Viva Pinata: Trouble in Paradise
Toujours aussi bon
Viva Pinata est un jeu de gestion développé par Rare sorti il y a un peu moins de deux ans maintenant. Malgré les nombreuses qualités du titre, le concept n’a pourtant pas fait un carton comme on pouvait l’espérer, et n’a semble-t-il pas touché le public visé. Pourtant, Microsoft a décidé de donner une seconde chance à la série avec Viva Pinata: Trouble in Paradise. Les petits animaux sont de retour, avec heureusement quelques nouveautés au programme.
Un jardin, une pelle, des graines
Le début du jeu nous met directement dans l’ambiance. On est dans la peau d’un jardinier qui dispose de son propre jardin pour en faire à peu près ce qu’il en veut. Le but est très simple : attirer le maximum de ces mignonnes créatures appelées Pinatas. La tâche semble facile mais il n’en est rien. Il faudra de nombreuses heures de pratique avant d’avoir fait le tour du jeu et des différentes possibilités proposées.
On commence donc avec une pelle et un arrosoir, qui pourront par la suite être améliorés afin de faire plus de choses. Pour attirer ces fameuses Pinatas, il faut les appâter dans le jardin et pour ce faire, chaque Pinata requiert certaines conditions. Au début, il est facile de faire venir les Pinatas mais plus on avance dans le jeu, plus ce sera difficile et plus les conditions à remplir seront complexes et/ou longues à réaliser. La première Pinata qu’on aura est un ver. Un ver est attiré dans le jardin d’office puisque c’est le premier petit animal qu’on rencontrera. Une fois qu’il est dans le jardin, il est visiteur et il faut qu’il devienne résident. Pour devenir résident, un ver a besoin de terre et ça tombe bien, il y en a dès le début du jeu. Le ver attirera ensuite une espèce d’oiseau, l’oiseau attirera une autre espèce et ainsi de suite. Les Pinatas s’attirent les unes les autres mais pas seulement. Beaucoup d’autres paramètres peuvent rentrer en compte. Pour faire venir certaines Pinatas, il faudra par exemple avoir 3 spécimens de poule et un bananier sur le terrain (au hasard). Car oui, les plantes jouent aussi un rôle.
Au commencement du jeu, on ne dispose que de quelques graines basiques mais on aura plus tard l’occasion de faire pousser des arbres aussi majestueux que les chênes ou les étranges arbres précieux. Au total, ce sont une cinquantaine de graines qui seront à notre disposition. Certaines font pousser des plantes, d’autres des arbres (fruitiers ou non), et chaque chose a son utilité dans le jardin, chacune a des conséquences. Pour obtenir des graines, il faudra être patient. Plus on avance dans le jeu, plus on augmente de niveau, et plus on obtient de graines différentes de la part d’un petit bonhomme appelé Seedos. On plante donc une graine, on veille à ce qu’elle soit suffisamment arrosée de temps en temps et on attend que ça pousse.
Vous l’aurez compris, c’est tout un écosystème qui se met en place au fur et à mesure qu’on progresse et plus on arrive à obtenir de nouvelles choses (arbres, plantes, Pinatas), plus on augmente de niveau et plus on débloque la suite. Le principe de Viva Pinata repose donc sur la progression, et le jeu demandera du temps à ceux qui voudront en voir le bout, tout comme dans le premier volet.
Qu’elles sont mignonnes !
Comme énoncé auparavant, si on souhaite obtenir de nouvelles Pinatas, il faut remplir certaines conditions. Mais ce n’est pas l’unique moyen pour autant. Dans Viva Pinata: Trouble in Paradise, on peut désormais obtenir ces charmantes petites bêtes via la caméra Xbox Live Vision et les cartes Viva Pinata. Concrètement, il s’agit de montrer la carte à la caméra et celle-ci détectera le code nécessaire pour faire apparaître la Pinata dans le jardin. On peut même maintenant prendre des photos de ses Pinatas dans le jeu pour partager ses bestioles ensuite avec ses amis qui pourront eux aussi les présenter devant leur caméra.
Une autre façon d’obtenir plus de spécimens est de les accoupler. Mais là encore, sous certaines conditions. Pour certaines Pinatas, il faudra manger des fruits, pour d’autres, avoir un objet spécial sur le corps etc. Une fois que la Pinata a ce qu’elle veut, elle peut alors trouver un partenaire identique à elle-même et si une maison qui leur est dédiée est construite sur le terrain, c’est parti pour la romance. Un mini jeu se lance alors et c’est à nous de jouer. On se retrouve sur un parcours semé de bombes où il faut amasser le plus de cœurs possibles et rejoindre son partenaire à l’autre bout. Si le joueur y parvient, les deux Pinatas s’accoupleront et une petite séquence vidéo viendra illustrer tout ça. Rien de salace pour autant puisqu’il s’agira en fait d’une danse nuptiale avec à chaque fois une musique et une situation un peu décalée. Un œuf viendra alors se poser à côté de la maison des deux amoureux et un bébé Pinata verra le jour. Il pourra s’accoupler à son tour plus tard lui aussi, si les conditions nécessaires sont réunies.
Deux nouveaux terrains
La grosse nouveauté de Viva Pinata : Trouble in Paradise réside dans les deux nouveaux terrains disponibles. Outre son propre jardin composé au début de terre, d’eau et d’herbe, le joueur peut désormais se rendre dans le désert ou dans un monde glacial. Évidemment, c’est l’occasion de découvrir de nouvelles espèces de Pinatas propres à ces deux nouveaux environnements. On pourra alors se rendre sur l’un des deux terrains pour obtenir de nouvelles bestioles mais attention, elles ne vont pas venir toutes seules.
Il faut, encore une fois, les attirer. Mais plus question de conditions. Ici, il faut leur tendre des pièges. Rien de plus simple : on commande un piège, on pose un ou plusieurs appâts au sol ou sur le piège et on attend que la Pinata se fasse capturer. Avec un peu de pratique, on arrivera à capturer la Pinata souhaitée (certaines sont plus sensibles à certains appâts que d’autres) et on pourra l’envoyer ensuite dans notre vrai jardin. Il faudra alors faire comme d’habitude, remplir les conditions nécessaires pour faire de la Pinata capturée une Pinata résidente du jardin. Sans quoi, elle finira par partir d’elle-même.
Ces deux nouveaux environnements sont vraiment les bienvenus puisqu’ils ajoutent des créatures bien sympathiques mais on regrettera quand même le fait qu’ils soient dissociés de notre jardin et qu’un temps de chargement soit nécessaire pour y accéder. D’autant plus qu’on ne peut rien faire dedans à part capturer des Pinatas. Pas de culture de plantes possible, pas de construction, rien d’autre. A noter que ce sont en tout 32 nouvelles Pinatas qui ont été ajoutées dans cette nouvelle mouture de la série.
Un jardinier à plein temps
Ça a peut être l’air simple comme ça de planter des graines, les arroser, attirer des créatures et les accoupler mais c’est en fait assez complexe de gérer tout ça en même temps. Certaines graines ne peuvent être plantées qu’à des endroits spécifiques (boue, herbe, sable, neige etc, heureusement qu’on peut « semer » ce qu’on veut parmi ces 4 choix), quelques Pinatas ne s’apprécient pas entre elles (et se font la guerre), d’autres nécessitent des pré-requis difficiles à mettre en place et j’en passe.
Il faut aussi veiller à ce que les graines qu’on fait pousser sont suffisamment arrosées (heureusement notre arrosoir s’améliore au fil du temps), que les fruits ne pourrissent pas et qu’on puisse les récolter pour les revendre ensuite. Pour les Pinatas, il vaut mieux s’assurer qu’elles soient heureuses, épanouies, et qu’elles ne soient pas gênées par quelque chose ou quelqu’un. Certaines Pinatas apprécient des objets spécifiques par exemple, objets qu’on pourra acquérir à l’animalerie ou au magasin du coin. Le magasin est d’ailleurs un endroit où on passera beaucoup de temps puisque d’une part, l’interface est toujours aussi lente et mal pensée qu’avant, mais aussi parce qu’on peut y acheter des graines, des fruits et légumes, de l’engrais, des accessoires pour le jardin, des jeux pour les Pinatas ou encore des améliorations pour nos divers accessoires de jardinier. Tout ceci a un coût, non seulement monétaire mais aussi en place disponible pour le jardin. Chaque objet et Pinata occupe en effet une certaine place, et le jardin est limité en fonction de l’occupation du terrain. C’était l’un des défauts du premier Viva Pinata, et on le retrouve malheureusement ici encore. Il est parfois rageant de devoir faire de la place dans son jardin pour pouvoir planter une petite graine minuscule alors que le jardin n’est finalement pas si rempli que ça. D’autant plus que même si on le vide de quelques objets, on continue à être bloqué à ce niveau avant d’avoir fait un gros ménage, ce qui implique forcément de faire des choix qui nous font perdre du temps (vendre un arbre qu’on a mis 3 jours à faire pousser par exemple).
Il faut donc veiller à ce que le jardin soit le mieux entretenu, le plus efficace, possible. Et en parlant d’efficacité, on a la possibilité d’embaucher du personnel pour nous aider dans nos différentes tâches, moyennant un peu d’argent. La cueilleuse peut ramasser les fruits et légumes à notre place, l’arroseuse se charger de l’approvisionnement en eau, le médecin soigner les Pinatas malade, un autre pourra transformer les objets et ainsi de suite. Mais même si le personnel est assez efficace, on restera toujours bien occupé. Dans Viva Pinata, il y a toujours quelque chose à faire.
Et si tout ça prend déjà du temps à gérer, il faudra aussi s’occuper des Pinatas et personnages malveillants. Certaines Pinatas dites « piquantes » sèment la zizanie dans le jardin, de même que d’autres personnages qui viendront par exemple mettre de la terre dans le bassin d’eau, frapper des Pinatas etc. Il faudra donc trouver un moyen de les stopper…
Et le charme opère…
En dépit de toutes ces tâches qu’on doit accomplir du mieux possible pour progresser, on a malgré tout le temps d’entrer dans l’ambiance si spécifique au jeu. Tout comme son prédécesseur, Viva Pinata: Trouble in Paradise dispose d’un design bien à lui, charmant, original et surtout cohérant. Rare est toujours aussi à l’aise avec la technique, et a même amélioré certains points comme par exemple les reflets de l’eau qui scintille désormais et qu’on regarde avec plaisir au coucher du soleil.
Pas de doute, le charme du jeu est resté intact. La patte graphique est toujours là, les musiques calmes et joyeuses sont assez discrètes mais efficaces et l’écosystème qu’on a devant nous n’en est que sublimé. On notera une nouvelle fois les animations et les mimiques des Pinatas qui sont toujours aussi réussies. Certaines situations méritent vraiment le détour, et il ne sera pas rare s’esquisser un sourire, si tenté qu’on soit bien entré dans le concept.
Et qu’on ne s’y trompe pas, Viva Pinata: Trouble in Paradise n’est pas un jeu pour enfant. Il pourrait s’y apparenter à première vue mais la profondeur de son gameplay, la richesse qu’il offre et les nombreuses possibilités disponibles demandent un certain effort d’attention. Viva Pinata pourrait se limiter à planter des graines et accoupler des Pinata entre elles mais ce serait passer à côté de la moitié du jeu, celle qui offre tant au joueur qui en veut plus. Viva Pinata est subtil, parfois délicat, intriguant, et demandera souvent au joueur une certaine rigueur pour arriver à ses fins.
Jouer avec des potes
L’un des défauts du premier Viva Pinata était l’absence totale de mode de jeu à plusieurs dans un même jardin. C’est maintenant chose réparée, et ça n’a pas été fait qu’à moitié. On peut aussi bien jouer avec ses amis en local qu’en ligne via le Xbox Live. En local, on lance tout simplement une partie et n’importe quel ami à côté de nous peut se connecter à n’importe quel moment. Il bénéficiera lui aussi d’un curseur qui lui permettra d’arroser, creuser etc. Il pourra même bénéficier de quelques petites spécificités qui concernent les Pinatas et qui ajouteront un peu de piquant à la partie puisque le deuxième joueur ne peut tout de même pas construire de maison pour Pinata, acheter des objets et autre. Juste s’occuper du jardin.
En ligne, on peut également jouer en coopération mais cette fois à quatre. Inutile de dire que dans ce cas là, l’entretient du jardin devient bien plus facile et reposant. Celui à qui appartient le jardin peut attribuer des droits plus ou moins importants aux visiteurs afin de ne pas avoir de soucis si jamais un joueur n’est pas très sérieux.
L’interaction avec les autres joueurs est aussi effective lorsque chacun s’occupe de son propre jardin. On peut alors envoyer ses Pinatas à d’autres joueurs en cadeau via des caisses ou avec le mode photo. Celui-ci permet de prendre une de nos Pinata en photo qu’on peut ensuite envoyer à ses amis.
Et les nouveautés alors ?
Pour ceux qui ont déjà terminé le premier Viva Pinata dans tous les sens, ce deuxième opus pourra hélas avoir l’air d’une très grosse mise à jour. Certes nous avons de nouvelles espèces, un mode bac à sable pour les débutants et ceux qui ne veulent pas trop se prendre la tête, deux nouveaux environnements, des nouvelles graines, quelques raccourcis plus pratiques qu’avant et l’intégration des jouets au jardin mais au final, le jeu est à peu près le même. Rare a aussi ajouté deux mini-jeux sans réel intérêt. Le premier est une course très simpliste entre pinatas en vue du dessus, le second nous propose de comparer notre Pinatas à d’autres devant un jury. Il aurait peut-être été mieux de se concentrer sur d’autres choses…
On reste avec les mêmes personnages, les mêmes décors, les mêmes mimiques, c’est pourquoi l’impression d’un gros add-on subsiste. On aurait par exemple aimé que le jardin puisse maintenant évoluer sur des hauteurs différentes, avec une gestion des ressources plus poussée, ou encore la possibilité de visiter l’île des Pinatas pour interagir davantage avec notre jardin. Le jeu demeure quand même toujours aussi excellent, mais on aurait juste aimé en avoir plus.
Bilan :
On a aimé…
- Toujours aussi joli
- Toujours aussi profond
- Les nouveaux environnements et nouvelles Pinatas qui vont avec
On n’a pas aimé…
- Pas de gros changement au final
- Certains menus toujours aussi lourds
Toujours au top mais pas assez neuf
Malgré ses airs de grosse mise à jour par rapport au premier opus, Viva Pinata: Trouble in Paradise reste un des meilleurs jeux disponibles à ce jour sur Xbox 360, pour peu qu’on adhère un minimum au principe. Très joli, profond, mignon, original, charmant, le jeu sait clairement tirer son épingle du jeu sur le catalogue de jeux Xbox 360. C’est un réel plaisir que de voir évoluer l’écosystème qu’on a créé, d’autant plus qu’on peut maintenant partager l’expérience entre amis. Bien plus complexe qu’il n’en a l’air, Viva Pinata: Trouble in Paradise est vraiment riche en possibilités et comblera les joueurs qui en veulent toujours plus.
Super génial ! Mieux que Viva Piniãta : party animals !
» Jeu de gamin » 😛