Test – Colin Mc Rae Dirt
Poussière tu retourneras poussière…
Testeur : Kal-El
Parmi tous les sports automobiles le rallye (dans le grand sens du terme) fait un peu bande à part, ne se déroulant pas sur des circuits conventionnels, il est autant apprécié que les autres catégories. Pourtant il demande sans doute plus de maîtrise car les pilotes n’empruntent le circuit que 2 fois la plupart du temps (une fois pour le shakedown ou reconnaissance et la deuxième fois lors de la spéciale). C’est peut-être pour cela que les grandes figures du rallye n’ont pas besoin d’avoir le même palmarès que dans les autres catégories pour être connus et reconnus. Parmi eux se trouvait un certain Colin Mc Rae, au palmarès impressionnant, on l’appelle aussi l’écossais volant ou Colin Mc Crash. En effet son style de conduite est très agressif et c’est à cause de ça qu’il a fini dans le décor de façon stupéfiante. Bien sûr Codemaster profite de la popularité du pilote pour nous pondre en 1998 un jeu de rallye, auquel ont succédé 4 suites, très bonnes dans l’ensemble. Cependant Codemaster à décidé de ne pas se reposer sur ses lauriers et a pris le temps qu’il fallait pour développer le premier épisode Next-Gen de la franchise. Le dépoussiérage est-il à la hauteur ?
Le tour de reconnaissance
On lance le jeu et l’on fait connaissance avec Jason qui nous propose de créer notre profil et présente notre copilote, Andy. Une fois le profil créé, on nous expose les différents modes et plus particulièrement le mode carrière et la première chose qui nous interpelle, c’est la quantité d’épreuves qui nous attend, c’est assez impressionnant. Mais pas tant que ça au final puisqu’il se finit relativement vite. Une fois la présentation terminée, on fait le tour nous-même des différents modes de jeu et on s’aperçoit que le jeu est complet. Les environnements sont nombreux : on traversera entre autres le Japon, l’Espagne, l’Allemagne, l’Angleterre, les Etats-Unis au travers de multiples étapes. D’ailleurs les disciplines ne sont pas sans rappeler la diversité d’un certain RalliSport Challenge. Ce sont 6 catégories de courses qui vous attendent.
Le rallye traditionnel qui vous permet de battre vos concurrents grâce aux chronos que vous signez. Les super spéciales vous opposeront à un autre concurrent sur un circuit en huit. Le rallye cross, course face des concurrents sur un circuit mêlant asphalte et terre. Le rallye raid est un peu comme le rallye cross mais avec des camions. Les courses de côte durant lesquelles, au volant de voitures très puissantes, vous devez gravir d’énormes montées où la moindre faute vous éjectera de la piste. Enfin le CORR (championship off-road racing), course de buggy ou de pick-up sur des circuits avec des sauts qui vous retourneront les tripes. Et des tripes, il vous en faudra tout au long du jeu tellement l’impression de vitesse est bien rendue : traverser les sous-bois britanniques en fond de 6ème à plus de 180 km/h demande un doigté précis pour ne pas faire une embardée dans les arbres signifiant la fin de la course dans les modes de difficulté élevée. Et je ne vous parle même pas des voitures comme la Peugeot 205 T16 ou la Suzuki Escudo qui ont des vitesses météoriques. Enfin ne comptez pas jouer avec ces bolides tout de suite, il vous faudra les acheter dans le mode carrière pour que ces véhicules (46 au total) soient disponibles dans les autres modes de jeu. Ainsi vous ferez votre petit bonhomme de chemin dans le mode carrière gagnant épreuve sur épreuve, engrangeant des euros pour ensuite compléter votre garage. De plus, l’argent ne sert pas qu’à acheter des voitures, il sert aussi à payer les peintures de celles-ci, en effet plusieurs peintures sont disponibles pour répondre aux goûts de chacun. Bien-sûr le jeu propose un petit dilemme pour gagner des euros, car en fonction du niveau de difficulté vous gagnerez plus d’argent mais en contrepartie vous n’êtes plus totalement sûr de gagner et la pression se fait sentir.
Il faut sentir la piste
Niveau conduite, on se rend bien compte que l’on n’est pas dans une simulation, la voiture adhère sur la route de manière impressionnante, c’est un peu surréaliste. Il en est de même avec le freinage, très (trop) puissant il vous stoppera sur des distances microscopiques et vous sauvera dans de nombreux cas. Ceci dit, le plaisir de conduite est bien là, on adore la précision de la direction vous permettant de prendre des trajectoires exceptionnelles à haute vitesse pour gagner toujours plus de secondes sur vos concurrents. A noter que 6 vues sont proposées : 2 externes, 1 capot, 1 parchoc et 2 vues internes. La plus immersive reste la deuxième vue interne vous mettant directement dans la peau du pilote en voyant ce qui s’offre à lui. En plus les petits gars de Codemasters ont pensé à tout en nous permettant de tourner la tête avec le stick droit; cependant son utilisation pendant une course est vivement déconseillée sinon vous risquez de ne pas finir vivant, même si cette vue interne est la plus jouable que j’ai pu essayer dans un jeu de voitures. Bien que n’étant pas orienté simulation, le jeu propose des réglages quasiment aussi complet que dans Forza Motorsport 2; il est cependant curieux de ne pas pouvoir choisir le type de pneus à utiliser pour les spéciales. C’est peut-être parce qu’on ne peut pas choisir les pneus, que ceux montés d’origine pour les courses sont si adhérents. L’un des gros points forts réside dans la gestion des dégâts : je crois que c’est le premier jeu à gérer aussi bien les dommages subis par le véhicule. On sent immédiatement quand un organe de la voiture n’est plus vraiment en état, le moindre choc, le moindre saut mal réceptionné endommagera votre bolide, à tel point que si certains éléments sont trop touchés, vous devrez abandonner (tout dépend du mode de difficulté). C’est tellement réaliste qu’il vous prendra des envies de faire des courses juste pour désintégrer la voiture et voir ce qu’elle peut encaisser. C’est d’ailleurs grâce aux dégâts qu’il est si excitant de conduire à la limite juste parce qu’on sait que la moindre faute signifiera la fin de la course. C’est du grand art sur ce point et les sensations sont au rendez-vous.
Nouvelle carrosserie et nouveau moteur
Si le jeu a tant fait parler de lui, ce n’est pas pour rien : c’est parce que les développeurs ont mis au point un moteur graphique nommé Néon, et on voit bien qu’ils y ont passé du temps car le résultat surclasse tous les autres jeux de voitures. Les voitures sont modélisées à la perfection, les environnements regorgent de détails, les effets de particules sont saisissants. Les effets de lumière donnent aux paysages des allures de cartes postales et les bolides reflètent la lumière avec une précision d’horloger suisse, enfin pendant un temps car la crasse viendra s’incruster sur la carrosserie. Vous serez aussi surpris par la distance d’affichage assez impressionnante mais vous n’aurez pas le loisir de regarder le paysage souvent tellement l’impression de vitesse est saisissante et associée à un frame rate solide. A noter que le frame rate connaît quelques ratés lors des courses impliquant plusieurs véhicules dans une grosse collision, mais rien d’alarmant. Juste pour pinailler, on peut signaler un petit peu de clipping sur certaines ombres. Niveau bande son, c’est plutôt bon dans l’ensemble : les moteurs rugissent, les turbos sifflent, on sent bien qu’ils ont aussi bien travaillé sur ce point-là. Les musiques quant à elles sont un peu discrètes mais se fondent bien avec l’ambiance des menus. En ce qui concerne nos deux acolytes, Jason et Andy, c’est le jour et la nuit. Jason nous paraît bien sympathique mais finit par être un poil lassant lors de certains commentaires de fin d’épreuve ou de championnat. Andy, le copilote, est parfait, tous les conseils qu’il vous donnera dans les menus et pendant la course sont d’une aide précieuse pour grappiller des secondes, d’ailleurs abusez des reconnaissances du copilote avant les étapes pour savoir à quoi vous attendre. Bref vous l’aurez compris techniquement, le jeu se veut abouti et c’est un plaisir pour les yeux comme pour les oreilles.
Je t’avais pourtant dis de ne pas couper le virage
Pourtant tout n’est pas parfait et certains points manquent cruellement à l’appel. Comme dit précédemment il y a le fait que la voiture adhère et freine trop, mais on n’est pas dans une simulation et tant que les sensations sont présentes c’est le plus important. Mais ce qui choque le plus c’est la quasi-absence de mode multi-joueurs, c’est assez déroutant surtout pour un jeu qui aurait pu proposer une expérience multijoueurs grandiose. Tout de suite on dit au revoir au mode multi en écran divisé. Ensuite le mode Live se résume à un contre la montre pouvant opposer jusqu’à 100 joueurs simultanément. Bien sûr vous êtes seul sur la piste mais vous courez en même temps que les autres. Pas grand chose de très divertissant mais qui a son charme pour les fous des chronos. Donc si vous voulez faire un championnat va falloir sortir son calepin et son stylo. Si vous cherchiez en Colin Mc Rae Dirt un successeur à RalliSport Challenge pour le multi, vous serez déçu.
Le Bilan
On a aimé
- Belle réalisation
- La modélisation des voitures, les détails à l’écran
On a moins aimé
On a pas aimé :
- Jeu en ligne décevant
- Le choix d’un gameplay arcade peut rebuter certains
Conclusion du test de Colin Mc Rae Dirt
Easy left, long easy right
Le dépoussiérage de la franchise de Codemasters passe le cap de la Next-Gen avec brio, le jeu est envoûtant grâce à ses graphismes et à son gameplay énergique. Il propose de nombreuses qualités, et la diversité dont il jouit nous permet de ne pas se lasser rapidement. Mis à part un multijoueurs décevant, les joueurs cherchant un jeu de rallye non-orienté simulation pour leur 360 seront comblés, pour les autres il faudra attendre soit la prochaine itération, soit une autre franchise.