Test – Hunted The Demon’s Forge

Bilbo et Marcus Phoenix sont sur un bateau
Dire qu’on n’attendait rien de Hunted the demon’s Forge serait presque un euphémisme tant le jeu semblait ne rien présenter de follement excitant. Et pourtant, essayer de transposer Gears of War dans un univers médiéval fantastique pouvait éveiller la curiosité à défaut de nourrir notre impatience. On pouvait même craindre le pire tant les deux univers semblaient totalement incompatibles. Après avoir parcouru le prologue de Hunted je peux vous dire que beaucoup de joueurs vont être à deux doigts de jeter le DVD du jeu par la fenêtre. Mais parfois il est de bon ton de persévérer.
Je vais jouer à ça moi ?!

Certains jeux mettent du temps à captiver les joueurs, à dévoiler toutes leurs qualités. Les impatients jettent l’éponge très rapidement et assènent leur jugement inquisiteur dès les premières minutes. Un peu comme si vous passiez à côté de la femme de votre vie juste pour un morceau de salade collé entre deux dents. Dans la vie, il faut persévérer, il faut savoir gratter et savoir regarder derrière les premières impressions qui ne sont pas toujours les bonnes.

On pourrait décerner à Hunted la palme d’or du « Prologue qui tue », de la plus grosse feuille de salade entre les dents. En effet, le chapitre de mise en bouche de ce jeu possède tout ce qu’il faut pour dégoûter un joueur normalement constitué de continuer. On a rarement vu cela, et on espère que Bethesda ne mettra pas en ligne une démo du jeu reprenant ces premiers pas catastrophiques. Dès le début Hunted nous offre un condensé de ses défauts, une direction artistique pas toujours heureuse, des décors génériques, une technique défaillante un peu défaillante, des textures sans éclairage dynamique, un doublage français totalement à côté de la plaque et des combats brouillons loin de l’intensité d’un Gears.

Et loin d’atténuer ces premières impressions, le début de l’histoire est pour le moins ridicule et capilo-tracté, le tout desservi, il est vrai, par un doublage français à la ramasse. Jugez en par vous-même : Caddoc, un gros barbare caricatural, et E’lara, une jeune elfe toute fine mais forte en gueule, sont deux mercenaires en quête de richesse et d’argent facile. Depuis quelques jours Caddoc rêve d’une étrange femme. E’lara met en doute sa sobriété jusqu’à l’apparition de cette femme qui leur promet puissance et or. Pour cela ils n’auront qu’à récolter d’étranges cristaux et les lui ramener. Là il ne faut pas sortir des hautes écoles pour se douter qu’elle cache bien son jeu et que le duo va rencontrer de gros ennuis et le joueur un gros ennui. Et pourtant…
Gears of War au pays des hobbits

Voilà comment on pourrait résumer en quelques mots Hunted the Demon’s Forge tant les petits gars de InXile Entertainment ont pioché dans le jeu phare d’Epic. On retrouve en effet le système de couverture, le duo improbable (qui se paye le luxe ici d’avoir une touche féminine), la course caméra à l’épaule, les roulades et certains tics de l’ambiance sonore -très réussie au demeurant, dans la veine de l’OST du Seigneur des Anneaux-. Hunted, tout comme son illustre mentor est fait pour être joué en binôme, il prend tout son intérêt dans ce mode. Et on ne va pas s’en plaindre.
Hunted, tout comme Gears of War est un jeu d’action à la troisième personne, sauf que là en lieu et place de vos armes à feu vous disposez d’un arc, d’une épée et d’un bouclier. E’lara et Caddoc ayant un physique radicalement différent l’un de l’autre, leurs aptitudes le sont aussi. E’lara privilégiera les attaques à distance avec son grand arc, tandis que Caddoc lui préférera le face à face sanglant. Les attaques spéciales sont adaptés à ces approches, de ce fait la coopération s’avère primordiale dans certains passages.

Seul, il vous sera possible d’alterner entre les deux protagonistes au début de chaque chapitre ou par l’intermédiaire d’un cristal violet croisé dans certains endroits. Cela permet de varier les plaisirs et d’appréhender de façon plus efficace certaines batailles. Vous aurez l’occasion de vous heurter à des énigmes où chaque joueur devra réaliser une action spécifique. En solo un seul bouton suffira à donner les ordres adéquats à votre partenaire.
Heroic fantasy oblige, on se retrouve avec deux jauges à gérer : celle de votre vie, en rouge et de votre mana en bleu. Des potions trouvées çà et là vous aideront à les garder au plus haut. Si jamais vous tombez sous les coups adverses, votre compagnon aura, tout comme dans Gears, un certains laps de temps pour voler à votre secours et vous ranimer via une potion de résurrection.

Par contre, les combats de Hunted ne sont pas à la hauteur de son mentor. Les échanges de tirs sont remplacés par des échanges de flèches -les head shots marchent aussi bien- mais l’intensité est loin d’être au rendez-vous faute à un système de combat convenu à base de coups forts et moyens, d’une IA prévisible et d’un level design ne permettant pas franchement de varier les approches. Mais l’intérêt de Hunted n’est pas là. Loin de se reposer sur les combats, Hunted réussit le tour de force d’avoir un rythme, alternant combats et exploration, parfaitement maîtrisé.
Vive le jeu de rôle !

Il faudra attendre le premier chapitre de Hunted pour commencer à apercevoir ses qualités et donc survivre au calamiteux prologue qui cumule à lui seul toutes les tares. Autant celui-ci disposait d’un environnement moche, autant celui du premier chapitre -la ville en ruine de Dyfed- et les suivants sont somptueux et le jeu offrira aux joueurs des décors réellement impressionnants, détaillés, dotés d’une direction artistique aux petits oignons et superbement mis en scène. Une réelle ambiance se dégage du jeu, palpable très rapidement, elle parvient à nous faire oublier les soubresauts techniques et la simplicité des combats. Les chapitres sont immenses, les décors regorgent de passages secrets, de pièges mortels et de passages annexes, un vrai régal pour tous les aventuriers en herbe. Hunted parvient à proposer un large panel de mise en situation, aussi bien dans les combats que dans l’exploration, alternant les deux de façon fluide et très plaisante.

Hunted vous fera vivre aventure somptueuse qui saura récompenser les curieux et les amoureux de découverte : la pluie tombe, l’eau dégouline sur les pavés de la ville, au loin un chien aboie… au détour d’un couloir jonché d’ossements des mains squelettiques se lèvent pour tenter de vous agripper… une gigantesque tête de pierre à moitié recouverte de lierre s’anime pour vous soumettre une énigme… un couloir sans fin s’enfonce dans les entrailles de la terre, faiblement éclairé par la lueur de votre torche… voilà quelques exemples d’ambiance que vous proposera Hunted seulement dans le premier chapitre parmi les 6 à parcourir. Même le duo E’lara, Caddoc qui semblait fantoche au début de l’aventure gagne en épaisseur en s’échangeant régulièrement des répliques croustillantes et gorgées de références. Hunted ne se prend pas au sérieux et c’est tant mieux, il respire l’amour du genre, un amour qui a dû motiver tout le développement du jeu.

Qui dit « Heroic Fantasy » dit aussi « jeu de rôle » et Hunted ne déroge pas à la règle en proposant une évolution de vos personnages. Ici pas de points d’expérience à récupérer mais des actions à accomplir (tuer un certain nombre d’ennemis à l’arc, trouver tant de passages secrets etc…) et des cristaux à glaner. Chaque cristal rapporté à l’énigmatique femme du début de l’aventure vous conférera la possibilité d’augmenter vos aptitudes. Ce cheminement s’avère pertinent et original. L’or amassé ne pourra pas être dépensé chez des marchands mais vous permettra de débloquer des éléments du Crucible, un mode de jeu spécial dans lequel vous allez pouvoir créer vos propres donjons. L’équipement est réduit au minimum, Caddoc et E’lara ne pouvant choisir qu’une arme à transporter au début du jeu, récupérer des boucliers (mieux vaut s’assurer d’avoir un bouclier en parfait état avant les gros combats) et des pièces d’armure distribuées au compte-goutte. Un inventaire léger certes mais loin de pénaliser le plaisir que l’on peut trouver dans ce jeu.
Seul c’est bien, à deux c’est mieux…

Surtout si l’autre est une elfe en petite tenue. Jouer en coop dans Hunted est sûrement la meilleure façon de découvrir le jeu. Plaisant seul, mais dans ce cas les énigmes sont prémâchées, il devient très agréable à deux. Petit regret pour le local toutefois vu que l’écran scindé en deux s’accompagne de deux grosses bandes noires latérales. Mais bon, le reste est du plaisir à l’état brut, sans fioriture.

SiOutre la différence de corpulence et les talents de E’lara et Caddoc les cantonnant respectivement la plupart du temps à des rôles de bouclier humain et de tireur d’élite. Chaque joueur aura la possibilité d’accroître la puissance de son compagnon par magie, voire d’aider celui-ci à terrasser ses adversaires. Caddoc aura la possibilité de maintenir les adversaires en l’air le temps qu’E’lara les cribles de flèches. E’lara, elle, pourra les geler le temps que Caddoc leur fasse goûter son tout nouveau bouclier. Les techniques sont variées et plus ou moins efficaces suivant les adversaires rencontrés.
l’aventure principale ne vous a pas suffi, Hunted dispose d’un mode de jeu appelé Crucible. Ce mode vous permet de créer des donjons de toutes pièces, décors, créatures rencontrées, armes découvertes, malus ou bonus, équipement de départ etc… On pourrait le rapprocher du mode horde de Gears of War à la seule différence que l’on enchaîne des arènes où l’on doit résister à des vagues d’adversaires.

Les éléments du Crucible (monstres, armes, décors etc…) se débloquent au fil de votre avancée dans l’aventure principale et au pécule en or que vous y amassez. Une fois votre donjon terminé vous avez la possibilité de le partager avec la communauté de Hunted, voire d’y jouer avec vos partenaires de live habituels. Un bon moyen pour accroître encore la durée de vie conséquente de Hunted…
Le Bilan
On a aimé
- Un charme fou
- Le coopératif
- Fouiller les moindres recoins du jeu
- L’humour
On a moins aimé
- Quelques bugs
- Les combats brouillons
- Le doublage français
- Le charisme de moule de Caddoc
Conclusion du test de Hunted : The Demon’s Forge
En grattant bien…
Les premiers pas dans l’univers de Hunted, manette en main, sont assez douloureux. Le prologue semblait annoncer un jeu convenu, poussif et j’en passe. Après cette introduction complètement ratée , Hunted abat ses cartes les unes après les autres et parvient à conquérir le joueur par son ambiance unique et magnifiquement distillée, son improbable duo d’aventurier, les lieux visités et sa multitude de secrets, pièges, chausses trappes, etc. Hunted s’avère être un véritable bijou pour tous les fans de donjons à l’ancienne, de combats et d’exploration. Une aventure trépidante, variée, plaisante seule et véritablement passionnante à deux. Un gros coup de cœur amplement mérité.
J’ai le jeu et je dois dire qu’au déut, je me demandais vraiment ce que j’avais acheté… Le doublage français est ridicule, le lipsync est quasiment inexistant, la doubleuse de Elara n’y met aucune conviction… La difficulté peut également énervé au début mais on apprends assez vite à ne pas rusher comme un gros lard. Après quelques heures de jeu, il s’avère que c’est en réalité un excellent jeu à faire en coop qui vous fera passer de bon moments. Cependant je ne vous le conseil pas si vous souhaitez… Lire la suite »
Pour ceux qui connaissent, Hunted c’est un Demon’s Souls grand public qui en plus est jouable en coop. Perso j’adore.