Test - NBA 2K21 - La dernière danse du Roi sur Xbox One

«Le King est encore confiné» , - 0 réaction(s)

Comme “The last dance” des Bulls de Michael Jordan et Phil Jackson en 1998, le Roi du basket vidéoludique NBA 2K effectue son dernier ballet majeur sur nos consoles Xbox One vieillissantes. Reste à savoir si cet épisode crépusculaire suit les traces de son aîné de 2014 sur Xbox 360, copie très solide mais trop sage, la faute à des ressources mobilisées pour les versions parallèles des nouvelles consoles de l’époque. Scénario bis repetita ?

La guerre des clones

Trois légendes de la NBA !

Pour en avoir le cœur net, rien ne vaut un petit match rapide. Après tout, vous passerez les trois quarts du temps de l’année sur les parquets. Pas de miracle, la sensation de jouer à NBA 2K20 se fait cruellement sentir. Dans leur quête de toujours plus de réalisme, les développeurs ont ajouté quelques animations mais cela n’influence pas l’impression générale. Entre le temps limité pour une sortie annuelle, la préparation des versions next-gen et les semaines de confinement et de télétravail, le studio a fait de son mieux et a dû faire des choix. Le moteur du jeu avait déjà atteint ses limites sur cette génération de consoles et les améliorations graphiques sur les derniers opus étaient ajoutées avec parcimonie. Il faut dire que la barre était déjà haute. NBA 2K21 reste malgré tout la plus belle et la plus immersive des simulations sportives de l’univers vidéoludique. Il faudra attendre les consoles survitaminées qui débarquent dans deux mois pour espérer une nouvelle claque visuelle.

Ce sentiment de réchauffé est encore plus frappant quand on s’intéresse aux effectifs des 30 franchises actuelles. Pas de nouveaux rookies ni de transferts sensationnels qui nous font saliver à chaque début de nouvelle saison. On retrouve les mêmes effectifs qu’il y a deux semaines sur NBA 2K20. Cette fois-ci, ce n’est pas la faute des développeurs. 2020 est une année horribilis pour le basket américain. Elle était déjà insupportable avec le tragique décès de Kobe Bryant en janvier. L’arrêt de la saison à cause des conséquences du COVID-19 et sa reprise cet été ont également bousculé le cirque annuel habituellement réglé comme une horloge. Il faudra sûrement attendre la fin d’année pour la mise à jour des effectifs de la prochaine saison, qui devrait démarrer en janvier 2021 d’après les dernières rumeurs.

Il n’y a pas photo entre les deux Team USA

Toutefois, des nouvelles équipes historiques ont été ajoutées, dont les Team USA des JO 2012 et 2016 et les Warriors 2016-2017 de Curry et KD. Les champions sortants, les Toronto Raptors, sont également de la partie. De quoi raviver les cauchemars des fans des Sixers sur le fameux buzzer beater de Kawhi Leonard lors du game 7 en demi-finales de conférence Est. La WNBA est à nouveau présente et vous pouvez cette année effectuer aussi des playoffs avec l’équipe féminine de votre choix. Rien à reprocher sur le contenu du jeu, NBA 2K21 ajoute même de beaux fruits à un panier très bien garni.

Un air ball sinon rien

La seule grosse nouveauté côté gameplay ne se révélera pas à tous. Les joueurs qui préfèrent se focaliser uniquement sur les boutons se renderont compte que seule la jauge de tir à remplir est légèrement modifiée. Il faut lâcher le bouton X un peu avant d’atteindre la limite maximale de la jauge dans une fenêtre de tir plus ou moins large selon les attributs du tireur. Pour les autres, le rendez-vous est pris avec les sueurs froides ou les excès de colère. En effet, les mouvements “pros” affiliés au stick droit ont été chamboulés cette année. Pour le meilleur et pour le pire, le temps de commencer à maîtriser la bête. L’excellente idée est d’avoir libéré les dribbles du tir quand votre joueur est loin du panier. Avant, un maintien prolongé du stick dans n’importe quelle direction pouvait déclencher un tir inopiné alors que vous étiez dans un combo de dribbles. Dans NBA 2K21, le tir est déclenchable uniquement en déplaçant le stick droit vers le bas. Le maintien prolongé dans les autres directions entraîne d’autres combinaisons de dribbles qui enrichissent la panoplie. Prendre du plaisir en dribblant n’a jamais été aussi facile.

La fameuse et controversée nouvelle jauge de tir

En outre, les développeurs ont cherché à rectifier un défaut de l’épisode précédent concernant le tir. Avec de l’entraînement et une connaissance de son “timing”, vous étiez capable d’enfiler les 3 points de manière déraisonnable avec un joueur non spécialiste. Cette année, quand on découvre le jeu, même avec Stephen Curry, on construit une maison par match à force d’empiler les briques. Le tir en mode “pro” exige une dextérité que seules de nombreuses heures de jeu permettra de maîtriser. En persévérant, on finit par vraiment apprécier ce choix de gameplay et ses subtilités. Même si l’apprentissage est rude et frustrant, espérons que les développeurs ne cèdent pas aux grognements des joueurs impatients. De toute manière, il est possible de désactiver cette nouvelle mécanique dans les options.

Un timer apparaît sur le parquet pour mieux gérer les fins de possession

Cette soif inextinguible de rendre cette simulation la plus réaliste possible laissera à nouveau de côté de nombreux joueurs qui recherchent un jeu de basket simple et amusant. Le fossé se creuse un peu plus chaque année et même au niveau de difficulté le plus bas, le gameplay est tellement riche qu’il décourage beaucoup de néophytes. Visual Concept n’a pas encore trouvé le moyen de contenter tout le monde, ou ne cherche tout simplement pas à le faire. Le créneau d’un jeu de basket arcade est vraiment à saisir pour la concurrence.

Pourvu qu’on ait l’ivresse

Concernant les modes de jeu, une fois de plus, le banquet proposé est royal. Le contenu est gargantuesque entre le match rapide, le Bitume, les playoffs, la saison entière, le mode Ma Ligue qui vous permet de paramétrer une ligue entière et d’y effectuer 80 saisons, le mode Mon MG qui ajoute au précédent la gestion managériale et financière de votre franchise, sans compter les populaires Mon Équipe et Ma Carrière que nous développerons ultérieurement. Hormis les deux derniers, aucun mode n’a été retouché, mais ils offrent des centaines d’heures de jeu pour ceux qui souhaitent s’amuser avec les franchises et les stars de la NBA. Bien entendu vous pouvez également affronter vos amis ou des inconnus, dans des matchs en ligne ou dans une ligue personnalisée.

Vous pouvez récupérer des bagues dans Limitée

Mon Équipe, l’équivalent de FUT pour Fifa, connaît quelques ajouts sympathiques cette année. Un système de saisons d’une durée de 6 semaines environ est introduit. Vous devez réussir des défis quotidiens, hebdomadaires ou saisonniers afin d’obtenir les récompenses allouées et de grimper les niveaux. Le mode Triple menace est modifié pour assurer son intérêt toute l’année. Mon Équipe Limitée est un nouveau mode multijoueur en 5 contre 5 disponible uniquement du vendredi au dimanche où les règles changent chaque semaine. Bien entendu les anciens modes comme Domination ou Illimitée et ses 9 ligues à gravir sont toujours de la partie. Il est dorénavant possible d’utiliser ses cartes doublons comme monnaie d’échange afin d’obtenir de meilleures cartes, un ajout intéressant et complémentaire du système d’enchères. Les cartes duos iconiques et la personnalisation des joueurs grâce aux insignes font leur retour. Bref, là encore des heures interminables en perspective pour les amateurs de collection de cartes.

Une autre bonne nouvelle pour ceux qui envisagent de se procurer également le jeu sur les nouvelles Xbox Series X et Xbox Series S, la progression de Mon Équipe est intergénérationnelle et liée à votre compte Xbox. Le transfert de votre collection et de vos VC, la monnaie du titre, s’effectue automatiquement. Vous pouvez même passer d’une version à l’autre comme bon vous semble. Malheureusement la politique de l’éditeur 2K d’offrir uniquement la fonction Smart Delivery aux acquéreurs de l’édition Mamba Forever au tarif de 99€ est un vrai coup dur et laisse un goût amer dans la bouche.

Give me your money guy !

Reste à s’attarder un peu sur Ma Carrière, le mode de jeu le plus populaire de NBA 2K21 mais aussi … le plus contesté. Il vous offre la possibilité de vivre la carrière, sur le terrain et en dehors, d’une future star du basket. La première étape consiste à créer votre avatar. Vous retrouvez le même outil efficace de création que l’année dernière, si ce n’est l’ajout de nouvelles combinaisons de profils entre Finition, Tirs, Organisation et Défense. Une fois le processus terminé, vous avez le choix de suivre le nouveau scénario du traditionnel prélude ou d’intégrer directement votre équipe NBA souhaitée.

Il y a même une romance cette année

Chaque année, l’expérience cinématographique du prélude vaut le détour. Souvent nanardesque, elle a le mérite de vous faire vivre les premiers pas de votre basketteur en herbe avant son entrée dans le Graal de la NBA. Le casting est encore de grande qualité cette année avec Jesse Williams dans le rôle de votre père, Michael K. Williams (l’inoubliable Omar Little dans The Wire) dans celui de votre agent et Djimon Hounson qui interprète le coach. Votre joueur va devoir faire des choix et gérer tant bien que mal sa progression vers les sommets. Oubliez le légendaire “Freq”, dirigé par la caméra de Spike Lee en 2016, ou “Che”, le martyr de la Révolution sur 2K20, et faites place à “Junior”, le fils d’une ancienne icône du basket universitaire qui n’a pas pu percer en NBA. Intitulé L’héritage, le scénario vous fera vivre en accéléré les années lycée et universitaires de votre avatar via des saynètes souvent séduisantes, parfois ringardes, toujours clichés.

Si un message doit rester, c’est celui de votre père virtuel : “On peut toujours en faire plus. Toujours”. Travail, famille, il ne manquait plus que la Patrie. Le scénario insiste lourdement sur le travail, comme chaque année on va en baver, on DOIT en baver. On est conditionné, on sait qu’on va devoir enchaîner de nombreux matchs, de nombreux entraînements, de nombreux ateliers pour améliorer nos attributs et acquérir des insignes. On est devant une vraie simulation, la “vraie” vie. Trimer pour enfin profiter joyeusement des terrains du Park ou de son équipe de Pro-Am. Tout cela tient la route si tout le monde est logé à la même enseigne.

Monter un joueur à 85 coûte presque le prix du jeu

Mais cette année, on en bave encore plus pour faire passer son joueur d’un niveau minable de 60 à un plus décent. Même si le soleil du nouveau quartier et centre commercial, inspiré de Venice Beach à L.A., nous fait oublier le hub déprimant de l’année dernière, la frustration est immense. Environ 200 000 VC sont nécessaires pour atteindre la note générale de 85. Et c’est là où Visual Concepts trahit les joueurs. Acheter des packs de VC à des tarifs prohibitifs pour acquérir plus de cosmétiques n’est pas un problème, mais pouvoir améliorer en quelques secondes son avatar devient insupportable et indécent. La cohérence et les valeurs mises en avant dans le prélude s’échouent lamentablement devant l’appât du gain facile. Chaque année le curseur est placé un peu plus loin, cette fois-ci il a franchi la ligne rouge. Il est temps que la progression d’un joueur soit dissociée du système de VC.

Le studio a annoncé que les versions nouvelle génération de NBA 2K21, prévues dans les prochains mois, sont “complètement retravaillées”. Un changement radical de politique des VC est une utopie. La manne d’argent provenant des packs bat des records chaque année. Reste l’infime espoir d’un rééquilibrage en faveur des joueurs. Et comme chacun sait, l’espoir fait vivre.

Le coin des chasseurs : NBA 2K21 propose 50 succès pour un total de 1000G. L’essentiel des succès se débloquent dans les modes Ma Carrière et Mon Équipe. Quelques-uns concernent des faits de jeu lors des matchs.

Bilan

On a aimé :
  • Un contenu et des modes de jeu à foison
  • La nouvelle mécanique des dribbles
  • Le mode Mon Équipe amélioré
  • Une ambiance et une réalisation au top
  • Une simulation exigeante
On n’a pas aimé :
  • Le moteur graphique a atteint ses limites sur Xbox One
  • La difficulté pour maîtriser la nouvelle jauge de tir
  • L’achat de VC quasi incontournable dans la Carrière
  • Les temps de chargement toujours aussi longs
La colère gronde dans le Royaume

NBA 2K reste une fois de plus un jeu de basket incroyable et la meilleure simulation de sport. Toutefois, les circonstances exceptionnelles que le monde subit en 2020 et l’arrivée prochaine des consoles de nouvelle génération font que l’épisode 2K21 sur Xbox One ne se détache pas suffisamment de l’opus précédent. Visual Concepts semble avoir mis le paquet sur les versions next-gen. Malheureusement, le studio n’a pas souhaité suivre le programme Smart Delivery pour les versions standards du jeu. Seuls les acquéreurs de l’édition Mamba Forever auront ce privilège pour la modique somme de 99,99 €. La pilule a du mal à passer. Si en plus vous êtes amateur du mode Ma Carrière, la lenteur de la progression de votre avatar, poussée à l’écœurement, vous incitera fortement à acquérir à prix prohibitif des packs de monnaie virtuelle. Seuls la nouvelle mécanique de gameplay concernant les dribbles et les ajouts dans le mode Mon Équipe sont un rayon de soleil. NBA 2K21 reste toujours le Roi, mais un Roi fainéant.

Accueil > Tests > Tests Xbox One

NBA 2K21

PEGI 0

Genre : Sport

Éditeur : 2K Sports

Développeur : Visual Concepts

Date de sortie : 4 septembre 2020

Prévu sur :

Xbox Series X, Xbox One, Playstation 4, PC Windows