Publicité

L’Incroyable Hulk

Le 13 juillet 2008
Le 13 juillet 2008

On aurait aimé qu’ils n’y croient pas non plus…

Partager cet article :

Qu’est-ce qui est grand, vert, balaise, et qui a grave les boules ?

Non ce n’est ni le Géant Vert, ni même une belle mère.

Enfin… J’aurais probablement préféré la belle mère, ça aurait été plus simple de passer outre…

Ho ! Ho ! Ho ! Géééééant Vert !

Dans L’Incroyable Hulk, le jeu officiel, vous l’aurez compris, on dirige le colosse plein de colère, de rage et de rayons gammas. Et il n’est pas content, et ça se comprend. Vous aussi, vous auriez la rage si on vous avait épilé les testiboules pendant votre sommeil, alors que vous étiez fiers de votre virilité !

C’est ainsi que vous débarquez dans Brooklyn presque à poil, bronzé après un séjour près de la lanterne centrale et prêt à tout casser, du simple passant aux hélicos de l’armée, en passant par les bâtiments et un groupe de méchants conquérants du monde : l’Enclave.

Y’a pas à dire, mais vert comme il est, Hulk va s’en donner à cœur joie de tout péter.

Prout !

Et on peut dire que ça sent plutôt mauvais tellement il s’est lâché. Le visuel offre le minimum syndical pour de la PS2. Les animations sont irrégulières de fidélité, puisqu’au sol, Hulk court comme une antilope, tandis que dans les airs, il se traîne, alors que la logique hulkienne voudrait que l’on ressente cette sensation de lourdeur (attention, j’ai pas dit lenteur) également au sol. On ne la ressent légèrement qu’en plein virage lorsque l’on sprinte ou que l’on fait demi tour, mais sinon, Hulk ne semble pas peser sa demi-tonne, et c’est bien dommage…

De même que sa puissance n’est que peu retranscrite. Bien sûr, il bousille des bâtiments en entier, voire des petits chars, mais ce n’est qu’après une bonne dizaine de coups surpuissants. On est loin du Hulk Ultimate Destruction (dont semble s’inspirer ce jeu) sorti il y a quelques années sur Xbox, Gamecube et PS2.

Made In Taiwan.

Le jeu étant a peu près basé sur le film (enfin, il paraît, ce dernier n’étant pas encore sorti à l’heure où sont écrites ces lignes), on retrouve donc un Hulk un peu fillette qui arrive à aligner 3 mots sans éclater la tête à quelqu’un. C’est pour cela qu’on l’appellera donc Hulkette.

Vous l’aurez donc compris, la rage de Hulkette n’est que trop peu retranscrite, de par sa puissance restreinte dans le jeu, mais aussi par sa panoplie de coups vachement limitée : frappe légère, frappe lourde, sauter, attraper des objets pour s’en servir (comme des massues, poteaux, ou pierres), attaque sismique, régénération, attaque cinglante. Tout est destructible. Enfin tout sauf le sol et la base des immeubles. Ajoutez à cela la possibilité de booster vos capacités en réalisant des exploits aussi divers que variés, et la boucle est bouclée.

Tournons en rond !

Hulkette aura de quoi faire à Brooklyn. Mais comme Hulkette a un cerveau de 3 ans, les développeurs ont dû lui faire faire toujours le même type de mission : protection, transporteur et destruction. Heureusement que quelques mini-jeux viennent rafraîchir tout cela en se présentant à certains endroits, permettant une chasse aux scores, plutôt défoulant pour la plupart (détruire le plus possible, faire des courses, jouer aux « fléchettes »…). Cependant, et malgré la durée de vie plutôt honnête que propose le jeu (une quinzaine d’heures pour le tout, mini-jeux et déblocage de bonus et capacités inclus) on fini par se lasser de faire uniquement la même chose avec autant de légèreté. Hulk est une œuvre complexe et qui pose de vrais problèmes existentiels, comme la multiplicité des facettes chez les gens, les conséquences de la colère et de la cruauté, pourquoi c’est dangereux de regarder Les Bronzés trop longtemps…

Rajoutez à cela pas mal de bonus à débloquer, comme des couvertures de comics, des images de 50 bâtiments de Brooklyn (qu’il faudra détruire pour les avoir), des nouveaux persos jouables, les 100 containers de rage et de gamma à trouver et collecter. Il y a donc de quoi faire. A tel point, que l’on ne sent pas l’absence d’un mode multi. De toute façon, il n’y a qu’un seul Hulk. Enfin, on ne va pas chipoter sur les nombreuses petites cabrioles utilisées par les divers scénaristes du comic, ce serait de la mauvaise foi. On peut dire que côté durée de vie SEGA ne s’est pas foutu de ta gueule cher lecteur.

SEGA, c’est plus fort que… on s’en moque, Hulk les pète de toute façon.

Oui, parce que là, nous étions du côté clair du jeu, ce que l’on pourrait qualifier de positif (oui, je sais, à ce niveau ça fait un peu peur).

Maintenant, nous allons parler des choses qui fâchent vraiment.

Tout d’abord, que les fans ne se rassurent pas, les persos déblocables ne sont que des skins et n’apportent rien d’autre. Exit donc les commentaires hilarants de Joe Fixit lorsqu’il écrase des gens ou qu’il transforme une bagnole en gants, ou des interventions humoristiques des divers personnages parlants. Rien de tout ça. Cela vous fera regretter Hulk Ultimate Destruction. Pire encore, la narration utilisée dans le jeu est en dents de scie. Ne comprenez pas par là qu’un coup, la narration est bonne et qu’un coup elle est mauvaise. Comprenez plutôt qu’un coup il y en a (et de manière plus que discutable), et un coup il n’y en n’a pas (et on ne le regrette plus en voyant quand il y en a). Continuons sur l’aspect artistique (et donc discutable, et pas forcément grave selon les personnes) en soulignant que tant qu’à faire, on recycle le cast d’Iron Man pour se retrouver avec Bruce Banner et Tony Stark avec la même voix, qui ne colle toujours pas avec le personnage. Surtout que le jeu d’acteur français est vraiment pitoyable et peu convaincant. J’ai croisé, dans la rue ce matin, une crotte avec plus de conviction que les acteurs. Non, je n’ai pas regardé Dr Slump.

Docteur Norimaki, vous pouvez réparer ça ?

Et la colère monte de plus en plus, et personne ne peut rien pour nous, pauvres joueurs. Elle aura atteint sa forme hulkienne la plus puissante dans la fin de ce test, lorsque nous aborderons les problèmes bien moins artistiques (et donc, bien moins discutables).

Commençons d’abord par le moindre mal, histoire de faire monter la rage graduellement : le gameplay. Si le colosse possède un système de saut, fort bien pensé et plutôt fidèle à ce que l’on pourrait penser pour doser les sauts, le reste de sa prise en main, est totalement merdique. Ça va du temps de réaction en retard (dû en partie au fait que l’action se fait lorsqu’on relâche le bouton après avoir chargé les coups, mais là encore, c’est un choix plus artistique qu’autre chose), à la lenteur de Hulkette en combat, en passant par la système de lock totalement, mais alors totalement à chier. Nous n’oublierons pas non plus de mentionner la caméra, plus qu’approximative. D’une part, il faut être vraiment en face pour loquer l’adversaire, mais en plus, s’il y a plusieurs adversaires, va falloir prier pour que le jeu locke le bon adversaire. Bien sûr, on peut le changer avec le joystick droit, mais en plein combat contre des dizaines d’ennemis qui veulent votre peau, et n’ayant pas de système de priorité dans le lock, on se retrouve la plupart du temps coincé sur des sbires éloignés, alors que notre priorité est le boss qu’on a au corps à corps. Vraiment ennuyeux…

Cela ne vous fait pas peur ? Qu’à cela ne tienne ! Je rajoute à ceci une tonne de ralentissements plus ou moins importants qui gênent complètement l’action et la maniabilité, et des bugs d’affichages plus ou moins honteux, allant du clipping à des bugs de collision, plutôt zarbs.

Je te sens fébrile cher lecteur. La rage monte en toi, ton teint commence à se colorer de vert. Mais cela n’est pas suffisant, je le sens. Au moindre relâchement, tu deviendras bleu et rouge et tu auras l’air sacrément con avec les nains du village de champignons.

Alors que fait-on Grand Schtroumpf ?

La solution est simple : rien. Il suffit de ne rien faire pour déclencher le mode Hulk chez le joueur. En effet, puisque le jeu se permet de ne rien faire trop souvent. Ou plus précisément de ne plus rien faire. Dans le jargon technique, on appelle ça freezer (non pas celui battu par Sangoku, puis par Trunks) ou planter la console. Dans le jargon de joueur, on appelle ça : « Putain de jeu de merde ! ».

Gros carton rouge à SEGA qui laisse sortir un jeu bourré de ralentissements dès que la sauce de destruction monte (et elle monte vite), et en plus qui fait planter la console très régulièrement, et la seule solution est de l’éteindre puis de la redémarrer (le chargement en début de partie est très long) en espérant que cela ne replante plus jamais. Pour ce test, j’ai du endurer plus de 10 heures de ralentissements, ainsi qu’une dizaine de plantages console. Je peux vous dire que comme la sauvegarde ne se fait qu’en fin de mission/mini-jeu, ou lorsque l’on quitte le jeu, on a le temps de sentir passer les longues heures perdues de collecte d’objets bonus à refaire à cause des plantages. Rassurez-vous, si vous avez lu ce test, je vous aurai épargné cette torture sans nom qui aurait pu donner un jeu à priori plutôt agréable, si les problèmes techniques n’étaient pas aussi nombreux à venir gâcher l’ensemble.

C’est quand même honteux. Laisse la rage t’envahir, tu es prêt pour la transformation cher lecteur, tu vas devenir une boule de rage détruisant tout sur son passage.

Tiens et tant que t’y es, ramène-moi une baguette pas trop cuite si tu passes par une boulangerie.

Bilan :

On a aimé…

  • La gestion intelligente des sauts
  • Bonne durée de vie

On n’a pas aimé…

  • Tout le reste

J’ai trouvé qui j’vais frappeeeer !

L’Incroyable Hulk est le jeu à licence type qui se base exclusivement sur la licence du film. Contrairement à Iron Man du même éditeur, L’Incroyable Hulk ne prend aucun risque. Les licences de licences sont toujours trop maigres. Surtout lorsque l’on voit à côté des jeux comme Hulk Ultimate Destruction, plus jouissif, dont semble s’être inspiré cette itération, on se dit que le grand public est une chose dangereuse pour les joueurs. Pourtant avec la correction des nombreux bugs qui ne passent pas inaperçus, le jeu aurait pu être agréable à jouer, sans être l’extase, et ça aurait déjà été cela de gagné pour les aficionados.

C’est honteux de sortir un jeu dans cet état.

En bref, à éviter à tout prix, même pour les fans du colosse tout dur et tout vert.

Conclusion du test de L’Incroyable Hulk

L
Partager cet article

L’Incroyable Hulk

Développeur : Edge of Reality
Éditeur : Sega
Date de sortie : 27/06/2008

commentaire

0 Commentaires
Accueil » Tests » L’Incroyable Hulk