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Test – PES 2013

Test – PES 2013
Le 25 septembre 2012
Le 25 septembre 2012

La fin de l’ère PES…

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Le déjà-vu ou paramnésie dans le jeu vidéo est un terme qui a été créé en 1993 par Auguste Augustin, premier psychologue suisse du jeu vidéo. Ce terme est utilisé pour caractériser l’impression étrange d’avoir déjà joué à un jeu tout neuf, tout déballé, dans le passé alors qu’il ne s’agit même pas d’un remake d’un vieux jeu. A l’époque de toute façon les remakes n’existaient pas. Exemple : “Tiens j’ai l’impression d’avoir déjà joué à ce jeu de foot l’année dernière.” Selon une étude récente, cette impression de déjà-vu touche 9 joueurs de simulation sportives sur 10 et ce chaque année depuis pas mal de temps déjà…

On prend les même et on recommence

CR7 est comme l'année dernière, l'égérie de PES

Et cette impression de déjà-vu touchera comme chaque année les inconditionnels de la célèbre franchise de Konami. Et ce sont les graphismes qui viendront tout d’abord asseoir ce sentiment désagréable et dérangeant. La modélisation des joueurs semble ne pas avoir bougé depuis plusieurs années, se contentant de suivre paresseusement le look des stars du ballon rond et des changements annuels de maillots. L’ancien point fort de la série PES sent maintenant un peu rance avec ses stars bien modélisées et tous les autres au visage taillé à la serpe. On pourra juste se consoler avec l’apparition des stades du championnat espagnol, seule véritable nouveauté visuelle de cet opus 2013.

Le contrôle du ballon et sa physique ont été grandement améliorés.

L’interface est, elle aussi, dans la continuité de la série. Le menu du jeu demeure passable, manquant toujours de clarté et d’ergonomie, bien que celui-ci se trouve légèrement amélioré par rapport à celui de 2012 et évite les couleurs criardes de l’opus 2011. Malgré ces ajustements, il sera toujours peu pratique de trouver facilement les différents modes de jeu et d’aller rapidement à l’essentiel. On sera beaucoup moins tolérant avec la bande son qui l’accompagne ; les 7 titres présents dans le jeu peinent à faire ressortir l’ambiance latine festive qui leur sert de thématique commune. “Ai se eu te pego” de Michel Telo, chanson préférée de CR7, a bien du mal à mettre l’ambiance et certains titres peuvent littéralement agresser les oreilles sensibles. Le faible nombre de titres de la playlist rend le tout très redondant.

Darren Tullet va en amuser et en agacer certains.

Pour en finir avec l’habillage sonore on soulignera les efforts faits en termes d’ambiance dans les stades qui sans atteindre la puissance et la ferveur de ceux de l’ennemi intime FIFA, ont quand même plus de corps et de présence que ceux de l’opus précédent. Une autre petite nouveauté est le remplacement aux commentaires de Christophe Dugarry par l’attachant et agaçant Darren Tullet qui officiera aux côtés de l’indéboulonnable Grégoire Margotton. Si Margotton assure l’essentiel et “fait le job” au niveau de ses interventions, celles de Darren Tullet flirtent avec l’anecdotique et peuvent irriter par leur côté “humour anglais”. Pour un premier essai dans cet exercice difficile, le présentateur anglais s’en sort plutôt bien même si les puristes auront beaucoup de mal avec ce duo original.

L’important c’est le jeu…

Le samedi soir sur Canal Plus on s'éclate.

Même si on a l’impression de jouer au même PES lors des premières minutes, ce sentiment disparaît rapidement dès la fin de la première mi-temps. L’équipe de Seabass a apporté un soin tout particulier au gameplay de la série. Sans faire table rase sur le passé de la série, ils ont opéré un remaniement drastique de celui-ci qui déroutera les fans de la première heure et les poussera à visiter de façon assidue le menu entraînement. Les changements sont nombreux, techniques et loin d’être anecdotiques !

Allez, on lève tous les bras pour féter ça ! Uuuééé !

A commencer par la défense qui essaye de s’approcher des sensations procurées par la concurrence. En maintenant le bouton A enfoncé, notre défenseur suivra les déplacements de l’attaquant, ralentissant sa course tout en lui permettant de pouvoir bondir afin de lui subtiliser la balle. Le jeu est par ailleurs moins rapide que l’opus 2012, plus posé, plus agréable à jouer, plus fluide aussi sans atteindre la quasi perfection du concurrent. L’animation des joueurs a subi un lifting très agréable à l’oeil même s’ils subissent encore quelques à-coups au niveau des contacts et de l’enchaînement de certaines actions. Outre l’aspect défensif, PES 2013 offre au joueur un contrôle total du joueur et de la balle. On aura la possibilité de passer du mode “manuel” à celui “d’assisté” durant le match à la volée et de ce fait de pouvoir placer de façon précise sa balle où on le souhaite, ce qui est fort appréciable.

Cette année l'OM va tout gagner !

De plus, en maîtrisant le timing d’extraterrestre de certaines actions, on pourra réaliser des tirs flottant de tueurs, des amortis à la Zidane, des passements de jambes, des petits ponts, des coups du sombrero et on pourra même soulever un peu la balle dès sa réception pour effectuer une reprise de volée somptueuse. Sur le papier les possibilités sont impressionnantes, dans la pratique, le timing demandé est tellement serré que seuls les plus patients, les plus persévérants et les plus doués d’entre nous réussiront à utiliser ces capacités à bon escient. Réussir toutes les épreuves proposées par l’entraînement sera déjà un véritable parcours du combattant, non aidé il est vrai par des explications parfois nébuleuses. Le mode entraînement a par ailleurs abandonné les épreuves ludiques récompensées par des coupes pour n’être qu’une série d’action à réaliser.

Superbe envolée du gardien !

L’Active AI de PES 2012 a été remplacé par le Pro Active AI, à savoir que l’intelligence artificielle de vos coéquipiers a été, elle aussi, peaufinée par l’équipe de Seabass. Et force est de constater que le travail de Konami dans ce secteur là a porté ses fruits. Nos coéquipiers hésitent moins à partir sur les ailes, à prendre les intervalles et à nous proposer des solutions offensives. On n’évite malheureusement pas encore certaines errances mais il y a du mieux et le jeu devient plus technique, plus agréable à se mettre en place et ce sans forcément passer par le contrôle du coéquipier avec le stick droit assez laborieux à maîtriser. Les gardiens n’ont pas été oubliés et ont eux aussi eut droit à une amélioration de leurs IA et un éventail de mouvements étoffés. Même s’ils sont loin d’être des assurances tout risque, les grosses fautes de mains sont beaucoup moins présentes et on n’a pas remarqué de grosses carences dans leurs montées et leur capacité à se saisir des ballons qui peuvent traîner dans la surface. Dans l’ensemble, même si on ne peut que saluer les améliorations apportées au gameplay on regrettera un léger déséquilibre entre les défenses et l’attaque, ces dernières étant largement favorisées par les améliorations mentionnées.

Un pas en avant, deux pas en arrière…

Si les améliorations au niveau du gameplay sont conséquentes et très appréciables, on ne pourra pas en dire autant sur les différents modes de jeu que propose PES 2013 et sur son mode en ligne.

La modélisation est parfois superbe, parfois très décevante...

Côté mode de jeu on retrouvera la célèbre Master League sans réels changements, désormais disponible aussi en ligne pour pouvoir disputer matchs et transferts avec d’autres joueurs de PES. On trouvera aussi le Vers une légende, où notre jeune premier devra gravir pas à pas la hiérarchie mondiale pour devenir le meilleur joueur du monde. Quelques changements sont à noter dans ce mode, notre joueur partira avec des stats plus importantes dès le début de sa carrière (89 en précision de tir dès ses 17 ans par exemple !) et la possibilité de débloquer au fil de sa carrière des capacités ou des chaussures qui à l’instar d’un RPG augmenteront drastiquement ses capacités ! Un ajout vraiment étrange et finalement pas vraiment bienvenu.

Elle fait réver quand même...

La Copa America est aussi du voyage, de même que la Ligue des Champions avec sa célèbre musique. Alors oui, c’est très sympathique et réellement stimulant de participer à la Ligue des Champions mais encore faut il que celle-ci puisse proposer de jouer avec TOUTES les équipes présentes dans cette compétition en 2013 ce qui est loin d’être le cas. Il faudra aller chercher les clubs anglais (hors Manchester United) sous leur faux nom dans la ligue anglaise fictive présente dans le jeu, oublier que le Chakhtior Donetsk fait partie du groupe E et que le champion d’Allemagne, Dortmund, participe bien à cette compétition. Cela fait beaucoup et nuit grandement à la portée de cette licence prestigieuse. Le manque du championnat allemand et la fausse ligue anglaise ne seront jamais remplacés par la présence du Championnat Brésilien. PES traîne encore comme un boulet ce gros déficit de licence phare par rapport à son concurrent.

Le ballon s'envole, PES reste au sol...

Mais le gros point noir de ce PES cuvée 2013 se trouve au niveau de son mode en ligne. Celui-ci, malgré les grosses concessions faites pour assurer sa stabilité au lancement de PES 13 a encore un peu de mal à tenir la distance, le système de lobby est tout aussi moche et peu ergonomique que le menu principal du jeu. Mais le gros problème est ailleurs, le minimum syndical du jeu en ligne pour une simulation de football n’est plus assuré par PES à son lancement. Il suffit de regarder l’arrière des jaquettes des deux derniers PES pour se rendre compte de l’absence d’un élément particulièrement apprécié et appréciable du jeu en ligne pourtant bien présent dans PES 2012. Le mode coopératif n’est pas proposé au lancement du jeu. On subit là le lancement d’un jeu de façon prématurée amputé en partie de son mode en ligne. Konami a bien prévenu qu’une grosse mise à jour viendrait enrichir (intégrer ?) le mode en ligne et ce gratuitement (encore heureux) vers octobre mais la démarche est particulièrement triviale pour ne pas être grossier. Au moment de la rédaction du test, il n’est possible que de jouer des matchs en 1 contre 1 dans une interface catastrophique, moche et peu pratique. La mise à jour prévoit d’apporter une interface plus pratique, un système de lobby abouti et des matchs pouvant se jouer à 4 contre 4 en ligne. On retrouvera aussi l’aspect communautaire mis en place en 2012 avec l’intégration de Facebook myPes. En l’état, il nous est impossible de donner un avis sur le futur du jeu en ligne de ce PES 13 diffusé en kit. Une démarche totalement incompréhensible et presque suicidaire de la part de Konami qui n’avait vraiment pas besoin de cela dans sa bataille qui l’oppose à un FIFA plus impérial que jamais…

Le Bilan

On a aimé 

  • Le meilleur PES depuis longtemps
  • De vraies bonnes améliorations
  • Toujours le manque de licence
  • Un jeu en ligne à télécharger 1 mois après la sortie
  • Une modélisation à la traîne
  • Le déséquilibre entre la défense et l’attaque
  • Très loin derrière FIFA

Conclusion du test de PES 2013

Le nouveau Poulidor du jeu de foot
Chaque année on a comme une impression de déjà-vu. Les tests des deux cadors de la simulation tombent en même temps et le constat est identique, immuable, sans surprise. Konami semble avoir baissé les bras dans la course au titre et au lieu de donner le gros coup de cravache que l’on attend tous pour rattraper son retard, se contente d’un collage de rustines, de légères améliorations, salutaires mais bien insuffisantes. Ces améliorations auront même du mal à cacher le mode en ligne tronqué, charcuté, qui devra attendre un mois après la sortie du jeu avant d’être proposé finalisé (on espère) en téléchargement. Même s’il reste loin en dessous de son unique concurrent PES 2013 est loin d’être un mauvais jeu de football. Plus accessible que le 2012 pour les néophytes, il garde toutefois une grande technicité et garantira de très bons moments de football aux puristes comme aux amoureux de cette licence autrefois mythique. Car il faut se rendre à l’évidence, PES n’a plus les moyens et ne se donne plus les moyens, de lutter…

L
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PES 2013

Développeur : Konami
Éditeur : Konami
Date de sortie : 20/09/2012

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