Test – Leila – Un cocon de douceur et de mieux-être

Bien mieux qu’une séance chez le psy !
Leila marque les débuts prometteurs d’un studio indépendant, Ubik Studios, basé à Istanbul en Turquie. Ce jeu narratif en point’n click, édité par Naisu, ne manque pas d’atouts et pourrait bien vous surprendre. Lancé sur Steam le 7 avril dernier, il est désormais également disponible depuis le 17 avril sur Xbox Series X|S, PlayStation 5, PlayStation 4 et Nintendo Switch.

Leila s’inscrit comme une démarche artistique singulière qui mêle récit et résolution d’énigmes, agrémentée d’une esthétique authentique et saisissante, laissant présager que le titre touchera les amateurs du genre. Une belle preuve supplémentaire, s’il en fallait une, que le jeu vidéo est une véritable forme d’art.
Une femme ordinaire en quête d’elle-même

Bienvenue dans le futur, en 2047. Tout commence avec un cadeau offert à Leila par sa fille : un appareil, issu d’une nouvelle technologie, à l’intérieur duquel un jeu vidéo est connecté à une IA capable de pénétrer dans les pensées et d’explorer les souvenirs d’enfance. Par le biais de ces séances marquantes, on revit à travers les yeux de l’héroïne les événements déterminants de son passé et les décisions prises à des moments cruciaux, qui ont façonné ainsi la femme adulte qu’elle est devenue.
Quand chaque clic révèle une tranche de vie
Comme tout bon point’n click, le jeu est basé sur une observation attentive des décors, où des éléments cachés attendent d’être révélés pour être utilisés de manière astucieuse. Sans aucun tutoriel pour guider le joueur, l’exploration est libre et la réflexion est de mise, ce qui crée une expérience immersive plaisante qui, bien que déroutante au départ, éveille rapidement la curiosité et le plaisir de la découverte. Et on y prend vite goût !

Si vous vous retrouvez en difficulté, une ampoule, située en haut à gauche de l’écran, fournit un indice et offre une aide précieuse et, à droite, un cahier consigne les dialogues, que vous pouvez relire à tout moment, que ce soit pour vous rafraîchir la mémoire ou pour rattraper les phrases que vous avez loupées.

A certains moments clés, le jeu propose d’effectuer des choix, permettant soit d’affronter nos souvenirs, parfois douloureux, soit de les éviter. Si, dans un premier temps, cela change le déroulement de la trame narrative, on se rend compte, dans un second temps en les rejouant, que cela affecte uniquement l’ordre de passage de la scène, sans autre modification supplémentaire.
Un voyage intérieur poétique et propice à l’introspection

Leila se distingue d’emblée par un style visuel éclatant, agréablement coloré et séduisant, auquel on ne s’attendait pas, d’autant plus pour une première création. Les décors sont dessinés à la main et les animations en 2D ajoutent une touche artisanale authentique et charmante avec de jolies teintes pastel.
De plus, l’histoire personnelle de la protagoniste se dévoile peu à peu au fil des fragments de souvenirs récupérés et commentés par Leila, en parfaite narratrice. On explore ainsi les différentes facettes de sa personnalité, ses pensées les plus intimes, parfois ponctuées par de petites anecdotes drôles ou poignantes, qui la rendent attachante et qui renforcent notre empathie envers le personnage auquel on pourrait d’ailleurs facilement s’identifier (surtout les joueuses).

Le titre offre de belles séquences propices à l’introspection et incite à réfléchir sur sa propre existence, en particulier si l’on traverse une période difficile et que l’on ressent le besoin de faire une pause. Le récit est délicat, empreint de poésie et riche de métaphores, il s’en dégage un charme indéniable qui nous a séduits. De plus, il traite de thématiques typiquement humaines, puissantes et universelles, tout en transmettant des messages profonds et, grâce à son approche imagée, chacun peut y voir une interprétation différente selon sa sensibilité ou son vécu personnel.
Soulignons d’ailleurs la présence de sujets sombres et délicats, comme l’automutilation par exemple, ce qui explique le classement Pegi 16, accompagné d’un avertissement ainsi que d’une option de censure pour les âmes sensibles. Tous ces éléments sont savamment orchestrés et accentuent la profondeur et l’impact émotionnel que procure Leila.

D’autre part, les différentes énigmes et casse-têtes qui jalonnent le jeu incitent à une véritable réflexion et s’intègrent à merveille au récit, dans une belle diversité. Bien que certaines soient plus ardues que d’autres, elles demeurent toujours très plaisantes et ajoutent une dimension divertissante à l’expérience, tout en faisant progresser la narration.

De plus, les musiques qui nous accompagnent sont agréables. À la fois douces, sereines et harmonieuses, elles se prêtent parfaitement aux moments de zénitude et de détente. Ces mélodies apaisantes sont une caresse pour les oreilles et contribuent à renforcer l’impact émotionnel.
En ce qui concerne les dialogues audio, ils sont disponibles en turc ou en anglais, avec la possibilité d’activer des sous-titres en français. Ces derniers sont même ajustables en taille, pour plus de confort, une belle initiative qui témoigne du souci d’accessibilité de la part des développeurs.
Une thérapie efficace, mais quelques accrocs

Cependant, il nous est arrivé à plusieurs reprises de tourner en rond sans savoir quoi faire, faute d’indication ou de tutoriel. Comme évoqué précédemment, il incombe au joueur de découvrir les mécaniques du jeu, ce qui peut à la fois aussi bien stimuler que décourager, voire déplaire à ceux qui préfèrent être guidés lors de leur progression.

Par ailleurs, il est dommage que la durée de vie soit relativement courte. En effet, en fonction de vos capacités à élucider les énigmes les plus complexes, les quatre chapitres qui composent l’œuvre peuvent se terminer en quelques heures. C’est vraiment regrettable et l’on aurait apprécié une histoire plus longue.
Enfin, nous n’avons pas rencontré de bug à proprement parler, mais avons constaté quelques ralentissements, principalement après la résolution des casse-têtes, juste avant le lancement de la cinématique, mais cela reste discret et peu dérangeant.
Testé sur Xbox Series X, code fourni par l’éditeur
Le Bilan
On a aimé
- Les graphismes en 2D dessinés à la main
- La narration immersive et les thématiques fortes
- Les énigmes et casse-têtes bien intégrés
- L’aspect cosy et divertissant
- C’est coloré et fluide
- Les sous-titres en français
- Le prix
On a moins aimé
- On ne comprend pas toujours ce qu’il faut faire
- La durée de vie assez courte
- Les quelques ralentissements
Conclusion du test de Leila
Une galerie de paysages émotionnels à explorer et ressentir
Malgré quelques défauts, dont des mécaniques de jeu pas toujours évidentes, une durée de vie relativement courte et quelques légers ralentissements, le titre déborde de charme et d’authenticité. Leila est une œuvre séduisante, qui allie un style visuel charmant avec des dessins réalisés à la main, une narration immersive, des énigmes astucieuses et une bande-son apaisante, qui procure une expérience émotionnelle riche, divertissante et émouvante. Porté par des thématiques fortes et universelles, le jeu invite à une réflexion profonde et poétique, laissant à chacun le soin d’y trouver sa propre interprétation. Le titre est proposé à un prix très modique (12,99 €) et c’est avec un enthousiasme certain que l’on vous encourage à le découvrir.