervosité et les sensations manette en main
On a moins aimé
On a pas aimé :
- Trop simplifié
- Durée de vie
- Vite lassant
Conclusion du test de Facebreaker
Caaasséééééé ?
{{S’attaquer au monument de Ready 2 Rumble n’était pas chose facile, et la tentative d’EA n’est pas dénuée d’intérêt. La sobriété a clairement été le mot d’ordre pour Facebreaker, que ce soit visuellement ou au niveau du gameplay. Les combats sont nerveux et le titre est facile d’accès, il n’est pas nécessaire de jouer en solo pour débloquer des bonus, tout semble aller à l’essentiel : procurer des sensations manette en main le temps d’une partie.
Malheureusement, cette facilité d’accès a un prix, et elle se fait aux dépens de la profondeur de jeu. Ainsi, celui-ci trouvera vite ses limites pour un joueur intensif, celui qui cherche à jouer plusieurs heures d’affilée ; le joueur occasionnel, quant à lui, se laissera facilement prendre au jeu pour une partie de temps en temps, seul ou avec des amis. Qui plus est, le jeu ne coûte « que » 50€. }}