Publicité

Test – EDENS ZERO – Faut-il embarquer dans cette adaptation du manga Hiro Mashima ?

Test – EDENS ZERO – Faut-il embarquer dans cette adaptation du manga Hiro Mashima ?
Le 11 août 2025
Le 11 août 2025

La mécanique démoniaque des jeux à licence

Partager cet article :

Edens Zero, clone de Fairy Tail version science-fiction, a connu un beau succès, tout du moins un succès suffisant pour avoir le droit à son animé et maintenant son propre jeu vidéo. Contrairement à bien d’autres adaptations, ce n’est pas le genre jeu de combat ou musou qui a été choisi pour tenter de ravir les fans, mais bel et bien la formule action-RPG.

L’Ether Gear, les poitrines opulentes et le pouvoir de l’amitié vont-ils suffire ? Est-ce dans cet univers que les adaptations de mangas sont de bons jeux vidéos ?

Soyons amis !

Afin d’exposer rapidement l’histoire d’Edens Zero, nous avons ressorti notre édition du premier tome du manga éponyme publié par PiKa EDITION. La quatrième de couverture se présente ainsi au lecteur : “Rebecca, jeune B-Cubeuse en quête de millions de vues sur sa chaîne, et Happy, son chat bleu, débarquent sur l’île de Granbell, réputée pour son gigantesque parc d’attractions géré uniquement par des robots ! Ils rencontrent toutefois un humain, le seul de l’île : Shiki, un jeune garçon un brin sauvage qui rêve d’autres horizons. C’est alors que les employés mécaniques se montrent menaçants à l’égard des humains…”

Voilà pour le point de départ d’une quête qui, conformément au genre shônen, va amener nos héros à sauver le cosmos, rien que ça !

Alors là, c’est la Grande Ourse et, juste à côté, tu as la constellation Kojima

Délaissant le style de l’heroic fantasy pour s’aventurer dans la science-fiction, pardon, la space fantasy pour reprendre les dires de son auteur, Edens Zero est signé par Hiro Mashima, mangaka connu pour Fairy Tail ou encore Rave. Ce manga ajoute les thèmes autour desquels gravite la science-fiction (vaisseaux spatiaux, robotique, voyage dans le temps, etc.) et reprend plusieurs éléments familiers de ses précédentes créations : les ingrédients classiques du shônen, des personnages aux visages connus et la touche toute particulière d’Hiro Mashima, qui consiste à dévêtir ses héroïnes et à leur faire porter toutes sortes de tenues suggestives avant de les mettre dans des situations plus que douteuses. Ce ne sera pas étonnant d’apprendre, à la fin du manga, qu’Edens Zero se déroule dans un univers parallèle/alternatif à celui de Fairy Tail, tant Shiki est l’alter ego de Natsu, Rebecca celui de Lucy et Happy celui de… Happy. Konami propose d’ailleurs un crossover le temps d’une quête.

L’instant cosplay

Le jeu commence de manière abrupte et les néophytes risquent de se sentir un peu perdus à cause d’une introduction brouillonne et confuse. Toutefois, contrairement à d’autres adaptations, dans celle-ci, il est tout de même possible, selon nous, de suivre les aventures de Shiki et ses amis. Du monde de Granbell jusqu’à la confrontation avec Drakkhen, elle couvre l’arc de Cosmos Sakura et bénéficie, en outre, de doublages en japonais. Si elle ne peut pas aller autant dans le détail que les mangas, elle parvient tout de même à retranscrire des scènes de vie à bord de l’Edens Zero. Souvent cocasses, tantôt touchants, ces moments font partie des bonnes surprises.

Mais, c’est pas déjà le cas dans le monde d’Edens Zero, non ?

Très vite, on débloque notre vaisseau spatial, l’Edens Zero, qui va servir de base entre chaque mission de l’histoire et dont les fonctionnalités sont enrichies au fur et à mesure du scénario. Les fans seront ravis d’y retrouver les lieux emblématiques du manga et de l’anime : le bain d’Ether pour renforcer nos personnages et dévoiler leurs capacités latentes, la cuisine pour se préparer de bons petits plats ou encore la dress factory. Il y a même “un” mini-jeu (deux en réalité, mais seul l’enrobage diffère). Seul reproche à faire à notre navire spatial, il reste, malgré tous ces ajouts, immensément vide.

Le fameux bain, en serviette s’il vous plaît !

Au-delà de sa trame principale, ses quelques trailers laissent entrevoir un volet exploration prometteur. Va-t-on pouvoir aller de planète en planète et explorer plus ou moins librement un monde ouvert, ou tout du moins de vastes zones ouvertes ? La réponse est malheureusement non.

Couloir, ô mon beau couloir !

En mode histoire, les environnements semblent bénéficier d’une certaine profondeur dans leur construction. Pour autant, quand on cherche à sortir du couloir qui mène au prochain objectif, des murs “invisibles” ne tardent pas à bloquer la progression, brisant au passage l’immersion. Cela dit, ce n’est pas comme s’il y avait un réel intérêt à flâner dans lesdits couloirs, tant ceux-ci sont insipides et génériques, avec tellement peu d’items à récupérer.

Comme pour répondre à ce grief, c’est là qu’entre en jeu le mode exploration, disponible uniquement sur la planète Blue Garden, qui offre, pour le coup, une vaste zone ouverte à parcourir. Bien que proposant des décors variés (montagnes, forêts, désert, ville urbaine…), l’exploration en soi n’a pas de réel intérêt. Les collectibles sont plus que dispensables et l’écriture des quêtes secondaires est, pour la plupart d’entre elles, des plus minimaliste. Les fervents collectionneurs peuvent donc mettre de côté cet aspect du titre, d’autant que les véhicules mis à disposition sont particulièrement peu maniables.

A nous les quêtes fedex !

Overdrive de saccades

On retrouve, bien entendu, “LA” technique pour avoir un rendu fidèle aux mangas et animes, à savoir le cell-shading. Le jeu semble tout droit sorti d’une autre époque, exception faite des protagonistes. En effet, Shiki et ses comparses s’en tirent à peu près bien niveau modélisation, si tant est que l’on ne s’attarde pas sur les détails. Le reste, en revanche, laisse clairement à désirer.

Les textures sont grossières et simplistes, le champ de vision est limité, il n’est pas rare de voir apparaître soudainement des éléments de décors à l’écran. Quant à la caméra, elle a tendance à s’emballer dans les couloirs et lors des affrontements, au point qu’il est parfois difficile de lire l’action. Enfin, en mode exploration lors d’une simple balade, nous avons régulièrement subi des saccades et des ralentissements. Seul point technique à saluer, les temps de chargements sont relativement courts. Voilà pour le tableau général, qui n’est tout simplement pas à la hauteur de ce que l’on est en droit d’attendre.

La moto est une bonne idée… sur le papier

Le système de combat, quant à lui, est basique et plutôt convenu. Il adopte la forme de l’action-RPG, à base de successions de combos et d’attaques signatures ou ultimes en fonction du protagoniste. La mécanique démoniaque du poing de gravité, l’armure Arsenal ou encore l’école du sabre de la vierge guerrière constituent quelques-unes de ces techniques.

La bonne nouvelle c’est que la singularité de chaque combattant va au-delà de ses attaques spéciales. Les développeurs ont eu à cœur de leur attribuer un gameplay propre.

Pour caricaturer, incarner Shiki n’a strictement rien à voir avec incarner Rebecca, l’un étant orienté corps-à-corps tandis que l’autre se joue à distance. Passé ce mauvais exemple, cette originalité est présente pour tout le casting, tout en restant fidèle à l’esprit du manga.

De plus, au cours d’un combat, on peut très vite switcher d’un membre de l’équipe à l’autre, ce qui permet d’essayer différentes approches. Seul bémol, on ne pourra pas combiner les techniques des trois autres membres de son équipe dans des attaques grandioses.

La mauvaise nouvelle dans tout ça c’est que les combats sont extrêmement répétitifs et poussifs, la faute à un gameplay plutôt pauvre. Les combos se résument souvent à un martèlement de la touche X, ponctué occasionnellement par une attaque signature de notre personnage ou par son attaque ultime (dès que celle-ci est chargée). La lassitude est renforcée par un bestiaire tout aussi pauvre. En effet, les mêmes ennemis reviennent en boucle et, même lorsqu’ils se diversifient, on ne décèle pas vraiment ledit changement. De plus, ils ont une barre de vie bien trop importante, ce qui rallonge inutilement les affrontements.

Ce souci de points de vie démesurés est, bien entendu, accentué lors des confrontations avec les boss. Le rythme du jeu s’en ressent et on a l’impression qu’on a cherché à allonger la durée de vie du titre, qui est pourtant correcte et n’avait pas besoin de cet artifice.

J’ai comme une impression de déjà-vu

A noter que les rencontres ne sont pas aléatoires, c’est à nous de décider d’engager le combat ou non. Cela dit, pour éviter d’être trop en décalage avec le niveau des ennemis, il vaut mieux ne pas les éviter, afin de réduire le gap de puissance avec les boss. Enfin, l’intérêt d’aller grinder sur le volet exploration reste très limité, tout du moins en début d’aventure, tant le fossé se révèle important en fonction des zones, au risque de prendre une déculottée.

Restent un arbre de compétences et une gestion de l’équipement pour la dimension RPG. L’arbre de compétences est convenu, même si, au registre des déceptions, certaines améliorations sonnent creux : débloquer le combo à base d’une succession de quatre appuis sur la touche X, c’est nécessaire, mais on aurait préféré que ce soit directement intégré dans la palette de coups des personnages, sans être une technique à part entière.

Au niveau de l’équipement, encore une fois, Edens Zero ne réinvente pas la roue. On regrettera l’absence d’un système de comparaison entre notre attirail actuel et les nouveaux objets trouvés, ce qui complique l’évaluation des améliorations promises. Enfin, Il est possible de modifier l’apparence de l’équipement choisi, pour opter pour une tenue plus “seyante” via la Dress Factory.

La Dress factory fait vraiment de petits miracles ! Quel look !

Comptez environ une dizaine d’heures pour terminer le mode histoire, et bien plus si vous souhaitez compléter toutes les quêtes secondaires, récupérer les collectibles et explorer chaque recoin de Blue Garden. Une durée de vie plus qu’honnête. Soulignons que le titre est Xbox Play Anywhere et qu’une démo est disponible, idéale afin de vous faire une bonne idée de ce que propose l’aventure et de ses manquements techniques.

Testé sur Xbox Series X, code fourni par l’éditeur.

Le Bilan

On a aimé 

  • Xbox Play Anywhere
  • Le volet histoire dans ses différentes composantes (mode général et histoires au sein du vaisseau)
  • Un gameplay différent pour chaque membre de l’équipage
  • Le doublage japonais
  • La technique datée
  • La répétitivité des affrontements
  • Le volet exploration bien trop superficiel

Conclusion du test de EDENS ZERO

Zéro pointé ?
Difficile de faire fi des soucis techniques rencontrés, notamment des saccades et des ralentissements en mode exploration. Il en ressort l’impression que les développeurs ont vu trop grand pour leur projet et ont voulu trop en faire. Il aurait peut-être fallu se débarrasser du volet d’exploration pour mettre toute son énergie sur l’histoire ? Contrairement à ses héros, leur bonne volonté n’a pas suffi à nous convaincre, mais pour autant ce serait mentir que de dire que nous n’avons pas pris du plaisir à une histoire fidèlement retranscrite ou au fan-service qui est bel et bien présent. Allez, c’est pas grave, un coup d’Ether Gear et on rembobine pour une nouvelle tentative.

Dognote
Perdu quelque part dans la boucle infinie d’un roguelite, ou échappant (ok, essayant d'échapper) au courroux d’un boss grâce à une roulade salvatrice, ou encore en quête de la prochaine mini‑médaille cachée dans un recoin improbable… Qui sait où l’aventure nous mène vraiment ?
Partager cet article

EDENS ZERO

Développeur : Konami
Éditeur : Konami
Date de sortie : 15/07/2025

commentaire

0 Commentaires
Accueil » Tests » Test – EDENS ZERO – Faut-il embarquer dans cette adaptation du manga Hiro Mashima ?