Test – Absolum – Une aventure riche et addictive

Difficile d’échapper au roguelite ces dernières années. Depuis Hadès, le genre semble s’insérer dans toutes les productions, du CRPG (Veil of the Witch) au FPS (Deadzone: Rogue). Peu de jeux parviennent à se démarquer au milieu d’une telle avalanche de titres qui empruntent les mêmes mécaniques. Pourtant, lors de sa sortie en novembre 2025, Absolum a su remporter les faveurs de la critique. Désormais disponible sur la console de Microsoft, il est temps de découvrir pourquoi le jeu de Dotemu, Guard Crush Games et Supamonks a su s’élever au-dessus de ses concurrents.
Mourir et repartir

Pour celles et ceux qui l’ignorent encore, le principe d’un roguelite se rapproche de celui d’un die and retry : avancer, trancher des ennemis, mourir, recommencer. Là où il se différencie du roguelike, c’est que le personnage que l’on incarne conserve une partie de ses statistiques ou de ses pouvoirs après chaque échec, ce qui rend les tentatives suivantes un peu plus accessibles. Le but étant de parvenir à maîtriser suffisamment le gameplay et à accumuler assez de compétences et d’amélioration pour vaincre le dernier boss de l’aventure.

Dans Absolum, ce boss se nomme Azra, un tyrannique monarque à l’origine d’un génocide de mages. Néanmoins, quelques adeptes des arcanes ont survécu à la purge et se sont réunis sous la bannière de la sorcière Uchawi. Parmi eux, quatre personnages sont jouables : Galandra, une guerrière elfe, Karl, un nain adepte des explosifs, Cider, une mystérieuse tueuse dotée de membres bioniques, et Brome, un mage grenouille. Chacun dispose de caractéristiques, d’un style et d’attaques qui lui sont propres.

S’ils débutent l’aventure armés de leur seul courage, le jeu place sur leur chemin des Rituels, des capacités passives et des bonus qui octroient des effets supplémentaires aux attaques et aux compétences. Les premiers Rituels découverts sont assez basiques : attaques de feu, esquives conférant un boost de vitesse, parades facilitées… mais il sera possible de débloquer une grande variété d’éléments et d’effets au fil du jeu. La plupart peuvent se combiner pour offrir de nouvelles possibilités de gameplay.

Absolum of rage

L’équipe de développement à l’origine du jeu est également celle qui a travaillé sur Street of Rage 4. Pas étonnant, donc, de retrouver une esthétique cel-shading et des mécaniques similaires dans les deux titres. D’ailleurs, Absolum emprunte autant au beat’em up qu’au roguelite, si ce n’est plus : des niveaux à défilement horizontal dans lesquels la progression d’un tableau à l’autre ne se fait qu’une fois toutes les vagues d’ennemis vaincues, où il est possible de trouver de l’équipement pour se renforcer temporairement ainsi que de la nourriture pour regagner un peu de santé, et qui se concluent toujours par un boss.

Comme le veut la tradition du beat’em up, tous les niveaux possèdent un univers et une ambiance qui leur sont propres, de la forêt remplie de gobelins au cimetière hanté, et, fidèle à celle du roguelite, chacun propose des variations plus ou moins subtiles à chaque passage. De nouveaux chemins s’ouvrent, des personnages apparaissent ou disparaissent et certains événements aléatoires se produisent. Certains lieux ne sont accessibles qu’après avoir accompli un objectif annexe ou progressé dans les quêtes personnelles des personnages jouables.

Le jeu regorge de secrets (de simples objets cachés aux raccourcis entre les niveaux), ce qui contribue à l’envie d’exploration. À la fin de chaque tentative, les cristaux récupérés au fil des tableaux permettent de débloquer des bonus permanents, comme une meilleure santé ou l’augmentation des chances d’apparitions d’équipement rare. Le score obtenu (influencé par le temps écoulé et la distance parcourue) permet, lui, d’obtenir de nouveaux coups spéciaux ou d’améliorer les Rituels à découvrir sur le terrain.

Beat’em rogue

Là où Absolum se sert de son aspect beat’em up pour se démarquer, c’est dans la possibilité de traverser son aventure à deux. Si cela augmente le nombre d’ennemis à affronter, le jeu en est majoritairement facilité. Il devient possible de se faire réanimer par son ou sa partenaire en cas de KO et, surtout, d’exploiter différentes synergies de combos et de compétences pour asséner des attaques dévastatrices. De fait, c’est sans doute l’aspect le plus fun du titre, d’autant que le « tir ami » n’est pas activé de base, mais peut l’être une fois le jeu terminé, lorsque toute sorte d’options pour rendre l’expérience plus difficile (et donc renouveler l’intérêt) deviennent disponibles.

Absolum possède néanmoins un défaut inhérent au genre et à la 2,5 D avec effet de profondeur : la difficulté à évaluer, parfois, à quelle distance réelle se trouve un adversaire. En clair, il arrive régulièrement, alors que l’on pense frapper l’ennemi, de balancer en réalité des coups dans le vide parce que celui-ci se trouve légèrement plus « au fond » du décor que ce que l’échelle des personnages laisse penser. Frustrant lors des premières parties, mais pas bloquant. On s’habitue rapidement à ne pas entamer de longs combos sans s’assurer qu’ils vont effectivement porter.

Malgré ça, Absolum rend une copie quasi parfaite. Beau, bien rythmé, sans bug, le titre coche toutes les cases du succès mérité. Celles et ceux qui n’ont pas eu l’occasion de s’y essayer lors de sa sortie sur PC, Switch et PlayStation peuvent tenter l’aventure, elle vaut le détour !
Testé sur Xbox Series X – code fourni par l’agence presse de l’éditeur
Le Bilan
On a aimé
- L’aspect graphique
- La variété du level design
- L’enrichissement progressif des mécaniques
- La durée de vie (très variable en fonction des personnes, mais comptez au moins une vingtaine d’heures)
On a moins aimé
- Les quelques soucis de hitbox
- L’attribution de la même touche pour « ramasser » et « lancer » qui crée parfois des situations gênantes
Conclusion du test de Absolum
Certes, on ne se mouille pas trop en disant que l’on a apprécié Absolum au vu des commentaires dithyrambiques déjà reçus par le titre. Sa sortie Xbox vient simplement confirmer un fait dont on se doutait : loin de se contenter de surfer sur la vague des mécaniques du roguelite, le jeu s’en approprie l’essence pour proposer une aventure riche et addictive. Vivement une coop à quatre pour encore plus de fun !