Test – Flatout : Ultimate Carnage
Serial cascadeur
Rarement j’ai pu voir un jeu autant assumer ce qu’il est, et ce dès sont titre et sa jaquette. Le jeu va offrir très exactement ce qu’il annonce, voitures + carnage ultime, et se positionne directement comme digne héritier du mythique Destruction Derby.
A chacun son carnage
Les modes de jeu proposés sont calqués sur ceux de Flatout 2 : ceux qui y ont joué ne seront pas dépaysés, puisqu’il n’y a pas de nouveautés. C’est d’ailleurs un net point faible du titre, qui n’offre aucune évolution dans le jeu par rapport à l’épisode précédent.
Pour ceux qui débutent en Flatout, je vous propose une petite visite de ce que vous allez pouvoir faire.
Le mode de jeu principal en solo est un mode carrière où vous allez acheter des voitures vous permettant de participer à des épreuves classées en 3 catégories : Derby, Course et Route, correspondant à des véhicules de plus en plus rapides (et de plus en plus chers !).
Il vous faudra gagner suffisamment d’argent dans les courses pour pouvoir vous acheter la voiture appropriée et ainsi avancer dans le jeu.
A noter que c’est une configuration faussement ouverte : le prix des voitures de la catégorie supérieure est toujours élevé, et vous obligera de toute façon à aller très loin dans vos épreuves avant de commencer les suivantes. Ce n’est pas tout de suite que vous attaquerez les championnats de première catégorie.
Les épreuves sont divisées en mini-championnats, et il est nécessaire d’arriver au moins troisième à tous les mini-championnats pour déverrouiller la série suivante, ainsi que de nouvelles bagnoles. Au fur et à mesure de vos victoires, vous débloquerez également des événements de type contre la montre ou Destruction Derby vous permettant de gagner quelques crédits supplémentaires.
En plus de vos victoires, le nerf de la guerre pour progresser est donc l’argent, pour acheter des voitures et les améliorer.
Heureusement, vous avez de nombreuses façons d’en gagner. Remporter les courses est la plus évidente, mais vous agrémenterez largement vos gains en détruisant au passage le décor, ou mieux, vos adversaires !
Ce mode de jeu est long, complet, et l’opposition est acharnée avec une difficulté progressive. Vous n’en verrez pas le bout avant longtemps !
L’autre « gros » mode de jeu consiste en un mode « Carnage » qui est une succession de petits jeux vous permettant de gagner des points, débloquant ainsi de nouvelles épreuves.
Vous trouverez ici des variantes des courses (il faut détruire le plus de choses possible, ou bien passer des check-points avant que la bombe dans votre coffre n’explose), mais surtout des Destruction Derby (12 voitures dans une arène, le but étant de détruire le plus d’adversaires possibles et évitant de se faire détruire soi-même), et des épreuves de lancé de pilote très variées. Dans celles-ci, vous foncez à travers un parcours plus ou moins biscornu, et éjectez votre pilote par une pression plus ou moins longue sur A. Le but est de l’envoyer le plus haut possible, ou bien de lui faire atteindre des cibles, ou encore d’abattre des quilles. Stupide, mais drôle et franchement amusant.
Ce mode de jeu est plutôt simple, et on avance très vite dans les épreuves. Par contre il n’est pas si évident d’atteindre la médaille d’or, et les perfectionnistes n’ont pas fini de lancer leur avatar dans les airs pour faire exploser les scores.
Enfin, à signaler en plus du classique mode regroupant des time attack et les différentes épreuves jouables « à l’unité », un mode « Party » où on affronte sur un même écran ses potes en se passant la manette chacun son tour. Pas incroyable, mais amusant quand même.
Un petit regret général : comme trop souvent maintenant, il n’y a pas de jeu à 2 en écran splitté sur un même écran.
Quelque soit le mode de jeu, nous sommes là dans de l’arcade pure, avec pour seul objectif le fun, le fun, et encore le fun. Objectif largement atteint.
Le choix des armes
Dans Flatout : Ultimate Carnage, il n’y a pas d’armes…ou plutôt si, l’arme, c’est vous !
Pour évoluer dans les différents modes de jeux, vous aurez donc le choix entre de nombreux véhicules allant de la vieille caisse dont il ne reste que la carcasse au camion, en passant par des voitures qui se propulsent à une vitesse stupéfiante. Tous les véhicules peuvent être customisés pour voir leurs performances s’améliorer.
Attention toutefois, ici, ce n’est pas Need for Speed ou Forza ! On se contente de gonfler un peu le moteur, de changer ses freins…pas de décoration de la voiture, pas de modification de son apparence, cela n’a rien à voir avec du tuning.
Il faut souligner également que quand je parle de nombreux véhicules, ce n’est pas non plus un choix pléthorique qui est proposé, d’autant moins qu’il n’y a pas de grosses différences de comportement entre les voitures d’une même catégorie. C’est d’ailleurs un point faible du jeu, toutes les voitures ou presque ayant le même genre de tenue de route, pas très bonne d’ailleurs, et deviennent vite incontrôlables quand on est à fond, ou quand on allume la nitro. Cela participant à l’aspect spectaculaire, aux retournements de situations en course et cela provoquant des carambolages dantesques, on pardonnera ce peu de profondeur, même si on peut le regretter.
Le choix a été fait de privilégier l’arcade à tout pris, et la conduite est donc simple, avec un usage très réduit de la pédale de frein. L’aspect aléatoire des courses (il suffit d’une réception un tout petit peu en travers pour partir dans le décor) laisse planer en permanence un suspens dans les poursuites, mais d’un autre côté il est un peu frustrant de se dire que l’accident est pour ainsi dire inévitable, et que quelque soit son niveau de compétence, on peut réduire le risque d’incident de course, mais jamais le supprimer.
Vos adversaires ne vous laisseront aucun répit, usant des mêmes stratégies honteuses que vous (poussettes, défonçage de pare-choc, destruction du décor pour vous laisser vous débrouiller avec les débris…), l’IA étant de très bonne facture, chaque pilote ayant son propre comportement sur la route.
Le carnage, c’est beau
Il est courant de disséquer la réalisation des jeux de voitures les plus côtés, et surtout les plus sérieux. On va disserter des heures sur la modélisation des voitures, sur l’animation, sur les graphismes de Forza, PGR ou GT. Et bien ils peuvent largement s’inspirer de ce Flatout.
L’objectif du jeu n’est clairement pas de proposer des nouveautés par rapport à Flatout 2, mais plutôt d’en faire une sorte de mise à jour technique. Objectif plus que dépassé, tant la réalisation est d’un haut niveau. L’impression de vitesse est excellente et d’une superbe fluidité, et les graphismes sont somptueux, soutenus par un moteur physique ultra efficace et performant. Le décor est plus destructible que dans la majorité des fps, et la piste devient vite un véritable dépotoir où vous allez heurter des pneus, des planches de bois, ou même un avion ! La puissance de la console est exploitée, tous ces objets étant gérés sans problème avec précision. L’aspect fouillis de Flatout 2 sur Xbox ou PS2 s’en trouve largement amoindri. Non content de cette performance au niveau de sa physique, le jeu offre en plus tout ce qu’on peut attendre d’un gros titre sur next gen. Effets de particules superbes, explosions spectaculaires, beauté plastique des environnements flagrante, belle gestion des couleurs et des éclairages qui marquent l’ambiance des différents circuits, déformation (et destruction !) des véhicules…nous avons là une réalisation très haut de gamme que viennent à peine entacher quelques mini-bugs. C’est vrai que l’herbe a tendance à traverser les voitures, et c’est vrai qu’on se retrouve parfois avec un objet coincé sur le pare-brise, mais ces défauts sont plus que minimes au regard du résultat global.
Je ne serais pas aussi dithyrambique au niveau de la bande son du jeu. Comme toujours maintenant, pas de véritable musique mais un enchaînement de chansons dans la catégorie « gros rock ». Le problème se pose déjà quand on n’est pas spécialement fan de ce genre musical, et là il se pose d’autant plus qu’il n’y a pas non plus beaucoup de morceaux et que les musiques deviennent vite très répétitives et fatigantes. Il va vite falloir passer sur sa propre sélection, ou bien couper la musique pour laisser parler des bruitages qui eux sont très efficaces, que ce soit pour le bruit des moteurs ou pour les nombreux impacts.
Un multi de furieux
Si il y a un jeu destiné à être joué sur le live, c’est bien celui-ci !
Voila le jeu idéal pour se détendre entre quelques parties de Forza : si dans ce dernier la coutume veut qu’on conduise « propre », dans Flatout, c’est exactement le contraire ! Pour assurer, il faut être brutal, chercher la confrontation, froisser de la tôle.
Toutes les épreuves sont jouables jusqu’à 8, et procurent immédiatement un haut degré de fun. Les courses classiques sont déjà très agréables à jouer, mais pour se défouler dans la bonne humeur, rien ne vaut des combats endiablés dans les arènes, ou bien des courses en « duel » où il faut faire demi-tour à chaque tour.
Les épreuves où on concourt simultanément sont plus calmes et se jouent en discutant pour faire redescendre l’adrénaline après quelques courses explosives.
Le jeu continue de s’assumer pleinement, puisqu’en live, tous les véhicules et toutes les pistes sont immédiatement accessibles.
Techniquement c’est irréprochable, avec une interface intuitive et simple à manipuler, et aucun lag ni aucun ralentissement, quelque soit le nombre de participants, le mode de jeu ou l’intensité des carambolages.
En quelques parties, Flatout Ultimate Carnage s’impose sans problème comme une star potentielle du jeu en ligne.
Le Bilan
On a aimé
- Très fun
- Simple d’accès
- Belle réalisation
- Excellent jeu en ligne
- Les mini-jeux très sympas
On a moins aimé
On a pas aimé :
- Rien de neuf par rapport à Flatout 2
- Musiques pas terribles
Conclusion du test de Flatout : Ultimate Carnage
Destruction massive
Quelle bonne surprise que ce Flatout Ultimate Carnage ! Réalisation de haute tenue, fun omniprésent, jeu en ligne de première catégorie…nous tenons là tout simplement le meilleur jeu de course de type arcade de la console. Avec un peu plus de profondeur dans le gameplay, et avec quelques innovations par rapport à Flatout 2, le jeu aurait même pu côtoyer les sommets de la ludothèque, même si déjà en l’état il est un achat plus que conseillé.